‹ Faune des vertébrés de la SuisseChapitre 40 sur 77 · Sq. 37 3^4,5, - «(*6). \ert. ^^'M · texte numérisé non relu

Sq. 37 3^4,5, - «(*6). \ert. ^^'M

maj,

536 FAUNK DES VERlÊBUÉS.

Sqïjalius AULA, Sq. ei.atus, Bonaparte, Fauna italica, fasc. XXX, pi. fig. 4el3. LE[icisrus (Sq.) kuuei.la, L. tkasimenicus, Bonap., Fauna iialica, fajsc. XX, pi. «g. I et i. — f:uv. et Val., XVII. 158 et 195. » FUciNi, Bonap.j Fauna italica, fasc. XXH, pi. fig. f. ^ div et

Val., XVII, p. 152.

> ALTUa, Cuv. et Val., XVll, p. 237. » RUDELLA, L. FUciNi, L. TKASiMENicu<, Schinz, Kurop. Fauna, II,

p. aiS et 3111.

» PAGEM.us, L. SCAUDINIJ>. L. PAtJPEHUM, De FUippi, Cenni, p. li. » AULA., Cuu. et Val.y XVll, p. 151. — Steindachner, Poisons du Portugal, p. 4, 1864. — Canestrini, Pix>spet. crit., p. 51. — Gunther, Catal. of Fishes, VU, p. il 5. — Pavesi, Pesci e Pesca, p. ,50.

LeUCOS FUCINI, L. TIIASIMENICIJS, L. RUBELLA, L. AULA, L. HeNLEI, L. PAU-

PERU.M . L. SCAKDINUS, L. PAGELLUS, Bonaparte, Cat. Met.,

» ALLA, Heckel et Kner, Sùsàwasserlische, p. 162, fig. 86. — Stein-

dachner, Sitzgsb. Ak. Wiss. Wien, 1866, p. 201. » uiJBELLA, Heckel et Kner^ Sùsswasserfische, p. 161, fig. 87. —

Costa, Aun. Mus. zool. Univ. Napoli, 1, p. 15. » ciSALHLNUs, Hcckel, Husseggei's Reisen, I, 1841-49. »> PAUPEKUM, L. KiiBELLA. De Bclta, Ittiologia Veroiiese, p. 84 et 83.

Noms vulgaihe-, dans le tessix : Tr»//. Troï ou Trôî.

Corps oblong, bien que relativement ramassé, moyennement élevé et médiocrement comprimé. Le profil supérieur passablement convexe en avant de la dorsale, et à peu près droit ou légèrement concave en arrière de celle-ci ; le profil inférieur, selon l'âge, le sexe et l'état des individus, plus ou moins convexe du museau à l'anale, après cela très faiblement relevé le long de cette dernière et presque droit jusqu'à la caudale. Le dos large, la nuque plus ou moins voûtée eu avant, suivant les sujets et l'âge plus ou moins avancé. Le ventre arrondi transversalement. La hauteur maximale, devant la dorsale, à la longueur totale, comme 1 • 3 Vs — 4 V4 suivant l'âge plus ou moins avancé et l'état des individus, même comme 1 : 5 chez de très jeunes sujets ',

* Heckel et Kner (Sitsswasserfiscbe, p. 163) donaeut le rapport 1 : 3 S qui me semble devoir s'appliquer à des femelles pleines, peu avant la ponte.

LEUCIàCUS AULA. 537

et, à la lougueur jusqu'à la caudale, comme 1:3 — 4. La hauteur minimale, vers la caudale, à la hauteur maximale, comme 1 : 2 Va — 3, suivaut les individus jeunes ou vieux. L'épaisseur la plus grande, un peu avant Textrémité des pectorales, chez les adultes, mais plus près de la tête chez les jeunes, et généralement un peu au-dessus du milieu de la hauteur, égale, en moyenne, à la Va parfois aux V5 de l'élévation vers la dorsale. Une section verticale, par là, de forme ovale, assez large et médiocrement allongée.

L'anus situé très près de Tanale et presque aux Vs d^ 1^ longueur du poisson sans la caudale, ou légèrement en arrière.

Tète plutôt courte, assez épaisse et plus ou moins obtuse, bien que, selon les sujets, un peu plus ou un peu moins allongée et plus ou moins arrondie en avant. Le proiil supérieur assez busqué en avant, mais relativement plat en arrière, et formant, suivaut les individus et Tàge plus ou moins avancé, un angle plus ou moins sensible avec la courbe de la nuque; quelquefois, chez les jeunes surtout, suivant parfaitt*ment la dii*ection de cette dernière. Le proiil inférieur, à son tour, plus ou moins convexe et plus ou moins saillant vers Tarticulation du maxillaire. La longueur céphalique latérale, à la longueur totale, comme 1:5 — 6 Vs suivant les individus et selon Tàge (parfois, d'après Canestrini ', comme 1 : 4 Vio)f ^t, à la longueur sans la caudale, comme 1:4 — 4 Vs- Cette dimension maximale de la tète égale donc quelquefois, chez des jeunes principalement, à la hauteur du corps; mais généralement beiiucoup moindre, soit en moyenne égale aux Va de celleci seulement. La longueur supérieure, vers l'occiput, un peu plus courte que la longueur latérale, soit très souvent de Vu à Vi,i seulement, plus rarement de '/t^ exceptionnellement un peu davantage, chez des sujets à tête relativement très allongée. La hauteur sur l'occiput égale à peu près à la longueur au même point chez les adultes, ou un

• Prospet. crit. p. 52.

538 FAUNE DES YERTÉBRÉS.

peu plus faible chez les jeunes. L'épaisseur sur Topercule d'ordinaire légèrement plus forte que les Vs de Télévation à Tocciput, ou correspondant la plupart du temps à la hauteur vers le centre de l'œil.

Museau court, large et obtus, mais plus ou moins busqué et, par le fait, plus ou moins arrondi ou subacuminé, suivant l'âge et les individus '.

Bouche fendue jusqu'au-dessous de l'orifice antérieur des narines et plus ou moins oblique, suivant la forme plus ou moins saillante du menton ou de l'articulation du maxillaire inférieur. Les mâchoires d'ordinaire à peu près égales ; parfois cependant la supérieure un peu plus longue que l'inférieure, chez les vieux principalement, ou, au contraire, légèrement plus courte, chez certains jeunes surtout. La langue passablement développée. -— Narines doubles et assez grandes ; la cloison séparatrice à peu près au tiers de l'intervalle compris entre le bord de l'œil et le bout du museau. — Des pores et canalicules, à peu près comme chez les espèces précédentes.

Œil arrondi et plutôt grand, bien que de dimensions assez variables, avec l'âge et les individus ; d'un diamètre, à la longueur céphaligue latérale, comme 1 : 2 Ve ^^^^ de jeunes individus, à 3 «/s chez des vieux (même 1 a 4 d'après Canestrini, 1. c).

L'espace préorbitaire un peu plus grand que la moitié de l'orbite, chez certains petits sujets, et, au plus, égal au diamètre de celui-ci, chez de très grands échantillons*.

L'espace postorbitaire à peu près égal au double de l'œil ou légèrement plus court, chez les adultes, mais seulement de moitié plus grand que l'orbite, chez de petits sujets, soit

1 Le miisoau a été à tort repré8f*nté an peu trop carré dans la fig. l «le ma planche Y.

* Dans l''8 mesures qu'il donne (Prospet. ont p. 51), Canestrini attribue à plusieurs de ses sige^s majeurs un espace préorbitaire plus grand que Pœil. Cela m*a paru être bien rarement le cas chez les individus provenant du lac de Lugano, bien que j*en aie examiné un très grand nombre et plusieurs de taille bien supérieure au plus grand écbantilloi mesuré par Tauteur du Prospectus critique des Poissons d'Italie.

LBUCISCUS AULA. 539

variant, avec Tige, entre légèrement plus ou légèrement moins que la moitié de la longueur latérale de la tête.

L'espace interorbitaire, au diamètre oculaire, comme 1 : l V4 — 1 Va '1 selon les individus petits ou grands. Arcade sous-orbitaire composée généralement de cinq pièces juxta posées : le premier os, en avant, de moyenne dimension ou relativement petit, un peu plus long que haut et de forme subovale, avec une petite saillie entre Tœil et les narines ; cette pièce de surface, chez les vieux sujets, un peu plus forte que Va d^ celle de Tceil, ou au plus égale à Vi de celui-ci, chez de jeunes individus. Le second os petit; le troisième long, mais étroit; le quatrième un peu plus long, mais beaucoup plus étroit que le premier, et recouvrant le quart ou au plus le tiers de Tœil chez Tadulte ; le cinquième petit et subtriangulaire. Parfois un sixième très petit.

La voûte surciliaire passablement surplombante, chez Tadulte.

Maxillaire supérieur presque droit en avant et développé, vers le milieu en arrière, en un grand coude légèrement concave en dessus et à peu près droit en dessous, mais un peu moins prolongé que chez les espèces précédentes. La branche inférieure courte, mais assez large et fortement tordue en dedans et en avant (Voy. pi. II, fig. 41).

Opercule plutôt petit, trapézoïdal et marqué souvent de quelques très fines stries rayonnantes, plus ou moins apparentes suivant Tftge et les individus. Le côté supérieur égal environ à la moitié du côté inférieur ou un peu plus ; ce dernier, très faiblement convexe, formant avec le bord postérieur, par contre légèrement concave, un angle un peu arrondi et un peu plus ouvert que Tangle droit.

Sous-opercule très large et arrondi sur le bord, soit en forme de fort demi-croissant.

Interopercule formant un triangle allongé entre le bas de

* Exceptionnellement, selon Canestrini, chez des indivitlus petits ou de taSUe moyenne, comme 1 : 1. Je n*ai jamais trouvé ce rapport extraordinaire clie;£ de j-^anes sujets provenant du lac de Lngano.

540 FAUNE DES VERTKBHÊS.

r opercule, le sous^opercule et le préopercule, et demearant assez apparent au-dessous de ce dernier.

Préopercule oblique et presque droit en arrière, mais largement arrondi en dessous, de même qu'au coude postéroinférieur.

Bordure branchiostège très développée.

Pharyngiens très semblables à ceux du Vangeron, quant à la corne supérieure ; mais présentant d'ordinaire une aile un peu plus développée dans le bas, avec une branche inférieure plus allongée et un peu moins tordue (Voy. pi. IV, fig. 46).

Dents sur un seul rang, au nombre de cinq de chaque côté et rappelant assez, quant à la forme générale, celles des espèces précédentes, des jeunes principalement, soit pincées en serpe, légèrement recourbées à l'extrémité et un peu étranglées à la base. Les trois dents supérieures, cependant, d'ordinaire un peu plus écartées et volontiers un peu plus franchement pectinées sur la tranche ; les deux inférieures relativement épaisses et subconiques. La dernière plutôt plus allongée que chez le Gardon commun ou Vangeron ; mais, comme chez celui-ci, la seconde supérieure généralement la plus grande (Voy. pi. IV, lig. 46).

Meule dure, facilement isolable et de forme ovale, soit relativement plus large et notablement moins all(»ngée que celle du Gardon commun. La face inférieure ou de frottement assez saillante, au centre surtout ; les impressions dentaires bien plus accentuées, chez les adultes, que dans les espèces précédentes. Le grand sillon antérieur impair, en particulier, beaucoup plus profond ici que chez le Letic. ruttlm (V^oy. pi. IV, fig. 47 et 48).

Dorsale ayant son origine au centre de la longueur du poisson sans la caudale, ou très légèrement en arrière, soit à peu près au-dessus du milieu de la base des ventrales, et d'une hauteur très variable avec les individus. Cette élévation, tantôt égale seulement à la longueur de la tète en dessus, tantôt au contraire passablement plus forte même que la longueur latérale de celle-ci ; par le fait, variant constamment entre les V& ^t les Vs ^^ 1& hauteur du corps. La base

LEUCISCUS AL'LA. r»41

OU la longueur de cette nagoire susceptible également de varier entre les '/^ et les *^4 de la hauteur du plus grand rayon et, à son tour, dans des rapports toujours variables avec les diverses dimensions latérales de la tête*. Quant à la forme : anguleuse aux extrémités, plus ou moins décroissante en arrière et droite ou très faiblement concave sur la tranche.

Onze ou douze rayons ; trois simples et quelquefois huit, mais le plus souvent neuf divisés. Le premier simple très petit, soit variant d'ordinaire entre ^U ^t Vi du second ; celui-ci égal, k peu près, à la moitié du troisième, ou un peu plus court; le troisième à peu près égal au premier divisé ou très faiblement plus long. Le dernier divisé mesurant, suivant les individus et la forme plus ou moins décroissante de la nageoire, un peu moins ou un peu plus de la moitié du plus long.

Anale naissant d'ordinaire légèrement en avant de l'extrémité de la dorsale couchée, bien que plus ou moins loin en arrière du dernier rayon de celle-ci, soit d'une quantité variant entre Va et ^ j de sa base, et demeurant, rabattue, à une distance de la caudale variant généralement entre les V:, et les "/, de son dernier rayon. La hauteur de cette nageoire parfois égale h peu près à la base de la dorsale, mais, le plus souvent, variant entre un peu plus et un peu moins des Va de Télévation de celle-ci. L'étendue basilàire généralement moindre que la hauteur, mais, encore ici, assez variable, soit parfois égale à celle-ci, chez des jeunes surtout, et d'autres fois, par contre, jusqu'à Vs plus courte. Quant h la forme : un peu carrée, rectiligneoufaiblement concave sur la tranche et médiocrement ou relativement peu décroissante en arrière. Onze k treize rayons, dont trois simples et huit à dix divisés, le pi uî» souvent neuf*. Le premier simple égal à V4 ou,

^ Les rapports comparés de la base de la dorsale et tle la tctr, depuis l'angle operculaire jusqu^au bord antérieur ou postérieur dv la pupille, ioToqués par Heokel etKner. comme distinctifs des Lem-os attia et L, nt- Min, tout en particulier constamment variables.

* J'ai trouvé dix rayons divisés chez deux jennes du lac do Lugauo.

54S FAUNE DES YERTÉBRÉS.

au plus, à Vi <lu second, celui-ci égal environ aux */, du suivant ; le troisième simple à peu près de mdme longueur que le premier divisé ou légèrement plus court. Le dernier, généralement divisé jusqu'au bas, oscillant entre la '/, et les Vi du plus grand.

Ventrales ayant leur origine très légèrement en avant de l'aplomb du premier rayon de la dorsale et demeurant, rabattues, à une distance de Tanus susceptible de varier, selon Tftge, le sexe et Tétat des individus, de V» à V> ^ plu^ de leur longueur. Le plus grand rayon de ces nageoires toujours passablement plus long que la hauteur de Tanale et demeurant généralement entre la longueur de la base de li doi'sale, légèrement plus faible, et la longueur des pectorales, légèrement plus forte. Quant à la forme : assez larges, subtriangulaires, un peu arrondies sur la tranche et médiocrement réduites en arrière.

Neuf à onze rayons : deux simples et le plus souvent huit divisés, quelquefois neuf, plus rarement sept seulement '. Le premier simple, latéral extérieur, un peu arqué à la base, d'une seule pièce, comme chez nos autres Cyprins, sans articulations apparentes ou très faiblement articulé au sommet et mesurant entre Vt et V, du second ; celui-ci légèrement plus court que le premier divisé le plus grand de tous. Le dernier divisé variant entre la Vs et les V« <iu plus long.

Pectorales demeurant, rabattues, à une distance de Torigine des ventrales, très différente, selon les individus et leur état ou selon la courbe plus ou moins prononcée des parois abdominales, soit variant constamment de '/• & Vs àe leur longueur. Ces nageoires généralement de Vu à V» 9^^ ^' gués que les précédentes, exceptionnellement de Vi ; parfois, au contraire, à peu près de même longueur que ceUesH:i. Quant à la forme : subarrondies au sommet, convexes sur la tranche et bien réduites en arrière.

Seize à dix-huit rayons : un premier simple, volontien m peu plus épais chez les miles que chez les femelles et soo-

■ J*ai trouvé, chez aoe vieille femelle du lae de Lugaiio, lepl diritH d*un côté et hait de l'aatre.

L£UCISGU8 AULA. 543

vent un peu tordu, égal à peu près au troisième ou au quatrième rameux, plus quinze h dix-sept divisés, parmi lesquels le second généralement le plus long et le dernier au plus égal à V, du plus grand.

Caudale moyennement échancrée et passablement recouverte par les écailles à la base. Les lobes subacuminés et légèrement arrondis sur la tranche ; l'inférieur parfois de même longueur que le supérieur, plus souvent de deux à trois millimètres plus long. Le rayon le plus grand, à la longueur totale du poisson, comme 1 : 4 Vs — ô* suivant les individus jeunes ou vieux. Cette nageoire, par le fait, plus longue que la tète, mais, suivant les individus et les formes plus ou moins allongées de cette dernière, d'une quantité variant le plus souvent entre V4 ^t Vi de son plus grand rayon. Les rayons médians mesurant des V» ^ la Vs des externes. Dixneuf principaux rayons, dont généralement dix-sept divisés, plus quatre à six, sur cinq à sept petits décroissants, ou plus encore dans le bas ftge.

Écailles grandes, assez épaisses, médiocrement solides, subcarrées, quoiqu' arrondies sur le bord libre comme chez le Gardon commun, et se recouvrant beaucoup moins que chez le Kotengle, de manière à paraître plus grandes et relativement moins élevées.'Une squame latérale médiane de la grandeur de r œil chez de vieux sujets, mais égale seulement à 7a de celuici chez de très jeunes individus. Les écailles moyennes des flancs rappelant assez celles du Leuc, rutihis : anguleuses, avec une saillie médiane plus ou moins découpée, au bord fixe, et arrondies, avec de nombreux petits festons, au bord libre ; les côtés supérieur et inférieur à peu près parallèles. La hauteur et la longueur souvent égales ; toutefois, suivant les individus, Tune ou Tautre quelquefois un peu plus forte. Des stries concentriques sur toute la surface, quelques grands rayons divergents partant d'un nœud quasi central et gagnant, en nombre très variable, les bords postérieur et antérieur, souvent deux à huit, parfois même onze, sur la partie libre ; enfin, entre ces derniers, sur le milieu de la face découverte de beaucoup plus petits sillons rayonnants correspondant aux festons du bord libre. Les squames laté-

hÂA FAUNE DES VERTÉBRÉS.

raies antérieures plus petites, moins anguleuses et un peu plus élevées ; les postérieures plus petites aussi, mais, sauf les dernières, plus anguleuses et relativement plus allongées. Les squames dorsales plus petites encore, ovales ou subarrondies; les pectorales relativement petites aussi, mais un peu anguleuses, avec un nœud volontiers plus reculé vers le bord fixe. Les ventrales latérales parfois légèrement plus grandes que les moyennes antérieures, par conséquent souvent les plus grandes, chez certains adultes (Toy. pi. III, fig. 42 et 44).

Le plus souvent sept, plus rarement huit écailles au-dessus de la ligne latérale, vers la plus grande hauteur, et trois, plus rarement quatre en dessous. (Les chiffres sept et trois sont les plus fréquents chez les sujets provenant du lac de Lugano ; je n'ai jamais trouvé les maxima neuf et cinq donnés par Canestrini, dans son Prospectus des poissons d'Italie.)

Ligne latérale décrivant, de l'angle supérieur de l'opercule au centre de la caudale, une courbe concave à peu près parallèle au profil ventral, passant légèrement au-dessus du tiers de la hauteur maximale du poisson et comptant trente-sept à quarante-deux écailles. (Je n'ai pas trouvé sur mes sujets de Lugano le maximum quarante-six indiqué par Canestrini dans son étude des poissons d'Italie.) Les squames moyennes de cette ligne à peu près de mêmes dimensions que leurs voisines supérieures, bien que peut-être un peu plus élevées, et généralement un peu moins découpées au bord fixe. Le tubule mucifère subcylindrique, médiocrement large, bien ouvert aux deux bouts et naissant un peu en arrière du nœud central, pour s'étendre sur les deux tiers ou les trois quarts de la face découveite. Les écailles latérales antérieures plus petites et beaucoup plus élevées, avec un tubule oblique, volontiers un peu arqué, souvent recourbé à l'extrémité, parfois même bifurqué. Les écailles postérieures plus petites aussi, mais plutôt plus allongées, avec un tubule droit, naissant plus près du centre (Voy. pi. III, fig. 43).

Coloration des faces supérieures d'une teinte olivâtre tirant plus ou moins sur le verdâtre ou le jaunfttre ; le bas des

LEUCISCUS ALLA. S45

flancs et les faces inférieures d'un blanc ai^enté plus ou moins lavé de jaunâtre ou légèrement doré. Une large bande noirfttre plus ou moins apparente, quelquefois à peine sensible, étendue sur les côtés du corps au-dessus de la ligne latérale, depuis la base de la caudale où elle s'accentue parfois sous forme de tache, jusqu'à la tête et un peu sur l'opercule; souvent aussi une ligne claire ou dorée, entre le dos et cett« première bande foncée.

Les nageoires, dorsale et caudale, grisâtres ou d'un gris plus ou moins verdfttre ou jaunâtre ; les nageoires inférieures, les pectorales et surtout les ventrales et Tanale, suivant les individus et les saisons, jaunâtres, jaunes, ou lavées de rougeâtre.

Iris quelquefois d'un argenté jaunâtre, un peu muehuré dans le haut ; le plus souvent jaune, ou même orangé, et lavé de rougeâtre, ainsi que tiqueté de noir à la partie supérieure.

Dimensions toujours beaucoup moindres que chez nos autres espèces du genre. Le plus grand individu dont Canestrini donne les dimensions égalait 149*" de longueur totale. Heckel et Kner donnent, comme limite de l'espèce, un peu plus de six pouces. J'ai moi-même examiné plusieurs vieilles femelles de Lugano qui mesuraient 165 à ITO"" et pesaient environ 50 à 60 grammes. Pavesi dit, enfin, que ce poisson peut arriver à peu près au poids de 90 grammes ; ce chiffre extrême doit peut-être être attribué à des femelles charjçées d'œu£s.

Mâles : n'ayant trouvé que quatre mâles sur les cinquante individus d'âges différents que j'ai étudiés pour cette description, je ne saurais mettre ici en avant des différences sexuelles un peu constantes. Toutefois, il m'a semblé ([ue, chez cette espèce comme chez ses congénères, les mâles ont, à l'époque des amours surtout, le premier rayon des pectorales un peu plus épais que les femelles. Bonaparte ' figure son Leuc. rubeUa, qui n'est autre qu'une forme de notre Leuc. aula, comme orné de petits tubercules coni-

* Fanna iUlica, XX, pi. fig. 1.

tS46 FAUPfE DES VERTÉBRÉS.

ques sur la tête et le dos. De Betta ^ signale, de même, la formation de productions épidermiques épineuses chez le m&le du Leuc. rubella, au moment du rut \

Jeunes, de forme moins élevée et moins voûtés à la nuque que les. adultes, avec un museau volontiers moins arrondi et un œil relativement bien plus grand. La bande foncée latérale généralement assez accentuée ; les nageoires souvent moins colorées.

Vertèbres au nombre de 36 à 37 ".

La vessie aérienne grande et étranglée en avant du milieu ; la portion postérieure cylindroco^iique ou faiblement cintrée, subacuminée à l'extrémité et, selon les stjûets, mesurant deux fois ou seulement une fois et demie la longueur de la partie antérieure; celle-ci fortement convexe en dessous, sensiblement concave en dessus et un peu pincée en avant. — Tube digestif large, formant deux replis assez développés, et, le plus souvent, de V4 à. Vs pl^ grand que la longueur totale du poisson. — Ovaires et testicules doubles. — Des pseudobranchies grossièrement pectinées, soit presque digitiformes, et passablement développées au fond de la cavité branchiale.

Cette espèce méridionale, bien que moins variable que le Gardon commun, a donné lieu, cependant, à la formation de plusieurs fausses espèces. Ainsi, les Sqiialius aula et Squalius elatus de Bonaparte ne diffèrent guère que par Télévation du corps que nous avons montré avoir souvent fort peu dMmportance ; et Cuv. et Val. ont, à tort, donné le nom de Leuc. altus à la même forme dite élevée de Tauteur de la Faune italienne. Ou a reconnu également, depuis assez longtemps, que les Leuc.

^ luiologia veronese, p. 85.

* Ces tubercules se dissolvent plus ou moins et tombent facilement dans Palcool, de sorte qu'il n'est pas toujours facile de les retrouver chez des individus qui ont été conservés dans ce liquide. Toutefois, on peut constater souvent de petites dépressions sur la peau de la tète, dans les placct abandonnées par ces épines temporaires.

' J'ai, eu particulier^ souvent trouvé 97 chez le Leac. aula de Lagaao.

. LEUCI8CIIS AULA. &47

pagellas, Leuc. Bcardinus efc Leiic. pauperum, de de Filippi ne reposaient que sur des divei^encei de proportions de fort peu de valeur. Quelques autres formes, comme les Xeuc. Jucini et Leuc. trasimenicus ont, à leur tour, dû leur dénomination spéciale bien plutôt à leur habitat qu'à leurs caractères différentiels; Enfin, les prétendues espèces qui, jusque dans ces dernières années, ont encore joui généralement de la distinction spécifique, sont : le Leucos aula de Bonaparte et de Heckel et Kner (soit le Leitc. pauperum de de Filippi et de Betta), et le Leucos rubella de Bonaparte, de Heckel et Kner et de de Betta (soit le Ijeuc. cisalpinusde Heckel). Canestrini a montré récemment, dans son Prospectus critique des Poissons d'Italie, comment ces deux formes, réunies par de nombreuses transitions, ne doivent former qu'une seule espèce, et Oûnther, dans son Cat. of Fishes, a suivi sans discussion le jugement de cet auteur. Je joins ici mon opinion à celle de Canestrini pour expliquer aussi comment, jusque chez des individus pris dans les mêmes conditions, tous les caractères distinctifs invoqués par Heckel et Kner, dans leurs Sûsswasserfische, sont Constamment variables. J'ai trouvé des tôtes ramassées, comme dans le Leuc. aula. et des tètes plus allongées, comme chez le Leuc. rubella ; j'ai trouvé également tous les degrés transitoires entre la dorsale courte et élevée du censé Leuc. rubella et la dorsale plus longue et plus rabaissée du Leuc. aula, ainsi qu'entre les longueurs différentes de l'anale, des ventrales, des pectorales et de la caudale. Les rapports comparés de la base de la dorsale et de la tète, depuis l'angle operculaire jusqu'aux bords antérieur ou postérieur de la pupille, invoqués par Heckel et Kner comme distinctifs, sont en particulier constamment variables. J'ai signalé d'assez grandes différences dans les dimensions comparées des premiers et du dernier rayons de la dorsale et de l'anale. Enfin, j'ai constaté que l'intensité de la bande foncée latérale varie beaucoup suivant l'époque et les individus, et que l'on trouve assez souvent des Leuc. aula, comme le prétendu Leuc. rubella, dépourvus de cette particularité de la livrée.

Bien que plein de confiance dans le jugement de l'illustre auteur du Prospetto critico, je ne puis, conmie lui, ranger de

M8 FAUNC DES VEKTBBIIÊS.

vmi dans ma synoDymie le Leucos btisak de Heckel *. Je n'ai en effet jusqu'ici trouvé, sur aucun individu du iac de Lugano, soit la somme élevée des éeailles en ligne verticale, soit 81l^ tout le front étroit qui doivent caractériser cette forme Dalmatienne. Toutefois, si les individus chez lesquels Canestrioi a constaté un front de la largeur de Toeil seulement, et jusqu'à cinq écailles entre la ligne latérale et la base des ventrales, ne portent pas d'autres caractères distinetife que ceux-ci, il serait bien possible que le Leuc, basak ne soit qu'une variété locale de notre Letœ. attla.

Cette espèce est assez répandue dans l'Europe méridionale, en Dalmatie, en Italie, en Espagne et dans le Portugal ; elle habite, en particulier, communément les lacs de Lombardie et du Tessin. On ne la trouve en Suisse que dans les eaux tessinoises, au sud des Alpes, dans les lacs Majeur, de Lugaoo et d'Origlio, d'où elle remonterait plus ou moins, mais en petit nombre, suivant Pavesi, dans les rivières dites Laveggio, Tresa, Maggia et Melezza.

Le Gardon des pauvres ou avola paraît mener une existence assez semblable à celle de notre Gardon commun. Il vit généralement en troupes nombreuses et recherche de préférence les fonds herbeux. Sa nourriture consiste principalement en matières végétales ; toutefois, il ne méprise pas non plus les vers, les insectes et les détritus animaux. Comme le Vapigeron à Genève, le TruU à Lugano m'a paru se tenir volontiers à l'embouchure des petites rivières dans le lac et aux débouchés des aqueducs. J'ai vu, en particulier, prendre en un instant, avec le filet dit Treniaggino, une grande quantité de ces petits poissons, à côté du quai de Lugano, au débouché cFun canal dans le lac. Ce Cyprin fraye en avril et en mai, de préférence sur les herbes du fond et non loin du rivage ; les œufs sont petits et nombreux. Ayant trouvé, sur une cinquantaine dMndividus, une très petite proportion de mâles, je serais porté à croire que ceux-ci sont peut-être moins abondants que les femelles.

' Yoyez Siiaswas^erfiscbe, p. 1G(>, Bg. B8-<49.

Page 1