LE VAIBON * Pfrillk *. — Fbkoaholo
PHoxiKas LiËVis,^ Agassiz.
D'an gris-jaunâtre mâchuré on olivâtre, en dessus; jaunâtre, grisâtre ou vert^ avec ou sans taches ou bandes transverm noirâtres, sur les cotés; une bande longitudinale dorée au haut des flancs. Blanc, jaunâtre, rose ou rouge, en dessous. Ventrales et anales verdâtres oti jaunâtres et plus ou moins lavées de rougeâtre en arrière. Corps oblong, suhcylindrique. Tète assez forte et épaisse; museau obtus à bouche oblique. Êcaïlles faisant défaut par places, souvent entre les pectorales et les ventrales, très petites, subarrondies, peu imbriqtiées, avec des rayons larges et lâches sur tout leur pourtour; les médianes latérales d'une surface au plus vingtième de celle de F oeil, chez V adulte. Ligne latérale incomplète, présentant des tubules larges plus ou moins ouverte en gouttière. Dorsale et anale convexes sur la tranche et presque identiques; la seconde naissant au-dessous du dernier rayon de la première. Caudale médiocrement échancrée à lobes subégau^ et subarrondis. (TailU moyenne d'adultes : 70 àlOO^"^.)
Quatre à cinq sous-orbitaires : le premier subtriangulaire ott subcarré, d'une surface au plus moitié de celle de l'ceil, chez V adulte; le quatrième plutôt étroit et beaucoup plus petit. Maxillaire stipérieur portant un coude large, arrondi en dessous et bien concave ou retroussé en dessus. Pharyngiens fakif ormes et plutôt grêles, avec une aile courte et arrondie. Menk épaisse, subarrondie et un peu cordiforme, avec un fort talon. Dents non pectinées et crochues à V extrémité.
^ En français, aussi Véron.
* Aussi, en allemand, Elriùse.
^ En italien, également Sanguineroîa.
PHOXINUS LiCVIS. 639
D. 3/7(8), A. 3.6-7, V. 2/(6) 7-8, P. 1/6-17, C. 19 maj.
Sq. 0 |4|7 90. Vert. 3a— 40,
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Noms vulgaires, en suisse : S. F. Véron, Vairon (Oenève); Anêron^Gremoilion, Petit Saumon (Vaud); Lebette, Amaron (Côte de Savoie),
GrUette (Valais) \ Voiron, BlavhO (Xeuchàtel). — S.A., Buii, Bimbutt, BachbuU, Bachbûttrig^ Buizli (Saint -Gall, ConsUnre. Appenzell); Amelen, Ameli. WeUing, WeUlîng (Bàle); Bambeii, Bumeii^ Bachbambeli^ Glattbambeli (Berne, Lucerne, Ztig, Zorich, Suisse centrale surtout). — T. : Bôssigtieu^ Sanguigneu, Pèsspersighitty Vairon , ^7<?mtcd/, Slôrnaiza, Cé»tl*tn-Mora «.
Corps oblong et subcylindrique, soit arrondi sur les cAtés et relativement peu élevé. Le profil supérieur d'ordinaire un peu voûté derrière Tocciput, sur la nuque, puis suivant, de là à la dorsale, une courbe légèrement convexe tranchant d'ordinaire peu sur celle du profil céphalique ; quelquefois cette faible courbe à peu près constante du museau à la dorsale. Le même profil presque rectiligne en arrière de cette dernière nageoire, jusque sui* le pédicule de la caudale. Le profil inférieur suivant, de la gorge à Tanus, une courbe convexe assez régulière, tantôt semblable à la courbe dorsale, tantôt un peu plus faible ou au contraire plus forte, selon les individus et leur état. Ce profil oblique en arrière ir Tanus et presque droit ou légèrement concave le long de Tanale, mais non brusquement relevé, comme dans le gemv Leuciscus; soit, sous ce rapport, plutôt comme dans le genn* Squaiius. Le ventre arrondi; le dos assez large et marqué souvent sur le centre d'une raie noirâtre, suivant Tétat de> individus, un peu creusée ou au contraire un peu saillante, le plus souvent paraissant comme un sillon chez les sujet> morts ou conservés.
La hauteur maximale, plus ou moins en avant vers le milieu des pectorales, ou en arrière vers la base des ventRile>. à la longueur totale, comme 1:5—6*/» selon Tftge plus ou moins avancé, ou suivant les conditions de Thabitat inférieur, ou supérieur et l'état des individus; quelquefois mênit^ comme 1 : 4 Vs chez des femelles pleines (le D' Wamimoot
* Le oom de Blavin est souvent, comme nous Pavoiia vu, aoni appUqnr ao Spirlin et au Blageon.
' Le oom de ScatiqmrtUo donné par Schinz, pour le Te«ui, m erroné.
PHOXINUS LiCVlS. 641
donne 4 7s pour ces dernières). Cette même hauteur, à la longueur sans la caudale, comme 1 : 4 Vu — 5 V» *• (De vieilles femelles pleines et très gonflées par les œufs peuvent quelquefois fournir un rapport un peu inférieur à cinq *). La hauteur minimale, sur le pédicule caudal, un peu plus faible que la moitié de l'élévation du tronc, soit souvent ^ale aux Vs seulement de celle-ci. L'épaisseur la plus forte, selon Tâge et rétat des sujets, plus ou moins reculée le long des pectorales et située entre les Vs et la Vs de la hauteur, variant entre les V» et les Vi de Télévation maximale, suivant les conditions d'existence et de développement des individus, en moyenne égale aux deux tiers de la dite hauteur.
Une section verticale subarrondie ou plutôt d'un ovale peu élevé et assez régulier.
L'anus situé très légèrement en avant des Vi de la longueur du poisson sans la caudale, soit un peu en arrière du milieu de la longueur totale. * Tète assez forte, épaisse et arrondie en avant. Les profils supérieur et inférieur sensiblement convexes, franchement arrondis vers le museau et à peu près semblables ; le supérieur cependant souvent un peu plus busqué chez les mâles que chez les femelles.
La longueur latérale de la tête, à la longueur totale, comme 1 : 4 Vi — 4 Vio — 5 V„ suivant les individus jeunes ou adultes mâles ou femelles ; par le fait, généralement un peu plus grande que la hauteur du corps chez les jeunes et la plupart des sujets de taille moyenne, mais à peu près égale à la dite élévation chez beaucoup de vieux. La même longueur céphalique latérale, à la longueur du poisson sans
' La comparaîsoD, dans ces deux rapports de proportions, des chifi^es extrêmes de ganche avec les chiffres extrêmes de droite, suffit à montrer ici, comme chez d^antres espèces, des dimensions relativement pins grandes de la caudale chez les jeones qne chez les adultes.
' Lunel me parait s'être trompé quand (Poissons du Léman, p. 87) il dit que la hauteur maximale du Vairon est comprise quatre fois environ dans la longueur totale; ce cas me semble tout à fait exceptionnel. Du reste, les dimensions fournies par cet auteur rectifient cette donnée, car on en tire le rapport vrai =3 1 : 6 '/••
T. rv. il
64S FAUNB DES TERTEBRES.
la caudale, comme 1 : 3 Va — ^ Vi- L& longueur de la tête en dessus de Vt & Vs pl^s courte que la longueur par le côté. La hauteur à Tocciput très différente, selon Tftge, le sexe et les individus, soit de Vt ^ plus de Vi moindre que la longueur au même point, ou variant entre les Vst les Vio ^ les ^'/la de la hauteur du corps, suivant les individus femelles, mftles ou jeunes et leur état. La largeur, suivant Fftge sur Topc^rule ou sur le préopercule, égale à la moitié environ de la longueur latérale, ou lég^ement plus, et correspondant à la hauteur vers la moitié de Tœil, chez la plupart des adultes, souvent à Félévation vers le tiers seulement chez les jeunes et, par contre, vers les trois cinquièmes chez les vieux sigets.
Museau busqué ou arrondi et obtus. Bouche terminale fortement oblique, passablement protractile et fendue à peu près jusqu'au-dessous de Torifice antérieur des narines. Menton peu apparent. Lèvres passablement charnues.
La mftchoire supérieure à peu près de même longueur que rinférieure ; cette dernière dépassant même quelquefois un peu la supérieure, lorsque la boudie est ouverte.
Narines grandes, doubles et situées assez près du bord supérieiu* antérieur de Tœil; l'ouverture antérieure ronde et bordée d'une valvule assez développée en arrière pour recouvrir complètement l'orifice postérieur plus grand et plus ovale.
Pores et canalicules céphaliques assez nombreux et bien développés sur la tète, de chaque côté au-dessus de Toeil, jusqu'aux narines et sur l'occiput, ainsi que sur le museau et sur les sous-orbitaires, autour de l'œil; qudques autres pores moins apparents, comme diez nos divers Cyprins, sur le préopercule et sur le maxillaire inférieur. Œil rond et plutôt grand, soit d'un diamètre, à la longueur latérale de la tête, comme l : 2 V» -~ 3 Vb ou 4, suivant les individus très jeunes, adultes ou vieux, parfois même 4 Vi chez de très grands sujets. (Canestrini donne jusqu'à 4 Va pour le Phaxinus en Italie.)
L'espace préorbitaire un peu plus faible ou plus fort que le diamètre orbitaire, suivant les individus jeunes ou vieux, souvent, par exemple, de plus de Vi plus petit que l'oeil chez
PHOXINDS L/CVIS. 643
des jeunes de 30 à 35 millimètres de longueur totale, ou, au contraire, de Vs à Ve plus fort pour des adultes de 80 à 85"^ de longueur totale. (De même qu'il a donné des inroportions plus petites de TcBil, Canestrini enregistre encore ici Une disproportion un peu plus grande de Tespaee préorbîtaire, par rappcMt à Torbite, chez des adultes de grande taille).
L'espace postorbitaire mesurant de 1 Vs — 1 '/• diamètres de Foeil, selon les individus jeunes ou vieux, soit généralement un peu plus £ûble que la moitié de la longueur cépbatique latérale, cda d'une quantité volontiers plus forte chez les jeunes que Chez les adultes.
L'espace iaterorbitaire égal à peu près, suivant l'ftge et les individus, à l'espace préorbitaire ou à l'œil ; chez les jeunes, volontiers un peu plus grand que l'espace préorbitaire et au plus égal au diamètre oculaire ; chez les vieux, à peu près égal à l'espace préorbitaire ou seulement légèrement plus fort, mais d'ordinaire au moins égal au diamètre de l'ceilé Cett« largeur du front, par le fait, à la longueur laténde de la tète, comme 1 : 8 V«<^^ des jeunes, à 3 Vs -^ 3 V» chez des adultes.
Arcade sou»*orbitaire composée de quatre ou plus liarement cinq pièces juxtaposées : la pr^nière subtriangulaire, subcarrée ou pentagonale, k peu près aussi haute que longue et d'une surface égale, chez l'adulte, au tiers ou au plus h la moitié de celle de l'œil. Les suivantes toutes reladv^nent étroites et allongées; la quatrième, joignant le crâne ou parfois séparée de eelui^ par un peitît canalicule osseux, beaucoup plud petite que la i^remière, au plus moitié de la troisième et beaucoup plus haute que large.
La voûte susorbitaire grande, mais peu surplombante.
MaxîUaftre supérieur presque droit od tvès légèrement concave en avant et dévekqipé vers le milieu, en arrière, en un coude assez large^ concav« et plus ou nmns retroussé vers TextrénÂté au eAté supérieur, oblique et plutOt convexe en dessous, eraiSM sur la tranché. (Il m'a paru que le cMé supérieur de ce coiide^ ou de cette Machette, était volontieifi plus creusé au milieu et plus relevé au bout chez les adultes que dies les jeunes) ; la branche inférieure assez étroite, plutôt
6ii PAUNB DBS TERTÉBRÉS.
longue et un peu renflée ainsi qu'arrondie et tordue à Textrémité (Voy. pi. Il, fig. 47).
Opercule plutôt petit, subcarré etd'ordinaire plus long que haut. Le côté supérieur à peu près de même longueur que Tinfériew, notablement creusé et relevé en coin à l'extrémité ; le côté inférieur oblique et presque droit, mais, suivant les individus, très légèrement convexe ou au contraire faiblement creusé sur le centre et formant, avec le côté postérieur un peu plus court que lui et généralement un peu concave, un angle quasi droit mais franchement arrondi. Souvent, dans le bas surtout, comme de légères ondes concentriques.
Sous-opercule en demi-croissant, relativement très large et oblique en avant.
Interopercule formant un petit triangle assez apparent entre les pièces précédentes et le préopercule, mais d'ordinaire peu visible au-dessous de ce dernier, ou presque entièrement recouvert par son bord inférieur.
Préopercule présentant des bords postérieur et inférieur un peu convexes, ainsi qu'un angle postéro-inférieur très largement arrondi.
La bordure branchiostège passablement développée.
Pharyngiens en forme de faux et plutôt grêles : Paile assez courte, anguleuse en face de la troisième dent, arrondie sur la tranche et continuant régulièrement, dans le haut, la courbe convexe de la corne supérieure, ou formant avec la direction de celle-ci un angle peu accentué. La dite corne relativement assez large ou élevée et légèrement retroussée à Pextrémité. Le corps de Pos légèrement renflé au-dessous de Paile; la branche inférieure plutôt grêle et allongée (Voy. pi. IV, fig. 56).
Dents pharyngiennes sur deux rangs : généralement au nombre de sept, soit cinq grandes et deux petites, sur Pos gauche, et de six, soit quatre grandes et deux petites, sur Pos droit ; quelquefois six des deux côtés, plus rarement encore sept ii droite et six à gauche. Les dents postérieures principales plutôt fortes et assez élevées, avec une couronne oblique, en forme de serpe et recourbée en crochet à Pextrémité ; la tranche de la dite couronne non pectinée, mais d'ordinaire un peu
PHOXINUS LiCVIS. 645
comprimée et tranchante, si elle n'est plus ou moins creusée par Tusure dans le milieu. La première dent postérieure, en haut, la plus grêle ; la seconde ou la troisième, suivant les cas, la plus élevée ; la dernière, en bas, subconique sur Tos gauche, plus tronquée sur le droit et relativement la plus épaisse. Les deux petites dents très voisines Tune de l'autre, au plus égales à la moitié de la plus grande postérieure, un peu tronquées ou faiblement crochues au sommet et situées, selon le côté gauche ou droit, en face de la troisième grande ou en face de la seconde et de la troisième (Voy. pi. IV, fig. 56).
Meule dure épaisse, facilement isolable et rappelant assez celle du Sqtmlitis cephaltis^ quoique moins franchement trilobée ; soit un peu en forme de cœur, suivant les individus, plus ou moins ramassé, avec un large talon échancré en arrière. La partie antérieure, selon les sujets, subovale ou presque ronde, passablement bombée et marquée plus ou moins d'impressions dentaires; les sillons les plus forts transverses et se croisant obliquement, - les plus petits plutôt rayonnants. La surface du talon postérieur égale, suivant les cas, au tiers ou à peu près à la moitié de celle de la partie anté^ rieure (Voy. pi. IV, fig. 57 et 58).
Dorsale prenant naissance passablement en arrière du milieu de la longueur du poisson sans la caudale, soit d'une quantité variant suivant les individus de Vs ^ Vs plus rarement à V« de 8A bc^^ î P^ I^ f^ity sensiblement en arrière des ventrales et, par les deux extrémités de sa base, à peu près à égale distance de l'occiput et de l'origine de la caudale en son milieu. (Je n'ai, comme le D' Wamimont', pas pu reconnaître dans les différences de position de cette nageoire le caractère sexuel que Heckel et Kner ont signalé entre mâles et femelles^.) La hauteur au plus grand rayon variant des Vi ftux Vf de l'élévation du corps, chez des femelles, suivant leur état de gestation ou de vacuité et de maigreur, aux
■ PHoxMiMi hmê. Ann. Soc. S. N. du Lnxemboorg, 1867, p. 245. ' Heckel et Kner, p. 218, M Weibehen m» dem Stryfiusae, êogar um 1
646 FAUNE DES TERTBBBÊS.
V5 OU aux Vt OU même à Végalité parfaite, chez les mAles et les jeunes. La hauteur de la dorsale, par le fait, entre TélévatioQ de la tête à Toociput et la longueur de cdle-ci au même point. La base ou la longueur de cette nageoire d'ordinaire à peu près égale aux Vs de la hauteur au plus grand rayon, un peu plus forte ou un peu moudre selon les individus. Quant à la forme : médiocrement déoroiasante, convexe sur la tranche et subarrondie au sommet.
Généralement dix rayons : trois simples et sept divisés. (Canestrini donne jusqu'à huit de ces derniers.) Le prender simple très petit, souvent même peu apparent et parfois complètement noyé dans les téguments ; le second égal à peu près à Vs ou à Va du troisième ; celui-ci un peu plus court que le premier divisé, le plus grand de tous ; enfin, le dernier rameux bifurqué jusqu'au bas * et égal à peu près à la moitié du plus long.
Anale ayant son origine au-dessous du dernier rayon ou de l'extrémité de la base de la dorsale (ce qui indique pour la dorsale une position bien plus reculée que chez nos espèces du genre précédent), et demeurant, rabattue, à une distance de l'origine de la caudale variant, suivant les individus, d'un peu plus que sa longueur basilaire à sa hauteur ou à peu près. La dite hauteur de l'anale à peu près égale à celle de la dorsale, un peu plus forte ou très légèrement plus faible ; la longueur ou la base, de même à peu près égale à celle de la dorsale ou un peu plus faible ; enfin, quant à la forme, presque semblable aussi à la dorsale, bien que peutêtre un peu moins convexe sur la tranche.
Généralement neuf & dix rayons : Trois simples et six à sept divisés. (J'ai trouvé assez souvent le minimum six que la plupart des auteurs, sauf Canestrini, n'ont pas signalé jusqu'ici.) Le premier simple très petit et, comme à la dorsale, plus ou moins apparent, parfois même dissimulé sous les téguments ' ; le second à peu près égal à la moitié du
* Cette profonde bifurcation très apparente pourrait qoelqnefoii tromper et faire croire à la présence d'un huitième petit ranenz. ' C'est, je pense, ici comme pour la dorsale, oe qui a fait éaîre à Jeii-
teles dans la formule de ces deux nageoires 2— S/7.
PHOXINUS LiCVIS, 6i7
du troisième ; cdui-ci légèrement plus eourt que le premier divisé, le plus long ; enfin, le dernier rameux profondément bifurqué et à peu près égal à la moitié du plus grand ou un peu plus court (exceptionndlemœt l^èrement plus long.)
Ventrales naissant à peu près au milieu de la longueur du poisson sans la caudale, ou parfois très légèremrat en avant de ce point, de telle manière que r<»igine de la dorsale tombe d'ordinaire sensiblem^t en anrière de la base de ces nageoires; celles-ci arrivant, rabattues, plus ou moins près de Tanus, suivant les individus mftles ou femelles, soit atteignant avec leur extrémité jusqu'à cet orifice, ou même quelquefois jusqu'à la base de Tanale, chez les premiers, même à un ftge encore peu avancé, ou laissant, chez les secondes, entre elles et l'anus, un intervalle variant de Vs ^ Vs ^ P^^ près de leur longueur. La longueur de ces nageoires égale donc, selon les individus mftles ou femelles, aux Vs ou même aux Vu de la hauteur de T anale, ou seulement aux V» &ux Vi ou aux Vi de la dite élévation. Quant à la forme, médiocrement décroissantes et arrondies sur la tranche.
Généralement neuf ou dix rayons, exceptionnellement huit : deux simples et s^t, plus rarement huit, ou plus rarement encore six divisés. Le premier simple, latéral, sans articulations apparentes et variant entre Vb ^t V? du second, souvent même peu apparent ; le second un peu plus court que le premier divisé ' ; le premier et le second rameux à peu près égauXf ou le second le plus long et le premier et le troisième égaux ; le dernier divisé ^al environ à la moitié du plus grand.
Pectorales rabattues laissant, entre leur extrémité et l'origine des ventrales, un intervalle variant beaucoup avec le sexe et l'état des individus adultes ; cet espace mesurant, par exemple, de V» à V« de la longueur des pectorales, chez les femelles, et seulement V« ou même plus souvent Vi à Vu chez les mflles. Ces nageoires, par conséquent UMqours beaucoup plus développées diez les mftles que chez les femelles, atteignant
^ Ce second on grand simple m'a para plus facfl«ment décomposable qoe dies la plopari de nos Cyprins.
même quelquefois, chez les premiers, jusqu'à la base des ventrales. Cette différence sexuelle moins frappante, mais déjà constatable dans le jeune âge. Malgré la disproportion des pectorales dans les deux sexes, le rapport de la longueur de ces nageoires à celle dets ventrales relativement peu différent entre mftles et femelles, par le fait de Textension également plus grande des dites ventrales chez les premiers que chez les secondes. Les pectorales, chez les adultes, plus grandes que les ventrales de ^1^ à Vs de leur longueur (le plus souvent V4 ou ^^5), différence souvent moins grande dans le bas âge, parfois entre autres égale seulement à Vis chez de jeunes femelles de 30 à 35 millimètres. Ces mêmes nageoires très légèrement plus longues ou plus courtes que la hauteur de la dorsale, chez les femelles, mais généralement sensiblement plus grandes que cette dernière, chez les mftles, souvent de Vis à Vt- Quant à la forme : assez larges, convexes sur la tranche, arrondies au sommet et plus ou moins réduites en arrière, suivant Tépoque et le sexe des individus.
Généralement quatorze à seize (plus rarement jusqu'à dixsept) rayons, chez les femelles, chez les jeunes et chez les mftles avant la puberté, soit un simple, un peu plus court que le premier divisé, et treize à quinze rameux, parmi lesquels le second et le troisième égaux, ou tour à tour le plus long.
Souvent, par contre, chez certains mftles adultes, à l'époque du rut principalement, seulement douze, dix, huit, sept ou même six rayons divisés beaucoup plus épais, à la suite du premier simple également renflé, cela tantôt régulièrement des deux côtés, tantôt irrégulièrement. Dans le cas de rayons nombreux, le dernier divisé égal seulement à Vs ou à Ve du plus grand ; dans le cas de rayons en nombres réduits, le dernier égal, par contre, suivant la quantité, ^ Vi ^ Vi ou même à V4 du plus long. Le premier rayon et les six ou sept principaux divisés, fortement renflés, avec des articulations très apparentes, chassent donc en se gonflant, chez les mftles en rut surtout, les plus petits rayons qui les suivent ; tandis que, chez les femelles, on trouve constamment des rayons pectoraux nombreux, grêles, fine
PHOXINUS LiEVIS. 649
ment articulés et plus profondément divisés, en toute saison. Personne n'a, je crois, attiré jusqu'ici Pattention sur ce fait intéressant. J'ai déjà signalé une enflure du ou des premiers rayons assez constante, quoique moindre il est vrai, chez les mâles en rut de beaucoup de nos Cyprins ; toutefois, la réduction du nombre des rayons me parait en quelque sorte plus spéciale au Vairon.
Caudale de moyenne dimension et médiocrement échancrée avec des lobes égaux ou subégaux, subarrondis et à tranche convexe, l'inférieur parfois légèrement plus long que le supérieur. Le plus grand rayon, à la longuem* totale du poisson, comme 1 : 5 Vs — 6 V? même 6 Vs, selon les individus petits ou grands et mâles ou femelles. Ces dimensions de la caudale, par le fait, constamment plus petites que la longueur latérale de la tète ; bien que, suivant les individus et leur état, plus faibles, de même grandeur ou légèrement plus fortes que la hauteur maximale du corps, chez les adultes, et généralement un peu plus grandes que cette dernière, chez les jeunes.
Dix-neuf principaux rayons, appuyés en haut et en bas par de petits rayons décroissants dépassant les téguments en nombre très variable, parfois quatre, cinq ou six seulement, d'autrefois jusqu'à neuf ou dix. D'ordinaire le second divisé le plus long ; les médians toi^ours un peu plus longs que la moitié du plus grand, soit, le plus souvent, égaux aux Vu àe celui-ci.
Écailles très petites, assez irrégulièrement réparties et, suivant les individus, ainsi que selon les places, plus ou moins imbriquées ou seulement juxtaposées ; quelquefois peu ou pas d'écaillés visibles sur la ligne médiane du dos et du ventre, plus souvent au contraire ces deux lignes entièrement couvertes de petites squames du reste peu apparentes. La poitrine entre l'origine et le bout des pectorales, ou entre la naissance de celles-ci et l'origine des ventrales, assez généralement nue ou presque nue ; le triangle compris entre la gorge et la base des pectorales tantôt dénudé et tantôt écailleux. Les squames se recouvrant d'ordinaire plus ou moins sur les faces latérales et supérieures, en arrière de la dorsale ; mais, selon les si^ets, faiblement imbriquées ou
seulement juxtaposées sur les flancs et, le plus souvent, ^ peine en contact ou môme plus ou moins écartées sur les parties écailleuses des fiaces inférieures. (L'étude microscopique de la peau montre souvent de petites écaillea très transparentes éparses dans les téguments sur les places qui paraissent dénudées à Tœil nu).
Les écailles médianes latà^es de grandeur assez irréguli^ ; ovales ou arrondies et présentant, autoor d'un vaste nœud quasi central, de larges stries concentriques très distantes sur la moitié postérieure ou libre, plus serrées sur la moitié antérieure ou fixe, souvent 13-20 au c6té fixe, et 8-14 au côté libre. Ces stries concentriques assez régulièrement coupées par de larges sillons rayonnants, ou rigoles un peu sinueuses, d'ordinaire en nombre variable de 20-30, se rendant du centre aux bords de toute la surface de Técaille, et généralement en nombre plus élevé sur la partie libre que sur la partie cachée (Voy. PI. III, fig. 49). Les plus grandes squames latérales d'un grand diamètre égal environ à V« <lu I diamètre de Tooil chez l'adulte, soit susceptibles de recouvrir à peu près Vso de la surface de l'orbite. Les latérales postérieures en majorité plus imbriquées, un peu plus grandes et plus allongées horizontalement. Les supérieures et inférieures plus distantes et plus petites, mais présentant toujours la même structure très caractéristique.
Généralement quinze à vingt écailles au-dessus de la ligne latérale, et quatorze à dix-sept en dessous, jusqu'à la base des venti*ales.
Pas d'écaillé axillaire allongée & la base des ventrales.
Une mucosité assez abondante recouvrant plus ou moins tout le corps et la tète.
Ligne latérale le plus souvent incomplète ou de longueur variable, soit chez différents individus, soit sur les deux cAtés du corps ; souvent interrompue et quelquefois indiquée seulement par des tubules distribués à distances in^iles. Cette ligne, plus constante dans sa partie antérieure, d'abord un peu descendante, puis presque droite sur la plus grande partie du corps et passant d'ordinaire près du miliea de la hauteur maximale de celui«ci, ou un peu en dessous, sdon
PHCXINUS L.CV1S. 651
rétat des individus. Les squames tubulilères moyeniies plus ovales ou un peu plus hautes que leurs voisines, avec un canalîcttle très large, plus ou moins ouvert en gouttière, comme chez le Chabot et la Lotte, un peu évasé aux deux bouts, occupant environ les deux tiers du diamètre horizontal de récaille, et touchant, par son extrémité postérieure, à une légère échancrure du bord libre (Voir PI. III, fig. 50).
Les latérales antérieures plus grandes et plus allongées dans le sens de la hauteur, avec un tubule oblique ; les postérieures souvent dépourvues de tubule et ne présentant plus qu'une légère échancrure au milieu du bord libre.
Généralement 85 à 90 écailles en partie ^naliculées sur la ligne latérale, de Tangle supérieur de Topercule au centre de la caudale. Le conduit mucoso*nerveux, plus ou moins incomplet, comptant un nombre de squames tubulées très variable (rarement plus de 79 à 80) ; la ligne saillante s'arrétant alors à une petite distance de la caudale. La ligne tubulée saillante le plus souvent moins prolongée, dans nos eaux, soit s'arrétant, suivant les individus et le c6té de ranimai, au-dessus de Tanus, ou au-dessus des ventrales, ou déjà au-dessus des pectorales. Quelquefois une ligne constante plus ou moins longue d'un o5té, et de l'autre des tubttles semés irrégulièrement sur la direction de la ligne ; parfois même pas trace de tubules sur tout un côté du poisson.
Coloration excessivement variable en tout temps, dans les deux sexes et à tout âge ; la livrée, toutefois, d'ordinaire moins brillante en automne et ea hiv^ qu'au printemps et en été, et chez les femelles que chez les mftles.
Les faces supérieures oliv&tres ou d'un brun verdâtre plus ou moins sombre, qudquefois presque noirâtres, d'autres fois, au contraire, d'un gris-jaunfttre plus ou moins maculé de noirâtre, généralement avec un trait dorsal médian, suivant les cas pâle ou foncé, de l'occiput à la caudale. D'ordinaire, sur le haut des flancs, une ligne dorée assez large, plus ou moins apparente. Les c6tés du corps, durant la mauvaise saison et suivant les individus, jaunâtres h reflets dorés, ou grisâtres, ou verdâtres, cela sans taches, ou
avec une macule sombre vers la base de la caudale, ou avec des bandes verticales brunes ou noirâtres, ou encore avec une bande longitudinale foncée. Les faces inférieures, à cette époque, d'ordinaire d'un blanc argenté un peu rosfttre, jaunfttre ou verdfttre. Les nageoires, dans les mêmes drconstances, presque incolores, grisâtres, jaunâtres ou légèrement verdâtres ; la dorsale volontiers mâchurée dans le bas, les pectorales, les ventrales et T anale souvent avec une légère teinte rose vers la base en arrière.
Le mâh, à Tépoque des amours, souvent noir sur le museau, sous la gorge, par places sur les côtés de la tête et, . assez souvent même, sur une large bande tout le long au haut des flancs. Les côtés du corps d'un gris verdâtre, ou d'un vert foncé bordé de noir, ou d'un beau vert émeraude, toutes teintes munies de superbes reflets, et paraissant par le fait quelquefois jaunes ou même bleues sur leurs limites. Une plus ou moins grande partie du ventre, souvent toutes les faces inférieures, le pourtour de la bouche, ainsi que la base des nageoires pectorales, ventrales et anale d'un 1)eau rouge carminé. Avec cela, une large tache blanche souvent très apparente et comme lumineuse, vers T angle supérieur de l'opercule, alors en majeure partie, comme les côtés • de la tête, argenté, doré, nuancé de bleu et plus ou moins irrisé avec ou sans macules noires ; souvent aussi une autre tache blanche sur la partie antérieure de la base des nageoires ventrales et anale, alors comme les pectorales, plus colorées qu'en hiver.
Là femelle, adulte en noces, un peu moins brillante que le mâle ; moins verte et plus macula sur les flancs, ainsi que moins ir risée sur les côtés de la tête et d'un rouge moins brillant ou moins étendu en dessous. Les nageoires moins colorées et la gorge plus rarement lavée de noir ; bien que, sur ces deux points, l'on trouve quelquefois, dans nos montagnes principalement, de vieilles femelles assez semblables aux mâles.
L'iris d'un blanc argenté, doré dans le haut, souvent à reflets verdâtres dans le bas et plus ou moins mâchuré.
Cette brillante coloration, bien que l'apanage des indivi-
PHOXINUS LifiVIS. 65$
dus adultes en livrée de noces, apparaît cependant plus ou moins, de temps à autre, en dehors de Tépoque des amours et à divers ftges, sous Tinfluence de vives émotions ou de changements de milieu, soit durant la belle saison, soit même jusque dans le cœur de Thiver, tant en état de captivité qu'en pleine liberté.
Dimensions toi^ours petites, bien qu'assez variables dans différentes conditions. On peut donner, comme moyenne élevée dans notre pays, 65 à 80**, pour de vieux m&les, et 80 à 100"*, pour de vieilles femelles ; toutefois. Ton trouve des jeunes déjà aptes à la reproduction, avec une taille presque moitié de celle-ci. Gûnther, dans ses Poissons du Neckar, donne, comme taille maximale, 4 pouces et 4 lignes (117**) ; Heckel et Kner, ainsi que de Siebold, donnent jusqu'à 5 pouces, comme rare maximum, chez les femelles, dans l'Europe moyenne. Le plus grand individu dont Canestrini donne les mesures, dans ses Poissons d'Italie, était une femelle égalant 94 millimètres; Blanchard donne 100**, comme dimension supérieure en France ; enfin, le D' «Wamimont a trouvé une seule fois, sur un grand nombre de Vérons du Luxembourg, une femelle de 110**, avec un poids de 13 V4 grammes environ. Le plus grand sujet que j'aie eu l'occasion de mesurer était un individu femelle provenant des environs de Genève et qui égalait 115 millimètres, soit à peu près 4 pouces et 3 Vs lignes.
M Aies adultes constamment reconnaissables aux proportions plus grandes de leurs pectorales et de leurs ventrales, ainsi qu'aux formes plus arrondies de ces nageoires et à l'épaisseur beaucoup plus forte des six ou huit rayons antérieurs, chez les premières, épaisseur donnant, à l'époque des amours surtout, une position plus écartée du corps et une forme plus étalée au membre antérieur ainsi un peu tordu. En outre, les mftles généralement plus petits que les femelles à Age égal, volontiers avec une tête plus busquée, soit un peu plus élevée au niveau de l'œil. Souvent encore, comme je l'ai fait observer dans la description, un nombre de rayons plus réduit aux pectorales, principalement depuis la puberté et surtout dans les eaux de la montagne.
A côté de ces caractères sexuels assez constants, voici quelques autres différences propres à la livrée de noees : une coloration plus irrisée sur les côtés de la tète, plus verte sur les flancs, plus rouge sur les faces et les nageoires inférieures et d'ordinaire plus noire à la gorge ainsi que sur le pourtour du museau ; avec cela d'ordinaire une tache d'un blanc opalin plus apparente vers Tangle supérieur de Popercule, ainsi que à la partie antérieure de la base des nageoires ventrales et anale.
Enfin, chez le mftie à l'époque des amours, bien que quelquefois aussi chez de vieilles femelles, de petits tubercules épineux sur la tète ; parfois même, comme l'indique de 8iebold, mais moins constamment, des concrétions temporaires plus petites et moins apparentes sur le bori de quelques écailles et sur les principaux rayons des nageoires pectorales.
(Heckel et Kner me paraissent dans Terreur, quand ils donnent, comme différence sexuelle, une position plus reculée de la nageoire dorsale, chez les femelles. De même que le D' lYamimont (!• c. p. 245), je n'ai pu constater aucune différence constante, sous ce rapport, sur un grand nombre de Vérons de diverses provenances).
Jeunes moins élevés ou plus effilés, quant au corps, avec une tète relativement plus forte, une caudale un peu plus longue et un œil beaucoup plus grand; ornés, en outre, d'une livrée généralement moins brillante, principalement jusqu'à l'âge de la puberté.
Vertèbres au nombre de 38 à 40.
Vessie aérienne étranglée en avant du milieu : la partie antérieure d'ordinaire passablement plus forte que la moitié de la postérieure, assez large et un peu bilobée en avant ; la partie postérieure cylindro^conique ou légèrement cintrée en dessous et, suivant les individuS) snbarrondie ou plus ou moins acuminée en arrière. (Heckel et Kner donnent, comme différence sexuelle, une forme plus étroite et plus acuminée à la partie postérieure de la vessie ; tontdbis, je répéterai ici ce que j'ai déjà dit plus haut, que la forme de la partie postérieure de la vessie dépend un peu du dévelop-
PHOXINUS L£V18. 655
pement temporaire des organes qui la eompriment plus ou moiiis.)
Tube digestif à peu près de la longueur du poisson, ou volontiers un peu plus court, et formant deux re^s. — Ovaires et testicules doubles. — Une petite bouppe de pseudobranchies digitifbnnes derrière le préopercule.
Cette espèce varie beaucoup, sous plusieurs rapports, avec les individus, l'ftge, le sexe, les saisons et les conditionB d'habitat. Je ne reviendrai pas ici sur les principales différences que j'ai signalées chemin faisant, dans le courant de la description, entre mAks, femelles et jennes, ainsi qu'entre les livrées des différentes saisons; je préfère signaler quelques points plus particuliers ou plus importants.
En premier lieu, je ferai remarquer que, comme c'est souvent le cas chez les poissons à peau en partie nue ou faiblement couverte, chez notre Chabot par exemple, la coloration du Phaxir nus est peu stable ou, pour mieux dire, continuellement variable. Plus directement soumise aux influences externes et toujours affectée par les impressions internes, la peau de notre Vairon traduit plus ou moins rapidement et d'une manière plus ou moins apparente, tant les variations de conditions que les sentiments divers. De même que cdui de nos Batraciens Anoures et Urodèles \ le derme du Vairon (ainsi du reste que celui de la plupart de nos poissons) renferme deux couches de cellules superposées qui, par dxBërents rapports de position et de dévdoppement, peuvent faire varier énormément la couleur apparente : une couche de eellules noîrfttres étoilées et contractilês,et une couche de cellules subarrondies, plus petites, plus volontiers groupées et de teintes variées, bien qu'en majorité jaunes. L'extension ou la rétraction des premières, recouvrant plus ou moins les secondes, ainsi que la multiplication ou la réduction de ces dernières et une injection plus ou moins abondante du sang dans les tissus sont, je crois, les principaux ins-
* Voj. Faone des Yertébrés de la Suisse, par V. Fatfo, toi. m, p. 281- 290 et 466-478.
truments des changements de couleurs, souvent si rapides, chez ce petit Cyprin. J'ai trouvé, le plus souvent, sur le dos du Vairon, une couche supérieure de grandes cellules étoilées noires et une coudie plus profonde de petites cellules subarrondies jaunes. La coloration rouge des parties inférieures m'a paru parfois produite en grande partie, par une injection plus forte des terminaisons sanguines ou même souvent par une extravasion temporaire des corpuscules sanguins plus ou moins vite résorbés. Un vert émeraude, très semblable à celui des flancs du m&Ie en noces, apparaît souvent avec une grande intensité, une demi-heure ou une heure après la mort, chez des sujets en livrée d'hiver qui semblaient ne posséder plus trace de cette couleur '. Ce vert brillant m'a semblé composé par l'apparition en plus grand nombre et par la plus grande extension des cellules étoilées noires sur un fond de petites cellules ovales mélangées, les unes jaunes, les autres lilacées ou violettes et plus ou moins dissimulées par les premières noires. Bien que l'incidence de la lumière soit certainement pour beaucoup dans ces effets de coloration, j'en suis encore à me demander de quelle nature est la transformation qui fait paraître les petites cellules lilacées. Le degré de lumière ou d'obscurité, la température du mUieu, la dose et la nature de l'alimentation, les désirs, les passions et les craintes sont autant d'agents susceptibles de mettre en jeu les instruments précités. Les observations et les expériences de Stark * prouvent l'immense influence de la lumière sur les couleuis des poissons, et semblent attribuer à ces derniers la faculté d'harmoniser leur livrée avec la nature du milieu et la teinte du fond du récipient ; toutefois, la livrée ne se modifie pas seulement avec la nature des eaux et du fond de tel ou tel ruisseau, ou avec les époques de la vie, mais elle varie encore, comme je l'ai dit, avec l'abondance et la qualité de l'alimentation, ou sdon
^ Après un temps plus long, cette première couleur verte se change sur les flancs de l'individu mort en un bleu d'acier qui s'étend sur tontes les faces latérales et une grande partie des inférieures.
* On changes observed in the colour of Fishes; Edimb* new Phil. Jonm., vol. IX, 1830, p. S27-3S1.
PH0XINU8 LiCVIS. 6:J7
les impressions plus ou moins vives de ces turbulents petits poissons. M. Covelle, de Genève, qui conserve depuis longtemps des Vairons dans un grand aquarium, m'a fait part de deux observations qui concordent parfaitement avec les miennes ; il a souvent remarqué que le coloris des Vairons augmente dMn* tensité au moment où ceux-ci reçoivent de la nourriture, après une longue abstinence, et la livrée de ses sujets lui a toujours paru beaucoup moins brillante durant la nuit que pendant le jour.
Au reste, plusieurs teintes de la livrée de noces ne sont pas exclusivement le propre de celle-ci ; l'on trouve, en particulier, assez souvent des Vairons plus ou moins rouges en dessous en dehors de la saison des amours. On sait également que des sujets en brillante livrée transportés dans un milieu différent ou un vase plus restreint perdent assez vite leurs plus beaux atours, le rouge et le vert, entre autres, pour ne les reprendre que plus ou moins lentement et plus ou moins complètement suivant les nouvelles conditions d'habitat.
Contrairement au dire du D' Wamimont qui affirme que jamais la gorge ne devient noire chez la femelle du Vairon *, j'ai trouvé plusieurs fois, dans nos Alpes surtout, de vieilles femelles de cette espèce avec la gorge et une partie du museau presque aussi noires que chez les mâles.
Les Vairons de nos petits lacs supérieurs, dans les Alpes, m'ont paru, avec une taille d'ordinaire un peu moindre, présenter le plus souvent un corps un peu plus effilé et une tête relativement un peu plus grosse que ceux de la plaine, conserver, par conséquent, jusqu'à un certain point les caractères du jeune âge, ainsi que nous avons déjà eu l'occasion de l'observer diez quelques autres poissons.
Je me suis déjà suffisamment étendu sur le sujet des proportions plus grandes des pectorales et des ventrales, ainsi que sur les formes plus arrondies ou moins décroissantes de ces premières surtout, chez les mAles ; deux mots encore, à propos du gonflement des principaux rayons des pectorales, chez ceux-ci, et sur la chute des plus petits rayons qui est le plus souvent la
* Ann. de la Soc. des S. N. da Laxemboorg, 1867, p. 212.
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conséquence de cette enflure. Les six, sept ou huit rayons principaux de ces nageoires, chez les mâles, présentent, en eflfet, comme nous Tavons dit, une épaisseur beaucoup plus grande que chez les femelles, de sorte que les articulations de ces dits rayons deviennent, en même temps, beaucoup plus apparentes. Cette enflure plus où moins durable entraîne non seulement une position plus renvei*sée des pectorales chez les mftles, mais encore un écartement forcé beaucoup plus grand des rayons de ces nageoires C'est même à l'exagération de ce gonflement et k récartement qui en résulte que l'on doit de trouver assez souvent des mâles chez lesquels ces nageoires ne comptent que douze, dix, huit, sept ou seulement six rayons. Les petits rayons décroissants n'ont pas été brisés pour cela, car on en trouverait quelquefois des traces, ce que je n'ai pas observé, mais ils ont été expulsés, à ce qu'il me semble, par l'enflure des plus grands. Le développement plus fort du membre antérieur paraît avoir pour but de fournir aux mâles des avantages sur les femelles, dans la lutte contre les courants, et de leur servir, au moment de la fécondation, de point d'appui pour se maintenir en équilibre sur le fond. Peut-être cette large pelle doit-elle servir aussi à déblayer et nettoyer les places de ponte, soit les frayères ; ou bien, doit-on encore, par analogie avec le gonflement temporaire de certaines parties du bras et de la main chez beaucoup de nos Batraciens Anoures, voir aussi ici un membre <lestiné à une sorte d'embrassement, non pas pour un véritable accouplement, mais peut-être durant les jeux préludes de l'amour. Bien que j'aie signalé chemin faisant un gonflement plus ou moins apparent des pectorales chez les mâles de la plupart de nos Cyprinides, je n'ai cependant jusqu'ici constaté chez aucun d'eux de pareilles déformations. La position renversée et la rigidité de ces nageoires plus ou moins mutilées, chez le Vairon mâle adulte, paraissent le propre de cette petite espèce et rappellent, dans lem* exagération, le développement curieux des ventrales de la Tanche K (Voy. PI. II, fig. 45 et 46).
* Voyez : Sur le développement diflférent des nageoires pectorales dans les deux sexes, et sur un cas particulier de mélanisme chez le Vé^ol^et quelques autres Cyprinides, par V. Fatio (Archives Se. phys. ci nat-
Gedève, jauv. 1875).
PHOXINUS LiEVIS. 659
Les proportions différentes des pectorales et surtout la diminution, dans certains cas, du nombre des rayons de ces nageoires me paraissent avoir une certaine importance au point de vue de la sélection sexuelle. En effet, si un parent ainsi mutilé transmettait à ses descendants cette déviation du type de F espèce, on arriverait peut-être assçz vite, dans certaines conditions, à la formation d'une race qui ne manquerait pas de recevoir, une fois ou Tautre, le nom si vague d'espèce. C'est surtout parmi les Vairons des petits bassins supérieurs de nos Alpes que j'ai trouvé la plus grande proportion de mâles présentant un nombre réduit de rayons ; dans certains endroits plus, dans d'autres moins, souvent dans une proportion de trois ou quatre sur dix. Cette observation, qui, je crois, n'avait pas été faite jusqu'ici, peut-être à cause de l'habitat élevé de la majorité des sujets affectés, m'amène à rappeler ici les noms de deux prétendues espèces de Vairons également propres à des régions relativement élevées bien que très distantes l'une de l'autre : le Cyprinus rivularis observé par Pallas dans les ruisseaux du mont Altaï *, et le Phoximts niontamis trouvé par le frère Ogérien sur le versant français de la chaîne du Jura *. Le premier ne comptait que huit rayons aux pectorales ' ; le second doit être caractérisé à son tour par la présence de dix rayons seulement aux mêmes nageoires. Ce caractère signalé par les deux auteurs doit avoir été relevé sur un nombre très réduit d'échantillons et fort probablement sur des Phoxinns lœvis mftles présentant la déformation que je viens de signaler.
Heckel a autrefois élevé au rang d'espèce, sous le nom de Phoxinns Àtarsilii*, les Vairons à ligne latérale complète; toutefois, cet éminent ichthyologiste ayant depuis reconnu son erreur, il serait superflu de chercher à montrer comment l'extension de cette ligne tubulée est trop variable chez le Phoxinns Iftris pour pouvoir servir de caractère spécifique.
Wamimont ^ a proposé de distinguer, comme variété, sous
* Zooffr. Rasêo-AziaL, III, p. 330.
* Hi8t. Nai. du Jttra, III, p. 362
* Gmf^lin, Sifst. Nai, éd. XIII, I, III, p. 1420.
* Anii. Wifii. Mus., I, p 2i'2.
* Ann. S. X. du Luxembourg, 1867, p. 245.
(îfîO FAUNE DES VERTÉBRÉS.
le nom de Phoxinns I-œvis atris notis sparsus, des individus plus ou moins couverts de petites taches noires sur toute ou partie de la tète, du corps et des nageoires. Observant la localisation de ce phénomène dans certains cours d'eau du Luxembourg, dans la Wiltz et la Glerff, cet auteur a cru devoir attribuer cette coloration particulière à la présence des nombreuses tanneries établies sur ces deux rivières. Ayant moi-même constatéJe même fait près de Genève, sur les Vairons et les Spirlins de la petite rivière TAire, où n'est établie aucune tannerie^ j'ai pu m'assurer que cette mélanose, que j'ai nommée noeuse, est uniquement due à la présence dans les téguments d'un petit parasite voisin, mais cependant un peu ditFérent de VHolostomiim cuticola de Nordmann. En effet, chacune de ces petites taches noires, qui font souvent une forte saillie, est un agrégat de cellules pigmentaires étoilées noires, attirées par irritation des tissus autour d'un kyste central arrondi, contenant lui-même, dans un liquide particulier, un second kyste ovale beaucoup plus petit dans lequel est le jeune Helminthe encore dépourvu d'organes de reproduction \
Enfin le V^airon présente quelquefois des anomalies de structure plus ou moins importantes. Lunel' cite un individu à museau de inopse, un autre à colonne vertébrale déviée, un troisième avec le ventre gonflé comme un Tétraodon, et un quatrième privé d'une nageoire pectorale. J'ai rencontré deux ou trois fois les deux premiers et le dernier de ces cas. A ceux-ci, j'ajouterai un individu chez lequel, par déformation de l'os pelvien, la base des nageoires ventrales se trouvait dans un creux du ventre assez profond, et plusieurs autres chez lesquels la formation de bulles gazeuses sous les téguments déformait momentanément telle ou telle partie. Quelques individus présentaient des vésicules dans la bouche, d'autres avaient, comme le Poisson télescope, un œil ou les yeux projetés hors de l'orbite par la formation sous ceux-ci de grosses bulles de même nature.
' Voy. V. Fatio, loc. cit., Archiv. Se. phys. et nat., jany. 1875. * Poissons du bassin du Léman, p. 96.
PBOXINUS LiCVIS. 60 1
Le VairoD est très répandu en Europe : on le rencontre, presque partout assez abondant, de Tltalie au sud à la Norwège au nord, et depuis TAngleterre au nord-ouest jusqu'aux confins de TAsie à Torient, voire mêm^, selon Pallas, jusque sur les pentes des monts Altaï, dans ce dernier continent. J'ai observé cette espèce presque partout en Suisse, depuis notre niveau inférieur jusqu'au delà de 2,400 mètres au-dessus de la mer. A l'exception de la Huute-Engadine, où il semble faire défaut sans raison apparente, le Vairon habite communément tous nos bassins et lei eaux de la plupart de nos vallées, tant au sud qu'au nord des Alpes. Il remonte les moindres ruisseaux jusqu'à de grandes hauteurs et se trouve non seulement dans un grand nombre de nos petits lacs alpestres, mais encore jusque dans beaucoup de petites flaques qui n'ont pas d'écoulement visible. Préférant les courants et les bassins de petite dimension à nos grands cours d'eau et à nos grands lacs^ il se montre surtout abondamment dans les fossés, les ruisseaux, les petites rivières, les marais, les étangs et les bassins de petite étendue. Qu'il me suffise de citer, parmi les nombreux petits lacs alpestres où la présence du Vairon a été constatée, quelques exemples choisis entre les plus élevéi et sur différents points de notre pays ; ainsi le lac de Betten, non loin de l'Ëggishorn, à 2050 mètres au-dessus de la mer, le lac du Grand-Saint-Bemard, à 2472 mètres, et le lac Ghampey, à 1465 mètres, dans le Valais; le Partnuner See, dans le Pr&Ugau, canton des Grisons, à 1876 mètres; le Spanneg à 1458 mètres, dans le canton de Glaris; etc. Le Vairon est si peu difficile, quant à la nature et la température des eaux, qu'on le trouve aussi bien en plaine, dans les flaques peu profondes et fortement réchauffées par le soleil, que dans les Alpes, dans les eaux les plus froides, à deux pas, par exemple, du glacier du Bhône, aux sources même de ce fleuve.
Ce petit poisson nageant volontiers contre d'assez forts courants et sautant aisément, comme la Truite, par dessus les obstacles, on s'explique facUement comment un animal à la fois aussi petit, aussi robuste et aussi aventureux peut, plus aisément que beaucoup d'autres, parvenir jusqu'aux extrémités supérieures des moindres filets d'eau dans nos Alpes. Il est bien possible que cette espèce ait été importée dans quelques-uns de nos petits
lacs élevés, pour servir de nourriture à la Truite, h la Lotte ou à la Perche ; mais je suis convaincu que, dans beaucoup de cas, il est parvenu de lui-même dans ces régions supérieures. Le fait de la rencontre fréquente du A^airon dans de très petites mares, peu profondes et sans écoulement visible, a fait supposer à quelques naturalistes la possibilité de l'apport en ces lieux d'œufs de cette espèce par le bec ou les pattes de quelque oiseau aquatique en passage ; cela est peut-être possible. Toutefois, je dois faire remarquer que souvent les dites mares ont pu, au moment de la crue des eaux, se déverser en partie dans quelque ruisseau voisin, et qu'il ne faut pas plus de quelques gouttes d'eau éparses sur un parcours limité pour permettre au Vairon, soit de gagner une mare voisine, soit de s'en retirer quand celleci menace de se dessécher. J'ai trouvé souvent, il est vrai, une quantité de ces petits poissons confinés, par le retrait des eaux, dans de petits creux d'où ils ne pouvaient plus sortir; mais j'ai rencontré aussi, bien souvent, des Vairons sautillant les uns après les autres, au travers de quelque bande de gravier dans nos montagnes, ou dans les herbes séparant en plaine deux petites flaques d'un marais. Il est évident que plusieurs de ces hardis voyageurs périssent sur terre ferme avant d'avoir rejoint l'élément qu'ils vont chercher à l'aventure; cependant, ces petits poissons ayant, comme l'on dit, la vie dure et résistant assez longtemps au séjour hors de l'eau, il n'en est pas moins avéré qu'une certaine proportion de ces petits migrateurs finit presque toujours par arriver à destination.
Le Vairon semble préférer les eaux courantes'; toutefois, il habite également les ruisseaux à fond sablonneux ou graveleux, et les flaques ou les fossés herbeux de nos marais. Il vit et voyage généralement en troupes plus ou moins nombreuses. Bien que venant assez souvent happer à la surface, le Vairon ne nage d'ordinaire ni à fleur d'eau comme l'Ablette, ni contre le fond comme d'autres petites espèces, le Goujon, la Loche et le Chabot ; il demeure plus volontiers suspendu entre deux eaux, suivant les circonstances plus haut ou plus bas. Tantôt il se maintient longtemps à la même place, en résistant simplement au courant, tantôt il part avec rapidité pour chercher quelque nouvelle place qui lui convienne. Plusieurs auteurs ont
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avancé que le Phoodmis lœvis fuit la société des autres espèces et que, par goût ou en considération de sa petite taille, qui l'exposerait à trop d'agressions, il craint le voisinage des autres poissons; cependant, j'ai vu souvent les bandes du Vairon mélangées à celles du Spirlin, et j'ai rencontré, à plusieurs reprises, ce petit poisson, tantôt voyageant, en été, dans les mêmes eaux que la Chevaine et la Truite, tantôt retiré, en hiver, sous les mêmes pierres, que la Loche, le Goujon ou le Chabot. Si on le rencontre souvent seul dans de petits ruisseaux, c'est bien plutôt je crois, parce que les espèces plus grandes et moins aventureuses n'osent pas s'y engager comme lui.
La nourriture du Vairon est mélangée de substances animales et végétales. Doué d'un appétit féroce, ce petit être s'attaque également aux plantes aquatiques, aux corps morts dont il arrache des lambeaux, aux insectes , aux vers et aux petits mollusques, ainsi qu'aux œufs et au menu fretin des autres espèces de poissons; il arrive même souvent que les vieux Vairons, à défaut d'autre pâture, ne se font pas faute de gober en quantité les petits individus de leur espèce.
Turbulent, entreprenant, fort curieux de sa nature, avec des allures vives et d'une constitution robuste, le Vairon a la passion des voyages ; aussi voit-on souvent, tantôt dans nos ruisseaux ou nos fossés, tantôt près des bords de nos rivières, de longues processions de ces petits poissons à la recherche de la nouveauté, d'une eau différente ou d'une nourriture plus abondante. Le même instinct de sociabilité qui pousse les Vairons à vivre en nombreuse compagnie, les engage également à suivre implicitement, dans leurs excursions, le guide qu'ils ont choisi, et à exécuter de confiance tout ce que celui-ci juge bon d'entreprendre. Se présente-t-il un obstacle, une chute ou un barrage, le premier tente l'aventure et chacun s'empresse de l'imiter. Ou bien, est-ce la rencontre de quelque objet insolite qui arrête la marche de cette troupe, le guide ou les quelques Vairons en tête de la colonne étudient le phénomène et, dès qu'ils ont résolu de passer outre, toute la bande se remet en marche. La prudence n'est pas le fort de notre petit poisson ; peu craintif ou peu sauvage, il est souvent victime de sa trop grande curiosité. J'ai pris, en effet, souvent en quelques minutes, un grand nombre de Vairons,
66 i FAUNB DES VERTÉBHÊS.
dans des fossés, d'un seul coup i'épuisette ou même seulement avec une coiffe à papillons maintenue immobile en travers du courant. Bientôt attirés par la nouveauté, mes petits curieux tournaient d'abord en tous sens autour de T objet inconnu, puis, voyant une large ouverture et pensant probablement qu'il devait y avoir au fond de ce trou quelque chose de plus intéressant encore, ils s'approchaient de plus en plus, jusqu'à ce que, le plus aventureux étant entré résolument, toute la bande le suivit pour visiter et étudier les secrets et les richesses de cette voûte traîtresse. En relevant assez doucement mon petit filet, pour ne pas effrayer les petits visiteurs par un mouvement trop brusque, je suis parvenu souvent à retirer ma coiffe à peu près au quart pleine.
L*époque des amours varie avec les conditions locales et la température, du milieu d'avril dans les eaux réchauffées de nos vallées basses, à la fin de juillet ou même en août dans les régions supérieures et plus froides de nos Alpes. Quelques observateurs ayant rencontré des femelles pleines à diverses époques et des œufs dans différents états de développement chez le même individu, ont supposé que le V'airon pouvait faire deux ou trois pontes dans une même année ; toutefois, bien qu'il n*y ait rien là d'impossible, je ne crois pas cependant que ces observations soient, jusqu'ici, suffisantes pour établir le fait d'une ponte double ou triple. En effet, de même que le degré de la température, l'abondance de la nutrition et l'âge des individus avancent ou retardent bien souvent le développement des germes^ il est bien possible aussi que, comme chez bien d'autres poissons, le dépôt des œufs ne se fasse pas tout à la fois sur la même place, sans qu'il y ait pour cela deux pontes véritablement différentes* Après s'être beaucoup promenés réunis en bandes nombreuses, en quête d'un emplacement convenable, les Vairons choisissent d'ordinaire pour frayer les places où le courant est plus accentué et le fond découvert, sablonneux ou graveleux. Ils peuvent être contraints quelquefois de faire une exception à leurs goûts, dans les eaux herbeuses des marais, mais, je le répète, ce n'est pas la règle. Mus par les mêmes désirs et confondus dans les mêmes rangs de la troupe, les deux sexes se livrent alors aux jeux ptéludes de leurs amours ; tantôt ils se tiennent immobiles cMe à
PHOXINUS Li£VlS. 6H5
cAte sur le fond, tantôt ils se tournent comme pour montrer leur brillante parure, ou font des bonds désordonnés, pour bientôt venir encore, la tête tournée contre le courant, se frotter le ventre et les lianes sur le sable ou le gravier. Le mouvement des nageoires nécessaire à la lutte contre le courant sur le fond et le frottement actif de tant de petits corps a d'ordinaire pour résultat de nettoyer et de creuser un peu, par places, le lit de la rivière ou du ruisseau qui va servir de berceau aux petits Vairons.
Enfin, la femelle dépose ses œufs sur les pierres ou le sable du fond, et le mâle féconde ce dépôt de sa laitance. Quoi qu'en disent quelques auteurs, Block entre autres, et même tout récemment De la Blanchëre, les œufs du Vairon sont assez gros et relativement peu nombreux ; Wamimont en a compté de 700 à 1000 chez des femelles de taille^ différentes, et j'en ai mesuré qui avaient jusqu'à 1 Vi millimètre de diamètre. La rapide multiplication de cette espèce s'explique donc bien plutôt par le fait que celle-ci vient frayer dans des localités où peu d'autres poissons et d'ennemis peuvent la suivre, que par la prétendue abondance de ses œufs. L'incubation, de même que le développement de l'œuf, varie en durée avec la température ; toutefois, il semble que, dans la majorité des cas, douze à quinze jours suffisent pour amener l'éclosion. La croissance des alevins paraît assez lente ; du moins la plupart des auteurs s'accordent pour dire que les jeunes ne sont guère capables de reproduction avant l'âge de trois ans, tandis que des individus de 35 à 40 millimètres de longueur totale sont le plus souvent déjà féconds.
En automne, les Vairons se retirent dans les anfractuosités du fond, oii ils s'enterrent plus ou moins, suivant les circonstances, sous les racines des arbres qui bordent la rivière, ou sous les pierres du fond, ou encore sous quelque amas de détritus ; on les trouve alors souvent en compagnie d'autres petites espèces, des Loches et des Goujons en particulier.
La chair du Phoxinus passe pour un peu amère ; cependant, ce poisson n'est pas mauvais en friture, surtout si on a la patience de le vider. Malgré sa grande abondance en certaines localités, le Vairon, grâce à sa petitesse, n'est pourtant employé le plus souvent chez nous que conune amorce pour prendre de
6li6 FAUNE DES VERTÉBRÉS.
plus grandes espèces. H n'y a pas, dans notre pays, de pèche spéciale pour le Vairon ; on le prend aisément, quand on en a besoin, soit, comme je Fai dit, avec le petit filet à manche que Ton nomme épuisette, soit à la ligne amorcée avec un petit insecte, un ver ou du pain, soit encore avec un engin particulier dit bouteille à Vairon, plus employé en France qu'en Suisse. C'est une vraie bouteille, un peu large et en verre blanc, dont le fond conique est brisé à l'extrémité et dont le col est imparfaitement fermé par un bouchon percé. On des^nd cette bouteille sur le fond avec une ficelle qui permet é^lement de la retirer, quand on la voit suffisamment remplie ; attirés par l'appât d'un morceau de pain ou de fromage, les Vairons entrent par le fond percé, comme dans une nasse, et ne savent plus ressortir, ou du moins ne peuvent pas s'échapper assez vite.
En outre de la formation des bulles gazeuses que j'ai signalées plus haut, comme se développant quelquefois sur le corps, dans la bouche, ou dessous l'œil du Vairon et du Spirlin ; en outre aussi du petit parasite voisin de V Holostotnum cuticolà de Nordmann, que j'ai dit s'enkyster dans la peau, sur les nageoires et dans la muqueuse buccale de ce poisson, amenant ce que j'ai appelé la mélanose noeuse ^, le Phoxinus lœvis a encore à souffrir de plusieurs parasites, pour la plupart Helminthes, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur de son corps *.
' Yoy. Fatio, 1. c, Archives Se. phys. etnat., janv. 1875.
' On a constaté parfois à l'aisselle du Vairon la présence d*an petit crustacé, la Lerneocera cyprinacea (Blainv.).
Les parasites Helminthes de Pespèce sont surtout : AgamoMma ovaUm (Zeder); dans le foie. — Echinorhynchus Proteua (Westr.)] dans les intestins. — Diphzoon paradaxum (Nordm.); sur les branchies. — Gyrodactylus eUgana (Nordm ) ; sur les branchies et les nageoires. — Gyrod. auriculatus (Nordm.); sur les branchies. — Dislomum globiporum (Rud.); dans les intestins, — et Dipîostomum cuUcola (Dics.) = HolMUmum enticola (Nordmann) ; sur la surface du corps, dans an kyste.
CHONDROSTOMA. 667
Genre 14. GHONDROSTOME
CHONDROSTOMA, Agassiz.
Dents pharyngiennes sur un seul rang, au nombre de cinq à sept sur chaque os, plus ou moins effUées en couteau ou en serpe et non dentelées. Bouche s^ouvraM en dessous, plus ou moins large et transversale^ sans barbUions, avec des lèvres revêtues d'une armure cartilagineuse assejs dure et tranchante. Tête subconique. Nez plus ou moins proéminent. Œil moyen. Corps oblong, médiocrement comprimé et relativement peu élevé. Dos subarrondi ou légèrement tectiforme; ventre subarrondi. Écailles moyennes ou petites et faiblement découpées. Ligne latérale complète. Dorsale et anale à base moyenne et médiocrement élevées ; la première au-dessus des ventrales ; la seconde passablement en arrière de la dorsale. Caudale moyenne, médiocrement échancrée, à lobes subaigus quasi-égaux.
Dentés sécantes 5vel6jVen — 7 vel6jVel5 scalpelliformes.
Les Chondrostomes vivent volontiers en sociétés et voyagent d'ordinaire dans les fleuves et les rivières, au moment des amours, en bandes serrées et souvent très nombreuses. Bien que se trouvant aussi dans les lacs, principaiement dans le voisinage de Tembouchure des rivières, ces poissons semblent cependant préférer les eaux courantes.
Lear nourriture parait, suivant les conditions, plus ou moins mélangée de matières végétales et de substances animales.
Ce genre semble jusqaïci propre à l'Europe et aux contrées voisines de l'Asie. Parmi les espèces bien déterminées, on peut citer : les Chondrostoma Nasus (Europe, nord des Alpes), Ch. Sœtta (midi et sud des Alpes), Ch. Gend (Italie), Ch. rhodanensis (Rhône), Ch. KnerUj (Dalmatie), Ch. phoxinus (Dalmatie et Bosnie) et Ch. pdylepis (Espagne).
Bien que la Suisse ne compte que deux de ces espèces, le Gi. Nasus (Linné), au nord des Alpes et le Ch. Sœtta (Bonap.), dans le Tessin au sud, je décrirai cependant sommairement plus loin, soit le Ch. Gènei de Bonaparte, comme se trouvant non loin de nos frontières en Italie et comme cité faussement dans le canton du Tessin, dans le Rhin à Bâie et dans le Rhône à Genève ; soit le Ch. rhodanensis de Blanchard, comme se trouvant aussi non loin de nous, dans le Rhône, et pour relever les caractères qui le séparent du Ch. Genei, auquel il a été rapporté, à tort je crois, grâce à une assez grande ressemblance extérieure avec celui-ci.
Les Chondrostomes présentent, par le fait de la structure et de la position inférieure de leur bouche, un faciès assez frappant, pour avoir été généralement et franchement séparés par les divers ichthyologistes récents de nos autres Cyprinides. Heckel et Ejier ^ distinguent ces poissons sous le nom de Temnochilœ * des autres Cyprins qu'ils groupent sous le nom commun de Pachychili; et Gtlnther', qui a réuni la plupart de nos Cyprinides dans son grand genre Leuciscus, a cependant conservé distinct le genre Chondro^oma.
^ SQsswasserfische, 1858.
' Bkeker^ dans son Consp. syst. Cyp., p. 426, fait aussi aa groa])e (Stirps b) des Chondrostoinini.
' Catal.ofFishes, VU.
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Je ne pense pas que quelques petites différences anatomiques dans les organes de la nutrition puissent prévaloir sur les nombreuses analogies que présentent ces poissons avec nos autres Cyprins, dans la plupart des autres caractères. Il est difficile d'attribuer à ce petit groupe une importance plus que générique, quand Tou retrouve, à des degrés divers, plusieurs de ses traits distinctifs chez d'autres Cyprinides se rattachant évidemment à des genres sur d'autres points différents. Qu'il me suffise, à ce propos, de rappeler certains traits caractéristiques du Blageon Squaliu8 (Tdestes) Agassmi qui si souvent se croise avec le Ch. Nasus et qui, bien que se rattachant fortement au genre Squalius par sa dentition et ses pharyngiens, présente cependant, à l'exception du revêtement cartilagineux des lèvres, une bouche subinférieure de forme quasi-transitoire, et surtout la coloration noire du péritoine dont on a voulu faire un caractère distinctif du genre Chondrostoma.
Les quatre espèces du genre Chondrostome que j'ai examinées présentaient toutes également les mêmes caractères anatomiques suivants que, comme pour les genres précédents, je n'ai pas cru devoir faire rentrer dans mes diagnoses génériques, aussi longtemps que je ne les ai pas constatés chez tous les représentants du groupe.
Une rangée de petites pseudobranchies pectiniformes derrière le préopercule. Des os pharyngiens ramassés formant un arc très recourbé, avec une aile cloisonnée, large, prolongée au moins jusqu'aux dents inférieures, et une corne supérieure fortement relevée ou retroussée à l'extrémité. Une meule pharyn* gienne cartilagineuse subelliptique, large, aplatie et relativement molle. Un maxillaire supérieur très fort dans le haut, et présentant un petit crochet sur le bord antérieur, avec un coude postérieur plutôt oblique, relativement peu prolongé et élevé, plus ou moins creusé en dessus et en dessous. Une arcade sous-
orbitaire composée généralement de cinq pièces juxtaposées ; la première d'ordinaire plus longue que haute et recouvrant rarement toute la surface de Toeil. Enfin, un péritoine noir.
Blanchard, dans ses Poissons de France S décrit, sous le nom de Ch. Dremaei, un Chondrostome du Lot, bassin de la Garonne, qui me paraît ressembler beaucoup à celui de même provenance, du Lot, décrit sept ans plus tard par De la Blanchère, sous le nom de Ch. Cerei^. Les descriptions de ces deux ichthyologistes sont assez peu circonstanciées pour qu'il soit difficile de juger de l'importance de leurs créations au point de vue spécifique ; toutefois, une comparaison attentive des quelques caractères relevés peut permettre de constater, chez ces deux Gbondrostomes de même origine, quelques traits distinctifs servant à la fois à les éloigner un peu de la majorité de nos Ch. Nasn^ et à les rapprocher passablement l'un de l'autre.
Les Ch. Dremaei et Ch. Cerei, avec des formes relativement élancées et des dimensions intermédiaires entre celles des Ch. Oenei et Ch. Nasus, ont tous deux une bouche plus petite et plus arrondie que celle du Nase. Leurs os pharyngiens, qui présentent une corne supérieure non développée en palette à l'extrémité mais simplement recourbée vers le haut, semblent les éloigner également du Ch. Nasus, en les rapprochant plutôt du Ch. Oenei ou du Ch. rhodanenm. Les dents, chez tous deux, au nombre constant de six de chaque côté et plutôt épaissies en serpe qu'effilées en couteau, peuvent à leur tour servir à distinguer ces deux Chondrostomes du Lot, d'un côté du Ch. Oenei chez lequel ces organes, plus ramassés que chez le Nase, sont généralement au nombre de cinq sur chaque os ; de l'autre du Ch. rhodaneims, chez lequel les dents, bien qu'en nombre égal, sont cependant constamment plus effilées.
Les écailles varient, sur la ligne latérale, de 54 ou 55 chez le Cerei à 56-58 chez le Dremaei.
L'on ne peut attacher aucune importance aux caractères que
^ Poissons (les eaux douces de la France, 1866, p. 418; fig. 105 à 107. ' Les Chondrostomes de France (Bull. Soc. d'Acclimatation, cet. 1873, avec quatre figures.
CHONDHOSTOMA. 67 1
De la Blanchère a cru trouver, chez son Ch. Cerei, soit dans le nombre réduit à trois des rangées d'écaillés au-dessus de la ligne latérale, et dans le nombre 20 à 21 des rayons de la caudale, soit dans Taspect en chaos du nœud des écailles. La figure de De la Blanchère, contredit la donnée de son texte, eu égard au total des squames au-dessus de la ligne latérale; le nombre exceptionnel des rayons principaux à la caudale ne peut provenir que de Texamen d'un individu anormal, ou d'une erreur de compte. Enfin, Técaille représentée avec un nœud en chaos indiquerait peut-être que Tauteur n'a pas étudié un grand nombre de ces organes chez son espèce, car semblable forme accidentelle se voit souvent, comme anomalie, chez beaucoup de nos Cyprins.
Quoique De la Blanchère ajoute que son Ch. Cerei doit frayer vers la fin de janvier, et que les œufs de celui-ci atfectent une couleur bleu-verdâtre, il me paraît impossible jusqu'ici d'apprécier, sans des descriptions plus circonstanciées, la valeur de ces deux prétendues espèces nouvelles, tant eu égard aux autres Chondrostomes connus, que dans les rappoiis ou les différences qu'elles peuvent présenter entre elles.
Tous les ichthyologistes s'accordent aujourd'hui pour reconnaître une simple forme bâtarde dans le Cliondrostoma Rysela d'Agassiz ', et, s'en remettant à l'autorité incontestable du professeur de Siebold, ils ne voient toujours dans ce poisson, malgré les formes diverses qu'il affecte en divers lieux, qu'un hybride du Ch. Kasus avec le Squalius (Telestes) Agassizii.
L'étude circonstanciée que j'ai faite, sur nos divers Cyprinides, de bien des caractères dont on ne s'éuit guère préoccupé' jusqu'ici, m'a permis de reconnaître, entre divers prétendus Bt/sela^ des signes évidents de mélanges du Nasus, non seulement avec le Blageou (Sq. Agassizii), mais encore avec un autre représentant du même genre Squalius, avec le Squalius cephalns. J'avais cru d'abord à un troisième cas d'hybridisme
^ Le Bifséla d^Agassiz ne doit pas être confonda avec le Byiela de Gesner, (|ui n'it lit Hutre que le TeUates, plus tard nommé Teksies (Squa- Uuà) Agasngii.
avec la Vandoise (Squalius leuciscus), sur Texameii d'un individu rappelant assez cette espèce par les formes générales et quelques autres caractères, mais des traces de dentelures aux dents chez lui m'ont contraint de décharger, jusqu'à plus ample informé, cette espèce de toute accusation de mélange avec notre Chondrostome.
Les différents individus que j'ai examinés provenaient tous du Rhin à Bâle^ Plusieurs m'ont été aimablement communiqués, comme Ch. Ryséla (de Siebold), par le D' Leuthner qui s'est livré dernièrement à une étude attentive de la faune ichthyologiquede la localité \
Il ne m'a malheureusement pas été permis de faire sur quelques-uns des sujets qui m'étaient prêtés, pour peu de temps et très recommandés, des investigations aussi complètes que je l'aurais désiré. Toutefois, je ne doute pas que les données plus ou moins circonstanciées que je suis à même de fournir sur ces divers échantillons, ne réussissent à établir que Ton a jusqu'ici très souvent attribué à tort à un mélange du Nâse avec le Blageon (8q. Agassizii), des poissons qui étaient parfois des hybrides du même Ch. Nastis, avec la Chevaine (Sq. cephalus). Je distinguerai donc, entre les prétendus Rysela, d'abord des individus chez lesquels la prédominance des caractères rappelle l'intervention de la Chevaine, mâle ou femelle, puis des sujets, véritables Rysèles, qui me paraissent dus plutôt à Tintervention du Blageon.
Fidèle à mon système de nomenclature, je décrirai successivement et plus ou moins complètement : 1*" Un Squalio-Chondrostoma cephalo-Nasus ; 2* Un Sq.-Ch. Agasso-Nasns^^Rysela des auteurs.
' Le premier que j'ai reçtrm'a été fourni par le professeur Rûtimeyer, avec une collection des poissons du Rhin qu'il avait bien voulu rassembler à mnn intention.
' Die mittelrheinische Fischfauna, mit bosonderer Berûcksic^itlgnns des Rbeins bei Basel, von F. Leuthner, 1877.
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