LE CHONDROSTOME DE GÊNÉ
Lasca
Cbondkostoha Gb5SI, BonAparU.
Chris verdâtre en dessus; argenté-jaunâtre sur les côtés, avec une large bande grisâtre au haut des flancs ; blanc argenté en dessous. Nageoires inférieures jaunâtres plus ou moins nuancées d* orangé. Corps assez effilé, médiocrement comprimé et peu élevé, bien que légèrement voûté sur la nuque. Tête subconique, avec un nez arrœidi relativement peu proéminent. Pas de coin occipiUU entre les é/^ailles. Bouche médiocrement large, soit un peu plus étroite que Vœïl^ et arrondie en fer à cheval. Œil fnoyen ou plutôt grand. Écailles latérales moyennes, subcarrées, à peu près égales en hauteur et longueur^ avec un nœud très reculé vers le bord fixe et recouvrant au mains un tiers de Vœil, chez Vadulte. Écailles pectorales relativement grandes. Dorsale pointue, naissant en Jace de Vorigine des ventrales. Anale anguleuse. Caudale médiocretnent écîumcrée, à lobes acuminés stibégaux. (Taille moyenne d^adultes : 160 — 175^.)
Premier sous-orbitaire d^une surface un peu plus forte que la moitié de celle de Vœil, chez l'adulte ; le quatrième comme le
73i FAUNE DBS VERTÉBRÉS.
second. Maxillaire supérietir portant un coude quasi médian, médiocrement prolongé, à tranche obliquement arrondie. Phorryngiens moyennement arqués; l'aile prolongée sans échan^ crure jusqu'au-dessous des dents, avec sa plus grande largeur en face de la dernière dent ; la corne supérieure médiocrement inclinée, longue, légèrement épaissie et Jortement recourbée à V extrémité. Meule aplaUe et elliptique. Dents ou nombre de cinq sur chaque os, exceptionnellement six d'un c&té, médiocrement effilées et un peti recourbées.
nm'.
Sq. (52)54 ^^- 57. Vert 42.
Ledciscus Genei, Bonaparte, Fauna italica, fol. 126, tav. 114 et tl6. — Chondrostoma Ueno, Bonap.y CaU Met., p. 28. — Heckel^ Sitzgsber. Acad. Wiss. 1^'iea, IX, p. 377, ^. 7-1 1. — Heckel et Kner, Sûsswasserfische , p. 220, fig. 126 et 127. — De BeUa, Ittiol. Veron., p. 95. — Nini, Genni, p. 47. — SUbold, Sûsswasaerfische, p. 230. fig. 40 et 41. — Canettrini^ Prosfiet. crit., p. 78. — Gûniher, Catal. of Fishes, VII, p. 273. — Chond. JACULUM, de Filippij Cenni, p. 11.
Le Chondrostome de Gêné, à Tétat adulte, avec une taille relativement petite, affecte des formes plus effilées, soit que le Nase, soit surtout que le Séva, qui vit avec lui dans les eaux de l'Italie. Le profil supérieur, un peu convexe jusqu'à la dorsale, est légèrement voûté au-dessus de l'origine des pectorales ; le profil inférieur est moins convexe encore, soit presque droit, depuis les pectorales jusqu'à l'anale, puis brusquement relevé. Le dos et le ventre sont subarrondis transversalement. La plus grande hauteur, devant la dorsale, est, chez lui (adulte), à la longueur totale, comme 1 : 5 Vi — 5 Vb ■ ; la longueur latérale de la tète, un peu moindre, est, à la longueur totale du poisson, comme 1 : 5 •/* — 6 ". Le diamètre de l'œil, toujours chez
^ Yoire même, selon Canestrini, qui a examiné aussi de très jeones indt- ▼îdus, = 1: 4«/io— 6 Vio.
' Selon Canestrini, y compris de très petits sm'ets, = 1:5 '/ia—G.
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Tadulte, est, à la longueur de la tête, comme 1 : 4 Vt ^ L'^pace préorbitaire est, sur des individus de taille moyenne, à peu près égal à Tœil, ou très légèrement plus grand, soit de Vd à Vis environ; l'espace interorbitaire, plus fort que celui-ci, est généralement, chez Tadulte, égal à 1 7?— 1 V? diamètres de rœil.
L^occiput ne forme, sur le centre, aucun prolongement dans les écailles de la nuque.
Le nez est, chez le Ch, Qenei, largement aiTondi et relativement peu proéminent; il dépasse la bouche d'une quantité un peu moindre que la moite de la largeur de celle-ci. La bouche, franchement inférieure, est médiocrement large et arrondie en fer à cheval. Le nombi-e des pores sous-mandibulaires m'a paru assez variable*.
Les os pharyngiens forment un arc médiocrement recourbé ; de telle sorte que, Tos reposant sur Taile par sa face postérieure et la branche inférieure se trouvant soulevée, l'extrémité de la corne supérieure, en regardant verticalement au-dessus, cache seulement la moitié de la base de la seconde dent, à partir du haut. L'aile est bien développée, prolongée sans échancrure jusqu'au-dessous des dents, quasi droite sur la tranche et présente sa plus grande largeur à peu près en face de la dernière dent. La corne supérieure, médiocrement inclinée en avant, est à la fois longue et large, et un peu épaissie, ainsi que fortement recouri)ée en haut vers l'extrémité. La branche inférieure, assez longue et recourbée, présente, au côté interne, une crête ou palette assez développée.
Les dents sont au nombre de cinq sur chaque os (parfois, bien que rarement, de six d'un c6té'); les inférieures présentent une base assez forte, avec une couronne en serpe relativement courte et un peu recourbée à l'extrémité ; les supérieures sont plus allongées et étroites, quoique généralement moins effilées
* Selon Canestrini =1:3 Vio— 4 Vio.
' J'ai eo même un individu qui n*en avait qa*an de chaque côté.
' Je n'ai pas rencontré le cas de six dents d'un cM chei les individus que j'ai examinés. De Siebold l'a trouvé deux fois sur 96 indiridus... Ces deux sigets exceptionnels aTaient-ils pent*étre quelques rapports avec le JRyw2a j les détails nous manquent sur ce point.
736 FAUNE DES TERTÊBRBS.
en couteau que chez les Ch. Nams et Soetta. Les deux trois dents supérieures, du reste plus ou moins allongées et pincées, suivant les individus.
La meule est subelliptique et plate.
Le maxillaire supérieur, renflé dans le haut, est presque droit au-dessous d^un petit crochet sur le bord antérieur; le côté postérieur présente, un peu au-dessous de son milieu, un coude médiocrement prolongé, relativement peu élevé, à tranche oblique convexe, avec des côtés siq^eur et inférieur un peu creusés ; la branche inférieure, plutôt longue, est légèrement élargie et tordue à Textrémité.
Les sous-orbitaires sont au nombre de cinq : le premier subtriangulaire, plus long que haut et, chez Tadulte, d'une surfiice variant de '/• à V» de celle de Tœil ; le second à peu près carré long, plutôt étroit et sensiblement plus court que le premier ; le troisième en demi-croissant, sensiblement plus long que le premier ; le quatrième semblable au second ; le cinquième relativement petit, presque réduit à la forme d'un canalicule arqué.
Dorsale naissant en face de Torigine des ventrales et légèrement en avant du milieu de la longueur du poisson sans la caudale, anguleuse au sommet, médiocrement décroissante (}e& deux extrémités à peu près égales lorsqu'elle est rabattue) et droite ou très légèrement concave sur la tranche ; d'une hauteur à peu près égale à la longueur de la tète en dessus, avec une base mesurant environ les Vs du plus grand rayon. Trois rayons simples et huit divisés ; selon Canestrini sept à neuf.
Anale naissant au-dessous de l'extrémité de la dorsale couchée et laissant, lorsqu'elle est rabattue, entre elle et la caudale, une distance égale le plus souvent à son troisième grand rayon divisé. Avec cela, subcarrée au sommet, droite sur la tranche et passablement décroissante. D'une hauteur mesurant entre les V4 et les Vt àe l'élévation de la dorsale, avec une longueur basUaire légèrement moindre que la hauteur, parfois presque égale. Trois rayons simples et dix divisés ; huit à dix, selon Canestrini.
Ventrales subtriangulaires et arrondies sur la tranche, laissant entre leur extrémité et l'anus, lorsqu'elles sont rabattues, un intervalle variant selon les individus de \\ à Vs de leur Ion-
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gueur ; la longueur au plus grand rayon à peu près égale à la hauteur de Tanale ou un peu plus forte. Deux rayons simples et huit divisés*.
Pectorales subovales et subarrondies au sommet, laissant, rabattues, entre leur extrémité et les ventrales, un espace variant, selon les sujets, de Va à V4 de leur longueur ; la longueur au plus grand rayon un peu plus forte que celle des ventrales et presque égale à l'élévation de la dorsale. Un rayon simple et quatorze à quinze divisés.
Caudale moyennement échancrée, avec des lobes subégaux, acuminés et très légèrement convexes sur la tranche ; d'une longueur un peu plus forte que celle de la tête, soit, à la longueur totale du poisson, comme 1:5 — 5 Va- Dix-neuf principaux rayons ; les médians mesurant les Vs des plus grands ou légèrement plus.
Écailles latérales moyennes (au-dessus de la ligne latérale, un peu en arrière du bout des pectorales) : à peu près égales en hauteur et longueur, arrondies au bord libre, presque droites sur les côtés supérieur et inférieur, subanguleuses et peu découpées au bord fixe, et d'une surface, chez l'adulte, égale au moins à Vs de celle de l'œil. Le nœud reculé vers le bord fixe au tiers ou au quart de la longueur de l'écaillé * ; des rayons, au nombre de 6 à 12, se rendant de ce point à la partie moyenne du bord libre très légèrement festonnée. Les écailles pectorales, soit prises au milieu entre les nageoires pectorales, d'une surface environ un tiers des précédentes, plus allongées et plus anguleuses, avec un nœud très reculé vers le bord fixe.
Huit à neuf squames au-dessus de la ligne latérale, et cinq, plus rarement six ', en dessous, jusqu'aux ventrales.
Ligne latérale décrivant, du sommet de l'opercule au centre de la caudale, une courbe d'abord assez déclive, puis faiblement concave et passant environ aux '/s de l'élévation maximale. Les écailles moyennes à peu près semblables en formes et dimen-
* Heckel et Kner ont méconnu la présence da petit rayon simple latéral.
' Heckel et Kner, qui attribuent à ce nœud de l'écaillé un aspect en chaos, me semblent signaler plutôt une exception.
' Selon Heckel et Kner, et Canestrini.
738 FAUNE DES VEHTÉHHES.
sions à leurs voisines supérieures, avec un tubule droit vt plutôt étroit, parcourant environ la moitié de Taxe longitudinal et demeurant à peu près également distant des deux bords. 54 à 57 squames tubulées sur cette ligne (52-56 selon Canestrini).
Coloration* : les faces supérieures d'un gris-verdfttre plus ou moins foncé ; les flancs d'un argenté un peu jaunâtre, plus ou moins semés d'un pointillé noirfttre ; les faces inférieures d'un blanc argenté. Une large bande grisfttre, plus ou moins apparente, étendue sur les côtés de la tète, du corps et du pédicule caudal, entre le dos et la ligne latérale, voire même un peu en dessous de celle-ci du côté de la queue. Dorsale et caudale verdfttres. Anale, ventrales et pectorales jaunâtres et plus ou moins lavées d'orangé. Souvent un liseré de même couleur orangée autour de la bouche et de l'opercule.
Dimensions : Les six individus que j'ai examinés provenaient de Pavie, paraissaient adultes et mesuraient entre 160 et 170 millimètres de longueur totale. Le plus grand sujet mesuré par Canestrini égalait 153 millimètres. De Betta n'a pas étudié de sujets dépassant 150 millimètres. Les plus grands individus de Heckel et Kuer mesuraient 7 à 8 pouces, soit 189 à 215r*. Enfin, il paratt probable que de Filippi aura fait une confusion avec quelque variété du Soetta, quand il a donné à son C!h. jaculum=Oenei jusqu'à 31 ou 32 centimètres de longueur totale, dimension exagérée qui n'a été retrouvée par aucun observateor depuis lui.
Mâles ornés, au moment des amours, de petits tuberculeà sur les faces supérieures.
Jeunes présentant une tète relativement plus forte et un œil plus grand. *
Vertèbres au nombre de 42, selon Canestrini.
Péritoine noir. Une rangée de petites pseudobrancliies pectiniformes derrière le quatrième sous-orbitairc.
J'ai cru devoir donner une description un peu circonstaucitH*
^ Les individus que j*ai étudiés ayant f«iit un assez long sêjoor dâi» r alcool, j*ai dû m'en remettre en partie aux données des auteurs itJiirii« l>oar la coloration.
CHONDROSroMA GENEI. 739
de cette espèce italienne, bien qu'elle n'ait point encore été reconnue dans les eaux suisses, pour relever certains caractères, négligés jusqu'ici, qui peuvent servir à la faire distinguer, soit de nos espèces précédentes, soit du Cliondrostoma rhodanensis de Blanchard ' dont je vais dire aussi plus bas quelques mots, soit encore du Ch. Byséla d'Agassiz, avec lequel Heckel ' et Dybowski' l'ont confondu, grâce à certaines ressemblances extérieures.
Les proportions générales, ainsi que quelques particularités de la coloration, la bande grisâtre des flancs et les bordui-es orangées de la bouche et de l'opercule, dans la livrée de noces, rappellent, en effet, jusqu'à un certain point, certains traits distinctits que le Rysela tient parfois de l'un de ses parents, le Telestes (Sq. Agassizii). Mais, comme nous l'avons vu, une étude plus détaillée de l'appareil pharyngien et des écailles suffit à établir des différences spécifiques d'assez grande importance.
Le Ch.jacidum de de Filippi n'est autre que le Ch. Qenei de Bonaparte, malgré les dimensions exagérées que le premier de ces auteurs lui a, probablement par erreur, attribuées.
Le Chondrostome de Gêné habite les eaux de l'Italie septentrionale et centrale. On n'a jusqu'ici constaté sa présence d'une manière certaine dans aucun de nos courants suisses au nord des Alpes ; il n'a même pas encore été rencontré, au sud, dans les lacs et les rivières de notre canton du Tessin. De Siebold et OQnther, d'après celui-ci, attribuent cette espèce au Rhône ; mais ils me paraissent avoir confondu avec elle le poisson extérieurement assez semblable que Blanchard a distingué avec raison, je crois, sous le nom de Ch. rhodanensis. J'ai relevé déjà, À propos d'une variété à bande latérale du Ch. Nasus jeune que j'ai rencontrée à Bâle, la citation par de Siebold du Ch. Genei dans le Rhin, au même point, basée sur l'examen superficiel d'un seul individu en très mauvais état de conservation.
Enfin, j'ai signalé aussi, plus haut, à propos du Cyp.jaculus
* Poissons de France, p. 420.
* Borichte, 110, taf. 7 et 8, et Sùsswasserfische, 220.
* C)p. Liviands, p. 203.
de Jurine (dans l'article Leuc. rtitilus, p. 503) l'erreur grave de Mœsch qui, à cause d'une ressemblance de nom spécifique, a cru pouvoir attribuer le Cli. Genei=Clu jaculum de de Filippi, à la fois au Rhône, au lac Léman, au Tessin et au Rhin \
Cette espèce semble vivre surtout dans les eaux courantes et mener un genre de vie assez analogue à celui de ses congénères.