IDUS. KI
On pêche le Trull, soit avec divers filets et pluà spécialement avec celui que je viens de nommer, soit avec la ligne amorcée de pain ou mieux d'un ver. Cette espèce est, du reste, peu estimée et se vend à très bas prix ; c'est même probablement à son abondance, ainsi qu'à la qualité inférieure de sa chair et à son peu de valeur dans le commerce, qu'elle doit le nom de Leuc. paupemm, qui lui a été attribué par de Filippi et que nous traduisons id.
Je ne saurais rien dire de précis jusqu'ici sur les parasites de cette espèce.
Genre IDE.
IDUS, Heckel.
Dents pharjffigiemies sur deux rangs : trois petites et cinq grandes assez longues et fortes^ pincées sur la tranche^ non pectinées et crochues au sommet. Bouche quasi-terminale, et dépourvue de barbillons. Œil latéral et moyen. Tête assez large. Corps (Mong et plutôt épais ou faiblemeni comprimé ; dos un peu voûté et ventre arrondi sans arêtes nues. ÉcaiUes moyennes et subcarrées, avec qudques rayons assez apparents. Ligne latérale complète. Nageoires dorsale et anale à base courte, la première au-dessus des ventrales, la seconde en arrière de la dorsale. Caudale moyenne, bien échançrée et subacuminée.
Dentés lacérantes 3, 5 — ^5, 3, hamaU.
Ce genre de Heckel, très voisin du suivant (SqufUius), ne possède jusqu'ici qu'une seule espèce propre aux eaux douces de l'Europe moyenne et septentrionale, VIdus melanotusj dont je n'aurais point parlé si. elle ne se trou-
ISSO FAUNE DES TERTÉBRÉS.
vait très près de nos frontières et n'avait été quelquefois citée à tort comme indigène dans notre pays.
Voyez, à la fin de la diagnose de Tespèce, les caractères tirés des diverses pièces de l'appareil masticateur, du maxillaire supérieur et de Tarcade sous-orbitaire.
L'roB HIÉLANOTE
Dbb NiCRFLiiia ^
Idus melanotus, Heckel.
D'mw hl&ki noirâtrCj ou d*un orangé rougeâtre, en dessus; blanc argenté en dessous; les nageoires inf. plus ou moins rmigeâtres. Corps oblong, un peu voûté en avant et assez épais ou faiblement comprimé» Tête assez massive, un peu plus longue que haute, avec une bouche plutôt petite et un peu oblique. iEil moyen. Écailles en lignes faiblement obliques, moyennes, subcarrées, arrondies au bord libre, découpées au bord fixe, avec quelques rayons bien apparents partant d'un nœud quasi-médian et plus petites que VœiL Nageoires dorsale et anale subcarrées, à tranche droite et plus basses que la longuetir latértUe de la tête; la première naissant tin peu en arrière de l'origine des ventrales, la seconde sensiblement en arrière de la dorsale* Lobes caudaux stibacuminés et subégaux. (Taille moyenne de vieux sujets 400 à 480^.)
D^ ordinaire cinq, parfois six sotts-orbitaires : le premier généralement plus petit que Vceil ; le quatrième volontiers le plus grand. Maanllaire supé}ietir droit en avant, avec un coude postérieur médian en hachette concave en dessus et une branche inférieure assez longue. Pharyngiens présentant une aile assez étroite, avec une corne supérieure et une branche inférieure plutôt allongées. Meule subovale, un peu cordiforme, épaisse, et dure avec quelques impressions dentaires obliques.
* AuBti Oângling.
1DU8 MELANOTUS. 55 1
Dents majeures pincées en serpe etcrochties àV extrémité, mais non dentelées sur la tranche. Un rang de pseudobranchies pec- Hnées bien développées, au fond de la cavité branchiale.
msg.
9—10 Sq- 54 — j^ — 59. Vert 47 ».
Forme noirâtre.
Ctprinus TDUS, Linné, Syst Nat. édit., 12, 1, p. 529. — Hartmann (falsej^ Ualvet. Ichthyol., p. 210. — Cyp. Idbarus, Linné^ Fauna suecica, p. 357. —•> Qyp. dobula, Fitcher^ Naiurg. 5ron Lhriand; I77«, p. 259. — Cyp. Jesbs, fitoch^ Fische Deutschl., I, p. 45, Taf. 6.— Gtoger^ Schlesiens Wirbelthier- Fauna, p. 75. — Leuciscus mus, Cuv, et Fa/., XVII, p. 228. — Affossiz, Uém. Soc. Keuch., I, p. 38.'— S«/i/«, Faune belge, p. 209. — Gûnther, Gâtai, of Ftshes^ VII, p. 229. — Lejc. nbqlectos, Setys^ Faune betge, p. 200. * Leuc. Jeses, Cuv. et Val,, XVII, p. 160. — li>us idus, Leiblein^ Fische des Uatn-Gebietes, p. 122. - Idus Jeses, I. idb\rus, I. neolectus, Bonap,, Cat met., p. 3t. — Idus melanotus, Heckel et Kner^ Sûsswasserfische, p. 147, llg. 77 et 78. — Fritêch, Fische Bohmens, p. 202. — Dybowski, Cyp. Liviands, p. 141. — Jeittete», Fische der March, p. 11. — Si«6oM, Sûssw.isserfische, p. 176. -^ Jdcket, Fische Bayems, 62.
Fbrme dorée,
Cyprixus 0IIFU8, Linné^ Syst. nat., p. 530. — Bioch, Fische Deatschl., III, p. 138, Taf. 96. - Schranh^ Fauna Boica, p. 330. — Leuciscus orfus, Cuv, et Val,, XVII, p. 224. — £ei6/etn, Fische des Main-Gebietes, p. 121. — Idus minutus, Heckel, Sûsswasserlische, p. 151. — Idus orfus, I. miniatus, Bom^., Cat. met., p. 31.
Ce poisson, qui peut se présenter sous deux livrées très différentes et atteint avec Tftge à une taille très respectable, est propre surtout aux eaux de V Europe moyenne et septentrionale, dans r Autriche, rAUemagne, la Belgique, le Danemark, la Suède et la Russie. Bien que certains auteurs, Hartmann, Tschudi et Moesch Paient à tort cité dans notre pays, je ne crois
* Selon Ganther, CaUl. of Fisbes, VU, p. 230.
S).^î FAUNE DES VERTÉBRÉS.
pas que ce Cyprin ait jamais été rencontré autochthone dans les rivières ou les lacs de la Suisse.
Hartmann (Helvet. Ichthyologie, p. 210) attribue cette espèce au lac de Neuchâtel, sous le nom de Ct/prinus Idus; mais, la description insuffisante pouvant s'appliquer en partie à Yldus melanotus, en partie au Sqtmlius cephalus, il semble qu'il y ait eu confusion, chez cet auteur, entre ces deux espèces, qu'il n'ait eu en main que des Idus du nord et que, se fiant à quelque citation erronée, il ait cru pouvoir attribuer également ce Cyprin au lac de Neuchâtel. Je n'ai trouvé Vldut melanoius dans aucun de nos lacs suisses, et le nom vulgaire de Schwenn que l'auteur en question attribue à son Idm à Neih* chfttel, est simplement la traduction allemande du mot Che* venne désignant le Squalius cephalus, partout très abondant.
Fred. de Tschudi a signalé, à son tour, dans le Lac noir du canton de Fribourg (Thierleben der Alpenwelt, 2** édit. franc., 1870, p. 70), sous le nom de Wantuse, par où il entend Leiœ. Jeses ou Idus melanotus, un poisson particulier qui, sur ce seul point en Suisse, représenterait ce grand Cyprin des eaux septentrionales. Or, j'ai étudié sur place le poisson en question, et celui-ci n'est encore qu'une forme du SqtuiUuB cephalus provenant probablement du lac de Neuchfttel, car il est aussi connu des pêcheurs de la localité sous le nom de Senef, également synonyme de Chevenne, dans ce dernier lac.
Enfin, Mœsch (Thierreich der Schweiz, 1869, p. 173 == 13) commet une nouvelle erreur, quand il croit pouvoir attribuer VIdus melanotus aux lacs du Tessin ; ce dernier auteur a été trompé par un nom synonymique du Leiic. pigus, à tort appelé Leiic, Idus par Schinz, dans sa Fauna Helvetica.
Deux exemplaires de la variété dorée ont été, il est vrai, pris dans le Rhin à Bâle, selon le D' Leuthner (in litt.) ; toutefois, ce poisson manquant complètement au Rhin supérieur, et cette espèce étant élevée, sur sol allemand, dans quelques établis* sements de pisciculture des environs, il est plus que probable que les deux sujets signalés, ou se sont échappés de réservoirs voisins du fleuve, ou ont été artificiellement portés à l'eau.
SQUALIOS. 553
J'ai reçu, par rintermédiaire de M. Glaser à Bftle, plusieurs exemplaires de VIdus melanottis, var. aurata, provenant d'un petit étang à Dettingen, dans le duché de Baden, non loin des rives de Textrémité N.-O. du lac de Cionstance, entre les deux bras de TUntersee. Les individus en question étaient d'un bel orangé, et jeunes encore, puisqu'ils ne mesuraient que 180— 190*" de longueur totale. L'espèce prospère à Dettingen entièrement confinée dans un petit bassin isolé oii elle paratt avoir été apportée (peut-être de Munich), car celui-ci ne semble en communication avec aucun affluent du Danube. Bien qu'un petit ruisseau puisse faire un trait d'union entre ce point et le lac de Constance, il ne paraît pas cependant que ce poisson soit parvenu souvent par cette voie de Tétang jusque dans ce lac, car aucun pécheur ne l'y connatt. Le iniisseau en question est, dit-on, assez étroit et assez souvent à sec.
Je n'aurais, je le répète, point parlé de cette espèce dans la Faune suisse, si elle ne se trouvait importée si près de nos frontières, et si quelques auteurs suisses n'avaient fait des citations erronées utiles à relever.
Genre 12. CHEVAINE.
SQUALtUS, Bonaparte.
Dents pharyngiennes sur deux rangs : deux ou trais petites antérieures et cinq au plus rarement quatre grandes postérieures assez épaisses, un peu pincées sur la couronne, plus ou moins crochues à Vextrémité et un peu aupaspecUnées sur la tranche. Bouche plus ou moins oblique, sans harbShns et à mâchoires subégales. (EU moyen. Tête subconique, plus ou moins large. Corps oblong. Médiocrement comprimé et relativement peu élevé; dos et ventre assez larges ou un peu tectiformes, sans arête nue. Écailles de dimensions variables, mais marquées de stries et de sUkms bien apparents. Ligne latérale complète. Dorsale et anale 4
WA FAUNE DBS YRRTéBRÉS.
hase Murte ùu moyenne' et à peu près defnêtnes formes; la 'première naissant au-dessus des ventrales , ou à peu près, la seconde toujours en arrière de^ la base de la dorsale. Caudaieplus ou moins échancrée, à lobes quasi^aux.
Dentés lacérantes 2^ 5 — 5, JSvelJS, 5 — i, 2^ hamati
fortuUo 3, 5 — 5, 3.
Les Chevaines vivent plus ou moins en société, selon leur âge et les saisons, aussi bien dans les eaux courantes des rivières que dans les lacs. Elles sont généralement omnivores ; les vieux sujets, parmi les espèces de grande taille, deviennent même souvent presque exclusivement carnivores.
Les représentants dé ce genre sont très répandas en Europe, aussi bien qu'en Asie et dans le nord de TÂmérique. On trouve des Chevaines depuis la Suède jusqu'en Italie et en Espagne.
Divers auteurs ont successivement créé dans ce genre, en Europe, une foule d'espèces plus ou moins discutables. GOnthiT, en 1868, n'en reconnaissait que douze bien tranchées dans Jes limites de notre continent \ De cellesci, trois seulement parmi les plus répandues se trouvent dans nos eaux suisses au nord des Alpes: les Squats cephaluSy Sq. leudscus et Sq^ AgassiziL Sans aller aussi loin que l'auteur du Catal. of Fishes dans la réduction des
' Cet auteur admettait, dans son genre Leuciacus, les : Sq. cephàiës^ 8q. vuigana et Sq. mutiaUuê^ Enrope en général; Sq, svaUUe^ Sq iOfri- CM, Sq, ukUvaei Sq. lïnrshyi de Dalmatie; Sq. pciylepis de Croatie; % ientUus de Bosnie ; Sq. harysthenicus de Russie ; Sq. féUowem d'Asie Mineure et Sq. pyretiaicttf, d'Espagne et de Portugal.
 ceux-ci il faudrait peut-être joindre Iç Sq. smerolepi» (Heekel) de Dalmatie; par contre, le Sq, deUneaiua dn même auteur devrait être sorti du genre, comme ayant la ligne latérale incomplète.
8QCALIUS. 555
Ijenres et des espèces ^ nous réanirons cependant à notre genre Squaltus le genre Telesles de Bonaparte^ comme l'ont déjà proposé quelqnes auteurs ' , réduisant en même temps passablement le nombre des espèces admises dans nos eaux et celles des pays ciroonvoi^ins. Nous montrerons les liens qui rattachent aux formes ordinaires plusieurs Squa*- Uu8 d'Agassiz, de Heckel, de Blanchard et d'autres, lès 8q. rodens, Sq. majalis, 8q. rostratu^, Sq. Iqmsctdus, Sq. meridionalis, 8q. dathratus, Sq. Beamensis, Sq. Burdu gaiensis, etc. , et nous rabaisserons au rôle de races méridionales, bien que les décrivant séparément^ quelques formes de nos Cheyaines considérées encore par beaucoup comme espèces distinctes, je veux parler surtout des Sq. cavedanus et Td Savignyi, abondants dans le Tessin au sud des Alpes.
Quelques représentants du genre Squalius unis à d'autres espèces des genres AIhurnus et Ghondrùsloma ont donné naissance à divers produits hybrides cités plus haut ou dont nous parlerons plus loin, principalement à la Hachdte et au Rysda.
Revenant au genre Tdesles de Bonaparte, je dirai qu'aucun des caractères attribués à ce groupe ne lui est particulier ou n'est assez constant pour motiver une séparation d'avec le genre SquaUus ; les diagnoses génériques de Heckel et Kner et de Siebold en sont du reste une preuve bien évidente. La principale différence que l'on puisse trouver entre les diagnoses comparées des genres Sfualiits et Tdesles dans ces auteurs réside dans le fait de la présence de 5, 2 dents de chaque côté, chez le premier )
* BlaoeharJ (PoisMiis de France) a déjà réimi sans diacasdon le Blageoa {TiittUa) à son genre SqyaUus. QOntber (Catal. of fishev) a laissa ce poteoQ à c6té des SquaUuê dans son grand genre Leuciêeuê.
au liea de 5, 2 d'an côté et 4, 2 de Tautre, chez le second ; encore te second de ces ichthyologistes, de Siebold, avoae-t-il lui même qu'il a trouvé plus souvent 5 , 2 dents des deux côtés chez le Td. AgasdgU que 5^2 et 4, 2. Ayant trouvé moi-même , comme je Tai dit, 5, 2 à droite et à gauche, au nord des Alpes, et 5, 2 d'un côté contre 4, 2 de l'autre, au sud, je ne puis pas ici, plus que pour le genre Leucos, conserver comme générique un caractère aussi variable. Je ne puis pas davantage attacher une importance générique aux proportions des écailles et au nom* bre de leurs rayons, quaud je vois dans le genre SquàUm$ de Heckel et Kner des espèces qui, comme les Sq. uUèvaj Sq. Iktif'dcyi, Sq, microUpis et Sq. te^dlus, présentent des écailles relativement petites avec de nombreux rayons. La bande foncée latérale n'est pas même un trait distinctif da genre Tdesles, pui^u'elle se retrouve chez le Sq. I^ÊÊrdcyi, de taille presque semblable, et que nous l'avons constatée dans d'autres genres, chez le Leudscus auki par exemple; ajoutons qu'elle fait même complètement défaut chez cer* taius individus du T. Agassizii. Au contraire, les rapports de proportions des nageoires, la position de la dorsale par rapport aux ventrales, la forme un peu comprimée et recourbée des dents sur deux rangs, ainsi que les formes moyennes des os pharyngiens et du maxillaire nous imbtrent de nombreux rapports naturels entre les SqutiUm et les Tdestes. Tout au plus pourrait-on séparer dans deax sous-genres les espèces à grosses et à petites écailles. Encore moins doit-on, comme Fitzinger, composer avec ces deux genres, six genres à caractères différentiels sîimmi illusoires, du moins tout à fait iusuf lisants \
* Die Qaiiangen der £arop»iichen Crprineo nach ihrea
.8QUALIU8 CKPHALU8. r>57
Nos Chevaines présentent en commun les quelques caractères soivants : des pseudobranchies pectinées assez développées ; des 06 pharyngiens assez forts, avec la branche inférieure médiocrement allongée et une aile plutôt courte assez anguleuse en face des dents médianes ; une meule dure, épaisse, marquée d'imiwessions assez profondes et présentant en arrière un lobe ou talon passablement développé ; un maxillaire supérieur à peu près droit au côté antérieur, avec un coude postérieur assez large et un peu concave ou retroussé en dessus ; une arcade sous-orbitaire composée de cinq, plus rarement de quatre pièces juxtaposées : la première généralement de surface plus faible que rœil, ou au plus égale à celui-ci, chez Tadulte.