‹ Faune des vertébrés de la SuisseChapitre 52 sur 77 · LE CHOXDROSTOME DU RHONE · texte numérisé non relu

LE CHOXDROSTOME DU RHONE

SOAFB*

Cho5i>rostoiia EH0DA5S5SXS, Blanchard.

D*un gris jaunâtre, olivâtre ou ardoisé, en dessus; jaunâtre sur les côtés, avec une bande grisâtre plus ou moins accentuée au haut des Jlancs ; dUin blanc 7nat légèrement jaunâtre, en dessous; nageoires injérieures jaunâtres plus on moins nuancées d'orangé. Corps assez effilé, à peu près comme chez le Chondrostome de Oené, Tète conique, assez forte, avec un nez passablement proéminent. Pas de coin occipital entre les écailles. Bouche médiocrement large et arrondie en fer à cheval. Œil moyen. Écailles latérales moyennes, subovales, légèrement plus hautes que longues, avec un nœud un peu retndé, et recouvrant seulement un quart environ de Fanl, chez V adulte. Écailles pectorales relativement petites. Dorsale pointue, naissant au-dessus du milieu de la base des ventrales. Anale anguleuse. Caudale médiocrement éclmncrée, à lobes acuminés subégaux (Taille moyenne d^adulte: 160 à 175 millimètres).

Premier sous-orbitaire à peine égal à la moitié de la surjace

^ Thieireich der Schweiz von C. Mœsch (Allg. Besch. ond Statîstîk der Sehweiz, 1869), p. 173.

' Selon Blanchard, ce Chondrostome, appelé Soafe on Seufle à Lyoo, porterait à Avignon le nom de Soffio; j*ai entendu à Dote appeler indistinctement Soffe on Siffe de petits Chondrostomes du Doahs et de la Loae qui, bien que pris ensemble, paraissaient appartenir, les ans aa Ch. Nasus^ les autres au Ch. rhodanensis.

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de Vceil, chez Vadulte ; le quatrième plus long etpltis large que le seœnd. Maxillaire supérieur peu différent de celui du Ch, Oenei Pharyngiens beaucoup plus arqués; Vaile, sans èchancrure, présentant sa plus grande largeur en face de V avant-dernière dent; la corne supérieure très inclinée, relativement courte et simplement retroussée à V extrémité. Dents, an nombre de six sur cJiaque os, assez étroites et effilées.

Sq. 57 -gH^ 61

CiiONbROSTOMA RiiODANENSis, Blanchard, Poissons des eaux douces de la France, p. 4â0, fig. 108.

Le Chondrostome du Rhône, à l'état adulte, aflFecte des formes générales assez semblables à celles du Ch. de Gêné. Il est plutôt allongé, peu élevé et médiocrement comprimé ; avec un profil supérieur un peu convexe, légèrement voûté sur la nuque, et un profil inférieur un peu raplati sur les faces abdominales. Le dos est faiblement tectiforme, le ventre subarrondi transversalement. La plus grande hauteur devant la dorsale, ou aux Vs des pectorales, est chez lui (adulte), à la longueur totale, comme 1:5V» — 5 Va (parfois presque 6). La longueur latérale de la tête est à peu près égale à l'élévation maximale du tronc, ou très légèrement plus petite, soit, à la longueur totale, comme 1 : 5*/s — 5 Vi- Le diamètre de l'œil est, à la longueur de la tête, comme 1 : 4 V? — 4 V*. L'espace préorbitaire est passablement plus grand que l'œil, soit souvent, chez l'adulte, de */4 à */» environ de celui-ci. L'espace interorbitaire est de 7» environ à V» plus large que le diamètre oculaire.

L'occiput, comme chez l'espèce précédente, ne forme sur le centre aucun prolongement entre les écailles.

Le nez est plus conique que chez le Ch. de Gêné et un peu plus proéminent, soit dépasse la bouche d'une longueur généralement un peu plus forte que la moitié de la largeur de celle-ci.

La bouche, franchement inférieure est médiocrement large et arrondie en fer à cheval.

Les pharyngiens forment un arc beaucoup plus recourbé que chez le Ch. Oenei ; de telle manière que, Tos reposant sur Taile par sa face postérieure et la tranche inférieure étant ainsi soulevée, l'extrémité de la corne supérieure arrive jusqu'au bord de la couronne de la quatrième dent à partir du haut, quand Ton regarde verticalement en dessus. L'aile, bien développée et prolongée sans échancrure jusqu'au delà des dents, est ici un peu plus convexe sur la tranche, et surtout présente sa plus grande largeur notablement plus haut, soit en face de l'avantdernière dent. La corne supérieure fortement inclinée en avant, médiocrement allongée, relativement mince et simplement retroussée à l'extrémité. La branche inférieure relativement courte, peu tordue et présentant, au côté interne, une crête très développée.

Les dents, au nombre de six sur chaque os, présentent généralement, les supérieures surtout, une couronne plus longue et plus effilée que chez l'espèce précédente, avec une base relativement moins épaisse.

La meule, purement cartilagineuse, est aplatie, de forme elliptique, légèrement creusée dans le milieu, subconique en avant et faiblement échancrée au côté postérieur.

Le maxillaire supérieur est assez semblable à celui du Ch^ Oenei, bien que plutôt plus petit et un peu moins arqué que chez des individus de même taille de cette espèce, avec un coude postérieur volontiers légèrement plus haut ou moins descendant, soit à tranche peut-être légèrement moins oblique.

Les sous-orbitaires sont au nombre de cinq : le premier quasi pentagonal, un peu plus long que haut et d'une surface environ '/'s de celle de l'œil ; le quatrième passablement plus long et plus large que le second.

Dorsale naissant en face du milieu de la base des ventrales et au milieu de la longueur du poisson sans la caudale ; à l'exception de cette petite différence de position,. assez semblable à la nageoire correspondante chez l'espèce précédente, comme formes et proportions, avec le même nombre de rayons 3/8.

Anale rappelant assez celle du Ch. de Gêné par sa position eu égard à la dorsale et à la caudale, et de formes et proportions assez semblables, bien que relativement un peu plus.

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étroite quant à la base relativement à sa hauteur, avec le même nombre de rayons 3/10.

Ventrales et pectorales à peu près comme chez l'espèce précédente : les premières rabattues parfois un peu plus voisines de Tanus, avec 2/8 rayons ; les secondes égales à la hauteur de la dorsale ou légèrement plus longues, avec 1/16-17 rayons. (Une différence de sexe entraîne souvent de pareilles différences dans ces rapports.)

Caudale égale à la longueur de la tète ou légèrement plus grande, soit, h la longueur totale du poisson, comme 1 : 5 7iu — 5 Vi ; comme chez l'espèce précédente, moyennement échancrée, avec des lobes acuminés, subégaux et légèrement convexes sur la tranche.

Écailles latérales moyennes (au-dessus de la ligne latérale, un peu en arrière du bout des pectorales), sensiblement plus petites que chez les Ch. de Gêné, chez des sujets de même taille, légèrement plus hautes que longues, arrondies au bord libre et sur les côtés, subanguleuses et faiblement découpées, soit quasi arrondies au bord fixe, et d'une surface à peu près égale à V* de celle de l'œil. Le nœud reculé aux V* de Técaille environ, du côté du bord fixe ; des rayons, d'ordinaire au nombre de 5 à 0, gagnant, de ce point, la partie moyenne du bord libre. Les écailles pectorales plus longues que hautes, subovales, coniques au bord libre, avec un nœud très reculé et d'une surface égale environ à un quart des précédentes.

Dix, plus rarement neuf, squames au-dessus de la ligne latérale, et six, plus rarement sept, au-dessous, jusqu'aux ventrales.

Ligne latérale à peu près comme chez l'espèce précédente, bien que parfois un pc^u plus haute. Les squames moyennes un peu plus carrées que leurs voisines supérieures, avec un tubule relativement étroit parcourant environ la moitié de Taxe longitudinal et demeurant à peu près également distant des deux bonis. 57 à 62 squames tubulées sur cette ligne.

Coloration rappelant assez celle de l'espèce précédente : les faces supérieures d'un gris jaun&tre, ou d'un olivâtre doré, ou d'un ardoisé-verdfttre tournant facilement au bleuâtre dans l'alcool; les flancs d'un argenté jaunâtre et couverts dans le

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haut d'un léger pointillé noirâtre, les faces inférieures d'un blanc mat ou légèrement jaunâtres. Une large bande grisâtre, plus ou moins apparente, parfois à peine perceptible, sur les côtés entre le dos et la ligne latérale. Dorsale et caudale grisâtres ou d'un verdâtre pâle, la dernière parfois un peu lavée de brun jaunâtre. Anale, ventrales et pectorales d'un jaunâtre pâle, parfois légèrement mâchurées. Iris argenté doré.

Dimensions : les quatre individus que j'ai étudiés de ce Chondrostome du Rhône, variaient entre 162 et 173 millimètres de longueur totale ; deux d'entre eux, les plus grands, introduits dans l'aquarium de M. Covelle, n'ont pas sensiblement grandi, pendant deux ans qu'ils ont vécu. Bien que la captivité ait pu ralentir leur développement, ceux-ci étaient, à leur mort, âgés alors de cinq ans au moins, à la livrée près, en tout semblables aux deux sujets que j'avais examinés très vite après leur capture dans les environs de Lyon. Selon les pêcheurs du Rhône, ce poisson, qu'ils nomment Soafe, atteindrait à des proportions un peu supérieures à celles que j'ai constatées ici. Quoique Blanchard ne parle pas des dimensions de son espèce, reconnaissant avec cet auteur bien des rapports de formes entre celle-ci et le Ch. Genei, et constatant chez mes sujets tous les traits distinctifs de poissons adultes, je suppose cependant que le Ch. rhodanensis doit, comme ce dernier, rester dans des proportions toujours très inférieures à celles du Nase ; il ne dépasserait guère 25""* de longueur totale, avec un poids de 7% ^ V* de livre, selon quelques pêcheurs.

Mâles ornés, au moment des amours, de petits tubercules sur les faces supérieures.

Péritoine noir. De petites pseudobranchies pectiniformes derrière le quatrième sous-orbitaire.

Le Chondrostome de petite taille et de provenance du Rhône que je crois devoir rapporter au Ch, rhodaneusis de Blanchard diffère complètement du Cli. Nasus par plusieurs caractères tirés des formes générales, du développement de l'occipital, des pharjngiens, des dents, de la bouche, du maxillaire, des sousorbitaires, des écailles et des nageoires ; et Ton ne peut pas arguer de la taille plus réduite, pour attribuer ces dissemblances à une question d'âge, car, outre que ces premières différences

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se reconnaissent déjà chez le Nase même très jeune encore, il importe de constater que les rapports de proportions que soutiennent avec Tœil les espaces préorbitaires et interorbitaires, chez des sujets de même taille, indiquent ici un âge beaucoup plus avancé, voire même des individus parfaitement adultes.

Mais si la confusion avec le Ch. Nasm n'est pas possible, il peut paraître, au premier abord, plus difticile de distinguer toujours le Ch. rhodantmsîs de Blanchard, du Ch. Oenei de Bonaparte, avec lequel il a extérieurement bien des points de ressemblance, notamment dans les formes générales et la livrée. De Siebold * et Gtlnther *, en attribuant au Rhône le Ch. de Gêné, semblent en particulier avoir méconnu les caractères qui peuvent permettre de séparer spécifiquement le premier du second.

Blanchard n'a relevé de différences entre ces deux espèces que dans le nombre et la forme des dents. Une comparaison plus attentive m'a fait constater, chez des sujets de même taille, d'autres dissemblances assez importantes sur plusieurs points : dans les rapports de Tœil et de la tête, dans les proportions un peu plus fortes du nez et de l'espace préorbitaire ; dans la courbure bien plus accentuée des os pharyngiens, ainsi que dans les formes plus arrondies de l'aile et moins recourbées de la corne supérieure de ceux-ci ; dans la position de la dorsale ; enfin, dans la forme plus élevée et les dimensions plus réduites des écailles.

Malgré les rapports extérieurs qu'il présente, ainsi que l'espèce précédente, avec le Blageon Sq. Agassizii et le Rysela, bâtard de celui-ci et du Nase, particulièrement dans ses formes élancées et sa bande grise latérale, le Ch. du Rhône offre cependant assez de caractères propres importants pour n'être pas aisément confondu avec ces deux poissons.

Les Chondrostomes que je rapporte au Ch. rhodanensis ne différaient guère entre eux que par la coloration des faces dorsales, plus verdfttre ou jaunâtre chez les uns, plus ardoisée chez les autres. Je ne crois du reste pas devoir attacher une grande

' SQsswasserfische, p. 232.

• Catal. of Fishes, VU, p. 274.

importance à une petite dissemblance dans la livrée qui peut tenir aux époques de capture et à des conditions de milieu un peu différentes.

Au temps des amours, ce petit Chondrostome, que les pécheurs connaissent sous le nom de Soafe, remonte en rangs serrés le courant du Rhône et vient, paratt-il, en assez grande quantité jusque près de la perte de ce fleuve, dans les environs de Bellegarde. L'auteur des Poissons des eaux douces de la France parle du Rhône à Lyon et à Avignon et des rivières Ouvèze et Durante, tributaires de ce fleuve ^ ; mais il est probable que cette espèce arriverait aussi jusqu'au Léman, si elle n'était, comme tant d'autres, arrêtée par la perte du Rhône, non loin de nous.

> Ayant passé, pendant l'Impression de ces pages, à Arc et Senans prH de Dole, en France, et ayant en l'occasion d'y voir bon nombre des poissons qui, dans la Looe (tributaire du Rhône par le Doubs et la Saône^, portent le nom de Siffes et de Soffts^ je ne ?eux pas négliger de constata ici que ces Chondrostomes, dont plusieurs répondaient exactement à la description du Ch, rhodanemis par Blanchard, vivent volontiers et aost généralement confondus, soit avec des jeunes de même taille do Ck. Natm^ soit a?ec des bâtards divers dn Nase, qui ne paraissent pas rares dans la localité. Bien qu'il ne m'ait pas été possible de faire sur les lienx un ezsmcn comparatif bien approfondi de ces poissons, j'ai cependant pa extraire rapidement quelques paires de pharyngiens, qui me portent à croire que les deux Chondrostomes Nasus et rhodaiitnm doirent prodirire, dans certaines circonstances, des formes mixtes variées soseeplible* d'amener une grande confusion dans la distinction spéctfiqoe de leors espèces mères. En effet, les petits Chondrostomes de 170 à 250"* qQ# j'ai TUS là, quoique tous d'un olivâtre doré en dessus, jaonâtrss snr U% flancs et blancs en dessous, quelques-uns avec une légère Indication à^ bande latérale, portaient cependant des dents en nombres variabici et plus ou moins effilées, avec une corne supérieure des pharyngiens, plus on moins inclinée, tsntAt bien élargie à l'extrémité, tant4>t simpleamn retroussée, ou encore de forme intermédiaire. Il me parait donc probable qu'il y avait là, parmi ces poissons pris tous ensemble, des représentante d'espèces voisines confondues avec des produits hybrides et voyageant d<» concert, pour aller frayer c6te à côte dans les mêmes eanx mortes qni bonlent la rivière eu question*

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DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE DES POISSONS EN SUISSE. — Part. I. "^s

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