CH0NDR08T0MA NASUS
Jeunes d'ordinaire plus élancés et surtout plus comprimés que les adultes, avec un museau généralement plus court, ainsi que plus busqué, une bouche un peu moins droite et anguleuse, un œil plus grand, soit par rapport à la tête, soit surtout en comparaison des écailles, et une nageoire caudale relativement plus développée ; cela avec une livrée souvent plus jaunâtre.
Vertèbres au nombre de 47 à 48.
Vessie de dimensions moyennes et étranglée en avant du milieu : la portion antérieure ovale, im peu pincée en avant et à peu près égale à la moitié de la postérieure ou légèrement plus longue ; la portion postérieure très légèrement cintrée et, suivant Tétat des individus, plus ou moins réduite et acuminée ou subarrondie en arrière. —Tube digestif formant plusieurs replis et relativement très allongé, soit mesurant de deux fois et un tiers à deux fois et deux tiers la longueur totale du poisson, et annonçant par là un régime principalement végétal. Les appendices de Tappareil de la digestion, le foie en particulier, très développés. — - Le péritoine parfaitement noir. — Ovaires et testicules doubles. — Une rangée de petites pseudobranchies pectinées derrière le préopercule.
Cette espèce varie beaucoup, comme nous T avons vu, tant au point de vue du nombre des écailles et des rayons des nageoires, que dans les formes et les dimensions de la bouche et du museau, ou dans les divers rapports de proportions et la coloration, selon les individus, Tàge, le sexe, les époques et les conditions d'existence; de telle sorte que quelques ichthyologistes ont cru devoir chercher des caractères spécifiques plus constants dans certains rapports nouveaux de proportions. Malheureusement ces quelques traits prétendus distinctifs ne peuvent conserver toute rimportance que leur ont fait accorder des observations ou trop localisées ou trop peu nombreuses. J'ai montré comment les caractères différentiels que le professeur de Siebold * a cru trouver dans les rapports de portées des deux som-
^ Sûsswmsserfische, p. 226.
mets des nageoires dorsale et anale rabattues sont toujours trop inconstants ; combien ils varient, en particulier, chez les Ch. Nasus et Ch. Ryséla que cet auteur a comparés à ce point de vue. La position de Taxe du corps par rapport au museau, à l'œil et à l'opercule, invoquée par Heckel et Kner\ varie aussi passablenïent dans chaque espèce, comme nous l'avons déjà souvent fait observer. Enfin, nous avons vu que Textension des diverses nageoires varie beaucoup avec les sexes et lés individus, et que l'élévation du chiffre des écailles de la ligne latérale atteintes par l'extrémité des pectorales, signalée par GtLnther ', bien que d'une certaine valeur moyenne, ne peut cependant pas être prise comme caractère constant, grftce aux différences qu'entraînent non seulement les longueurs différentes de ce membre chez divers individus, mais encore les formes plus ou moins redressées ou incurvées de la ligne latérale, ainsi que le nombre variable des écailles tubulées, se recouvrant par le fait plus ou moins.
Il est regrettable que plusieurs espèces prétendues distinctes et nouvelles n'aient pas été décrites jusqu'ici d'une manière assez circonstanciée, pour que l'on puisse toujours savoir quelle importance attacher aux traits distinctife signalés, et quelle part faire, sur ce point, à la variabilité de notre Nase.
L'examen comparé de quelques pièces osseuses moins variables, des pharyngiens, du maxillaire supérieur et des sous-orbitaires, entre autres, m'a permis, dans bien des cas, de peser la valeur de certaines différences dans les formes ou les rapports d'autres parties plus apparentes.
Schœfer, en 1844, dans sa Mosélfaioia, décrit comme suit, sous le nom de Chondrostome doré (Ch. auraius)^ im curieux Nase pris dans la Moselle, près de Trêves : « Tout le corps est d'un beau brun doré, mais le ventre est plus clair et les écailles sont bordées de blanc argenté. Nageoires, comme dans l'espèce type, d'un rouge violet. » Neuf années plus tard, en 1853, le D' Gûnther " décrivit ainsi, comme belle Varietàt du Nase, un
* Sasswasserfische, p. 218.
* Gâtai, of FîBhes, YII, p. 272.
' Fische des Neckars, p. 101 •