BARBUS CANIN US
Pectorales un peu plus courtes que rélévation du corps, un peu plus grandes que la hauteur de la dorsale, assez larges, subacuminées au sommet, largement arrondies en arrière et, rabattues, laissant entre leur extrémité et Torigine des ventrales un espace susceptible de varier le plus souvent entre un Uers et trois cinquièmes de leur longueui*, suivant le sexe, Vdge et les individus.
Dix-sept à dix-huit rayons : un simple et seize à dix-sept divisés. Le rayon simple égal au 3"' ou au i"* divisé.
Caudale notablement plus courte que la tête, plus petite même que la hauteur du corps, chez les adultes ; par contre, à peu près égale à la première et plus forte que la seconde, chez les jeunes. Avec cela, relativement peu échancrée et à lobes médiocrement acuminés quasi-égaux. Les plus grands rayons, à la longueur totale du poisson, comme 1 : 6 Vs — é'/*, selon Page plus ou moins avancé ; les rayons médians mesurant, suivant les individus, de près de la Va aux V, des plus longs. (Généralement dix-neuf grands rayons (exceptionnellement vingt); comme toujours, un grand simple, appuyé par de petits rayons décroissants, de chaque côté, et dix-sept divisés, (exceptionnellement dix-huit divisés).
I*k:ailles assez adhérentes et passablement plus grandes que chez uos espèces précédentes, surtout dans la moitié postérieuiv (lu corps et principalement sur les côtés du ventre, en arrière (les nageoires ventrales. Une squame médiane sensiblement plus longue que haute, festonnée ou lobée au bord fixe, arrondie ou subconique au bord libre, marquée de fines stries concentriques autour dMm nœud un peu reculé vers le bord fixe, avec de nombreux rayons divergeants antérieurs et postérieurs, comme chez nos autres Barbeaux, et d'une surface ù peu près égale aux trois quarts de la superficie de Tœil, chez l'adulte, au tiers seulement, chez les jeunes. Les écailles antérieures plus petites et ovales ou subarrondies (Voy. PI. UI, tig. 15, une écaille lat. tout h fait à Pavant du corps) ; les postérieures, par contre, un peu plus grandes et plus allongées. Les dorsales antérieures, les pectorales et les abdominales, jusqu'aux nageoires ventrales, comme chez les espèces précédentes, plus petites que les latérales, presque ovales et peu
274 FAUNE DES VERTÉBBCS.
OU pas festonnées ; les premières mesurant souvent la moitié " de celles qui revêtent la partie postérieure et latérale du corps, les secondes bien plus petites encore. Celles qui boident la nageoire anale, un peu plus allongées, avec un développement latéral un peu plus accentué que chez nos autres Barbeaux (\ oy. PL III, fig. 18).
Le plus souvent dix à onze écailles au-dessus de la ligne latérale et sept h neuf au-dessous. (Caoestrini donne un minimum de neuf en dessus et un maximum de dix en dessous). Ligne latérale légèrement concave en avant, puis à peu près droite et au milieu du corps, jusqu'au centre de la caudale. Les écailles de cette ligne, au nombre de 48 à 53, généralement un peu moins allongées et moins coniques au bord libre que chez le Barbeau conunun. et à peu près 8emblable> à leurs voisines dans les parties moyennes et postérieures du corps, mais notablement plus grandes que celles-ci dans la partie antérieure du tronc. Une écaille moyenne à peu prè> comme la voisine supérieure, avec un tubule subcyliadrique plutôt court, soit naissant d'ordinaire au nœud seulement et s' ouvrant largement assez loin du bord libre. Une écaille postérieure plus allongée et plus étroite (Voy. PI. III, fig. 17). Une écaille antérieure plus courte, mais par contre beaucoup plus large et arrondie au côté découvert, avec un tubule un peu prolongé en arrière du nœud '. (Voy. PU IIL fig. 1<». une écaille prise aux V< des pectorales; une squame lat. pla^ voisine de Topercule serait plus large au bord libre et pn^ senterait un tubule plus prolongé vers le bord fixe.) Coloration des faces supérieures et des côtés, au-dessusde la ligne latérale, suivant la saison et les individus, d^un gris brun plu^ ou moins roussfltre ou noirfttre, ou d'un gris ardoisé avec une multitude de pointe noir&tres et de taches plus grandes brune> ou noirâtres, sur le dos, sur la tète et assez bas sur les joue>
* En face d'une telle multiplicité de formes daus les écailles, tant sar la ligne latérale qu^en dehors de celle-ci, on partage difficilement ropiniosi de Blanchard, qnaad il dit (Poissons de France, p. 814) qa'H seraH mût de rtconnaltre les deux espèces de Barbeaux de France par Pinspectioa (Pune seule écaille.
BARBUS CANINUS. 275
et leB flancs. Sourent des reflets bleuâtres sur les o6tés du corps et de la tète et un peu sur le dos. Le ventre généralement d'un blanc argenté.
La dorsale, la caudale et Tanale jaunâtres ou d'un gris jaunâtre, avec des bandes ou des taches rougeâtres et des macules brunes, parfois rangées en séries transverses, chez les deux premières surtout. Les ventrales et les pectorales d'un orangé plus ou moins intense; les premières souvent sans macules, les secondes souvent légèrement machurées ou faiblement tachetées.
Les barbillons volontiers rouges ou rougeâtres. L'iris d'un jaune doré.
Dimensions bien inférieures à celles des espèces précédentes. Le plus grand individu que j'ai examiné de provenance suisse mesurait 140 millimètres. Le sujet étudié par Heckel et Kner égalait 5 pouces, soit 134 millimètres. Pavesi dit que le plus grand sujet qu'il a rencontré dans le Tessin mesurait 152 millimètres. Enfin, Canestrini donne les dimensions de plusieurs individus femelles entre 110 et 210 millimètres, soit égalant jusqu'à 7 pouces et 10 lignes.
Mâles portant une nageoire anale d'ordinaire notablemeut moins haute que celle des femelles et présentant souvent des pectorales par contre un peu plus développées.
Jeunes, avec un corps plus étroit et moins élevé, une nageoire dorsale relativement plus haute, une caudale plus grande, une tête relativement plus longue, un œil plus gros, un museau par contre plus court, un front plus étroit, et une livrée souvent i^us grise.
Vertèbres au nombre de 34-35.
Vessie à air plutôt petite, réduite surtout chez les femelles pleines, et étranglée en avant du milieu; la partie antérieure subovale, assez large et renflée, la partie postérieure plus étroite, subconique, effilée, acuminée à l'extrémité et volontiers un peu tordue.
Tube digestif plus court et moins replié que chez nos autres Barbeaux, soit mesurant la longueur du poisson ou un peu moins. Le péritoine noir, chez l'adulte surtout. Ovaires et testicules doubles.
i i76 FAUNE DES VERTÉBRÉS.
Une rangée de pseudobranchies pectinées, bien développées et disposées en éventail devant Tangle antéro-supérieui* de l'opercule.
Ce petit Barbeau méridional, bien qu'assez variable, conuue je l'ai montré, suivant l'âge et le sexe, se distingue cependant constamment des espèces précédentes par l'absence des denticules au grand rayon simple de la dorsale, par un corps plus cylindrique, par un museau moins prolongé, par une forme moins échancrée de la caudale, par des écaUles en majorité plus grandes et par l'inégalité plus forte des barbillons. Mais, ces caractères différentiels assez constants et frappants, en face des BarhnsfluviatUis et B. plehejus, paraissent bien moins importants quand Ton compare notre B. caninus avec le J?. Petenyi (Heckel) * de Transylvanie et de Hongrie. En eifet, ces deux Barbeaux de taille relativement petite ^ se rapprochent assez, soit parla plupart des traits qui servent à distinguer le Barbeau canin des précédente, soit eu égard à quelques nouvelles considérations.
Ne connaissant le Barbus Petenyi que par des descriptions plus ou moins circonstanciées, je n'ai pas la prétention de m'élever contre l'opinion de Heckel et Kner', de Siebold * et de Gttnther% qui tous reconnaissent cette espèce comme franchement distincte ; toutefois, il me semble utile de relever ici plusieun> ressemblances et quelques légères différences, qui pourraient amener par la suite des comparaisons plus complètes entre ces deux espèces. D'un côté, les formes cylindriques du corps et subconiques de la tête, la livrée, la structure non dentelée du grand rayon dorsal, la forme relativement peu échancrée de la caudale et l'inégalité des barbillons chez le B. Petenyi rappellent beaucoup le B. caninus \ de l'autre, les proportions un peu plus petites de l'œil, les formes plus allongées et plus acuminées des
^ Heckel, in Haidingcr, Berichte ûber die Mlttheilungen von Freand der Naturwiss. Wien, III, 1848, p. 194.
' Le B, Petenyi ne dépasserait guère 7 à 10 ponces de longuenr totale. ' Sttsswasserfische, p. 87.
* SOsswasserfische, p. 111.
* Catal. of Fishes, VII, p. 95.
BARBUS GANINUS. 277
lobes de la caudale et le nombre un peu plus élevé des écaOles ^\a la Ugne latérale semblent devoir séparer à leur tour plus ou moins ces deux dernières espèces. Ce n^est que par T étude com- I)arée d'un grand nombre d'échantillons des deux formes que Ton arrivera, je crois, à peser Timportance de chacun de ces différents caractères. Mais, je ne veux pas négliger d'appuyer ici sur un point déjà signalé par Pavesi ', et qui, regardé à tort i!omme trait cojastamment différentiel, mérite d'être pris en sérieuse considération. Je veux parler des propositions relatives 4le la nageoire anale. Selon Heckel qui a établi le Barhtis Pelétèi/i, et suivant la plupart des auteurs d'après celui-ci, l'espèce en question se reconnaîtrait facilement à la hauteur de sa nageoire anale parvenant rabattue jusqu'au delà des petits rayons basilaires de la caudale. Or, nous avons vu, non seulement que les proportions de l'anale varient chez tous les Bar- 1)eaux, mais encore que cette différence, la plupart du temps <exuelle, est encore plus sensible chez le B. caninus que chez nos autres espèces. Nous avons dit que l'anale rabattue dépasse souvent les rayons basilaires de la caudale, chez les femelles adultes du Barbeau canin, tandis qu'elle n'atteint souvent pas jusqu'à la caudale chez la majorité des mâles et des jeunes. Hecker et Kner n'ont eu en main que deux individus du Barbua é-nninus et ne paraissent pas avoir fait attention aux sexes, en outre, les dimensions relevées par Canestrini sont toutes prises sur des femelles ; de telle manière que les comparaisons, sous ce nq>port, ont été jusqu'ici sinon impossibles du moins négligées. Bonaparte ' avait remarqué, il est vrai, que Tanale est, chez lo li. canimis, plus ou moins élevée que les pectorales ; mais cet auteur ne paraît pas avoir attaché plus d'importance que ses successeurs à cette différence sexuelle.
Ayant eu donc l'occasion de vérifier l'observation du D*^ Pavesi. je ne puis terminer cette brève discussion sans signaler, à mon tour, comme un rapprochement 2>ar hs femelles entre ces deux |)etits Barbeaux.
' Pesci e Peaca, p. 30.
* Iconograûa délia Fauna Italioa.
Le Barbeau canin habite diverses contrées du nord de Tltalie, le duché de Modène, la Toscane, la Lombardie, le Piémont, l'Istrie et quelques parties du midi de la France, la Provence et le Languedoc, même, paratt-il, les eaux d'Espagne voisines des Pyrénées. Cette espèce n'avait point encore été signalée en Suisse, quand le prof. Pavesi m'envoya, en 1869, sous le nom vulgaire de Stornazza, un échantillon jeune encore de ce Barbeau provenant du lac Majeur, près Locamo. Depuis lors le même naturaliste a reçu d'autres individus de l'espèce capturés dans les rivières tessinoises, eu particulier dans la Tresa où ils étaient connus sous le nom de Pèss-cagnm. Le Barbus caninm est donc, pour notre pays, confiné dans le Tessin, au sud des Alpes. Il paraît même qu'il serait assez rare dans ce canton. Les quelques individus tessinois que je dois à l'amabilité du prof. Pavesi m'ont paru différer peu des représentants de l'espèce en Italie et en France.
Ce petit Barbeau nt, comme ses congénères, de préférence dans les eaux courantes pures et à fond graveleux, dans les rivières et les ruisseaux, ou dans les lacs non loin des embouchures. Pavesi croit que ce poisson doit frayer au premier printemps. Les œufs, de un à un et quart millimètres de diamètre et relativement pas très nombreux, sont d'une couleur orangée et passent, ainsi que ceux des autres Barbeaux, pour donner de violents vomissements. C'est principalement en hiver et surtout avec \KprkUra *, sorte d'abri factice, que l'on prehd ce petit poisson dans les rivières. Les pêcheurs tessinois, qui prennent et apportent souvent ensemble le Barb (Barbus plébejus), le Strigion (Telestes Saiignyi) et le Pèss-cagnôn (Barbus caninus), semblent croire, suivant Pavesi, que ce dernier serait un produit bâtard des deux premiers. Il est inutile de dire que rien nv justifie cette idée, et qu'à l'exception de la coloration du ijcritoine également noire chez le Barbeau canin et chez le
^ L'eDgin nommé Prédéra ou Predèr^ consiste eu une petite caisse de bois ouverte d'un bout, que Ton place au fond de l'eau dans les rÎTières, avec le trou en aval et que Ton recouvre de gra\ier. Le poisson vient s'y abriter et on le prend alors en l'effrayant devant Touverturc, en même temps que Ton relève rapidement la caisse.
COBIO rLUVIATlLIS. 279
Teleiiesj ces deux poissons n'ont pour ainsi dire rien de comnnm.
Genre 4. GOUJON
ÛOBIO, Cuvier.
Dents pharyngiennes lephis souvent au nombre de sejïf à huit et sur deux rangs, de chaque côté ; la base assez éleire, la couronne renflée, un peu crochue au sommet et, selon Vétat, liusou moins pincée ou écrase au côté supérieur. Bouche inférieure, horizontale, en fer à cAevai; lèvre sup. médiocrement épaisse et oi^née à la commissure d'un barbUlonplus ou moins long. (EU moyen et très élevé. Museau large et plus ou moins prolongé. Cmps fusi forme; dos et ventre larges, hkailles très mipices et de moyennes dimensions, avec de nombreux sillons distribués en éventail sur la face découverte et correspondant à de petits festons sur le bord libre. Un espace mi entre la (forge elles nageoires pectf fraies. Ligne latérale complète, prèsfpte droite et quasi médiane. Dorsal-e à base courte et commentant au-dessus des ventrales. Anale à base courte, naissant très en arrière de la dorsale et assez loin de Vanus; toutes deux sans gros rayon dovlelé. tJaudale plutôt grande, médiocrement échanrrée et à lobes subégaux.
Dentés dividentes Sj 5 — 5, 2, raptatorii. vel (2, 5—4, 2 vel 4, 6—5, 3), etc.
Les Goujons se tiennent généralement près du fond de Teau et de préférence sur les terrains graveleux ou sablonneux. L'alimentation de ces poissons est presque exclusivement animale, ainsi que semblent le prouver la consistance
de la meule et les proportions relativement courtes du tube digestif.
Ce genre ne renferme jusqu'ici que deux espèces propres aux eaux douces de l'Europe: le Gobio flumaiilis (Cuv. etVal.)j très répandu dans le continent, et le G.uranoscopus (Agassiz), plus petit et propre à certaines contrées relativement orientales, aux rivières Isar, Salzach, Save et Idria, en Bavière et en Autriche.
Nos Goujons n'ont pas, comme d'autres Cyprinides, une meule dure soit quasi pierreuse ; la plaque semi-cartilagineuse, subtriangulaire et pincée en arête médiane qui fait face chez eux aux dents paraît destinée surtout, comme chez les Barbeaux, à permettre à celles-ci de déchirer les aliments plutôt qu'à les broyer. Le maxillaire supérieur et l'arcade sous-orbitaire rappellent également assez l'aspect et la disposition de ces os dans le genre précédent : le premier par la courbe dirigée en bas de son coude postérieur, la seconde par la forme allongée et en lame incurvée de la pièce antérieure. Les os pharyngiens ont une aile subarrondie, médiocrement développée et une corne supérieure longue et fortement recourbée. Les écailles des régions moyennes et antérieures sont en majorité plus hautes que longues, avec un nœud passablement reculé vere le bord fixe. Notre Goujon porte des pseudobranchies passablement développées.