C. 17 mig
7 — 9 Squ. (64). 60 ^^^g 7«. Vert. 41—43».
Perça fluyiatius, lÀnné, Syst. Nat. éd. XII, 1766, 1, p. 481 , et éd. XIII, cur. Gmel, 1788, 1, lU. p. 1306.— Bloch, Fische Deutschlands, 1782-84, II, p. 66. — Roaoumowiky^ HIst. Nat. du Jorat, 1789, I, p. 126. ^Lacepède, Hist. Nat. des Poissons, 1798-1805, IV, p. 187.— CuvieTj Ràgne Animal, II, p. 393. ^ Jurine^ Poissons du Léman ; Mém. Soc. Phys. Se. Nat., 1825, III, part. l,p. 152, pi. 3. — Hartmann, Helvet. Ichthyol., 1897, p. 6t. -— SteinmûUer, Fische im Wallensee; N. Alpina, 1827, II, p. 335.— Cuvier et Valenc, Hist. Nat des Poissons, 1828-1849, II, p. 20. — Fleming, Hist. of Bnt. Anim., 1828, p. 213. - Bonaparte, Fauna italica, 1832-41,01, fiiac XrV, tab. fig. 1, et Gâtai, met. dei Pesci europei; Atti, etc., 1845, p. 65, n* 476. — Nenning, Fische des Bodensees, 1834, p. If .
— Holandrey Faune de la Moselle, Vert. 1836, p. 235. — Schim, Fauna Helvetica, 1837, p. 151, et, Europ. Fauna, 1H40, II, p. 86.
— Franscini, la Svizxera italiana, 1837-40, 1, p. 159. — DeSelys, Faune Belge, 1842, p. 187. — De FUippi, Genni soi pesci d*acqua dolce di Lombardia, 1844, p. 392. — YarreU, Brit. Fishes, 2»* édtt., 1851 , 1, p. 1. — Gûnther. Fische des Neckar, 4863, p. 10. — Bapp, Fische des Bodensees, 1854, p. 4. — Boniforti, Il Lago Maggiore e dintorni, Corog. e Guida, 1857, p. 34. — Heckel et Kner, Sùsswasserfische der Œitreisch. Monarchie, 1858, p. 3, fig. 1. •— Gûntkety GttUl. of Fithes of Brit Mus., I, 1859, p. 58. — Friisch, Fische Bôhmens, 1859, p. 3; Ceeske Ryby, p. 44. — De-Betta, Ittiologia Veronese, 1862, p. 41. — Siebold, Sûsswasserfische von Mitteleuropa, 1863, p. 44. ^ Jeitteîe$, Fische der March, 1863, p. 5. — Monti, Notîzie dei Pesci délie prov. di Como e Sondrio e del Gant Ticino, 1864, p. 17. — Jàckel, Die Fische Bayerns, 1864, p. 6. — Canestrini, Proapetto critico dei Pesci d*acqua doloe d*Italia, 1865, p. 11. — Blanchard^ Poissons des eaux douces de la France, 1866, p. 130, fig. 8-12. -- De la Fontaine, Faune du Luxembourg, Poissons, 1872, p. 3. — Lunel, Hist. Nat des Poissons du bassin du Léman, 1868-73, p. 3, pi. 1. — Fric, Arb. der zool. Sect. der Landesdurchforschung von Bôhmen, 1872, p. 117. - Paveii, I Pesci e la Pesca del Gant. Ticino, 1871-72, p. 17.
^ Je rappelerai ici, d'une manière succincte, la valeur des lettres, dea lignes et des chiffres généralement employés dans les formules de nageoires et d'écaillés ; I D. et II D. signifient première et seconde dorsales, A signifie anale, Y. Tentrales, P. pectorales et G. caudale. Deax nombres réunis par un trait horizontal donnent les chiffres limites de la Tariabilîté des
PERÇA FLUVrATILIS. 13
Perça vulgaris, Schœffer, Fisc. Bavar. Ratisb. Pentas., 1759, p. I, Tab. I, fig. 1. — * Agassiz, Isis, 1828, p. 1047. — Bonaparte, Cat. Met., Atti, 1845, p, 55, n? 477.
» VULGARIS ET Helvetica, GronoviuSy Mus. Ichthyol., éd. Ch*ay, 1854, p. 113 et 114.
» ITALICA, Cuv. et Vol., Hist. Nat. des Poissons, 1828, II, p. 45 *.
Noms vulgaires, en Suisse > : S. F., jeune : Perchette, MUcanton (Genève,
rayons de même apparence dans une nageoire, que ces rayons soient épineux, pseudo-épineux, osseux ou articulés, ou encore non divisés ou rameux. Des nombres séparés par un trait oblique représentent : ceux de gaucbe, des rayons non articulés, épineux ou pseudo-épineux, chez les Anartbroptérygiens, ou des rayons plus ou moins ossifiés et plus ou moins articulés, mais non divisés, chez les Physostomes; ceux de droite, des rayons toujours articulés et divisés. Je crois devoir négliger, dans les formules, les petits rayons décroissants, assez variables et souvent de peu d'importance, qui appuyent en haut et en bas, la base de la caudale.
Les chiffres en seconde ligne ont rapport à Pécaillure et aux vertèbres. Les nombres inscrits à gauche et à droite de la barre horizontale sont les limites de quantités des écailles sur la ligne latérale du poisson ; les chiffres an-dessus représentent les écailles distribuées, en série oblique, au-dessus de ladite ligne latérale et jusqu'au dos. vers la plus grande hauteur du corps ; ceux en dessous indiquent le nombre d'écaillés situées au-dessous de la mémo ligne et également en série oblique, jusqu'au niveau de la base des ventrales ou de l'écaillé axillaire. Ces dernières données comparées peuvent fournir une idée, non seulement des dimensions relatives des écAîlles et du corps, mais encore de la position approximative, sur les flancs, de la ligne latérale.
Je mets souvent entre parenthèses, dans mes formules et mes descriptions, des nombres extrêmes de rayons ou d'écaillés indiqués par des auteurs étrangers et que je n'ai pas encore eu l'occasion d'observer dans notre pays.
£nûn, m(^j. à la caudale signifie rayons majeurs; Squ. veut dire squame ou écaille, et Vert, est l'abréviation de vertèbre.
^ Pour abréger et éviter de continuelles répétitions, je ne donnerai plus, dans les synonymies prochaines, qu'une courte indication des auteurs et de leurs ouvrages, m'en remettant aux citations précédentes et à cette première liste synonymique pour une plus complète indication des noms, des titres et des dates. Je ne citerai donc plus en entier, dans les synonymies futures, que les travaux dont il n'aura point encore été fait mention.
' J'écrirai quelquefois, par abréviation, Suisse française S. F., Suisse allemande S. A., Grisons 6. et Tcssin T.;./. BigAifiera, comme toujours, jeune, ad. adulte, ^ mâle et 9 femelle.
14 faunk des vertébrés
Vaud, Neuchàtel), Jolerie, Viva » (Vevey) ; Brandemaille (Savoie) : adulte : Perche (Léman, Neuchàtel) ; BoiUa (Léman), — S. A., jeune : Euerlich, Hûrling ou Hûrlig Traûli, plus tard, Eglin, Fi-enderlingy Kretzer, Barachlwg, Stivhlitig, Schavbfisch. Uauhegel (surtout Constance et Zujich); adulte: Barsch, Flussbarsch^ Behrling ou Behlig^ Bet^ich, Bavbfitch, EgH* (lacs de l'est surtout) ; Egli^ THchteregli, Ijcnidcgli^ Bohregli, Kràbegli (Thouue, Brienz, Lucerne, Bienne); Lutz, Bunz^ Butz ou Butzen (Saint-Gall et Claris). — Te^sin, jeune : Omtin, Cent-in-bôcca, Bandirôl*», Bértonscello, Gheubb ; adulte : Pescc persico, Pèsspèrsigg^ Persighin, Battélî, Béi'iùu.
Coi*ps • subovale, plutôt ramassé, élevé eu avant, sensiblement comprimé dans toute sa longueur et notablement atténué dans la partie postérieure. Le profil supérieui* fortement ascendant du museau aux premiers rayons de la dorsale antérieure, puis, de ce point, décrivant jusqu'au bout de la seconde dorsale une courbe descendante légèrement convexe et assez constante; le profil inférieur régulièrement mais faiblement convexe du museau à Tanale, un peu relevé le long de cette dernière, puis légèrement concave jusqu'à la caudale.
La hauteui' maximale, vei*s la naissance de la première dorsale ou un peu plus en arrière, suivant les individus et leur état, parfois même au septième rayon, comparée à la longueur totale du poisson, comme 1 est à 3 Va — 5 V4, sui-
^ Le nom de Vive ou plutôt F«t;a, censément nom vulgaire de la Perche jeune dans le bassin du Lémau, n'est guère employé que dans les environs de Yevey ou sur les côtes de La Vaud ; encore s'applique-t-il souvent à toute espèce de petit poisson, et aussi bien à la Loche, par exemple, qu'à la Perchette.
* Le nom ^'Egli est de beaucoup le plus répandu et le plus connu dans toute la Suisse allemande.
' J'entends tovgours par longueur du corpsy l'espace compris entre le bout du museau et le milieu de la base de la caudale ; la longueur totale sera, par contre, comptée jusqu'au bout du lobe le plus grand de cette nageoire. Ici, je dois faire remarquer en passant, que la longueur du corps est assez géuéralement un peu plus forte que la longueur totale moins la vraie longueur de la caudale, par le fait que l'étendue maximale de cette nageoire doit être prise sur le côté de la base du plus grand rayon, taudis que la base de la caudale eu entier décrit volontiers une courbe plus ou moins convexe.
PERÇA FLUVIATILI8. 15
vant les individus ou les conditions d'existence, et surtout selon Tftge plus ou moins avancé ' ; cette même élévation, à la longueur du corps jusqu'à la base de la caudale, à peu près comme 1 : 2 V? — 4^/, '. La hauteur minimale, sur le pédicule caudal, à la hauteur maximale, le plus souvent, comme 1 : 3—3 Va — 4 V4. L'épaisseur la plus forte, volontiers vers le milieu des pectorales et un peu au-dessous du centre de rélévation, variant entre la Va et les Va de cette dernière; de là la forme ovoïde, un peu conique dans le haut, d'une section transverse verticale en ce point.
Anus situé à peu près au-dessous de l'origine de la seconde dorsale, soit un peu en arrière du milieu de la longueur totale, souvent d'un tiers de la tôte environ, et toujours assez distant de l'ouverture urogénitale '.
Tronc recouvert d'écaillés sur toutes les faces. Tête plutôt forte, assez haute en arrière, subconique vue de profil, bien qu'un peu arrondie en avant, sensiblement déprimée sur le front et un peu relevée vers la nuque.
La longueur comprise entre le bout du museau et l'angle postérieur de l'opercule, d'ordinaire, à peu près égale à la hauteur maximale du corps, chez les individus de taille moyenne ; mais volontiers de Vc à Vs pl^ forte chez les jeunes ou même chez certains adultes élancés, ou, paf contre, de Ve à V4 plus courte chez de vieux sujets ramassés.
Cette dimension céphalique latérale, comparée à la longueur totale du poisson, conmie 1 : 3 Va— ^Vb* L'étendue supérieure de la tête, à l'occiput *, à la longueur céphalique
* Heckel et Kner (Stisswasserfische, p. 4) disent que la hauteur maximale varie entre 1/4 et 1/3 de la longueur totale. Je n'ai pas, jusqu'ici, rencontré le rapport 1 : 3 sur les Perches de notre pays que j'ai eu l'occasion d'examiner ; peut-être se trouverait-il chez de très vieux sujets ramassés.
* Je signale généralement les rapports avec les deux longueurs, du corps et totale, pour faciliter la comparaison de mes données avec celles de divers auteurs qui ont pris, les uns l'un, les antres l'autre de ces points de comparaison.
' La distance qui sépare ces deux ouvertures est, en effet, chez cette espèce un peu plus forte que chez beaucoup de nos autres poissons. ^ Je mesure ici cette longueur céphalique supérieure jusqu'à l'origine
latérale, assez généralement, comme 1 : 1 V»— 1 Vi- La hauteur, vers Tocciput, le plus souvent à peu près égale à la longueur au même point. L'épaisseur sur Topercule, un peu moindre que celle du tronc chez Fadulte, mesurant d'ordinaire entre les Vs ^^ ^^ ^^a ^^ ^^ hauteur du corps et égale, le plus souvent, à la hauteur céphalique vers le bord antérieur de Forbite oculaire.
Le sommet de la tête entièrement nu ; de petites écailles, par contre, distribuées de chaque côté de Tocciput, sur la région pariétale, sur les joues, sur l'opercule et sur le sousopercule.
La ligne mucoso-nerveuse latérale se continuant, comme chez la plupart de nos poissons, sur les côtés. de la tête, à partir du haut du préopercule : vers le bas, au moyen de petits canalicules cerclant l'œil, sur les sous-orbitaires, et gagnant les narines; vers le haut, par une série de pores assez apparents, rangés au-dessus de l'orbite et distribués jusque sur le museau. D'autres pores assez espacés sous le maxillaire inférieur.
Le museau plus ou moins allongé suivant les individus, et subarrondi en avant.
Bouche assez grande, légèrement oblique, passablement protractile et fendue jusqu'au-dessous du bord antérieur de l'orbite; la mâchoire inférieure dépassant un peu la supérieure, lorsqu'elle est abaissée. — Menton légèrement saillant. — Lèvres très minces. — Langue lisse, détachée et bien développée.
Deux orifices nasaux assez distants, de chaque côté : un antérieur arrondi, plutôt petit, bordé d'une valvule et situé à peu près à égale distance de l'œil et du museau ; un postérieur, légèrement plus grand et plutôt subovale, mais non bordé, s'ouvrant plus haut, assez près de l'orbite. Œil de moyenne dimension, subovale, un peu recouvert en avant et en haut, situé très près du profil frontal, mais toujours franchement latéral, et d'un diamètre, à la longueur latérale
de Pécaillure, à droite ou à gaache de l'arête occipitale et non à Textrémité de celle-ci.
PERÇA FLUVUTILIS. 17
de la tête, comme 1 : 3 Vf ^« selon les individus jemies ou vieux.
L'int^ralle compris entre le bord de Torbite et le bout du museau, ou l'espace préorbitaire, égal, le plus souvent, à V4 de la longueur céphalique, soit de même longueur ou un peu plus court que le diamètre oculaire, chez les jeunes, mais relativement bien plus fort que celui-ci, souvent même de Vt à Vi9 chez les adultes.
L'espace postorbitaire mesurant à peu près la V, de la longueur latérale de la tète, soit suivant T Age plusH)u moins avancé, variant de 2 Va ^ 1 Va fois le diamètre oculaire.
L'espace interorbitaire mesurant de Vs à V4 de la longueur céphalique latérale ; mais variant, avec Tftge plus ou moins avancé et par rapport à l'œil, à peu près dans les mêmes proportions que l'espace préorbitaire, soit passablement plus grand ou, au contraire, légèrement plus petit que l'orbite *. Opercule subtrapézoldal : le côté supérieur le plus court ; le bord inférieur oblique, droit ou légèrement ondulé et de Vs ^ V» plus long que le précédent, mesuré jusqu'au bas de l'épine. Le côté inférieur formant, à sa réunion avec le bord postérieur, une pointe ou épine plus ou moins aiguë, à laquelle amène un large sillon horizontal situé à peu près aux deux tiers de l'élévation de l'opercule. Quelques fines stries
^ Nons anrons l'occasion de voir plus loin comment les proportions de l'onl, souvent très différentes à des âges divers, ont trompé beaucoup d'auteurs et faTorisé, dans plusieurs familles, la création de bien des fausses espèces. Le diamètre oculaire, dans la plupart des poissons, relati- ^Tement beaucoup plus fort chez les jeunes que chez les adultes, fait paraître, en effet, dans les premiers, le museau plus court et le front plus étroit. Ces deux parties, quoique en réalité variables aussi avec l'ftge, présentent cependant de moins grandes différences, par rapport à la tête que par rapport à l'ceil. Je me suis donc attaché à relever toujours les limites de variabilité de Tœil vis-à-vis des parties environnantes, depuis le jeune ftge jusqu'à l'état adulte, pour montrer comment, en tenant compte à la fois des proportions de l'œil et de la taille de l'individu, on peut souvent expliquer des différences qui, au premier abord, ont paru spécifiques. On peut fiure la même observation quant aux rapports de proportions que l'œil soutiait, à différents âges, soit avec les dimensions du premier sous-orbitaire, soit avec le diamètre des écailles.
18 FAUNE OB8 VERTEBRES.
rayonnantes. Une bordure membraneuse assez mince ; enfin, de petites écailles dans la partie supérieure.
Sous^percule d'une largeur assez constante, allongé jusque sous la pointe de Topercule, plus ou moins couvert de petites écailles et finement dentelé vers le bas, dans la partie antérieure.
Interopercule largement apparent en arrière et tout le long au-dessous du préopercule, généralement nu et pourvu de légères dentelures dans la partie postérieure du bord inférieur.
Préopercule formant, par ses bords libres, un angle à peu près droit, bien que toujours plus ou moins arrondi, et garni, sur la tranche, de nombreux denticules, les uns plus serrés et plus petits, sur le côté postérieur, les autres plus forts, plus aigus et dirigés obliquement en avant, sur le côté inférieur.
Joue assez charnue et finement écailleuse, dans les parties postérieure et supérieure surtout.
Scapulaires et humerai armés aussi, sur le bord, de dentelures irrégulières.
Premier sous-orbitaire subtriangulaire et très développé, soit occupant tout l'espace compris entre le milieu de T orbite et le bord du maxillaire; Tangle le plus aigu situé au-dessous de rœil, l'angle le plus ouvert devant le coin antérieur de l'orbite. Cette pièce creusée, au-dessous du milieu, de quatre à cinq petites fossettes ou légers festons rayonnants, plus ou moins accentués selon l'âge et les individus. Maxillaire supérieur assez étroit par le haut et s'élargissant graduellement vei*s le bas, de manière à former à peu près un triangle isocèle allongé et suspendu par le sommet. Dents en velours, soit petites, serrées et égales, distribuées sur le pourtour de l'intermaxillaire et du maxillaire inférieur, le long des palatins et sur le vomer, et jusque sur les pharyngiens où elles forment trois groupes, à droite et à gauche ; le plus souvent aussi un dernier gi*oupe denté beaucoup plus petit, en dehors de ceux-ci, sur la base du troisième arc branchial. Enfin de petites dents aiguës distribuées encore sur le côté et à l'extrémité des tubercules allongés de la face anté-
PBRCA FLUVIATILIS. 19
rieiire du premier arc branchial, ainsi que sur les tubercules plus courts des autres arcs au sommet desquels elles forment comme autant de petites brosses ( Voy. PL II, fig. 1).
Première dorsale relativement grande, en forme de demi-croissant, assez élevée dans la moitié antérieure, arrondie et décroissante dans la partie postérieure, naissant au-dessus de Tangle de l'opercule et s'étendant presque jusqu'audessus de l'anus, sur une longueur, à la longueur totale du poisson, comme 1 : 3 Vi — 3 '/«. La hauteur maximale de cette nageoire égale, suivant les individus et l'âge plus ou moins avancé, à la Y, ou aux Va» parfois même aux V4 de l'élévation du tronc, et comparée à l'étendue sur le dos ou à longueur basilaire * comme 1' : 1 Vs— 2 */»•
Treize à seize rayons, tous épineux, soit non articulés, rigides et aigus, à peu près droits ou légèrement arqués et dépassant un peu la membrane natatoire. Le premier rayon mesurant entre les V3 et les V4 du plus long, soit du 4**, du 5"* ou du 6"', et assez généralement égal au !!■• ou au 12~; le dernier variant entre V4 et Ve du plus grand" (Voy. PI. II, fig. 4).
Seconde dorsale plus ou moins séparée de la première, bien que toujours très voisine et souvent môme unie à elle par une très petite crête membraneuse. Cette dorsale postérieure naissant à peu près au-dessus de l'anus et occupant un espace à peu près égal à la moitié de la longueur de la précédente ou un peu plus, avec une hauteur d'un cinquième à un tiers moindre que l'élévation de celle-ci. La hauteur maximale parfois égale à la base, chez cette seconde dorsale, plus sou-
^ Pour les nageoires impaires verticales, soit pour les dorsales et Panale, on entend toigours par longueur l'étendae de la base, et par hauteur Ut loogoenr du pins grand rayon. Il n'en est pas de même pour les nageoires patres, horizontales et à base relativement très réduite ; pour les i)ectorales et les ventrales, la longueur sera toigours, comme pour la caudale, l'étendue du plus grand rayon.
* Je signale d'ordinaire la position du plus grand rayon, ainsi que les dimensions comparées du premier et du dernier, pour donner une idée de la forme des nageoires, suivant les poissons, plus ou moins arrondies^ acuminées, droites, convexes, concaves ou décroissantes.
fO FAUNE DBS VERTÉBRÉS.
vent un peu moindre, quelquefois ne mesurant même que les deux tiers de ladite longueur basilaire. Quant à la forme, plutôt anguleuse, un peu carrée, oblique et presque droite ou rectiligne sur la tranche.
Un ou deux rayons épineux, suivis de treize à quinze rayons articulés, à l'exception du premier parfois non divisé, tous divisés ou rameux. Le rayon épineux majeur variant, suivant les individus, entre Vs ^t Vs du plus grand divisé : s'il y a deux épines, la première surnuméraire toujours très courte. Le 3"* ou le 4"" articulé le plus long ; le dernier généralement un peu plus faible que la moitié du plus grand.
Anale ayant son origine au-dessous du quart antérieur ou du tiers de la seconde dorsale et s'étendant, repliée, à peu près aussi loin que celle-ci rabattue, soit laissant, entre son extrémité et la caudale, un intervalle à peu près égal à sa base. Cette nageoire occupant un espace de Vs ^ 1& Va moindre que la longueur de celle qui lui est directement opposée, coupée carrément en arrière et d'une hauteur maximale à peu près égale à celle de la seconde dorsale ou légèrement plus forte.
Deux rayons épineux, suivis de huit à neuf rayons divisés, quelquefois de sept seulement, comme Ta fait remarquer Canestrini \ La seconde épine, selon les individus, de Vt à ^U plus longue que la première et généralement égale environ aux V, ou aux V4 du plus grand divisé. Le premier, ou plus souvent le second rayon divisé, le plus grand ; le dernier égal à la moitié de celui-ci ou un peu plus court.
Ventrales implantées un peu en arrière de la base des pectorales, soit, à peu près à égale distance du museau et de l'anus, et, rabattues, demeurant à une distance de ce dernier variant, suivant les individus, entre les '/> et les V4 de leur longueur. Cette dite longueur des ventrales à peu près égale à la base de la seconde dorsale, ou à la longueur de la caudale, ou encore à la tête en dessus. Quant à la forme, légèrement convexes au bord postérieur.
Un seul rayon épineux, suivi de cinq à six rayons divisés.
' ProspeUo critico, p. 11.
PERÇA rLDVIATILIS. ît
L'épine presque égale au '/s ^^ grand rameux. Le second divisé ou rameox le plus grand ; le dernier d'un tiers ou d'un quart plus court que celui-ci (Voy. PI. II, fig. 3 et 5). ^
Pectorales naissant au-dessous de l'angle de l'opercule, assez larges, arrondies au sommet, généralement un peu plus courtes ou, au plus, de mêmes dimensions que les ventrales, et rabattues, atteignant, selon les individus, aux Vs ou aux V4 de la longueur de celles-ci.
Le plus souvent seize rayons articulés, quelquefois dixsept; plus rarement quinze seulement. La grande majorité des ichthyologistes n'ont donné, jusqu'ici, que quatorze rayons à ces nageoires ; mais, je crois fortement qu'ils ont négligé de compter les derniers petits rayons décroissants. J'ai, en effet, presque toujours trouvé, au côté inférieur, un seizième petit rayon et souvent même reconnu,à la loupe, au-dessous de celui-ci, un dix-septième rayon rudimentaire. La plus grande longueur variant, suivant les individus, entre les 5** et 8"* rayons. Le premier, ou plus souvent les deux premiers décroissants supérieurs, bien développés et franchement articulés, mais non rameux; l'antérieur égal, généralement, à \U ou aux V5 du plus grand. Les trois ou quatre derniers, soit inférieurs, généralement aussi non divisés ; le ou les deux plus petits, souvent encore sans articulations apparentes. (Quelques auteurs, Jeitteles^ et Canestrini' entre autres, donnent, à tort je crois, 1/13 — 14, pour formule de ces nageoires; il me semble qu'il ne faut pas, dans la formule des Anarthroptérygiens, mettre au même niveau une épine et un premier rayon non divisé, il est vrai, mais parfaitement articulé.)
Caudale sensiblement échancrée ou bilobée, un peu épaisse et écailleuse à l'insertion, avec une longueur au plus grand rayon, comparée à la longueur totale du poisson, comme 1 : 5 Vj— ^ V4» même 6 Vt chez de grands sujets ', et, à la lon-
' Fische dor Mardi, p. 5.
' Protpetto critico, p. 11.
* Le rapport 1 : 7, attribué par Heckcl et Kner aux Perches des rivières d'Allemagne, me parait devoir être assez rare chez les représentants de cette espèce qui habitent nos lacs.
2i FAUNB DES TBRTÉBRÉS.
gueur du corps, à la base de ses raytins médians, comme 1 : 4 Vi— 5 V2 ; les dimensions comparées de cette nageoire généralement plus fortes chez les jeunes que chez les vieux. Les lobes égaux et subarrondis à Textrémité ; les rayons médians mesurant entre la moitié et les deux tiers au plus des plus longs, le plus souvent, les Vî ou les '/»-
Dix-sept rayons articulés principaux, dont généralement quinze divisés, et, en haut comme en bas, quelques petits rayons basUaires décroissants en nombres assez variables des deux côtés, parfois cinq sur six visibles seulement, quelquefois, au contraire, jusqu'à dix sur neuf \ Écailles du tronc relativement petites, très adhérentes et, pour la plupart, de forme trapézoïdale plus ou moins anguleuse. Une médiane des flancs égale à peu près au tiers ou au quart de la surface de l'œil, chez un adulte détaille moyenne, mais ne mesurant guère que la moitié de la pupille, soit au plus un huitième de l'œil, chez déjeunes Perchettes. Le bord basilaire de chaque squame marqué de quatre à dix festons larges, bien découpés et séparés par de profonds sillons rayonnant, sur la surface cachée, à partir d'un nœud central ; en outre, de fines stries concentriques sur toute la partie couverte, à l'exception du fond des sillons. Enfin, de nombreux denticules coniques et plus ou moins tronqués, hérissés sur le bord libre de l'écaillé et sur un petit espace de la partie découverte, en arrière (Voy. pi. III, fig. 1).
Les écailles abdominales et pectorales beaucoup plus petites que les latérales, les secondes surtout ; mais festonnées, sillonées et âpres ou hérissées comme elles. Les écailles céphaliques très petites, subarrondies et striées concentriquement, les unes sans festons, les autres, au contraire, profondement festonnées ; beaucoup sans denticules au bord libre, soit à peu près cycloïdes.
Sept à neuf écailles sur une ligne transverse oblique, au-
^ Je répète que j'attache, d'ordinaire, peu d'importance au chiffre de ces petits rayons décroissants, dans les déterminations spécifiques. Ces rayons basilaires et rudimentaires de la caudale, plus on moins enfouis dans la musculature, apparaissent, en effet, en nombre variable smyaot l'Age et l'état des individus.
PERÇA FLUVIATILW. 23
dessus de la ligne latérale, vers la ]du8 grande hauteur du corps, et treize à seize, parftns même dix-huit \ au-dessous de la même ligne, jusqu'à la base des ventrales *•
Ligne latérale prenant naissance vers Tangle supérieur de Topercule et décrivant, jusqu'au centre de la base de la caudale, une courbe convexe, à peu près parallèle à celle du dos, cela au quart supérieur environ de la hauteur maximale du tronc, ou près du cinquième chez les femelles pleines.
Cette Ugne composée, le plus souvent, de cinquante-huit à septante-deux écailles âpres au toucher, généralement de dimensions assez semblables à celles de leurs vmsines, bien que, parfois et par places, un peu plus grandes ou un peu plus petites et plus profondément festonnée, avec une forme plus ou moins triangulaire ou trapézoïdale. (Je n'ai jamais trouvé, chez les Perches de notre pays, le minimum de cinquantequatre écailles latérales signalé par Jeitteles, dans son étude des Poissons de la March, et par Canestrini, après celui-ci, dans son Prospectus des poissons d'Italie.) Le tubule excréteur du mucus s'ouvrant au travers de l'écaillé, généralement assez large et saillant, fusiforme et horizontal, pour les squames moyennes, et toujours bien ouvert aux deux extrémités ; l'orifice le plus grand disposé sur les sillons de la partie couverte, le bout le plus étroit débouchant, par contre, un peu en arrière des denticules, sur la partie libre, tantôt échancrée à cet endroit, tantôt parfaitement intacte (Voy. pi. m, fig. 2).
Cioloration des faces supérieures, d'un vert parfois bleufttre, mais le plus souvent jaunâtre ou doré, et se fondant sur les flancs dans une teinte blanchâtre, argentée ou dorée, à reflets
^ Cette grande limite deTariabllHé s'explique par l'irrégularité de Técaill«re dans le Toisinage des ventrales.
* En comptant trois ou quatre écailles de plus, pour bUer jusqu'au milien du ventre et en ^joutant l'écaillé de la ligne latérale, d'ordinaire non comprise dans la formule, on aurait un total de vingt-quatre à trente, parfois même de trente-deux squames sur une ligne transverse complète ou nr la demi-circonférence, à la hauteur maximale. Toutefois, on ne compte généralement, conmie je l'ai dit, que jusqu'à la base des nageoires ventxmles, les squames abdominales étant souvent trop irrégulières.
24 FAUNE DBS VERTÉBRÉS.
verdfttres. Les côtés de la tête volontiers un peu irisés, ou d'un vert pâle, avec des reflets mélangés bleufttres et jaunâtres. Les faces inférieures d'un blanc à peu près mat.
De larges bandes transverses noirfttres, plus ou moins apparentes, volontiers alternantes, soit souvent disposées par bandes et demi-bandes, s'étendant, en nombre variable de six à neuf, sur le dos et les faces latérales et, selon les individus, plus ou moins bas du côté du ventre. Lris ai^nté jaun&tre ou rougefttre, parfois un peu violacé, et plus ou moins m&churé.
Les nageoires dorsales d'un gris enfumé; la première marquée d'une large tache noire à la partie postérieure, chez le^ adultes, ou seulement bordée de noir dans le haut, chez les très jeunes individus. Anale et ventrales d'un orangé plus ou moins rouge et vif, suivant les conditions, l'Age et les saisons ; le plus souvent, les trois ou quatre derniers rayons de la première de ces nageoires et les un ou deux derniers des secondes d'un blanc pur tranchant agréablement avec le rouge de la partie antérieure. Pectorales jaunâtres. Caudale grisfttre et plus ou moins lavée d'un mélange de tons verdfttres et orangés ; souvent aussi, jaune vers le centre et plutôt d'un brun rougeâtre près des bords. Dimensions variant assez à Age égal, avec les conditions d'existence plus ou moins favorables. Le poids de cette espèce ne s'élève guère, dans nos eaux, au-dessus de 2 à 2 V, kilog. soit 4 à 5 livres, avec une longueur totale de 50 à 55 centimètres environ ; passé une certaine taille, l'augmentation de poids se traduit plutôt par un élargissement ou par une élévation plus grande que par un allongement bien sensible du corps. Une moyenne de trois livres, est déjà élevée pour plusieurs de nos lacs, tant au nord qu'au sud des Alpes ; des individus ayant atteint, dans des conditions tout particulièrement propices, le poids énorme de six livres \ sont généralement considérés, dans notre pays comme de rares exceptions*.
* J*eatead8 toujours par livre, la livre de seize onces, soit celle de deux au kilogramme.
* Hartmann, Nenning et Rapp s'accordent pour attribuer à la Perclie,
PBRCA PLUVIATILIS. 25
Les Perches qui vivent exclusivement dans les rivières deviennent, en général, moins grandes que celles qui se développent dans les lacs ; enfin, celles qui ont été importées dans un ou deux de nos petits bassins alpestres demeurent toujours dans des dimensions beaucoup moindres que leurs congénères de la plaine.
Mftles, volontiers de formes un peu plus trapues que les femelles.
Jeunes, de formes généralement plus élancées que les adultes, avec un œil relativement bien plus grand. Les faces supérieures volontiers plus pAles ou plus bleuâtres ; les flancs, comme Tins, plutôt argentés. Les bandes transverses plus ou moins franchement accentuées, ou remplacées souvent, dans le très bas âge, par un léger pointillé noirâtre. La première dorsale finement bordée de noir ; Tanale et les ventrales jaunes, jaunâtres ou seulement grisâtres.
Vertèbres généralement au nombre de 41 à 43 \
Vessie aérienne, close, simple, attachée aux côtes et aux vertèbres et occupant toute l'étendue de la cavité viscérale. — Un rang de pseudo-branchies pectiniformes et assez grandes, au sommet de la cavité branchiale. — Tube digestif un peu plus court que la longueur totale du poisson et décrivant deux petits replis ; Testomac en forme de sac et pourvu de trois appendices pyloriques assez épais et médiocrement allongés, soit généralement un peu plus courts que le cul-de-sac de Testomac vide. — Ovaire très grand et simple ; testicule double.
dans le lac de Constance, une moyenne éle?ée de poids entre une et demie et trots liTres au plus. SteinmQller donne même un poids de une à deux livres comme limite extrême de cette espèce dans le lac de Wallenstadt. Par contre, j'ai trouvé des maxima généralement bien supérieurs, soit au-dessus de trois et jusqu'à cinq livres et demie, dans plusieurs de nos lacs centraux et occidentaux, dans ceux de Lnceme, Zug, Thun, Bienne, Neuchfttel, Joox et Genève entre autres. Au reste, des contradictions ou des différences très notables entre les données de poids et de taille de certains aateurs, traitant cependant de localités à conditions en apparence analogues, doivent être bien souvent attribuées, les unes à un défaut d'observations, les autres à une amplification hasardée des chiffres recueillis. ^ Hartmann (Helvet. Ichthyol.) n'en compte que 39.
S6 FAUNB DB8 VERTÉBRÉS.
La Perche se trouvant, en Suisse, dans des conditions assez variées, j'ai cru devoir étudier, plus minutieusement peutrétre que ne semblait le comporter une espèce aussi connue, les diverses parties appelées, chez elle, à servir de caractères spécifiques. L'étendue de la variabilité que j'ai pu ainsi constater dans la plupart des traits distinctifs s'explique facilement par des différences d'âge, d'époques, de conditions ou d'«alimentation. Beaucoup de variantes sont purement individuelles, d'autres semblent tenir uniquement à l'influence du milieu ; il n'y en a pas d'assez importantes ou d'assez constantes pour mériter une désignation particulière.
Les individus qui vivent dans les eaux courantes sont, comme je l'ai dit, généralement moins grands et souvent plus trapus que ceux qui habitent les lacs ; ceux que l'on trouve dans les eaux relativement pauvres et froides de quelques localités élevées sont à la fois plus petits et plus élancés que les hôtes plus favorisés de milieux plus propices.
Les Perches qui ont été, sur quelques points, implantées dans la région alpine semblent souffrir un ralentissement dans leur développement. Non seulement, elles demeurent relativement très petites, mais encore elles conservent plus ou moins les formes du jeune âge, un corps plus effilé et un dos moins voûté. Avec cela, elles portent, dans ce nouveau milieu, grâce peut-être à la pureté ou à la température des eaux, une livrée beaucoup plus brillante que leurs sœurs de la plaine ; les faces supérieures sont chez elles d'un vert foncé, les bandes transverses sont d'un noir assez profond et très apparentes, enfin, les nageoires inférieures sont d'un rouge très vif. Blanchard désigne et décrit, sous le nom de Perches des Vosges \ des Perches de montagnes qui rappellent beaucoup celles-ci.
SchaeflFer, en 1759*, a distingué, sous le nom àe Perça vulgaris, une forme danubienne, contrairement à la précédente, plus trapue et plus bossue que la moyenne. Plus tard, Cuvier et Valenciennes ' ont aussi séparé de notre Perça Jluviatilis, sous
^ Poissons des eaux doaces de la France, p. 140.
■ Fisc. Bavar., p. 1, Taf. 1, fig. 1.
* Uist. nat. des Poissons, 1828, II, p. 45.
PERÇA FLI3VIATILIS. 27
le nom de Perça itaJim, une Perche à teintes pâles et sans bandes transverses. Les caractères de proportions que ces au* teurs ont invoqués pour distinguer spécifiquement ces deux tetmes, sont trop variables dans Tespëce pour avoir Timportance qu'on leur a accordée. Bonaparte, dans saFaune dltalieS signale, comme principal caractère cUstinctif ée&PercaJhmatilis et Petca vulgaris, le fait que la dorsale antérieure serait, avec deux rayons de plus, un peu plus haute que la moitié de sa longueur, chez la première ; tandis que la même nageoire serait, chez la seconde, avec deux rayons de moins, un peu plus haute seulement que le tiers de sa base. Cuvier et Valenciennes donnent, à leur tour, comme trait distinctif de la Perça italica, l'égalité en hauteur et en longueur de la seconde dorsale. Sur ces points, comme sur tant d'autres, j'ai constaté chez nos Perches, incontestablement de même espèce, une assez grande variabilité. J'ai reconnu, en particulier, que la première dorsale peut varier, quant à la hauteur comparée à la longueur, comme 1 : 1 Va — 2 V5,et que la hauteur de la seconde de ces nageoires oscille continuellement entre les deux tiers et la parfaite égalité de sa longueur. On rencontre, du reste, quelquefois dans nos eaux basses, des Perches d'un jaune pâle et plus ou moins complètement dépourvues de bandes transverses qui représentent assez bien, dans notre pays, au nord des Alpes, la forme méridionale appelée italienne. On trouve, également assez souvent, des individus trapus et fortement voûtés, comme la prétendue espèce danubienne.
J'ai vu, en mai 1874, sur le marché de Genève, une Perche plus franchement et plus généralement jaune que les précédentes, qui m'a paru se rapprocher beaucoup de celle que de Siebold * dit avoir trouvée sur le marché de Munich, colorée en jaune citron jusque sous le ventre. D me semble, comme à cet auteur, que cette dernière forme de notre Perche d'Europe rappelle singulièrement la Perça flavescens (Cuv. et Val.) du nord de l'Amérique '.
Quelques pêcheurs des lacs de la Suisse allemande distinguent deux sortes de Perches : celle qui reste dans les profondeurs,
' Iconografia della Fauna italica, III, fasc. XIV. * Sûsswasser-Fische von Mitteleuropa, p. 48. . ' Cav. et Val., Hist. nat. des Poissons, H, p. 46.
Trichter-Egli, qui est, disent-fls, plus grosse, plus sombre de couleur et volontiers sans taches, et celle, Land-Egli, sensément préférable au goût, qui se tient plus près des rives, qui est plus petite et plus brillamment colorée, avec des bandes bien voyantes. Enfin, comme Lunel Ta déjà fait remarquer ', on voit, de temps à autres, des individus accidentellement ornés de taches noirâtres irrégulières, dont la livrée mouchetée rappelle assez la robe de certains chats. %
La Perche commune ou fluviatile est répandue dans presque tous les lacs, les fleuves et les rivières de l'Europe, ainsi que dans une grande partie des eaux douces de l'Asie. A l'exception de rinn supérieur, en Haute-Engadine, elle habite tous les bassins de la Suisse * ; toujours, cependant, plus abondamment dans les lacs, ou les eaux relativement tranquilles, que dans nos rivières à courant souvent très accidenté. La même espèce se trouve dans plusieurs de nos petits lacs de la région montagneuse ; elle a même été importée et se reproduit dans quelquesuns de nos bassins, plus élevés et plus réduits encore, de la région alpine.
Ainsi, la Perche qui habite tous nos lacs inférieurs ', vit et prospère aussi dans les lacs de Lungern, à 659 mètres au-dessus du niveau de la mer, de Bret, à 670 mètres, d'Égeri, à 726 mètres, du Klônthal, à 804 mètres, de Joux, à 1009 mètres, et de Ter, à 1023 mètres, ainsi que dans quelques autres de niveaux à peu près semblables. On m'a envoyé la même espèce de la Lenk, à 1075 mètres, dans le Simmenthal, et on me l'a signalée également, presque à la même hauteur, dans le Maderaner Thaï, au canton d'Uri. Je l'ai observée moi-même, en 1860 et 1861, à 1160 mètres dans le Seewli du Brttnig, où elle avait été apportée de Lungern, vers le milieu du siècle dernier, en même temps que le Gardon ou Vengeron (Leuciscus rtiiiUis), où elle était devenue, ainsi que son compagnon, une pomme de discorde
* Poissons da bassin du Léman, p. 6.
' Ratimeyer (Fauna der Pfahibauten in der Schweiz, 1861 , p. 1 14) signale des débris de la Perche dans les restes des Palafittes de la Suisse.
* J'appelle généralement inférieurs les lacs qui sont à un niveau inférieur à 600 mètres au-dessus de la mer.
PERÇA FLUVIATIL1S. 29
entre les pécheurs obwaldiens et bernois, et où elle a vécu, de plus en plus décimée, jusqu'au dessèchement de ce petit lac, trop souvent, à son propos, le théâtre de rixes nocturnes.
Je Tai rencontrée également, avec étonnement, en 1861, bien plus haut encore, mais seule cette fois, à 1350, mètres, dans THinterburger See, presque en face de Brienz, de l'autre côté de la vallée du Hasli. Le niveau supérieur de ce point et le fait que les eaux de ce bassin n'ont pas, comme c'est le cas pour beaucoup de petits lacs de nos Alpes, d'écoulement visible, me poussèrent à prendre des informations sur cette nouvelle station et, après bien des questions, je finis par acquérir la quasi-certitude que ce poisson a été porté au lac d'Hinterburg, dans la seconde moitié du siècle dernier, par l' arrière-grand-père des frères Flatter actuels, du village d'EisenboIgen, près de Meiringen.
Enfin, Hartmann ' a signalé la Perche dans le lac de Spanneg, à 1458 mètres, dans le canton de Glaris, et Heer ' nous apprend que ce poisson doit avoir, en effet, été porté en 1750, dans ce lac et son voisin peu inférieur, le Thalsee de la Platten- Alp, par le pasteur Schmidt qui l'introduisit dans ces localités, de nouveau en compagnie d'un herbivore, avec des Cyprins dits, dans le pays, Laupéle, nom synonyme de Laugeli qui, dans une grande partie de la Suisse allemande, signifie Ablette {Cyprinus attumus de Hartmann , soit Alburnus luddiLs de Heckel). Tschudi', tout récemment, rappelle encore cette donnée et confirme la présence actuelle de ces deux poissons dans le plus grand et le plus élevé de ces lacs.
Les recherches que M. le pasteur Zwicky, d'Obstalden, a bien voulu faire, sur ma demande, durant Tété de 1874, dans le lac de Spanneg, m'ont appris qu'il n'existerait plus dans ledit endroit
> HelTetische Icthyologîe, 1827, p. 64.
' Gemàlde der Schweiz : der Canton Glaras, von 0. Heer und J. J. Bluner^Heer, 1846, p. 181.
* Thierleben der Alpenwelt, 9"« édit. allem., 1872, p. 22a Le mot LaiÊben qui signifie Ablette (Alb* lucidus) y est employé en place de Xoiipek, Boorrit ayant cra pouvoir traduire le mot Lauben par celui de Gardon (Lene. rutUw) dans la 2"*« édit. franc., p. 328, j'ai écrit à de Tschudi pour lavoir quel nom était le vrai, et il me fut répondu que Lauben devait sub-
30 FAUMC DES VEHTBBRÉS.
ni Parche Egli, ni Ablette Laupele ; le seul poisson qui se trouve* rait encore et abonderait dans les eaux peu profondes du Spanneg est le Bameli < Phoxinw laetis) qui n'y avait point été cité * . Le nom de Laupele attribué par Heer au Cyprin apporté avec la Perche dans le lac en question est-il erroné, et ne serait-ce pas plutôt le Véron. Bdmeli, qui fut alors destiné à servir de proie au poisson Carnivore, ou peut-être le NTengeron {Leiu:. ruti- Ihs) que nous avons vu avoir été déjà choisi ailleurs et à la même époque pour compagnon de la Perche ^ Ces deux dernières espèces, la première surtout, réussissent, en effet, mieux dans les régnons élevées que TAblette {Alb. btcidus) que nous ne rencontrons nulle part, en Suisse, dans nos eaux supérieures. Ce problème est difficile à résoudre, car le professeur Heer m*écrit qu'il n'a pas vu les poissons qu'on lui a cité dans le lac de Spanneg, et, à côté des fortes présomptions qui font pencher la balance du côté du Véron ou du Vengeron, le fait même de la disparition des deux espèces signalées semble militer en faveur de TAblette qui, n*ayant pu vivre dans des conditions aussi exceptionnelles, aurait entrainé involontairement avec elle la perte de la Perche. Je ne me serais pas arrêté si longuement sur une question de si petite importance, si je n'avais cru voir un certain intérêt dans la citation des quelques tentatives faites, dans le courant du siècle dernier, pour empoissonner avec la Perche nos petits lacs supérieurs. Nous aurons, du reste, maintes fois Toccasion de montrer comment le plus grand nombre de nos lacs supérieurs habités ont été artificiellement empoissonnés, et comment nos ancêtres, jouant le rôle de providence, ont souvent mis côte à côte, des carnassiers de divers genres avec différents poissons herbivores ou omnivores.
L'influence des conditions et de la nature des eaux agit, comme je Tai dit. constamment et profondément sur le développ<*ment de nos Perches. Il est rare, en effet, que cette espèce atteigne au poids d'une livre, au-dessus de 1000 mètres, dans
' Je dois à robligeance da pasietir Zwicky ploaieun échantiUoiis da PhaxùmM laevis da Ittc de Spanneg.
* Dans le Uc de Joux, dont récoalement n^est pas Titîble et probable* ment peo praticable aux poissoDS, noas trouvons encore, comme an lac da Brûnig, le Vengeron avec la Percbe.
PEROA FLUVIATILIS.. 31
les eaux froides et pauvres de nos Alpes. Je n'ai même pas vu un seul individu de ' \ de livre à 1350 mètres au-dessus de la mer ; tandis que la chaîne du Jura, beaucoup moins élevée et dont les eaux sont par là plus riches et moins crues, nourrit, au contraire, des Perches beaucoup plus volumineuses, voir même des individus de cinq à six livres. Un autre exemple assez frappant de rinfluence de la température des eaux, de la pauvreté relative de cellesH^i et de la nature du fond peut se trouver dans les lacs de Brienz, de Thoune et de Goldswyl, cependant si voisins et de niveaux presque semblables. Il résulte, en effet, des nombreuses informations que j'ai prises auprès des pécheurs de diverses stations, que, dans le premier de ces lacs, où T Aar amve encore toute froide et chargée de sable, la Perche ne dépasse guère un maximum, de deux à deux livres et demie, tandis que, dans le second, pourtant si proche, mais oii Peau arrive déjà plus réchauffée et plus reposée, le même poisson parvient facilement au poids de quatre livres. Le petit lac de Goldswyl, non loin d'Interlaken, bien qu'à deux pas de celui de Brienz et même d'un niveau plus élevé, n'en nourrit pas moins des Perches beaucoup plus grandes que celui-ci, grâce, probablement, à sa température supérieure, à la composition plus herbeuse de son fond et par là à la nature plus plantureuse de ses eaux. On y prendrait assez souvent, selon un vieux pêcheur de Brienz, des individus de cinq à six livres, comme au lac de Joux.
LaPerche firaie ordinairement entre le milieu de mai's et la mimai; toutefois, un abaissement delà température peut retarder qudquefois Tépoque de la ponte, de même qu'il ralentit le développement des œufs et des alevins. C'est ainsi, par exemple, que j'ai vu dans les eaux de l'Hinterburger See, à 1350 mètres, beaucoup de Perches encore en ti*aiu de pondre au milieu de juin. Le frai de quelques femelles pendait au bout des branches subm^gées d'un vieux sapin renversé ^
La Perche de nos lacs quitte, à l'époque des amours, les pro-
* D'autres circonstances, moins facilement explicables, semblent agir aossi sorte développement des organes de la génération; ainsi, De la Blanchère (Nonv. Diction, gén. des pèches, 1868, p. 617) dit avoir trouvé dans le Rhin, à la fin de septembre, des mâles chei lesquels la laitance était parfiaitement mûre.
fondeurs où elle s'est tenue durant Thiver, pour gravir le Mont et venir, plus près des rives *, opérer sa ponte sur la Beine, non loin du bord de celui-ci, & une profondeur moyenne de huit à dix mètres environ «. Pour hâter leur délivrance, les femelles se frottent alors le ventre, soit contre les pierres du fond ou les objets de diverses natures qu'elles peuvent rencontrer », soit, surtout, contre les plantes qui croissent généralement dans cette zone sous-lacustre. Elles cherchent à faire sortir et fixer quelque part le pesant fardeau qu'il leur tarde de déposer. Sitôt qu'une femelle s'aperçoit que son paquet ovarien adhère à quelque corps résistant, elle dévide, pour ainsi dire, son chapelet, en exécutant en avant des mouvements serpentants. Les œufs sortent alors distribués en un cordon plus ou moins long qui, atta-
^ Perrot et Droz (Informations manuBcrites sur les lacs de Neachfttel, Bienne et Morat, 1811) semblent croire que quelques-unes des pins grosses Perches frayent dans les profondeurs» tandis que la plupart des femelles de leur espèce vont pondre plus près des rives; les premières seraient généralement, suivant eux, de huit à dix jours en retard sur les secondes.
' On appelle, chez nous, Beine, la prolongation plus on moini plane de la grève sons l'ean ; tandis que Ton donne le nom de Mont k la pente assez abrupte qui, dans la plupart de nos lacs, tant au sud qu'au nord des Alpes, ûdt généralement suite à la beine, à une distance du bord variable suivant les points. Par suite de cette analogie de conformation, la ponte delà Perche se fait dans les mêmes conditions et de la même manière dans la plupart de nos grands lacs. Dans le Tessin,au sad les Alpes, noe deux noms de Beine et Mont sont remplacés: le premier par le mot Oonmaj le second par le mot Brua. Je n'ai pas trouvé jusqu'ici, dans la Suisse allemande, d'expressions généralement admises correspondant exactement à ces deux noms. Dans quelques endroits on appelle la Beine^ Land; ailleurs on la nomme Htrfner (ce dernier signifie plutôt bas-fond). Dans certains cantons, le Mont est désigné par le mot Haide^ dans d'autres par le mot THcAfcr, dans d'autres encore par celui de Hôhe. Sur qaelqnes-ans de nos lacs, les pécheurs n'ont même pas de mots spéciaux pour définir ces différences de pente et de profondeur. H me semble que les noms de Lamâ-Egli et TSrichier-EgU attribués quelquefois par les pécheurs aux Perches, suivant qu'elles se tiennent de préférence sur la Beine près des rives, on contre le Bùmt dans la profondeur, doivent faire considérer comme plus généralement et vulgairement connues les expressions Land et 2WdUer.
* Les nasses et les filets dormants sont souvent couverts de frai déposé par des mères imprévoyantes.
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ché par une des extrémités, demeure dans Peau toujours mobile et flottant. La longueur du cordon varie beaucoup, car celui-ci est souvent rompu par les efforts que fait la Perche pour s'en débarrasser ; l'on trouve tantôt des bouts rattachés les uns à côté des autres, tantôt des cordons plus complets ou plus réussis de deux ou trois mètres de longueur. Quelques mâles, qui ont suivi et contemplé avec impatience les femelles ainsi occupées, fondent bientôt à l'envi sur la place qui est devenue l'objet de leurs ardentes convoitises et arrosent de leur laitance le précieux dépôt qui vient de leur être confié *.
Les œufs, toujours très nombreux, d'un blanc jaunâtre et gros à peu près comme de la graine de pavot, sont généralement pondus en une seule séance et reliés, les uns aux autres, par un enduit transparent et mucilagineux, destiné, en même temps, à protéger ces germes délicats et à coller l'extrémité du cordon. Bloch acompte 281,000 œufs dans le chapelet d'une Perche d'une demi-livre ; de plus gros individus en portent encore bien davantage. De la Blanchère en donne, par exemple, jusqu'à 992,000 à cette espèce.
Peu de jours après la ponte*, de myriades de petits alevins, d'une grande transparence, fourmillent déjà sur la place du frai. Toutefois, bien que la quantité des œufs ait été immense, plusieurs causes réduisent énormément le chiflFre des jeunes qui arrivent à bien ; et, chose intéressante, la proportion des femelles est toujours, parmi ces derniers, notablement plus forte que celle des mâles. Non seulement beaucoup de germes périssent faute d'avoir été fécondés, ou absorbés, avant d'être développés, par les oiseaux plongeurs ou les poissons carnivores ; mais encore bon nombre de Perches en bas âge servent de pâture aux Lotes, aux Brochets, aux Truites,' aux Anguilles et même aux individus plus forts de ieur espèce. L'année suivante, les petits alevins qui
' Bien que les mâles soient, généralement, moins nombreux que les femelles, il arrive cependant souvent que le filet trainant ramène, durant Pépoque du frai, une plus grande proportion de& premiers que des secondes; ce qui a foit penser que les mâles se rencontrent volontiers plusieurs ensemble à la poursuite d'une même femelle.
* Selon De la Blanchère (Nouv. Dict. gén. des Pèches, p. 772) 8 à U jours, par 8 à 12 degrés.
M PAUNK DES VfiRTÊBBÊS,
ODt survécu sont deveDus les Perchettes de 70 à 80** que nous voyons, pendant la belle saison, voyager en bancs nombreux le long de nos rivages et que les pécheurs prennent alors en quantités énormes pour amorcer leur fils. A trois ans, les jeunes Perches sont devenues capables de reproduction, avec une taUle moyenne de 150 à IGO"; elles ne vivent plus alors en grandes troupes, mais toujours par plus faibles compagnies. A l'approche des froids, toutes, petites et grandes, se retirent dans les profondeurs, pour attendre, dans un repos relatif, que le retour du printemps vienne les rappeler à une vie plus active. D'après Hartmann, une Perche de six ans pèserait généralement près d*une livre et demie: cependant, nous savons que cela dépend beaucoup des circonstances. Les vieilles Perches vivent plus volontiers isolées ou en petite société.
Les Perchettes, soit les jeunes, se nourrissent presque exclusivement d'insectes, de crustacés, de vers, de mollusques et de frai de poissons ; toutefois, arrivées à une taille plus respectable, elles mêlent alors volontiers à ce premier menu des proies plus volumineuses, diverses sortes de petits poissons, des Goujons, des Ablettes, les jeunes de plusieurs espèces plus grandes, des Gardons, par exemple, et même des batraciens, des grenouilles en particulier. On voit souvent les jeunes Perches chercher leur subsistance en s'élevant verticalement et lentement contre un mur ou un rocher dont elles scrutent toutes les surfaces et fouillent toutes les anfractuosités. Ailleurs, en suivant des yeux un banc d'Ablettes qui sillonnent paisiblement la surface de l'onde, il arrive quelquefois de voir, soudain, le trouble et la déroute apportés, en un instant, par de grosses Perches qui se sont tout k coup élancées comme des loups sur cette proie facile et qui répandent à l'enW autour d'elles le massacre et le carnage dans les rangs serrés de Ci*s innocents petits poissons. Les pécheurs du lac de Neuchfttel connaissent bien la préférence de cette espèce pour l'Ablette, quand ils se rendent, durant les premières nuits de juin et pleins d'espoir de faire belle prise de Perches, vers \^ Bout-dn-grain '
* Les pécheurs oeacb&telois nomment Boi^i^du-grain un bas- fond de cravi^r très étendu, situé entre le moulin de Betttix et le petit Corttillod
PERÇA PLUVIATILIS. 35
ovi fricassent * des milliers d'Ablettes en train de frayer sur le ja*avier.
Munie de dents sur le pourtour de la bouche, comme au palais et jusque sur le pharynx, notre Perche, à l'égal de beaucoup d'autres carnassiers, semble blesser souvent préalablement et mâcher plus ou moins les paissons qui doivent lui servir de nourriture. D'après les quelques observations que j'ai pu faire, il m'a paru que la Perche distribue souvent plus de coups de dents et fait plus de victimes qu'il n'est nécessaire à sa consommation, et qu'au lieu d'avaler toujours d'un seul coup la proie dont elle s'est assurée, elle prend quelquefois son temps pour la déguster, la comprimer et la mâcher à son aise, au fur et à mesure qu'elle avance dans sa gueule.
La Perche n'émigrant pas, ou voyageant peu, on doit la considérer comme un véritable Rapace sédentaire dont la trop grande multiplication pouiTait devenir dangereuse, si sa chair ferme et agréable ne la faisait activement poursuivre et rechercher par les pêcheurs et les gourmets.
Il y a, au nombre des moyens licites de prendre ce poisson, bien des systèmes et des engins différents*. Les très jeunes individus, ou les Perchettes, sont en particulier pris, chez nous, en grand nombre, le long des rives, avec ce que l'on nomme, à Genève, le Cerceau % soit à peu près le Lanet ou Cairelet rond des Français; jeunes et vieux sont aussi péchés à \dL Ligne ou à la Plombée de un ou plusieurs hameçons amorcés avec des vers. Beaucoup de Perches, des adultes surtout, sont également prises avec les FiU; c'est-à-dire avec un jeu ou une chaîne dormante de hameçons volontiers amorcés avec de petits poissons. On prend encore cette espèce, en assez grande quantité, dans
iVoy. Une pèche aux Perches, par Paul Vouga, dans le Rameau de Sapio, 1868, p. 2).
' Frîouserest un terme de pêche destiné à exprimer le bruit et le mouvement qu'exécutent ces petits poissons dans l'agitation extrême qui s'empare d'eux au moment des amours.
' J'entends par moyen illicite, l'usage de plusieurs substances qui, comme la chaoi, la coque, la dynamite et autres, sont partout sévèrement défendues.
* Le Cerceau est prohibé sur tout le littoral yaudois du Léman.
de petites nasses dites Berjous ou Berfolets, Enfin, on pratique aussi la pêche des Perches avec diverses sortes de filets : avec VÈtole ou le tramail, par exemple, sorte de filet à trois mailles, comme son nom l'indique, au moyen duquel on enveloppe tantôt les herbes oii frayent ces poissons, tantôt les roches ou les bouquets où ils cherchent un abri. Avec différents filets dormants ou à battues ; plus spécialement, chez nous, avec ceux que Ton nomme sur le lac Léman, les Menis, espèces de sennes, à volonté fixes ou traînantes, ou avec le Orand filet et la Monte, le dernier plus petit que le précédent, tous deux également formés d'un sac et de deux ailes jetées en demi-cercle.
Les Perches que le filet raniène des grandes profondeurs ont, la plupart du temps, ce que les pécheurs appellent la gonfle, c'est-à-dire la vessie natatoire et volontiers avec elle l'estomac refoulés dans la bouche, souvent même partiellement projetés au dehoi*s. Ce fait a été, depuis longtemps, expliqué par la puissamte dilatation de l'air contenu dans la vessie natatoire qui, n'ayant pas de communication avec Textérieur, se distend outre mesure et chasse du côté de la bouche les organes situés devant elle. L'on comprend, en eifet, aisément que des poissons brusquement arrachés par le filet à la pression d'un fond de 5() à 60 mètres, n'ayent pas le temps de condenser suffisamment le gaz de leur vessie, avant d'être amenés à la surface, dans un tout autre milieu.
Comme tous les poissons, je devrais dire comme tous les êtres, la Perche est sujette aux maladies. Ainsi, une terrible épidémie fondit, en 1867, sur la gent percine du lac Léman et. quoique assez réduite dès Tannée suivante, elle n'a pas moins, pendant longtemps encore, continué à décimer cette espèce. La cause inconnue de cette maladie n'avait même pas encore entièrement disparu six ans plus tard, car l'on m'a signalé, de divers cotés sur les bonis du Léman, une nouvelle phase de mortalité insolite, durant les mois de mai, juin et juillet de l'année 1873*.
' Une communication a été faite sur ce a^j^ ^ 1^ Société Taodoise par le D' F.- A. Forel, en juin 1873 (Voy. aassi le joomal La Patrie, de G«nèTe, da IS juin 1S73). Une mortalité assez forte m'a été signalée encore, dans le même temps, dans les environs de Génère. Le Conseil d'État da canton
PERÇA FLUVIATILIS. 37
Les corps de ces malheureux poissons, morts ou mourants, ont infesté, par milliers et dans bien des localités, les rives du Léman ^ Plusieurs explications ont été proposées, pour démontrer la nature de Tépizootie en question ; toutefois, la seule qui paraisse soutenable, jusqu'ici, est la dernière avancée par le D** Forel', celle d'une maladie de la classe des septicémies, se traduisant par des symptômes d'adynamie et caractérisée par la présence de Bactéries et de Vibrions dans le sang'.
Bien que Ton ne s'explique pas facilement comment une cause, probablement inhérente au milieu ambiant, pourrait se transmettre d'un bassin dans un autre, il paraît, cependant, qu'une mortalité insolite de la Perche a été également constatée, durant ces dernières années, sur d'autres points de notre pays. Le D'' du Plessis signale, par exemple, en 1868, que les Perchettes du ruisseau des Ouates, affluant du lac de Neuchàtel par la Thièle, sont décimées par une épidémie tout à fait analogue à celle du Léman ^. L'étude de cette épizootie que les docteurs Forel et du Plessis ont publiée, sous le titre de Typhus des Perches^ ^ semble bien prouver que, dans les deux bassins,
de Vaad a fait faire, la même année (juillet 73), des recherches officielles sor tout le littoral, pour reconnaître la cause de ladite maladie.
1 Principalement des individus de taille petite ou moyenne.
' Notes sur une maladie épizootique qui a sévi chez les Perches du Léman, en 1867, par le D' F.-A. Forel. Bulletin de la Soc. vaudoise des Se. Nat., vol. ce, p. 599, G20, 624 et 626, ainsi que vol. X, p. 528.
' Un retardement forcé dans la publication de ces notes me permet de citer ici le rapport fait par le D^ Forel au département des finances au si^et de Tenquéte sur Tépizootie des Perches (Bull, de la Soc. vaudoise, vol. XIII, déc. 1874, p. 400). Ladite enquête ne jette guère de nouvelles lumières sur la question ; toutefois, elle a permis de constater que la même maladie, où un cas analogue, a affecté aussi le Vengeron, la Lote, la Truite, le Brochet, le Goigon et la Carpe, bien que sur une beaucoup moindre échelle.
Je profite de Toccasion pour signaler encore que, le 20 juin 1875, j'ai trouvé on grand nombre de jeunes Perches mortes sur la rive du lac Léman, près de Rolle.
* Maladie des Perches de TOrbe, par le D^ 6. du Plessis, Bull, de la Soc. vaudoise des Se. Nat., vol. IX, mai 1868, p. 696.
* Étude sur le Typhus des Perches, épizooties de 1867 et 1868, par F.-A. Forel et 6. du Plessis. Bull, de la Soc. médicale de la Suisse romande, 1868.
38 PAUNE DES VERTÉBRÉS.
la maladie s'est traduite par une même infection du sang par les Bactéries. Au mois d'août 1872, le pêcheur J. Roth d*Unterseen, que j'accompagnais à la pêche sur le lac de Thoune, me fit remarquer comment bon nombre des Perches qu'il prenait au filet étaient atteintes d'une pâleur anormale des branchies, restes, disait-il, d'une épidémie qui aurait décimé, là encore, cette espèce, durant quelques années *.
Enfin, notre poisson est encore affecté de plusieurs parasites d'une autre nature et de diverses sortes, qui entraînent aussi parfois la mort par leur trop grande multiplication. Les uns sont des crustacés suceurs, comme YAchtheres Percœ, que le D'Nordmann a signalé dans la bouche de cette espèce, ou des sangsues, comme V Ichthyohdella Percœ signalée par Templeton sur le corps de ce poisson ; les autres, beaucoup plus nombreux, sont des vers ou des Helminthes, qui habitent les tissus cutanés et musculaires, ainsi que les cavités céphaliques, branchiales et viscérales du poisson, tantôt fixés sur quelque partie externe ou interne, ou libres dans le canal digestif et la cavité abdominale, tantôt confinés ou enkystés dans quelque organe, dans l'œil, par exemple, ou dans le foie*.
* Je n^avais malheureusement pas alors à ma portée les moyens de constater si Pépizootie du lac de Thoune, qui se traduisait par un aspect d'anémie, était exactement de même nature que celle du lac Léman. ' On a reconnu, chez la Perche, les Helminthes suivants : Ascaris tnincatula (Rud.) ; dans les intestins, enkysté dans le foie et dans les muscles. Asc. velocissiina (Dies.) = Oxyuris veîocissima (Nordm.)] dans le corps vitré de l'œil. — OncuUanus eîegans (Zeder); dans Pestomac, les appendices pyloriques, les intestins et le mesenter. — FUaria hicohr (Crep.) = Agamanema &too/or (Dies.) ; enkysté dans le péritoine. — EcMnorhynchus iuherostis (Zeder); dans les intestins. Echin. angttstatus (Rud.); dans les intestins. Echin. proteus (Westr.); dans les intestins. — Diphsiomam c/ai;a<um(Nordm.) = Tylodelp7Usclavaia{Dies.); dansPœU. Dipl. vohens (Nordm.); dans l'œil. — Tetrauxtiyle typica (Dies.) = Z>û(oma tarda (Steenstr.), Tetrac. Cyp. Idi (Moalinié), Teirac, Perça fiuviatilù (Moul.) Tetrac. Lymnœi (Pagenst.); dans le voisinage du cœur et entre les muscles vertébraux, dans des kystes subsphériques nacrés. ^^ DisUmum gîobiportnn (Rud.); dans les intestins. Dist, appendiculatum (Rud.); dans l'estomac et les intestins. Dist. arnitilt^enifii (Nordm.); enkysté dans le corps vitré de l'œil. Dist. nodulasum (Zeder); dans les intestins. Dist. truncatwn (Abildg.) Species duhia (sec. Hartmann) — Oasterostcmumfimbria^
ACERINA. 39
Les parasites végétaux, ces sortes de mousses, ou Byssus, qui s'attachent aux téguments de beaucoup de poissons, semblent moins fréquents chez la Perche que chez d'autres espèces, les cyprinides entre autres, qui recherchent moins constamment les eaux claires et pures.
Genre 2. 6REMILLE
ACERINA, Cuvier
Dorsales réunies, formant en apparence une seule nageoire échancrée en arrière du milieu ; la partie antérieure entièrement épineuse. Deux épines à V avant de V anale et une aux ventrales. Dents en velours sur la mâchoire inférieure^ l'intermaxiUaire et les pharyngiens, plus rarement sur le palais ; pas de canine. Corps obl(mg,plus ou moins ramassé en ava)tt, atténué en arrière et couvert d'écaillés dénoîdes, solides et plutôt petites. La poitrine nue ; la ligne latérale complète, très élevée et convexe. Tête forte, épaisse, entièrement dépourvue d' écailles et creusée, sous la peau, de profondes cavités, sur la face, sur les côtés et en dessous. ŒM latéral. Opercule terminé en pointe aigu^ë, en arrière. Préopercule armé sur le bord de quelques fortes épines. Sept rayons branchiostèges. Des pseudobranchies moyennes.
Ce genre ne compte jusqu'ici que trois espèces, toutes également propres aux fleuves et rivières de l'Europe. Une
faim (Siebold); dans les intestins. — Baciylogyrus tmuis (Dies.) = Gyro- JaOylMS temtiê (Weld.) ; sur les branchies. Dactyh uncincUus (Wagener) ; sur les branchies. — IVntia oœUoia (Rad.); dans le foie. ~ Ldgula digramma (Crep.) » Lig. simpUàssima (Rud.); dansla ca?ité abdominale. Lig. momogramma (Crep.); cavité abdominale. — Triœnophorua nodulosua (Rnd.); dans les intestins, les appendices pyloriqaes et le foie.
40 PAVNE DES VeRTÊBRÈS.
seale figure en Saisse, la Gremille ordinaire. Les deux autres, tn»s voisines et peut-être simples variétés d'une même espèce, sont : Tune YAcerhia Schraitzer (Cuvier), qui habite le bassin du Danube, Tautre YAcerina rosska (Cuv. et Val.) propre aux tributaires de la mer Noire, dans la Russie méridionale.
Bien que les dorsales des Greiuilles soient constamment et assez largement unies , il est difficile , cependant , de ne pas reconnaître, dans la nageoire composée de C(»s Poissons, Tanalop:ue des deux dorsales de la Perche. En effet, après une série de rayons épineux, séparés par de notables dépressions de la membrane natatoire et décroissants vers Téchancrure movenne, on remarque d^ordiuaire une dernière épine, sensiblement plus haute que la précédente, qui paraît appartenir de droit à la seconde série et semble devoir être regardée comme premier épineux d'une seconde dorsale après celui-ci uniquement composée de rayons articulés et rameux. Malgn* la peau qui les recou\Te, les cavités céphaliques des Gremilles n>n sont pas moins très apparentes. Ces fossettes, dans lesquelles viennent s'épanouir de nombreuses terminaisons ner\'eus(*s et s'ouvrir divers canaux mucifèn*s, semblent devoir jouer, chez ces Percineî^, et à un plus haut degré peut-être que chez beaucoup d'autres Poissons, le rôle de sens «lélicat. et multiplier ainsi les perceptions sensitives de l'animal *.