‹ Faune des vertébrés de la SuisseChapitre 14 sur 77 · C. 13—14 div · texte numérisé non relu

C. 13—14 div

Sq. lat. 35—40. Vert. 29-30.

GoBits RuviATiLis ( BoficUi ) Cuv. et Val, XII, p. 52. — De Filippi, Cenni, p. 392. — JBonap. Cat. Met., p. 64, n« 582. — Heckel et Kner^ Sùsswasserrische, p. 47, fig. 19. — De-Betta, Maieriali, p. 132 et Itliol. Veron., p. 56. — Martens^ Wiegm. Archiv. 1857, p. 176,

i3i FAUNE DBS VEIITBBRÉ8.

Taf 9. — Lavittari^ Escorsioni, p. 390. — • Boniforli, Oaida, p. .14. «- Cane$trini, Prospet. dit., p. 120. — Pavent, Peaci e Pesca, p. 31.

GoBius BoNELLi, Nordo^ Prosp. sist., p. 79, 99.

» Martensii, Gùnther^ Catal. of Fishes, III, p. 15.

Noms vulgaires : Tessin, FringuilU^ Pott^ Bottôla, Beutt et, pirfois, Bôitriêiu^ comme le Chabot.

Corps subcylindrique en avant, médiocrement allongé, légèrement voûté sur la nuque et le dos, et un peu comprimé dans la partie postérieure. Le profil supérieur un peu convexe ; le ventre souvent un peu saillant chez l'adulte. Une section verticale moyenne subarrondie, mais un peu plus haute que large.

La hauteur maximale, située devant la première dorsale, à la longueur totale, comme 1:5—57» — 7, suivant les individus jeunes, femelles ou mfties adultes, et, à la longueur sans la caudale, comme l : 4 '/i — 5 •/»» chez des sujets de taille moyenne. La hauteur minimale, vers la caudale, à l'élévation la plus grande, comme 1 : 1 Vi — 1 V» selon Tâge, ou à 2 V4 chez des femelles pleines. L'épaisseur la plus forte du tronc, en avant, généralement un peu moindre que la largeur de la tête sur les joues et, suivant l'époque ou les individus, de Vi ^ V« plus faible que la hauteur maximale '.

L'ouverture anale située un peu en avant du milieu de la longueur totale, soit, très souvent, à peu près au centre de l'espace compris entre le museau et la moitié des rayons de la caudale. Une papille urogénitale bien distincte, immédiatement derrière l'anus et volontiers un peu plus large chez les femelles que chez les mflles.

Le dos jusqu'au bout de la première dorsale, la poitrine jusque derrière la base des pectorales sur les côtés, et tout le ventre jusqu'à l'anus le plus souvent dépourvus d'écaillé, à tout ftge.

Tète grande, nue, épaisse, renflée sur les joues et un peu bombcV

* Je n'ai pas reDcontré, parmi mes nombreot échantillons de cette et* pèee, dlndividns de très grande taille.

G0BIU8 FLUVIATIUS. 1 35

en arrière, avec un museau plutôt court, large et arrondi en avant.

La longueur céphalique latérale, à la longueur totale du poisson, comme l : S\\k4 Vs, selon Tâge des individus * ; la longueur de la tête à Tocciput, à la longueur jusqu'à Tangle de Topercule, d'ordinaire comme 1 : V, — 1 'A. La largeur sur les joues, le plus souvent à la longueur maximale de la tête, comme 1 : 1 Vs — l 'A- La hauteur à Tocciput, généralement un peu moindre que la largeur.

Bouche franchement oblique ou tombante, passablement protractile et assez large, bien que fendue au plus jusqu'audessous du bord antérieur de l'orbite. La mâchoire inférieure dépassant toujours plus ou moins la supérieure, de manière à donner à la face quelque chose de retroussé. Lèvres assez épaisses. Langue lisse et bien développée (Voy. PI. II,

fig. 12).

Des rangées de petits pores plus ou moins apparents sur les côtés du museau, en avant en dessus et entre les yeux sur le finont.

Deux orifices nasaux de chaque côté : un premier antérieur, arrondi, bordé d'une valvule circulaire proéminente et situé un peu plus près de l'œil que du maxillaire ; un second postérieur, très près de l'œil, moins apparent, sans valvule saillante, plus ovale ou plutôt en forme de fente.

Œil plutôt grand, élevé, soit entamant notablement le profil frontal, et disposé obliquement, bien que, grâce à sa mobilité, souvent très proéminent.

Le diamètre de l'orbite, à la longueur céphalique latérale, comme 1 : 3 Va — ^^ suivant les individus jeunes ou adultes (même jusqu'à 6 Vio selon Canestrini) '.

L'espace préorbitaire un peu plus petit ou un peu plus fort que le diamètre oculaire, suivant les sujets jeunes ou adultes (Heckel et Kner disent égal presque à deux dia-

* Canestrini 1. e. donne pour ce rapport 1 à 3 ^/io*4 ^jio. ' Praspet. crit., p. 120, probablement chez des sujets plus granJs oq plus Ti.-Qx qae les miens.

136 FAUNE DES VEHTÉBRÉS:

mètres) ^ et, selon Tflge, à la longueur céphalique, comme 1 : 3 Vi à 4 Vil chez des siyets de 33 à 55 millimètres.

L'espace interorbitaire très étroit, soit mesurant seulement de Vi à Va du diamètre oculaire, selon les sujets petits ou grands*.

L'espace postorbitaire mesurant environ deux diamètres de Tœil ou lé^jèrement plus, et égal à peu près à la moitié de la tête chez F adulte, mais notablement plus grand chez les jeunes.

Opercule et sous-opercule formant ensemble une courbe largement arrondie en arrière et en dessous ; le premier plut6t petit, triangulaire et anguleux, le second assez large et en demi-croissant. Préopercule grand et arrondi, en arrière comme en dessous. Interopercule paraissant en bande assez étroite, au-dessous du précédent.

^ La joue très charnue recouvrant en grande partie les sous-orbit aires. La peau du corps dissimulant, du reste, et réunissant toutes ces pièces céphaliques latérales.

La membrane brânchiostège bien développée et soutenue de chaque côté par cinq rayons, dont les derniers très longs et élargis soit comprimés. L'ouverture des ouïes à peu près verticale et de moyenne dimension.

Maxillaire supérieur de forme allongée, un peu arqué, avec la convexité en amère, muni d'un fort genou d'articulation au sommet et un peu renflé dans la moitié inférieure.

Dents en cardes distribuées, eu plusieurs rangét^s parallèles, sur

* Bien que reposant probablement sur l'examen de très vieux si^ets, cette donnée des auteurs der Siisswassfrjische (p. 4^^) me paraît un peu exaf^érée, en regard des proportions attribuées à l'œil. En iffet, si roo fait Taddition des divers rapports fournis par ces auteurs pour les différentes parties de la tête, on obtient un résultat qui dénote des erreurs probables dans les mesures. £n ajoutant 2 diamètres pour l'espace préorbitaire et 3 diamètr(*s pour l'espace postorbitaire à 1 diamètre oculaire, cela ferait, pour l'œil comparé à la tète, 1 à 6 et non pas 1 à 6, comme il est dit dans l'ouvrage en question.

' Même remarque sur la donnée de Ileckel et Kner ; l'espace de 1 diamètre oculaire entre les yeux me parait fort exagéré, vis-à-vis du rapport de l'œil à la tête, 1 à 5.

GOBIUS FLUVIATILIS. 137

rintermaxillaire et le maxillaire; celles du rang. extérieur, aux deux mâchoires, notablement plus grandes que les autres. D'autres dents assez grandes formant, de chaque côté, un large groupe sur les os pharyngiens supérieurs et composant un triangle sur les os inférieurs. Pas de canines.

Deux dorsales séparées, mais en apparence plus ou moins distantes ou rapprochées, par le fait de Textension variable de la membrane sous-tendue par le dernier rayon de la première ; souvent, en particulier, un peu plus rapprochées chez les jeunes que chez les vieux, ou un peu plus écartées chez les femelles que chez les mâles.

La première légèrement plus basse et notablement moins étendue que la seconde, soit naissant à peu près au-dessus du quart ou du tiers antérieur des pectorales, pour demeurer, avec Textrémité de sa base, passablement en avant de Taplomb de Tanus et atteindre au plus au même point que les nageoires suscitées rabattues. La hauteur, au plus grand rayon, d'ordinaire le second ou le troisième, suivant l'âge et l'état des individus, un peu plus faible ou plus forte que la moitié de l'élévation maximale du corps. La base ou la longueur, selon les individus, égale à peu près à la hauteur du rayon majeur ou sensiblement plus grande. Quant à la forme, subarrondie en demi-croissant sur la tranche, quoique découpée en festons entre les rayons.

Généralement six rayons pseudo-épineux, flexibles et franchement dégagés de la membrane au sommet, ainsi que souvent un peu repliés en arrière k l'extrémité (exceptionnellement cinq ou sept). Le premier un peu plus court que le second; le dernier de longueur très variable, soit égal, suivant les individus, au tiers ou au deux tiei*s du plus grand iVoy. VI. I et PI. II, fig. 13, 14 et 15).

Seconde dorsale naissant au-dessus de l'anus et s'étendant, par la base, précisément aussi loin que la base de l'anale; soit, occupant un espace variant entre 1 Vs ^^ 2 fois la longueur de la base de la première dorsale, et étant à la longueur totale du poisson comme 1:5 — 5 Vi *• Quant à la

^ Selon Canestrioi 1. c. jusqu'à 6 ^'lo ; probablement chez de très vieux sujets.

1 38 FAUNB DES VERTEBRES.

hauteur : un peu plus forte que la précédente, ou à peu près égale au Vs de Télévation maximale du corps. De forme assez an^^uleuse et à peine décroissante ; la tranche faiblement convexe.

Un rayon pseudo-épineux suivi généralement de dix rayons articulés (plus rarement neuf ou onze)\ parfois tous non rameux, même chez les adultes, plus souvent partiellement divisés, même chez des jeunes '. Le premier et le dernier à peu près égaux et légèrement plas courts que les médians.

Anale naissant près de la papille urogénitale et s'étendant, par la base, aussi loin que la dorsale opposée, avec une élévation maximale, en arrière, d'ordinaire un peu plus forte que la moitié de la hauteur la plus grande du corps. La tranche presque droite ou horizontale, grftce à la quasi-égalité de la plupart des rayons ou à un léger allongement graduel de ceux-ci d'avant en arrière; le dernier, toutefois, volontiers un peu plus court que Tavant-demier.

Huit à dix rayons : un premier pseudo-épineux et sept à neuf articulés, indifiéremment non divisés ou partiellement ramifiés '. Le premier, suivant les cas, égal aux trois quarts à peu près ou à la moitié seulement du plus grand * ; le dernier souvent bifurqué jusqu'à la base.

Ventrales réunies en une, sur toute leur longueur, de manière à former, avec leurs bords soudés en avant et en arrière, une sorte de cornet ou de disque ovale et creux, libre en arrière, soit non rattaché aux parois abdominales.

* Il y a souvent bien peu de différence û« Btructure, tu point de me des articiiUtions, entre le premier censé pseudo*épineax et le second dit articulé.

* Il m*a semblé, en particulier, qae, chez mes Gobiesdu larde Lngaoo, en mnjorité jeunes, les rayons de la reconde dorsale étaient plus constamment divisés que chez eenz plus grands et plus vieux du lac Majeur.

* L'âge ne paraît pas être toigonrs la cause diHerminante de la division des rayons: car mes petits sujets du lac de Lugano ont presque co. stamment tous ces rayons divisés, tandis que lieaucoup d'individus plus grands du lar Mojcur les ont au contraire tous non divisés, à Texcepiion du dernier.

* Même observation qu'à propos du dit pseudo-épineux de la seconde dorsale.

60BIU6 FLUVIATILIS. 1 39

Le pied du disque situé légèrement en avant de la base des pectorales; l'extrémité du cornet rabattu atteignant, selon Page et les individus, au-dessous du milieu ou audessous de rextrémité de la base de la première dorsale, volontiers un peu plus loin chez les jeunes que chez les vieux.

En tout, généralement douze rayons dans ces nageoires composées : de chaque côté, un premier simple, très court, souple et non articulé, soutenant en avant le bord inférieur continu du cornet membraneux ; puis, à droite et à gauche, cinq rayons divisés croissant rapidement en grandeur vers leur point de réunion sur le centre (Voy. PI. I).

Pectorales grandes, subovales, arrondies à Pextrémité, prenant naissance un peu en arrière de la fente branchiale et s'étendant, rabattues, jusqu'au-dessous seulement du bout de la première dorsale ou jusqu'à l'anus, selon les individus, parfois même un peu plus loin, chez les jeunes surtout. Douze à quatorze, le plus souvent treize rayons tous articulés; d'ordinaire le premier en bas et souvent le dernier ou même les deux ou trois derniers en haut non divisés, les autres généralement divisés. Les externes de chaque c6té ne mesurant guère que la moitié des médians.

Caudale largement arrondie et, à la longueur totale du Poisson, comme 1 : 5 — 5 Vs selon les individus jeunes ou adultes, parfois même 4 Vi chez de très petits sujets. Treize, plus rarement quatorze rayons principaux articulés et généralement divisés, appuyés en haut et en bas, par trois à quatre, parfois cinq rayons simples plus petits et rapidement décroissants. Les rayons médians les plus longs \

Ecailles moyennes ou plutôt grandes et assez solides. Les antérieures subellyptiques ou plus hautes que longues, les postérieures plutôt subarrondies. Les secondes, de même surface ou à peu près que les premières, chez l'adulte, plus souvent un peu plus grandes chez les jeunes. Ces squames, comme celles de la ligne latérale, finement striées concen-

* La candtlc, les pectorales et les ventrales sont très délicates et, par le fiut, sooTeot pins on moins rognées on tronquées vers l'extrémité.

i 40 FAUNE DES VERTÈBRES.

triquement autour d'un nœud situé vers le milieu du bord exterue, puis marquées, souvent à l'exception des bords latéraux, de nombreux sillons rayonnants, partant du dit nœud pour gagner le bord fixe arrondi et légèrement festonné : enfin, armées de denticules aigus et assez serrés sur le bord libre, suivant les places du coips, aiTondi ou subconique. (Leui' forme légèrement convexe, la position du nœud et Tarrangement des denticules, ainsi que la régularité des stries, des rayons et des festons donnent à ces écailles une assez grande ressemblance avec certaines coquilles pectinées.) (Voy. PI. HI, fig. 6.)

La peau étant, comme nous l'avons dit, nue sur la première partie du dos, sur les côtés de la poitrine en avant et sur le ventre \ on ne peut donner le nombre des écailles ni sur l'élévation maximale, ni le long des flancs sur une ligne horizontale complète ; toutefois. Ton compte : 7-9 squames superposées vers le premier tiers de la seconde dorsale, 4-5 vers l'origine de la caudale et 35-40, semblables à leurs voisines, sur la ligne latérale non tubulée. Coloration excessivement variable, non seulement avec les individus, les saisons et les conditions, mais encore instantanément, sous l'influence des impressions internes et externes, tant dans la teinte fondamentale du corps et l'apparence des taches que dans l'éclat du coloris des yeux et des nageoires. Pendant la belle saison, et plus particulièrement à l'époque des amours, les parties supérieures d'un gris jaunâtre ou verdâtre et plus ou moins marbrées d'un brun ordinairement un peu violacé; la face généralement plus sombre que l'occiput et le dos. Les côtés du corps, jaunâtres aussi ou verdâtres, ornés à leur tour de grandes taches de la même couleur foncée, mais le plus souvent groupées en larges bandes transverses plus ou moins apparentes. Ces bandes, au nombre de huit à onze, tantôt franchement accentuées et séparées par des lignes claires plus étroites et volontiers à reflets légèrement dorés, tantôt plus ou moins effacées ou réduites à quelques macules éparses.

* Dans notre PI. I, le dessinateur a représenté un peu trop d'écaUles sur la partie antérieure du corps.

GOBIUS PLUVIATILIS. »4t

Les faces inférieures, selon les circonstances, d'un jaunâtre ou d'un Verdâtre relativement très pâle, sans taches et volontiers à reflets argentés ou, au contraire, plus ou moins enfumées, lavées de noir ou même noires, sur les joues, la gorge et la poitrine.

Les nageoires pectorales et ventrales, suivant les circonstances, d'un blanc jaunâtre ou d'un verdâtre pâle, ou presque transparentes et lavées de jaunâtre à la base, ou encore plus ou moins nuancées de noir, souvent sans macules, quelquefois finement pointillées de brun. L'anale tantôt incolore et parfaitement transparente, tantôt d'un joli bleu clair et généralement sans taches ou, comme les précédentes, un peu lavée de noirâtre. La caudale d'un jaunâtre pâle ou incolore, ou encore plus ou moins nuancée de noirâtre, avec cinq ou six bandes transverses, arrondies comme la tranche de cette nageoire et formées de macules brunes quasi-réunies. La seconde dorsale grisâtre, jaunâtre ou incolore et transparente, avec deux bandes horizontales de taches brunes ou d'un noirâtre violacé dans sa moitié inférieure, plus une ligne de petits points de la même couleur près de la tranche supérieure. La première dorsale, de toutes les nageoires la plus variable, passant instantanément d'un jaunâtre pâle maculé de noirâtre aux plus brillants reflets métalliques, toujours avec une bande extrême ou périphérique parfaitement blanche ou transparente.

Dans le premier état, la dite dorsale antérieure porte, sur un fond clair et vers le tiers inférieur, cinq à six grandes taches d'un brun violacé ou noirâtres, distribuées entre les rayons, et un semis de petits points foncés rangés en bande trausverse, à la hauteur environ du tiers supérieur. Dans le second cas, la ligne des cinq grandes taches inférieures s'est rapprochée de la base de la nageoire et sa place est occupée par une large bande d'un beau jaune orangé; en même temps, le semis de points supérieurs a entièrement disparu et s'est transformé en une teinte plus étendue du plus brillant coloris vert et bleu à reflets métalliques (Voy. PI. I, fig. 2, 3 et 4).

L'iris assez étroit, d'un jaune clair et doré.

La pupille, relativement grande et passant, d'une seconde

à r autre, du noir profond au vert émeraude le plus brillant ou au rouge orangé du rubis le plus éclatant.

Dimensions toiyours très réduites, bien qu'un peu variables dans des conditions différentes. Heckel et Kner donnent, par exemple et comme quelques autres, une taille maximum de trois pouces à cette espèce, et De Betta * lui attribue une longueur de six à huit centimètres ; tandis que je n'ai pas examiné, de provenance tessinoise, des lacs de Lugano et Majeui*? d'individus mesurant plus de 55 millimètres de longueur totale, soit deux pouces à peu près. J'ai même récolté, dans le lac de Lugano, plusieurs femelles fécondes et pleines, avec une taille de 35 millimètres seulement.

Mâles d'ordinaire plus effilés que les femelles, avec une papille urogénitale plus étroite et des nageoires dorsales souvent relativement un peu plus grandes et plus rapprochées. La livrée de noces volontieis, chez eux, plus brillante et plus mobile; la gorge et la poitrine entre autres, h ce qu'il m'a paru, plus souvent noirâtres.

On a indiqué, dans les deux sexes et plus particulièrement durant le temps des amours, de petites granulations noirâtres sur le corps et les nageoires de ce Poisson. Valenciennes, en signalant le fait, avait cru à une maladie de notre Gobie ; mais Heckel et Kner qui constatèrent, à l'époque du rut, de semblables productions épidermiques sur deux sujets mâles et sur une femelle provenant, les uns du lac de Garda, l'autre de Treviso, et Canestrini qui trouva aussi de nombreux petits tubercules sur une femelle prête à pondre provenant du Mincio, sont d'accord pour ne voir dans ces granulations du Oobius qu'une production temporaire du même genre que les tubercules propres à la livrée de noces de beaucoup de Cyprinides. L'analogie semble devoir donner raison à ces derniers auteurs ; toutefois, je ferai remarquer que ces productions épidermiques du Gobie ne paraissent pas accompagner nécessairement chez lui le développement des organes de la reproduction au moment du rut, car j'ai collectionné bon nombre de mâles et de femelles en noces qui tous en étaient

^ luiol. Yéron., p. 56.

GOBiUS FLUVIATILIS. 1 43

dépourvus. N'ayant pas euToecasion d'examiner moi-même ces granulations du Gobie, je ne saurais donner une opinion fondée ; cependant, je me demande encore si Valendennes n'avait pas raison, et s'il ne s'agirait peut-être pas ici d'agrégats de cellules pygmentaires occasionnés par la présence d'un petit parasite, comme cela se voit chez beaucoup de Poissons et comme je l'ai, en particulier, décrit à propos du Véron (Phoximia lcBvis)\

Jeunes un peu plus trapus que les adultes, avec un œil plus fort, des nageoires relativement plus grandes, des dorsales volontiers plus rapprochées, des écailles relativement plus grandes sur la partie postérieure du corps et une livrée généralement moins enfumée.

Vertébrés au nombre de vingt-neuf à trente.

Vessie à air médiocrement développée, soit occupant environ les deux tiers de la longueur de la cavité viscérale, chez le mâle, légèrement rattachée aux vertèbres, simple, de forme cylindroconique, nacrée et reliée à la face dorsale de l'estomac. — Tube digestif un peu plus court que l'animal sans la caudale. — Ovaire et testicule doubles.

Quelques lamelles pseudo-branchiales digitiformes, sur un rang, au sommet de la cavité branchiale.

Cette espèce varie passablement, comme nous venons de le voir, non seulement dans les divers rapports de proportions et le nombre des rayons des nageoires, mais encore dans l'écaillure et la coloration. Je crois devoir répéter ici qu'aucun des nombreux individus que j'ai examinés, de provenance des lacs de Luganoet Majeur, ne dépassait 55 millimètres de longueur totale.

Quelques Gobies, d'âge et de sexe différents, que je pris au commencement de juillet 1869, sur les rives du lac de Lugano, attirèrent d'abord mon attention sur la grande mobilité des couleurs de ce poisson. En effet, ayant conservé quelques heures ces petits êtres vivants, je fus de suite frappé par les changements

^ Sur le dévelop. diff. d<>8 nag. Pect., dans les deux sexes et sur an cas particnlier de Mélanisime chez le Véron et quelques Cyprinides (Archiv. de la Biblioth. UnW. Janv. 1875, p. 29).

1 ii FAUNE DES VERTEBRES.

complets d'aspect qu'ils subissaient d'un instant à Tautre. J'ai dit, à Tarticle de la coloration, que le corps, plus ou moins marbré, barré ou enfumé, pouvait paraître tour h tour d'un jaunâtre pâle ou presque noir, que les nageoires changeaient rapidement de couleur, que la première dorsale, en particijlier, était successivement très pâle avec quelques taches, ou ornée des plus beaux reflets métalliques, que l'œil enfin paraissait, suivant les circonstances, d'un noir profond, ou vert comme l'éméraude, ou rouge comme un rubis. Aucun de nos poissons d'eau douce, en Europe, pas même l'Épinoche, ne me paraît présenter, sous l'action des chromatophores , une mobilité et une variabilité aussi étonnante de la couleur.

Les OobiHs Panizzœ (Verga) * et (?. punctatissitnus (Canestrini)'me paraissent, sur bien des points, très voisins du poisson que nous rapportons ici au G.Jluviatilis(Bonel\i). Quelquesuns des caractères invoqués comme distinctifs par Canestrini, pour ces deux espèces, me semblent, du moins, de fort peu d'importance.

Avec une taille plus petite que celle du O. fiuviatilis^ le Q. PanizzfB aurait les écailles de la partie antérieure du tronc plus petites que celles de la partie postérieure; nous avons vu que cette distinction est aussi, très souvent, le propre des jeunes du dit O. fluviatilis, La coloration noire du menton et les macules répandues sur les flancs de cette espèce de Cornacchio, du lac de Garde et des rivières de la Vénétie, se retrouvent aussi chez notre Gobie du Tessin.

La forme ellyptique des écailles de l'espèce nommée (?. pii/nctatissimus par Canestrini se montre également, assez constamment, sur la moitié antérieure du corps de notre O. Jluviatilis et surtout chez les jeunes. De même, les bandes brunes transversales du tronc, qui devraient caractériser cette forme observée à Mantoue, à Modène et dans la Vénétie, se montrent aussi assez constamment chez les Gobies, relativement petits, des lacs de Lugano et Majeur. Nous avons vu que les rayons articulés de la seconde dorsale et de l'anale peuvent être

^ Atti délia terza Riaaione degli Scieaziati Ital. 1841, p. 397. ' Prospet. crit., p. 122.

60B1US FLUVIATILIS. 445

iadifiéremment non divisés ou divisés, et que le premier des pectorales est la plupart du temps non rameux. Les dimensions, bien que très réduites, des écailles, laissent cependant au O. punctatissimus un total de squames, sur une ligne médiane et longitudinale, tout à fait semblable à celui de la majorité des individus du O. fluviatiUs.

n est vrai que le nombre ordinaire des rayons de quelques nageoires semble militer, pour ces deux Gobies italiens, en faveur d'une distinction spécifique : chez le O. Panizzœ, I. D. 5, II, D. 1/8; chez le G. punctatissimus, I. D. 6-8, II. D. 1/7-8, P. 1/16. Toutefois, je crois devoir rappeler encore, après les quelques analogies que je viens de signaler, premièrement : que j'ai trouvé une fois 5 et une fois 7 rayons pseudo-épineux à la première dorsale du Oohius fluviatiUs du Tessin, quoique le chiffire 6 soit bien en réalité le nombre quasi-constant de cette forme; secondement, que j'ai compté, à la suite de la fausse épine de F anale, chez ce Gobie, de 9 à 11 rayons articulés, divisés ou non, selon les individus.

Plus récemment, Canestrini a encore décrit, sous le nom de Odbius arvenensis \ un petit Gobie assez fréquent dans les eaux de TAmo. Celui-ci se distinguerait principalement du Gobius flnviatilis par des formes plus allongées du corps, par un museau plus pointu et surtout par un nombre plus élevé d'écaillés latérales, environ 47, et par une extension basilaire plus grande de la seconde dorsale entrant à peu près 4 Vs fois dans la lon- }nieur totale et comptant 12 à 13 rayons divisés. N'ayant vu aucun siyet de cette nouvelle forme, je ne puis qu'admettre Topinion du célèbre ichthyologiste italien ; cependant, je ne saurais oublier ici le fiait que j'ai souvent trouvé, chez nos Gobies du Tessin, des formes de la tète et du corps plus ou moins effilées, et que plusieurs fois j'ai rencontré une seconde dorsale portant 11 rayons divisés et dont la base n'entrait que 5 fois dans la longueur totale. Les autres caractères distinctifs signalés par Tauteur, la forme plus ronde des écailles et la coloration entre autres, me paraissent de très petite importance.

En soïnme, je ne puis faire autrement que de conserver encore

' Fiima d'Italia, parte tem, Pesd per 6. Canestrini, p. 27.

quelques doutes sur la validité de ces trois espèces, surtout sur les deux dernières ; notre Gobie du Tessin pouvant, à presque aussi juste titre, être appelé, suivant les individus, O. punctaHssimus ou G. arvenensis que Q.Jlnviatilis.

Le Gobie fluviatile est assez répandu dans toutes le^ eaux douces du nord de Tltalie. Je ne sache pas qu'il ait jamais été observé ni au nord des Alpes, ni dans le midi de la France. Heckel et Kner', en 1858, ont cité le O. fltiviatUiê dans le lac Majeur, et Gûnther*, en 1861, a signalé, au British Muséum, des individus de cette espèce (pour lui (7. Martenm) provenant du Tessin (probablement la rivière de ce nom, en dehors de nos frontières) ; mais personne, jusqu'en 1869, n'avait constaté la présence et Tabondance de ce petit Poisson jusque dans le lac de Lugano \ C'est, en effet, le 3 juillet de la dite année qu^en étudiant, au point de vue ichthyologique, avec le doct. P. Pavesi, alors professeur à Lugano, les rives de ce lac, je rencontrai, pour la première fois, près de Bissone, le long de rives graveleuses, quantité de ces petits Poissons que les pêcheurs nous dirent connaître sous le nom de Fringuilis. Le prof. Pavesi, qui a déjà signalé cette trouvaille dans un travail sur les Poissons du Tessin ^ ajoute, comme nouvelles provenances tessinoises, aux lacs Majeur et de Lugano, la Falloppia et la Breggia.

Notre Gobie, représentant d'une nombreuse famille en grande partie marine, se tient au fond de l'eau, de préférence sur les fonds graveleux, soit près des rives dans les lacs, soit dans les canaux et les rivières. H se cache volontiers sous les pierres et s'y établit souvent, comme le Chabot, un refuge ou un poste (l'observation ; toutefois, il est plus sociable et m'a paru plus remuant que notre Cottus. J'ai vu par exemple, en été, près du bord et dans un très petit fond, une foule de ces petits Poissons

^ Siisswasserfische, p. 49.

■ Catal. of Fishes, III, p. 16.

« Boiïiforti (Guida), Lavizzari (Escusioni) et Montî (Notizîe), qui ont traité plus ou moins des Poissons du canton du Tessin, n'ont tous signalé cette espèce qo'à propos du lac Majeur (Verbano), en dehors de nos frontières.

* Pesci e Pesca, p. 21.

GOBIUS FLUVIATILIS. i 47

4\m venaient, en nombreuse compagnie, chercher vers la rive la lumière et la chaleur ; les uns reposaient immobiles sur une pierre ou entre deux pierres, appuyés sur leur disque ventral, les pectorales largement déployées et écartées du corps à angle droit; les autres semblaient jouer, au contraire, changeant souvent de place et se poursuivant par petits sauts. L'allure du Oofrtu^, bien qu'assez prompte au besoin, n'est cependant jamais très soutenue ; c'est plutôt, sur le fond, une démarche bondissante et saccadée. L'alimentation de cette espèce m'a paru exclusivement animale; je n'ai trouvé dans le canal digestif de quelquesuns que des débris de vers, de crustacés et d'insectes mous.

L'époque des amours paraît varier, suivant les conditions et Tftgedes individus, des derniers jours d'avril à la seconde moitié de juillet. La ponte se ferait, selon Pavesi, le plus souvent dans le courant du mois de mai; toutefois, j'ai trouvé encore des ovaires pleins d'œufs mûrs chez quelques petites femelles capturées après la mi-juillet. Je ne serais pas éloigné de croire que les vieilles femelles pondent plus t6t que les jeunes \

Le mâle et la femelle surtout ont, à l'époque du frai, les parois abdominales fortement distendues par le développement des organes de reproduction. Tous deux ont alors une brillante parure de noces ; le premier se fait tout particulièrement remarquer par l'éclat et la constante variabilité de ses atours.

Certaines espèces marines bâtissent une sorte de nid dans les algues et parmi les plantes aquatiques. Notre Gobie d'eau douce se contente d'ordinaire d'une simple cavité sous une pierre, pour berceau de sa future famille. La femelle fixe ses œufs à la face inférieure de la pierre qui forme le plafond de sa cellule, de manière que ces germes, agglomérés en un paquet, pendent librement et se balancent au gré des eaux. Il est fort probable que le disque ventral de ce Poisson doit lui servir comme de

^ Noas anroDB l'occasion de voir, plus d'une fois, dans l'étude subséqnente de nos Poissons, que suÎTant les genres et les espèces, ce sont les jeunes on les vieiUes femelles qui pondent les premières* Je suis, dans ce eu particnlier, en opposition avec la supposition de De Filippi, basée sur les observations géniales de Baer (Untersuch. ûber die Entwickelungsgesch. der Fische, 1835).

i 48 FAUNE DES VERTEBRES.

ventouse pour se maintenir renversé pendant qu'il dépose et colle ses œufis contre la face inférieure de la pierre. Le Gobie paratt, sous ce rapport, bien plus favorisé que le Chabot qui pond à peu près dans les mêmes conditions.

Les œufs sont très gros par rapport à l'animal et, par conséquent, toujours en nombre peu élevé ; il me semble même qu'ils soient d'ordinaire encore moins nombreux chez les jeunes que chez les vieilles femelles. La constatation de germes à des degrés de développement différents, chez une même femelle, a pu faire supposer une ponte double ou exécutée en diverses reprises ; toutefois, la raison ne me semble pas toujours suffisante pour établir le fait. De Filippi estime à quelques centaines d'œufs le produit annuel d'une femelle adulte, et fait remarquer que les œufs affectent, après la ponte et durant leur développement externe, la forme curieuse d'un fuseau'. J'ai compté, entre les deux ovaires très développés d'une femelle jeune encore, soit mesurant seule ment 42 millimètres de longueur totale, et capturée en' juillet sur les rives du lac Majeur, un total de 98 gros œufs jaunâtres, subarrondis, de I Vainillimètre de diamètre, plus 70 petits germes blanchâtres de Vs ^ Va millimètre de diamètre mêlés parmi les premiers. La grande extension des ovaires, les fortes dimensions des œufs mûrs et la position des petits germes entremêlés avec les précédents, aussi bien près de l'ouverture que vers le sommet du sac ovarien, ne permettent guère de supposer,ni que les germes blanchâtres eussent pu atteindre à un complet dévelopi>«ii«!it avant la ponte, ni que ces œufs, si peu développés, fussent réservés & une seconde émission '. Les petits, qui ont terminé leur développement avant la fin de l'été, se répandent bientôt, entre les pierres, autour du lieu qui les a vu naître,

* Toy. Memoria sullo sviloppo del Ghiozzo d'acqna dolce {Chbiua Jt»^ matiU8)y del dottor Filippo De Filippi, 1841. Cette forme aUongée serait le résultat du passage, lors de la ponte, d'œofîB très gros ao tra?er8 d'un condoit relativement trop étroit.

* De Filippi (Mm. suUa srilappo, etc., p. 9) dit bien qne les œnft sont émis souTeot à des degrés de développement nn peu différents; tontefoia, je doute que ces germes puissent être pondus viables on «mceptibles de fécondation, avec une différence de taille semblable à celle que je viras d^indiquer, et alors que les autres vont être pondus.

BLEiNNIIDÉS. 149

Malgré la petitesse de sa taille, le Gobie fluviatile paratt assez estimé dans certaines localités ; on en ferait, dit-on, d'excellentes fritures. Cependant les pêcheurs de Bissone, au bord du lac de Lugano, m'ont paru mépriser tout à fait ce Poisson microscopique. Le Ghiozzo ou Bottola passant librement à travers les mailles de la plupart des filets, ce n'est guère qu'avec le petit tilet à manche connu sous le nom de Quada, ou à la main que Ton peut s'en emparer. Comme le Chabot, qui présente avec lui tant de rapports dans le genre de vie, le Gobie sert naturellement «ramorce et de proie pour beaucoup de Poissons carnassiers.

Bien que De Filippi dise avoir reconnu, dans les viscères de cette espèce, un grand nombre d'Échinorhynques \ je ne sache pas que l'on ait, jusqu'ici, déterminé exactement d'autre Helminthe parasite de notre Gobie que le Diplozoon paradoxum (Xordlm.) qui s'établit d'ordinaire sur les branchies de ce petit Poisson.

Famille des BLENNIIDÉS

BLENNIIi).€

Les Poissons réunis sous le nom collectif de Blenniidés ont un corps plutôt allongé, plus ou moins cylindrique et, suivant les cas, nu ou couvert seulement de petites écailles. Le sous-orbitaire n'est pas, chez eux, uni au préopercule. Ilsportenty selon les genres, une, deux ou trois nageoires <lorsales occupant la plus grande partie du dos, avec une partie antérieure ou pseudoépineuse d'ordinaire très étendue. L'anale est longue. Les ventrales, jugulaires ou au n)oins antérieures et composées seulement d'un petit nom-

' De FiUppi, 1. c, p. 6.

' Gûnther, Catal. of Brit. Mus., III, 1861, p. 206.

bre de rayons, sont généralement peu développées, et font même quelquefois complètement défaut. La dentition est assez variée. La plupart portent des pseudo-branchies. La vessie natatoire fait généralement défaut ; les appendices pyloriqnes manquent tout à fait.

Les Blenniidés sont des Poissons carnivores, en majorité de taille plutôt petite et qui vivent généralement au fond des eaux. Les nombreux membres de cette grande^ famille sont répandus plus ou moins dans toutes les régions, du globe. Beaucoup de genres sont exclusivement marins, quelques-uns habitent les eaux douces ; plusieurs se trouvent sur les rives de notre continent, un seul est représenté dans les eaux douces de TEurope \

Genre BLENNIE.

BLENNIUS, Unnë.

rne dorsale comix>sée très étendue^ la partie pseudo-épineuse à peu près de même longueur que Vadicidée. Ventralts' jugulaires^ rapprochées par la base et formées de deux à trois rayons^. Corps médiocrement allongé et nu. Une seulr sirie de dents ^es, ou incisives j sur les mâchoires; d'onli-

^ Sur les trente et nn genres admis par l'aatear dn Catal. of Fnbe.s dans cette fiunille, dix seulement, la plupart méditerrauéent on tcandinares, peuvent être considérés comme européens ; ce sont : les Anarrhèca4 du nord, les Blenniua du midi, les Cristiceps, ClinuSy Auchonoptenu et Dripierygium abondants surtout dans la mer Méditerranée, les SHehéta» des cdtes de Scandinavie, les Cmifonotuê^ assez fréquents sur les e6tes do^ France, et les Zoarces du nord. Il est à remarquer que ce dernier genre est vivipare.

* Ganther a tort, je crois, d^attribuer aux ventrales, dans ce genn*. une épine antérieure et deux rayons; les trois rayons du Blamiuê Cuffnata^ par exemple, m*ont paru tous plus ou moins articalés.

BLENNIUS CA6N0TA. 151

noire des canines, aux deux mâchoires, au sur Tinférieure seulement. La plupart du temps des tentacules pins ou moins dévdcppéSj au-dessus des yeux. Tête ramassée et brusquement déclive en avant. Fente buccale étroite. Ouverture branchiale grande. Six rayons branchiostèges.

Ce genre, riche en représentants dans les mers d'Europe \ principalement dans la Méditerranée, est de fait entièrement étranger à la Suisse. Toutefois, Tespèce unique qui remonte dans les eaux douces de notre continent ayant été citée à tort dans notre pays, et se trouvant non loin de nos frontières, j'ai cru devoir en dire ici quelques mots en passant ' .

LA BLENXIE CAGNETTE Cagmbtto

BLEiniJUR CA650TA, Cuv. et Val.

D'un fauve tirant plus ou inoim sur le roux ou sur le verflàtre, en dessus et sur les cotés. Un pointillé noir et des taches fmnes ou noirâtres sur la tête, sur le dos, sur les flancs où elles forment souvent des bandes transverses, et sur les nageoires, principalement sur la seconde partie de la dorsale et la caudale. La tranche injérieure de Vanale volontiers bordée de blanc. Corps arrondi sur les flancs et d*une hauteur à peu près égale à la longueur de la tête ou un peu moindre. De petits tentacules frangés au-dessus de Vœil et une légère crête occipitale, rhezle mâle principalement. Une seule dorsale composée, gêné-

' Sur ane quanuitaine d'espèces signalées dans ce genre , les côtes d'Europe peuvent en compter environ dix-sept on dix-hnit.

' Les Blenmm st^fefiamu, B. vulgaris, B. varus^ B. luptdm^ B. fralerf B. aniioohUy B. PoUinii et B. aîpestris^ successivement signalées dans divenes contrées méridionales de notre continent, paraissent n'être que des variétés du Bfemdus Cagnota de Cnv. et Val.

ralement plus haute en arrière qu'en avant, naissant au'desstt^t de la fente branchiale et arrivant presque jusqu'à la caudale ou joignant plus ou moitis celle-cL Anale naissant en atnint du milieu de la lotigueur totale. Les rayons artiaiUs de la dorsale et de l'anale non divisés. Seize à vingt-deux incisives, d* ordinaire avec une canine de chaque côté^ à la mâchoire supériettre; dijr à dix-huit itu^^isives, également avec des canines sur la mandibule inférieure * (Taille moyenne de vieux sujets : 80 à 105^^).

D. «—13/16— 18 «, A. (17) • 19-M (ÎI)S V. «-3, P. 18— U,

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