‹ Faune entomologique des environs de ParisChapitre 35 sur 457 · COLÉOPTÈRES, 153 CINQUIÈME ORDRE · texte numérisé non relu

COLÉOPTÈRES, 153 CINQUIÈME ORDRE

COLÉOPTÈRES

ELEUDUERATA, Fab.

Cet ordre, l’un des plus nombreux enespèces et le mieux connu de tous, se compose d'insectes faciles à reconnaitre et quine peuvent être confondus avec ceux appartenant à des ordres différents. Il n’en est aucun de ces derniers quiréunisse comme eux le double caractère d’avoir des élytres plus ou moins dures ou coriaces sous lesquelles les ailes inférieures sont pliées transversalement, et des mâchoires dont le lobe supérieurn’est pasconverti en galète. Cesont desinsecteséminemmentbroyeurs, dont la bouche se compose detoutes les parties que nous avons énumérées dans l’introduction, c’est-à-dire d’un labre, de deux mandibules, de deux mâchoires, d’une lèvre, et de quatre ou six palpes. Toules ces pièces sont libreset ne se soudent jamaïs les unes ayec les autres. La tête, de grandeur variable et constamment pourvue de deux yeux composés et de deux antennes, est ordinairement reçue dans l'ouverture antérieure du brothorax; il n’en est qu'un assez petit nombre chez qui cette réceptionne peut avoir lieu, la tête étant comme suspendue au thorax par une sorte de ligament ou séparée de lui Par un cou plus ou moins étroit. Le prothorax est tou- Jours libre, jouit d’un mouvement propre, et porte, comme de coutume, en dessous, les paltes antérieures. Le mésothorax et le métathorax , portant les deux autres paires de pattes en dessous et lesailes en dessus; sontsoudésensemble, unis par leur diamètre entier à l'abdomen, et le premier présente presque toujours, à sa partie antérieure, un rélrécissement imitant une sorte de pivot qui entre dans l'ouverture postérieure du prothorax. L'abdomen, de

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forme variable, mais le plus souvent oblong, ovalaire ou cylindrique, est en général dépourvu d’appendices extérieurs, sauf dans les femelles de quelques espèces chez qui il se termine par une tarière destinée à percer les substances dans lesquelles doivent être déposés les œufs; sa parlie supérieure esttoujours membraneusé lorsqu'elle est recouverte par les élytres, et devient solide comme le reste destéguments , lorsqu’elle est à découvert. Le nombre des segments dont il se compose varie de six à sept, et les premiers sont quelquefois réduits en dessus à de simples demisegments. Lesélytres au repos s'appliquent l’une contre l’autre sur une ligne droite; les exceptions à cet égard sont très-rares; elles n’avortent jamais, bien qu’elles soient quelquefois très-courtes, si ce n’est chez un petit nombre de femelles qui perdent en même temps l'apparence propre à l’ordre. I n’en est pas de même des ailes inférieures, qui avortent assez souvent, tantôt d’une manière constante dans certains groupes, tantôt accidentellement chez certains individus. Les pattes, composées de cinqpièces, présentent de grandes variations de formes, suivant les habitudes de l’espèce, surtout dans leurs tarses, dont les articles, étant sujets às’atrophier ou à devenir excessivement petits, varient en nombre, même chez des espèces présentant de l’analogie sous tous les autres rapports. On s’est servi de ce nombre des articles pour diviser les coléoptères en plusieurs sections qui classent assez bien certaines familles, mais qui brisent pour d’autres les rapports naturels. Des exceptions plus ou moins nombreuses existent en conséquence dans chacuné de ces sections; nous les avons néanmoins adoptées après d’inutiles tentatives pour arriver à une division plus rationnelle,

Tous les coléoptères sans exception subissent une métamorphose complète. Leurs larves sont, en conséquence, très-différentes des insectes parfaits, mais comme elles présentent de grandes variations entre elles suivant les familles, il est dificile de leur assigner un caractère général qui les distingue au premier coup d'œil de celles des autres ordres, surtout de celui des hyménoptères avec les-

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quels elles ont beaucoup de ressemblance, Elles offfent, en général, un corps composé de treize segments, y compris la tête; celle-ci est écailleuse et munie de pièces analogues à celles qu’elle porte dans linsecte parfait, mais moins développées, Les antennes, quand elles existent, sont courtes, n’ayant guère plus de trois ou quatre articles, et quelquefoisrétractiles. Les yeux, qui manquentassezsouvent, au liew d’être composés comme ceux de l’insecte parfait, sont simples et quelquefois au-delà de deux, Il est probable qu'ils ne servent qu’à une vision très-imparfaite, Les parties de la bouche sont les mêmes que dans le dernier état, mais moins développées, à l'exception des mandibules, qui sont toujours d’une forme et d’une dureté appropriées aux substances dont la larve se nourrit. Ces substances ne sont pas toujours les mêmes que celles dont l'animal fera usage dans son dernier état; la larve étant quelquefois créophage , tandis que l’insecte parfait est phytophage et vice versd. Les autres segments du corps sont en général mous; dans quelques familles cependant, un plus ou moins grand nombre d’entre eux sont cornés en dessus et paraissent recouverts de plaques écailleuses. Dans d'autres, ils offrent des appendices soit mous, soît également cornés. Les trois premiers segments qui correspondent au thorax delinsecte parfait, portent le plus souvent, en dessous, six pattes écailleuses, courtes, terminées par de petits crochets dans quelques espèces; elles sont en général très-petites, et la locomotion est par conséquent imparfaite, /

C'est parmi les coléoptères qu’on observe les insectes dont l'existence est la plus longue sousforme de larves. Ilen estqui restent plusieurs années dans cet état, d’autres n’y passent guère que le cours de la belle saison, Le plus grand ombre de leurs larves se transforment en nymphe dans le lieu où elles ont vécu , et ne prennent aucunes précautions Pour la durée de ce nouvel état. Mais quelques-unes construisent une coque de soie ou de matière gommeuse dans laquelle elles s’enferment. Leur industrie, à cet égard, est du reste loin d’égaler celle des autres insectes, sur-

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tout des lépidoptères, A l’état parfait, les coléoptères n’offrent également aueune de ces particularités de mœurs si remarquables chez les hyménoptères. Bien que les individus de certaines espèces paraissent aimer à se réunir en grand nombre, on n’observe parmi eux point de société proprement dite, ni d'industrie s’exerçant au profit de la communauté tout entière; chaque individu vit pour son compte, sans autre rapport avecses semblables que le rapprochement nécessaire entre les sexes pour la propagation de l’espèce, Ces insectes sont, du reste; répandus partout, dans le sein des eaux, à la surface du sol, sur les plantes, dans l’intérieur des végétaux en décomposition, les cadavres, etc. Les uns font la chasse aux autres insectes et les dévorent , d’autres ne viventque de matières animales désséchées ou en décomposition; mais le plus grand nombre se nourrissent de matières végétales vivantes ou décomposées. Nous indiquerons avec soin les habitudes de chaque espèce à cet égard.

Get ordre se divise en quatre sections d’après le nom-

bre des articles des tarses : .

Cinq articles à tous les tarses. 1 Pentamères. Cinq articles aux quatre tarses antérieurs, quatre aux postérieurs. 2 Hétéroméères. Quatre articles à tous les tarses, 3 Tétramères. Trois articles à tous les tarses. & Trimères,

$ PREMIÈRE SECTION. — PENTAMERES,

Les coléoptères de cette section sont les plus nombreux de tous et n’ont entre eux d'autre caractère commun que le nombre des articles de leurs tarses qui souffre cependant quelques exceptions. Ils se divisenten plusieurs familles, dont les unes, très-naturelles, se composent d'espèces carnassières, et les autres plus où moins artificielles sont mé

COLÉOPTÈRES. 197 langées d'espèces créophages, saprophagesetthalérophages. — Ces familles sont les suivantes :

A. Six palres

Joutes les pattes uniquement propres à la course. À Carabiques.

Les pattes en partie hatatoires. 2 Hydrocanthares.

D. Qualre palpes.

Antennes filifonmes ou légère.

ment en maissue, le plus souvent moniliformess élytres beaucoup plus courtes que l'abdomen dans le plus grand ombre, wt ne le recouvrant jamais entièrement daus

lesuutres. 3 Brachélytres.

Antennes Gliformes, en scie ou pectinées; tête engagée.dans le prothorax jusqu'anx yeux ; prostérnum prolongé postérieurement et reçu dansune échancrure du mésuslernum; {éguments solides, h Sternoxes.

Antennes filiformes, en seje ou pectindes ; tête engagée dans le pro- Uiorax jusqu'aux yeux: prosternum non prolongé postérieurement; té.

gumeñts mous, 5 Malacodermes.

Antennes tantôt filiformes, sim:

ples où en scie, où peclinées, tantôt terminées où massue simple où tu soie; tête engagée presque tou- Jours en grande partie dans le prothorax; proslernum nou prolongé postérieurement : corps ordinairement plus où moins cylindrique; téguments solides. G Térédyles.

Abtennes en massue perfoliée où solide, plus longues que les palpes mäxillaires, 7 Clavicornes.

Antennes en imassue perfolite, plus courtes que les palpes maxil laires, où de la même longueur au 8 Palpicornes. plus.

Antennes brisées, terminées en massue feuilletée ou pectinée. 9 Lamellicornes.

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