FAUNE
La classe des insectes, dans l’état présent des sciences naturelles, est loin d’embrasser tous les animaux auxquels on donne ce nom dans le langage ordinaire. 1] suit souvent au vulgaire gun animal soit de petite
taille pour recevoir cette dénomination; mais les naturalistes l'ont restreinte à de certains êtres qui présentent tous un ensemble de caractères qu’on ne rencontre dans aucun autre groupe d’êtres organisés.
Ces caractères, que nous allons faire connaître, sont empruntés aux organes qui servent aux insectes, comme à tous les autres animaux, à exécuter les fonctions dont dépend leur vie ainsi que la conservation de leur race, et ces fonctions elles-mêmes peuvent se classer dans trois grandes divisions d’une importancé à peu près égale,
Par les unes, relatives à l'individu, l’insecte entretient sa vie en,s’assimilant les substances hors de lui, propres à réparer les pertes que son corps éprouve sans cesse; lui seul profite de ces actes par lesquels 11 s'alimente et qui sont des actes de nutrition.
Cette vie, que l’insecte entretient ainsi, il ne l’a en quelque sorte qu’en dépôt et en doit compte à l'espèce à laquelle il appartient; il la transmet donc à des êtres semblables à lui, et l'acte par lequel s'opère cettetrans. mission est la génération.
Ces deux espèces d’actes constituent ce que les physiologistes désignent sous le nom collectif de vie sensitive ou végétative, parce qu’elles existent aussi bien chezles végétaux que chez les animaux.
La troisième sbrte d’actes est d’une nature plus expansive que ceux qui EN : par eux l’insecte se met en rapport avec les corps CEREARES qui l’en tourent, et son moi reçoit la conscience de l'existence de ces derniers ainsi que la connaissance de leurs propriétés. Ces actes constituent la vie sensitive ou de relation.
Ces trois sortes de fonctions ne sont pas aussi tranchées dans tous les animaux que nous venons de l’exposér brièvement; ilen est de placés au dernierrang de l'échelle zoologique, chez qui elles sont plus ou moins mélangées, plus où moins confuses et ets mais nous u’avons pas à nous occuper ici de ces êtres inlérieurs. Chez les insectes, qui sont l’objet de cet ou vrage, ces fonctions sont aussi distinctes et les organes au moyen desquels elles s'exécütent aussi bien définis quechez les animaux d’un rang plus élevé ; seulement ces organes arrivent au même but avec des formes différentes, etcesont précisément ces dernières qui font que les insectes diffèrent des animaux en questiôn.
Avant d'examiner les formes de ces organes, il est nécessaire de dire un mot de celle qui donne aux insectes leur apparence générale; cette forme extérieure nous donnera à elle seule une des principales différences qui existent entre eux et les animaux supérieurs ; nous trouverons ensuite dans celles de détails les différences qui les séparent d’autres animaux avec lesquels leur ressemblance extérieure a de grands rapports. Quand toutes ces formes nous seront connues, il nous sera pos-
GÉNÉRALITÉS, ’ UD sible de donner une définition rigoureuse des insectes, qui les séparera aussi nettement que possible des animaux des classes voisines.
Pour plus de méthodé, la génération, à laquelle se lie le-développement des insectes et qui, bien qu’appartenant à la vie végétativé; constitue un ordre de faits à part, sera examinée hors de sa place et en dernier lieu,
$ ler, De l'enveloppe extérieure, ou système tégumentaire des insectes et de leur forme gérérale.
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Dans tous les animaux supérieurs, C'est-à-dire les mammifères, lesoiseaux, les réptiles et les poissons, les organes sont groupés autour d’un squelette intérieur composé d’un grand nombre de pièces, squelette qui leur sert de point d'appui et surlequelontleurs attaches tous ceux qu servent au mouvement, La peau extérieure n’est plus qu’une lame uniformément répandue sur toutes les parties molles du corps, destinée à les protéger contre les causes extérieures, et à un petit nombre d’usages, tels que servir d’organe du tact, empêcher la trop prompte évaporation des fluides, ete. Les animaux des quatre classes ci-dessus ont reçu le nom de vertébrés, par opposition à tous les autres, qui sont privés de squelette intérieur et qui sont appelés en conséquence invertébrés.
Chez ceux-ci c’est la peau qui sert de point d'appui aux organes qu’elle recouvre, et elle a dû en conséquence changer de nature pour devenir apte à remplir lanouvelle destination qu’elle venait de recevoir ; aussi plus les mouvements que l'animal doit exécuter sont variés et étendus, plus ses tégumentsextérieurs présentent de solidité, Chez les insectes qui à cet égard ri- Yalisent avec les vertébrés, ils conslituent une enveloppe cornée d’une consistance parfois très-considérable, ainsi qu’on le remarque chez le cerf-volant et un, grand nombre d’autres espèces,
Av GÉNÉRA LITÉS.
Si ces téguments solides eussent été d’une seule pièce, l’insecte emprisonné dans une espèce d’étui rigide eût été dans limpossibilité de se mouvoir ; aussi, pour obvier à cet inconvénient, la nature les a-t-elle divisés transversalement en plusieurs parlies par des intervalles membraneuxqui leur permettent tous les genres de flexions nécessaires aux fénctions de l’animal. Il résulte de cette disposition particulière que le corps de celui-ci paraît composé d’anneaux ou segments d’un nombre variable en apparence, suivant les espèces ou mieux les groupes qui constituent les ordres , mais qui est probablement au fond le même dans toutes les espèces, celles qui offrent un moins grand nombre d’anneaux ne devant cette apparence qu’à ce que plusieurs de ces anneaux se sont soudés et confondus ensemble où ont disparu tout-à-fait.
Le nom d’insecte, donné aux animaux qui présentent cette conformation, l’exprime à lui seul, étant la traduction littérale du mot latin inseclum, dérivé par syncope d’intersectum, entrecoupé ; celui-ci, à son tour, est la traduction du mot entümon, qui, en grec, exprime la même idée, et qui, combiné avec le substantif logos, discours, a donné naissance au mot entomologie, ou science des insectes.
Chacun des anneaux en question n’est pas formé d’une seule pièce, mais de deux arceaux ou demi-segments, l’un supérieur ou dorsal, l’autre inférieur ou ventral, quelquefois soudés intimement ensemble et souvent réunis par leurs bords au moyen d’un espace membraneux ; à leur tour ces arceaux sont composés d’un certain nombre de petites pièces dont nous passerons le détail sous silence, leur connaissance n’étant pas indispensable à l'étude de la nomenclature, qui n’en a pas encore fait usage.
Quelques-uns de ces arceaux ont pour dépendances des appendices de forme variable dont les ee importants constituent les membres proprement dits; ces dérniers ont pour principale fonction de transporter
GÉNÉRALITÉS. v
l'insecte d’un lieu à un autre, soit à la surface du sol,
| soit à travers les airs, en d’autres termes, de servir à sa L L
locomotion. Gette dernière est de deux espèces suivant le milieu dans lequel elle s’exéeute : la locomotion terrestre et la locomotion aérienne. Certains autres appendices servent aussi accidentellement au même usage, mais la plupart ont d’autres fonctions que lobservation a fait plus ou moins bien connaître.
Telle est, d’après nos connaissances actuelles, la composition intime des téguments extérieurs des insectes, mais tous les anneaux n'ayant pas la même grandeur, les uns étant très-étroits ; les autres trèsdéveloppés, ceux-ci isolés, ceux-là réunis , le comps de ces animaux, lorsqu'on approfondit moins:sa structure , ne présente que trois divisions principales, qui sont la tête, le thorax et l'abdomen. -
Avant de les-décrire brièvement, ajoutons que la peau des insectes se compose, comme celle dés vertébrés, de plusieurs couches distinctes, mais que sa composition chimique ést différente. Elle est souvent recouverte de poils ou d’écailles de forme très-variable et quelquefois d’une efflorescence plus ou moins épaisse qui s’enlève au moindre ‘contact, mais qui se rentti ele promptement pendant la vie de l’animal. Son épaisseur lui permet aussi, dans une multitude d'espèces, d’être couverte de dessins en creux ou en reliefs, de protubérances, etc. Ainsi que les poils et les, écailles, ces accidents de sculpture fournissent de précieux caractères pour distinguer les espèces.
À. De la tête.
La tête des insectes est le siège des principaux sens, de ces animaux, de ceux du moins dont on connaît le mieux la nature. Comme chez les vertébrés, elle est située à la partie antérieure du corps et s'articule avec le thorax tantôt par son plus grand diamètre, tantôt
it
vi GÉNÉRALITÉS,
au moyen d’une espèce de cou. Son mouvement, sur ce dernier, est quelquefois assez considérable pour lui permettre de faire un tour entier sur elle-même sans compromettre la vie de l'animal, ainsi qu’on le voit dans la mouche de nos appartements.
L’analogie et d’autres considérations anatomiques autorisent à penser que la tête est formée d’anneaux comme le thorax et l'abdomen; mais.en réalité on n’y distingue qu’une seule pièce formant une sorte de boîte percée à sa lue antérieure d’une ouverture pour la réception des parties de la bouche et d’une autre à sa partie postérieure pour le passage des organes intérieurs dans le thorax. Çà et là, cependant, cette boîte présente ordinairement des traces de suture plus ou moins marquées qui indiquent qu’elle est composée de plusieurs pièces et qui ont servi à la diviser en un certain nombre de régions dont nous citerons les principales.
Parmi ces pièces, les unes sont situées à la face supérieure de la tête, les autres à sa face inférieure : les premières sont l’épistôme, le postépistôme et l'épicrâne; les secondes, la pièce basilaire et la pièce pré: basilaire.
Elle porte ensuite des pièces mobiles ou des appendices , qui sont les antennes et les parties de la bouche.
Outre ces pièces, la tête, dans toutes les espèces sans exception, porte sur les côtés, en général, deux corps convexes Fe sont les organes de la vision, ou les yeux. Dans d’autres espèces, ces yeux véritables sont accompagnés d’autres corps granuliformes plus petits, situés sur le sommet de fa tête, et qui servent également à la vision: ce sont les stemmates; lesuns et les autres sont des dépendances de l’épicrâne , dans lequel ils sont enchâssés; mais nous en parlerons en traitant du sens de la vision ; nous ne les mentionnons en ce moment que pour rendre plus intelligible ce qui suit.
L'épistôme est la pièce la plus antérieure de la tête
GÉNÉRALITÉS, vis
dessus, non compris les parties de la bouche; il rt de point d'attache à la lèvre supérieure ou le lae de celle-ci; en arrière il est séparé de la pièce ivante lorsqu'elle existe ; ou ordinairement de Pépie âne par une suture transversale située en yeux ; r les côtés il est enchâssé dans la portion de l’épiâne située en avant des yeux, et qui a reçu le nom e joues. L’épistôme est ordinairement assez petit, uoiqu'en général toujours visible. Quelquefois , omme dans les Copris, il prend un développement onsidérable et recouvre toutes les parties de ie bouhe. Nous citerons encore une de ses modifications s plus importantes qui a lieu chez les hannetons où forme en dessous un rebord vertical bien prononcé. n le reconnaîtra toujours san$ peine aux caractères ue nous venons d'indiquer. Il est désigné, dans la lupart des ouvrages d’entomologie, sous le nom de iaperon.
Le postépistôme n'existe ou n’est visible dusmoins ue chez un petit nombre d'insectes : c’est une pétite ièce située en arrière de l’épistôme, et qui le sépare e l’épicrâne. Elle est tantôt linéaire , tanlôt plus ou oinstriangulaire ; elle est surtout remarquable parsa randeur, qui surpasse celle de l’épistôme chezles Cisla, genre de l’ordre des coléoptères. | L'épicräne forme à lui seul la majeure partie de la te, dont il occupe les parties supérieures et latérales ; n avant il est borné par l'épistôme ou le postépiôme, lorsque celui-ci existe ; en arrière ils’étend jusu'au trou occipital; sur les côtés il se recoube en essous et va rejoindre les pièces de la face inférieure, Vec lesquelles il se soude ordinairement d’une maitre intime. On a divisé l’épicrâne en plusieurs réions qui ne sont ordinairement indiquées par autune ilure et par conséquent peu distinctes, mais qui peu: ent être utiles dans quelques cas pour simplifier les lescriptions; ainsi on a nommé-front la partie antéeure située entre les yeux, un peu en avant; verteæ
vi GÉNÉRALITÉS.
celle située entre les yeux, un peu en arrière; oca: put celle située toutà-fait en arrière, en dessus, sur les bords du trou occipital; joues celles placée sur les côtés en avant des yeux; enfin fempes cellu également placées sur les côtés, maïs en arrière de yeux. Ces deux dernières sont les seules qui soient pai res. Les noms ci-dessus ont été empruntés, comme on le voit, aux parties analogues ab tête des vertt. brés, avec lesquelles celles-ci n’ont du reste aucun: ressemblance.
La pièce basilaire occupe la partie inférieure et pos térieure de la tête : elle s’unit sur les côtés avec les tempes et en avant avec la pièce prébasilaire ; en ar rière elle forme la partie inférieure du trou occipital Cette pièce n’est bien visible que dans les insectes de l’ordre des coléoptères, des orthoptères et des hémiptères. C’est elle qui, dans le hanneton vulgaire et le cerf-volant, forme cette grande plaque luisante «t xougeâtre qu'on aperçoit à la base de la tête, en dessous.
La pièce prébasilaire, ainsi que son nom Pindique, est située en avant de la précédente : sur les côtis elle s’'unit avec les joues, et sa partie antérieure sert de point d'attache à cette portion de la lèvre inftrieure que l’on nomme le menton. Elle n’est bi distincte que dans un pe nombre d'espèces, appar tenant presque toutes à l’ordre des coléoptères, dans le hanneton et le cerf-volant entre autres.
Passons maintenant aux parties mobiles de la tète: ce sont, comme nous lavons dit, les antennes et les pièces de la bouche.
Tout lé monde connaît ces espèces de filets que les capricornes, les papillons, etc., portent sur la tête, ct que l’on désigne vulgairement sous le nom de cornes: ce sont les antennes. Elles sont toujours au-nombre dt deux dans tous les insectes sans exception, quoique dans un petit nombre elles soient très-petites el à peine visibles. Un animal articulé dépourvu d'a
nnes, par cela seul doit être rejeté de la classe des sectes.
Les antennes sont composées de petits articles plaés bout à bout, plus ou moins mobiles les uns sur les tres, et dont le nombre varie de un ou deux à eux cents et au-delà; mais on ne spécifie leur ombre dans la classification guegored ils ne déassent pas (rente ou quarante, ez les coléopres, Où Jon en fait le plus d'usage, ils SontAols marité des espècés, au nombre de dix à onze. La forme e ces organes est excessivement variable, même dans haque ordre d'insectes, et fournit de bons caractères ourdistinguerentre eux les groupes d’une importance condaire. Cependant on parvient plus ou moins aiément à les ramener à un type primitif dont nous alns donner uneïdée pour les coléoptères.
Dans cet ordre les antennes peuvent se diviser en ois parties d’après la disposition particulière qu'afctent certains de leurs articles : ces parlies sont le remier article, nommé auséi article basilaire ou scaus, la tige et la massue.
Le scapus, situé à la base de l’antenne, offre, en gétral, quelques particularités de longueur, grosseur u couleurqui le distinguent des articles suivants : il ’articule avec la tête au moyen d’un petit renflement lus où moins séparé de lui par un étranglement qui st reçu dans une cavité de cette dernière. Gette caité est nommée torulus par quelques entomologistes.
La tige est formée par les articles qui viennent à la uite du scapus; quelle que soit la forme de ces articles, uand ceux de l'extrémité de l'antenne ne se renflent as, la tige occupe tout le reste de l'antenne, qui ne résente alors que deux parties ou divisions.
La massue est formée par un renflement graduel ou ‘bit des articles terminaux de l'antenne; quelquelois lle envahit une grande partie de la tige, ailleurs elle
PHONE simplement par un ou deux des derniers arcles.
x GÉNÉRALITÉS,
Les antennes se divisent en deux grandes classes, d’après leur direction : les unes sont droîtes , c’est-àdire que leurs articles sont tout d’une venue et dirigis dense même plan; les autres sont dites brisées Lorsque la tige forme avec le scapus un angle plus ou moins prononcé. Les antennes qui sont dans ce dernier cas se terminent presque toutes par une massue,
Celles qui sont droites peuvent ensuite se classer dans trois divisions géntrales : les“unes sont de k même grosseur dans toute leur étendue, comme un fil, et sont, en conséquence, appelées filiformes ; les autres vont en diminuant graduellement de l& base au sommet comme un poil où une soie, et sont appelées sétiformes; enfin les dernièresse terminent par le ren. lement dontinous venons de parler : celles-ci sont dites antennes à massue. On peut toujours ramener ces organes à l’un de ces trois types primitifs, quoiqu'on ne puisse nier que dans beaucoup de cas ils tendent à se confondre l’un avec l’autre, Dans la partie terminologique, nous donnerons les termes par lesquels on désigne chaque forme particulière.
Ces organes sont des dépendances de l’épicräne et sont* toujours insérés sur lui, ordinairement sur le front, quelquefois sous un rebord des joues où en avant des yeux, de manière à être dalumdois entourés par ceux-ci en totalité ou en partie, mais presque jamais ils ne sont situés en arrière de ces derniers. Leurs usages sont encore inconnus, maisilest probable qu sont le siége de quelques sens, soit du tact, soit
e lodorat, ainsi que quelques auteurs l'ont avancé.
La bouche des insectes, comme celle des vertébrés, leur sert.d’appareil extérieur pour la nutrition, et otcupe toujours ainsi que chez ces derniers la partie an térieure de la tête, ordinairement un peu en dessous; seulement elle diffère essentiellement de celle des ver: tébrés en ce que les pièces qui la composent se melvent latéralement et non debas enhaut. Touslesinsectes en sont pourvus, à l'exception d’untrès-pelit nombre
GÉNÉRALITÉS. j x!
hez qui elle parait manquer out du moins qui n’en ffrent que des vestiges. Lorsqu'on l’examine dans ous les insectes en général, on s'aperçoit prompte-
ent qu’elle a été tee d’après deux types généaux qui correspondent aux deux manières dont es animaux prennent leur nourriture : les uns se nourissent d'aliments solides qui ont besoin d’être diviés et broyés , et leurs organes buccaux ont reçu une orme etune dureté appropriées à cet usage; les autres echerchent des aliments fluides qu'ils pompent, et hez eux les pièces en question ont été remplacées par un tube de forme variable, mais toujours trèsropre à remplir cette dernière fonction. De là deux livisions bien tranchées parmi les insectes : les broyeurs u dentés et les suceurs ou édentés, divisions qui iniquent nettement les deux manières dont ils s’alientent. Au premier coup-d'œil il ne paraît y avoir auun rapport entre des instruments aussi dissemblables uant à la forme et aux usages, mais, d’après une hyothèse ingénieuse due à M. Savigny, le second type e serait qu'une modification du premier, dont quelues parties se sont allongéesou soudées ensemble, ou nfin ont disparu tout-à-fait. Quoique cette hypothèse oit sujette à contestation sur plusieurs points, comme outes celles de ce genre, elle est;#jusqu’à présent, la “ probable de toutes, et nous la prendrons pour uide, ;
Les insectes broyeurs offrant dans leur organisation uccale le maximum du nombre de pièces dont se ompose la bouche de ces animaux, c’est par eux qu'il convient de commencer l'examen de cette parle; nous passerops ensuite successivement aux autres rdres à mesure qu'ils s’écartent davantage de ce type rimitif,
Les seuls insectes véritablement broyeurs sont les oléoptères, les dermaptères, les orthoptères, les dycloptères et les névroptères. Si l'on prend parmi les Premiers un des Carabus communs dans tous nos envi-
rons et connu sous le nom de vinaignier, parmi les se. conds une forficule ou perce-oreille, parmi les troisième une sauterelle, et enfin parmi les derniers une (ibellul ou demoiselle, et qu'on examine leur bouche ; on h trouvera composée des parties suivantes en allant dh haut en bas :
Une lèvre supérieure où labre ;
Une paire de mandibules ;
Une paire de mâchoires ;
Une lévre inférieure ou simplement lévre ;
Cette dernière et les mâchoires portent en out dés filaments articulés qui ont reçu le nom de palpusl
Le abreest une petite pièceimpaireopposée à la lèvre etaltachée à la partie antérieure de l’épistôme; il es! situé au-dessus des mandibules, quelquefois entre elle lorsqu'elles sont très-écartées, et sert, à ce que l'on suppose, à empêcher les aliments de s'échapper pen dant la mastication, quoique sa petitesse, dans quel ques espèces, rende cet usage douteux. Le labre sl susceplüble d’un léger mouvement d’arrière en avai et d’un très-faible de bas en haut, et vice versa. |l n'exige, du reste, aucun détail plus ample, sa pos! tion le faisant toujoursreconnailre sans peine.
Les mandibulesisont deux pièces placées horizontt lement en face l’une de l’autre et ordinairement plu ou moins recouvertes par le labre, ou par l’épistônt quand le labre est très-petit ou nul, Leur forme est «1 général plus où moins triangulaire ou plutôt trapt zoïde, et l’un des bords, ordinairement l’intérieur, forme une arête plus prononcée et plus trançhante qu’ les autres. Ces organes ne portent jamais de palpes ni, en général, d’appendices mobiles ; mais fréquenr ment ils sont pourvus intérieurement de dents que, d’après leur forme, quelques entomologistes divisenl en éncisives , canines et molaires, Les premières sul larges et en forme de coin recourbé; les secondes sonl coniques, souvent très-aiguës, el en général les pl
GÉNÉRALITÉS. x
longues de toutes; enfin , les dernières sont plus courtes que les précédentes, plus grosses et spécialement destinées à broyer les substances alimentaires; elles sont situées à la base des mandibules, souvent rugueuses et quelquefois accompagnées d’une brosse de poils raides et serrés dont l'usage est inconnu: On les rencontre principalement chez les espèces herbivores et lignivores, Les carnassières en sont toujours dépourvues. La dureté des mandibules est toujours en raison directe de celles des substances sur lesquelles elles doivent agir ; chez les espèces qui vivent de proie, elles sont déjà très-consistantes; plus solides encore chez celles qui rongent les parties dures des végétaux, et presque membraneuses chez celles qui vivent du suc ou du pollen des fleurs. Outre la mastication, elles servent à une foule d’autres usages aux insectes, comme à se défendre contre leurs ennemis, construire leurs habitations, ete.
Les mâchoires sont au nombre de deux comme les mandibules, placées sous ces dernières et se mouvant comme elles horizontalement. Elles s’en distinguent principalement en ce qu’elles sont moins dures et portent un palpe à leur partie extérieure. Leur forme est très-variable suivant les substances dont se nourrit l'insecte. Ghez les espèces phytophages (qui vivent de végétaux) elles ont ordinairement celle d’une lame aplatie, très-large à las base, et arquée à sa partie terminale, qui finit en pointe plus ou moins aiguë. Dans celles qui sont carnassières ou lignivores, elles prennent la forme d’un corps cylindracé, quelquefois linéaire, plus ou moins comprimé et erochu à son sommet. Entre ces deux types principaux, on trouve tous les passages intermédiaires. Quelque forme qu'affectent les mâchoires, on y distingue deux parties principales : la tige.et le lobe terminal.
La tige se compose de plusieurs pièces, au nombre de trois ou quatre et intimement soudées entre elles, quelquefois sans traces de cette union, Comme on s’en
sert peu dans la nomenclature, nous les passerons sous silence.
Le lobe terminal est situé à l’extrémité des mâchoires, comme l'indique son nom. C’est lui qui agit principalement sur les substances alimentaires pour achever leur trituration déja commencée par les mandibules. Il est tantôt entier, tantôt profondément divisé en deux parties. La division inférieure éprouve en général peu de modifications. La plus importante a lieu lorsqu'elle se termine par un petit crochet quelquefois mobile qui a reçu le nom d’onglet. La division supérieure altère, au contraire, assez souvent sa forme primitive. Chez les sauterelles et tous les autres orthoptères, elle se dilate et prend la forme d’une sorte de casque membraneux qui recouvre entièrement l’extrémité de la mâchoire sur laquelle il s'applique exactement : on lui donne alors le nom de galète. Dans tous les coléoptères carnassiers, il prend celle d’un filament articulé en tout semblable aux palpes ordinaires, et qui en a reçu le nom. On l’appelle palpe maæillaire interne, et l’on dit des insectes chez qui il existe, qu'ils ont six palpes au lieu de quatre comme tous les autres insectes. Ce palpe additionnel] n’a, du reste, jamais plus de deux articles.
Les mâchoires sont ordinairement armées de dents aiguës analogues aux canines des mandibules ; ailleurs d’épines ou %e soies raides qui sont tantôt sur un seul, tantôt sur un double ou même un triple rang. Un duvet tomenteux ou des brosses de poils remplacent, dans d’autres espèces, ces appendices. Tous servent plus ou moins à faciliter la trituration des aliments.
Enfin, au-dessous de toutes ces parties se trouve la lèvre, qui est une pièce impaire comme le labre , empêchant également la sortie des aliments, mais coopé rant en outre d’une manière directe à leur déglutition. Elle se compose de deux pièces : le menton et la languette.
Le menton, qu'on appelle aussi quelquefois la gara-
che, est une plaque de grandeur et de consistance variables, située en avant de la pièce prébasilaire, dont elle paraît n'être qu’une suite dans beaucoup d’espèces. Chez d’autres elle en est séparée par une suture bien distincte, et quelquefois, mais très-rarement, elle est susceptible d’un faible mouvement propre. Sa dureté égale souvent celle des autres téguments; ailleurs elle est plus ou moins membraneuse, Le bord antérieur du menton offre de nombreuses différences qui fournissent de bons caractères génériques. Il est tantôt entier, tantôt plus ou moins échancré ; le fond de cette échancrure est simple où muni d’une dent qui, à son tour, peut être simple ou bifide; ailleurs il est en triangle allongé, terminé par une pointe mousse, etc.
La languette est une lame cartilagineuse ou membraneuse placée intérieurement au-devant du menton, et qui lui adhère si intimement par une partie de sa face inférieure, qu’elle paraît n’en être que le prolongement ; par la face supérieure de sa base, elle s’unit souvent au palais ou voûte supérieure de la bouche. Fréquemment aussi elle est plissée-dans sa longueur ou repliée transversalement en dessus ou en dessous, de sorte que, pour étudier sa structure, il faut préalablement l’étendre et la développer avec soin. Celle des orthoptères et des névroptères du genre des libellules où demoiselles, s'éloigne un peu de la forme que nous venons de décrire; au lieu d’être une lame cartilagineuse, elle constitue une petite masse charnue d’une consistance assez molle, et serapproche ainsi de la langue des animaux vertébrés, à laquelle on l’a quelquefois comparée. Dans un grand nombre d’espèces, cet organe important est entièrement recouvert et caché par le menton ; chez les autres, et notamment chez les cerfs-volants , il est au contraire plus ou moins saillant au dehors.
La forme de la languette est assez variable : tantôt elle est entière, tantôt échancrée à son sommet ou biflde et même trifide; son extrémité est, ou sembla-
ble au reste de sa substance, ou plus coriace et armée de quelques petites dents; elle est glabre ou garnie de poils qui lui donnent l'apparence d’un pinceau. Enfin, dans beaucoup d’espèces, surtout celles qui sont carnassières, elle porte à sa base, un de chaque côté, deux appendices membraneux comme elle, divergents et garnis de poils qui ont ste d’oreillettes ou de petits pinceaux aplatis. On les nomme paraglosses.
La languette se distingue encore des autres parties de la bouche en ce qu’elle est munie de chaque côté, comme les mâchoires, d’un palpe situé un peu audessous du point où a lieu son adhérence avec le menton,
Les palpes sont de petits filaments articulés, mobiles, faisant plus ou moins saillie hors de la bouche et propres aux mâchoires et à la lèvre ; on les distingue, en conséquence , en palpes maæillaires et. palpes labiaux. Quand les mâchoires ont quatre palpes, ainsi que nous l'avons dit plus haut, on appelle palpes maæillaires externes les véritables palpes maxillaires dont nous parlons en ce moment. On se rappelle que les patpes maæillaires internes sont formés par le lobe supérieur des mâchoires, qui a subi une modification partieulière. Le nombre des articles des palpes varie de deux à quatre. Dans un très-petit nombre desgas, les maxillaires semblent disparaître et sont remplacés par une petite épine. La grandeur relative de ces articles et surtout la forme du dernier, qui est le plus variable de tous, fournissent de bons caractères génériques. Les fonctions mécaniques deces organes pendant l'acte de la maslication paraissent être de maintenir en place les substances soumises à l’action des mandibules, On les voit en eflet les retourner dans tous les sens, les manier, les palper en quelque sorte, d’où leur vient le nom qu'ils ont requ ; leur dernier article, qui est légèrement concave à son sommet et revêtu d’une membrane papilleuse, leur permet de s'appliquer exactemenbtsanx
GÉNÉRAUITÉS. XVI
aliments, et les rend très-propres à l’usage que nous venons d'indiquer.
Telles sont les parties dont se compose la bouche des insectes broyeurs, Modifiées de différentes maniëres, elles se convertissent en un instrument propre à pomper les substances liquides chez les insectes suceurs; mais ces modifications n’ont pas lieu d’une manière subite. Il existe un ordre d'insectes qui fait le passage des broyeurs aux suceurs, sa bouche étant organisée à la fois pour diviser des substances solides et pure celles qui sont fluides. Cet ordre est celui des iyménoptères.
Si lon examine la bouche d’une abeille, qui en fait partie, On y retrouvera sans peine le labre et les mandibules, qui ne diffèrent en rien d’essentiel des mêmes pièces chez les insectes broyeurs; mais au-dessous de ces dernières, au lieu de mâchoires et de lèvre, on remarque un corps allongé en forme de trompe et composé de trois parties, que l’on peut séparer, avec un peu d'adresse, au moyen d’une aiguille. Cette trompe est formée par les mâchoires et la lèvre, qui toutes trois se sont excessivement allongées. Les premières ont pris une forme tubulaire et engaînent la seconde; de sorte que ces parties réunies en faisceau forment une sorte de tube qui sert de conduit aux aliments toujours liquides que prend l'animal. La languette porte deux palpes assez grands, qui sont les palpes abiaux, et on en retrouve deux autres trèspelits à la base du tube, qui sont les palpes maxillaires.
Gette sorte de trompe, qui est mobile à la base et flexible dans le reste de son étendue sans jamais s’enrouler, à reçu le nom de promuscis.
Passons maintenant aux lépidoptères ou papillons. Hnesv personne qui ne connaisse le corps long et délié, roulé sur lui-même au repos, au moyen duquel ces insectes pompent leur noûrriture dans le sein des fleurs, Ce corps se compose de deux filets amincis de la base au sommet, ereusés en gouttière à leur partie
interne, convexes extérieurement, et s’engrenant l'an dans l’autre par les dentelures de leurs bords. Lorsqu’on coupe transversalement ce tube, on voit qu'il présente dans son intérieur trois canaux dont celui du milieu est circulaire et les deux latéraux demi-lunaires. Le premier, suivant Latreïlle, sert seul de conduit aux sucs nulritifs; à la base de cette trompe, on aperçoit deux palpes très-grands, recourbés, presque toujours comprimés, connivents et garnis de poils ou d’écailles, Dans un appareil aussi éloigné, en apparence, de la bouche des insectes broyeurs, on retrouve cependant les mêmes parties que dans cette dernière. La trompe dont nous venons de parler est formée par les mâchoires, qui se sont allongées comme chez les RAR res; à sa base on retrouve les rudiments des palpes maxillaires; en dessus on découvre également un vestige du labre et des mandibules, et en dessous un autre de la lèvre qui supporte les palpes dont il a été question plus haut, et qui sont parconséquent les palpes labiaux; mais toutes ces pièces rudimentaires sont excessivement réduites et visibles seulement à l’aide d’une dissection très-délicate et du microscope. Cette sorte de bouche s'appelle spiritrompe.
Dans les punaises, les cigales, et autres insectes de l’ordre des hémiptères, on observe un appareil buccal très-différent des précédents : il se compose d’une gaîne coriace tri ou quadri-articulée, renfermant dans une goutlière ou sillon de sa face supérieure trois ou quatre soies qui, par leur réunion, forment ce que l’on appelle un suçoir, Suivant M. Savigny, cette gaîne représente la lèvre, etles soies du suçoir, les mandibules et les mâchoires; à la base de la première est enchässée une pièce conique très-allongte qui , suivant le même anatomiste, serait le labre; les palpes maxillaires et labiaux ont disparu complétement. Cette sorte de bec, qui est plus où moins robuste, mais toujours très-propre à percer la peau des animaux ou l’enveloppe des végétaux, a reçu le nom de rostre,
La bouche des insectes du genre puce, qui à lui seul ompose l’ordre des siphonaptères, ressemblerait beauoup à celle des hémiptères si la gaîne qui la constitue esé divisait en deux valves triangulaires et compriées qui forment, par leur réunion, une sorte de bec égèrement recourbé. Ges valves sont les analogues es mandibules ou plutôt de véritables mandibules parcilles à celles des insectes broyeurs. On observeen desous deux soies qui sont les mâchoïires, ainsi que l'indiuent deux palpes quadriarticulés qu’elles supportent, + qui sont les palpes maxillaires. Une troisième pièce rès-petite et sétiforme, placée au centre des deux rrécédentes, représente la languette. Il ne manque que le labre et les palpes labiaux , dont on ne trouve aucun vestige. On a donné à cette espèce de bouche le nom de rostelle.
Chez les diptères, c’est-à-dire la mouche, les cousins, etc. la Eohe subit une nouvelle modification; elle sè compose encore, comme chez les hémiptères, d’une gaine et d’un suçoir formé d’un nombre variable de soies, La première est articulée, tantôt courte, molle et rétractile, tantôt assez longue, presque cornée, conique ou enfin très-allongée et très-grêle, mais presque toujours terminée par deux lèvres qui ont la même consistance que le reste de son étendue ; à sa base, ou un peu au-delà, elle porte deux palpes qui représentent les pa pes labiaux. Le nombre des soies du suçoir est de dei D atre ou six. Dans le premier cas l’un représente; | bbatreille, le labre, l’autre la languette; dan analogues des mâ les deux derni
“enfin quand il y en a six, tentles mandibules. Quel- S dent souvent entre elles sur une partie de eur longueur Ën adoptant les idées de Latreille. il ne manqueräit dans cette sorte de bouche que les palges maxillaires , et occasionellement les mandibuléS et les mâchoires. Gette organisation Ja distingue nettement de celle des hémiptères,
qui est toujours privée de palpes. Elle est désignée sous le nom de trompe.
Enfin, dans l’ordre des parasites , les pous offrent exemple d’une autre modification. On ne distingue dans leur bouche qu'un petit siphon formé de deux pièces , l’une servant de support et ayant là forme d’un tubercule étranglé dans son milieu; l’autre, très-courte , tubiforme et armée de crochets destinés sans doute à fixer l’animal au corps dontil'extrait sa nourriture. Tout cet appareil rentre au besoin dans l'intérieur de la tête. On l’a nommé siphoncule.
Ces exemples suffiront pour donner une idée générale de la composition des organes buccaux parmi les insectes, Nous avons voulu seulement indiquer les principes à l’aide desquels on peut se rendre compte des anomalies apparentes qu'ils offrent dans les différents ordres. Un appareil propre à broyer, légèrement modifié chez les hyménoptèéres; un second. propre à pomper les substances liquides, tantôt pourvu, tantôt dépourvu d’un suçoir ; tels sont, en définitive, les deux types d’après lesquels la bouche a été construite dans toute la série entomologique.
B. Du Thoraæ.
Gette seconde division principale du corps desinsectes, située entre la tête et lab don en, est le siége principal des organes de la locomotion, et dans tous les insectes, sans exception, porté Lrois paires de pattes en dessous; dans un grand nombre autres , qualre ailes en dessus, et enfin, dans quelques-unsséulément, deux ailes; une très-faiblé portion € cés animaux sont seuls dépourvus de ces derniers organes. ,
Le thorax constitue ce que l’on appelle vulgairement de corselet, maïs ce dernier mot étant devenu sujet à objections, par l'usage i propre qu'on en à fait, nous avons renoncé à l'eniployel dans cet ou-
rage. Tantôt, en effet, on désigne sous ce nom, chez es coléoptères, dermaptères, hémiptères, orthopes, etc., l'anneau qui suit la tête et porte une paire de altes en dessous, sans jamais être muni d'ailes en essus, et l’on passe sous silence la partie qui vient à la uite de cet anneau, et qui offre deux paires de pattes en dessous, et une ou.deux paires d'ailes en dessus ; antôt chez les névroptères, hyménoptères, lépidopères et diptères, on applique ce terme à la partie enière qui se trouve entre la tête et l'abdomen, et qui porte tous les organes locomoteurs désignés plus haut ; le sorte que dans le premier cas par corselet on enend seulement une portion du thorax, et dans le seond le thorax tout entier. Cette confusion ne cessera ue lorsque la nomenclature suivante sera passée dans e langage entomologique.
La forme annulaire, peu distincte 1 la‘ tête, se rononce davantage dans le thorax. Hlse compose en effet de trois anneaux distincts, formés chacun par le
îmeé nombre de pièces; le premier portant une aire de pattes et con famment dépourvu d'ailes, et es deux autres chactinune pai des premicrs.organes l'une paire des seéon s lés insectes ailés. Le remier anneau à reçu | de prothoraæ , le seond de mésothoraæ et le dernier celui de métathora.
Le prothorax peut être séparé plus ou moins comlétement du mésothorax et du métathiürax, qui sont oujours soudés ensemble par leurs bords, et ces deriers plus ou moins unis à l’abdomen; mais la préence des pattes est un caractère Suffisant botte reconnaître au premier coup-d’œil chaque anneau en arliculier, et par suite le thorax tout entier.
L'arceau supérieur de chaque anneau a reçu le nom € tergum ou dos, l'inférieur, celui de poitrine ; Mes parties latérales de celui-ci, remontant assez haut et ormant les côtéstde l'anneau, constituent les flancs ; à base de la poitrine, qui sert de support A ces derniers, st le sternum. "he
PT PP NP TRS D CCS UC OT OST © TE + ee ” .
Chacune de ces pièces se subdivise en plusieurs autres, qui sont toujours intimement soudées ensemble, mais qu'on reconnaît facilement lorsqu'il existe des races de celte union ou des sutures plus ou moins apparentés. Quand celles-ci n'existent pas, ce n'est
ue par analogie qu’on peut arriver à la détermination
e chacune d’élles. La grandeur relative de ces pièces varie d’ailleurs fréquemment, selon les genres et même les espèces. L'une d’elles ne peut s’accroître sans que les pièces voisines ne diminuent d'autant, et souvent quelques-unes d'elles disparaissent tout -àfait. Il n’existe même aucun insecte qui les réunisse toutes sans exception, Nous nous contenterons, en conséquence, de faire connaître les plus importantes dont on fait un usage fréquent dans les descriptions,
Dans l’arceau supérieur ou le tergum, nous n’aurons à mentionner que l’écusson, pièce ordinairement triangulaire, qui s’avance plus ou moins entre les ailes supérieures à leur base, et qui n’est d’une grandeur remarquable que dans les insectes broyeurs et che les hémiptères paumi les suceurs; quelquefois il est irès-petit et caché dans l'intérieur du thorax ; et l'on dit alors que l'insecté est sans écusson, Toutes les foi qu'on mentionne cette pièce, c’est de l’écusson du mésothorax qu’on entend parler, Le prothorax en esl dépourvu, et, quant à celui du métathorax, quoique assez visible généralement, on n’en fait pas usage dans la nomenclature, étant ordinairement caché par lt ailes.
Ilssuffira également de bien reconnaître à Ja por trine sa partie inférieure, qui s'appelle , comme nos l'avons dit, le sternum, et qui offre des modifications importantes, surtout dans le prothorax, lorsqu'il est entièrement dégagé du mésothorax et libre. Le ster num de cet anneau thoracique s'allonge quelqueloi antérieurement en une pointe de fonme variable, en tière ou bilide, arrondie owaiguë , et postérieurement il offre de même une proëéminence analogue, qui tu
C2 GÉNÉRALITÉS. : XXL
tôt est reque dans une échancrure du mésothorax, tantôt s'appuie simplement sur la partie antérieure de ce dernier ; ailleurs cêtte proéminence est remplacée par une échancrure qui reçoit le sternum du mésothorax, lequel également offre des modifications analogues. Celui du métathorax est de même sujet à varier, mais d’une manière moins importante que les précédents.
Afin qu'on reconnaisse sur-le-champ duel des trois sternums du thorax nous entendrons parler, nous appellerons celui du prothorax prosternum ; celui du mésothorax, mesosternum ;"enfin celui du métathorax, melasterrum.
Dans tous les lépidoptères et la majeure partie des hyménoptères, on observe à la base des ailes supérieures, en dessus, deux espèces d’écailles, mobiles dans le premier de ces ordres, fixes dans le second, qui semblent brider les organes en quéstion; on les a nommées écaillettes ou ptéryzodes. Ge sont deux pièces dépendantes des flancs du mésothorax, qui sont ordinairement silutes sous les ailes et très-petites, mais qui par une modification singulière se sont développées extraordinairement et se sont placées sur ces organes, Dans beaucoup de lépidoptères, surtout ceux de la division des hétérocères ou nocturnes, les ptérygodes récouvrent presque entièrement le tergum hr mésothorax.
La poitrine de chaque segment thoracique ayant à supporter une paire de pattes, présente toujours deux cavités plus ou moins profondes dans lesquelles s’articulent ces organes. Le plus ou moins d’écartement de ces cavités détermine la largeur des sternums qui sont très-développés transversalement quand les pattes sont éloignées l’une de Pautre à leur naissance et vice versa,
Toutes les différences qu’on observe dans le thorax des insectes proviennent du plus ou moins de dévelop- Pement qu'a pris chaque anneau thoracique, du nom-
XXIW ; GÉNÉRALITÉS,
bre de pièces que chacun d’eux présente, et de h grandeur relative de chacune de ces pièces enparticulier. Si le prothorax a acquis ün développement extraordinaire, et s’est en quelque sorte séparé du mésothorax et du métathorax, on aura le thorax d’un coléoptère, d’un dermaptère , d’un orthoptère et d’un hémiptère, etc. Siau contraire le prothorax est réduit à des dimensions très-exiguës, ainsi que le métathorax, et ue lé mésothorax ait pris un accroissement énorme, onaura celui d’un hyménoptère, d'un lépidoptère, d'un diptère, etc. En effet, ce qui caractérise spécialement lethorax de ces derniers insectes, c’est l’éxtrème petitesse du prothorax, qui ne forme plus qu’un anneau élroit, intimement soudé aumésothorax, tandis qu'il est libre dans les ordres cités plus haut. Quelques auteurs appellent ce prothoïax ainsi réduit collier: