C. De l’Abdômen
L’abdomen, la troisième des divisions principales du corps des insectes, se distingue des déux préctdentes en ce qu’elle estlesiége des organes de la géntration, d’une grande partie de ceux de 1féhairathon et de la plupart des viscères, à quoi il faut ajouter h simplicité de composition de ses segments, qui, n'ayant point de membres { supporter, se sont éloignés lemoins possible de la forme annulaire.
De même ‘que dans le thorax, chacun de ces anneaux se compose de deux arceaux, l’un supérieur on dorsal ; autre inférieur ou ventral, réunis souvent entre eux par une bande membraneuse sur laquelle sont ordinairement situées les ouvertures respiratoires où stigmates. Dans beaucoup d'espèces, cette barde va en diminuant successivement de largeur de la base au sommet, de sorte que les deux derniers arceaux sont unis sans substance intermédiaire, Lorsque l'abdomen n'est pas recouvert par dés ailes, les parties supé-
GÉNÉRALITÉS, XXV rieure et inférieure ont la même consistance; dans le cas contraire, la première devient d'autant plus membraneuse qu'elle est plus recouverte, Toutes les différences de forme que présente la partie qui nous occupe , proviennent des variations que présentent dans leur grandeur relative les arceaux, les inférieurs pouvant s’accroîlre aux dépens des supérieurs , et réciproquement, Ainsi, dans la plupart des coléoptères et des hémiptères, ce sont les premiers qui sont de beaucoup les plus développés et qui, pu remontent jusque sur le dos. L’inverse a lieu chez les lépidoptères, où les mêmes arceaux forment sous l’abdomen une bande étroite, recouverte sur les bords par les arceaux supérieurs.
Le nombre des segments abdominaux est très-sujet à varier suivant les genres; mais au-delà et en deçà de neuf, qui est le nombre normal, il est probable que les segments surnuméraires se sont formés par la division en deux parties de quelques-uns des segments primitils ou que, par une modification inverse, leurnombre est diminué par la réunion intime de plusieurs d’entre eux, Il arrive aussi quelquefois, surtout chez les coléoptères, qu'en dessous le thorax envahit une partie de l'abdomen et refoule les anneaux à son extrémité, On compte alors un plus grand nombre d’arceaux à la face supérieure qu’à l’opposée. On conçoit facilement que ces derniers, gênés dans leur développement, n’ont pu exister, et queles premiers anneaux se trouvent alors réduits à de RE demi-segments.
L’abdomen s'articule avec le métathorax de deux manières, tantôt par son plus grand diamètre, comme dans les coléoptères, et il est dit alors sessile, tantôt Par un étranglement que forment ses premiers anneaux ou le premier seulement , ainsi qu’on le voit dans les lyménoptères et la plupart des diptères. Il est dit Alors péliolé ou pédonculé, Son extrémité postérieure SE loujours percée pour donner passage aux excréments et aux organes de la génération, qui aboutissent
ensemble dans une espèce de cloaque comme chez les oiseaux. Le dernier segment varie beaucoup pour la forme, mais le plus souvent chacun de ses arceaux ressemble à une valve. Gomme ils fournissent assez souvent de bons caractères spécifiques, on leur a donné pour plus de brièveté des noms distincts. Le supérieur a reçu celui de pygidium et l’inférieur celui d'hypopygium.
Le premier arceau ventral présente aussi quelques caractères dont nous aurons quelquefois occasion de faire usage, et qu'il est essentiel de connaître, Il est tantôt entier, tantôt divisé en deux ou profondément échancré à sa partie antérieure par la partie postévieure du thorax, mais presque dans tous les cas il présente une petite saillie qui a la plus grande salon avec les divers sternums du thorax, et qui, comme les proëéminences de ces derniers, prend diverses formes selon les espèces.
Dans le plus grand nombre de celles-ci l’abdomen n'offre aucun appendice extérieur; mais lorsqu'il en existe, ils sont presque toujours situés à son extrémité et affectent des formes très-variables. Tantôt ce sont des filets grêles et très-allongés, au nombre de deux ou de trois, tantôt deux où quatre stylets conris qui semblent sortir de louverture anale; ailleurs des espèces de ténailles très-longues ou de petits crochets Le font à peine saillie hors da corps, ou bien une sorte
e tube droit ou recourbé; enfin, üne espèce de fourche replite sous le corps pendant le repos. L'usage de ces appendices varie comme leur structure : ici ils constituent des instruments de préhensions là ils servent à percer là substance des végétaux ou des ani maux dans laquelle l’insecte dépose ses œufs; ailleurs, par leur moyen, l’animal exécute des sauts très-con sidérables; enfin, dans le plus grand nombre, leur usage est tout-a-fait inconnu. Ce n’est que dans l'ordre des thysanoures qu’on observe, outre des filets termr paux, des appendices situéssur les côtés et dépendants
des arceaux inférieurs, ainsi qu’on le verra lorsque nous traiterons de cet ordre. s
Les appendices dont nous venons de parler, ainsi que les antennes de la tête et même les organes de la bouche pourraient, à la rigueur, être considérés comme des membres du squelette.extérieur des insectes, puisqu'ils ne font pas partie des éléments constituants des anneaux de ce dernier; mais pour plus de clarté et pour nous conformer à l’usage ordinaire, nous ne donnerons ce nom de membres qu'aux organes suivants qui servent à la locomotion aérienne et terrestre.
D, Des membres du squelette eætérieur des insectes, ou des ailes et des pattes.
Les ailes sont deyéritablesrames aériennes au moyen desquelles les insectes, en frappant l'air, se transportent dans l’atmosphère. Un petit nombre de ces animaux en sont dépourvus et sont en conséquence nommés aptères; les autres, en très-grande majorité, en ont quatre et sont dits tétrapléres; enfin il en est qui n'en ont que deux, et qui sont nommés dits. Le seul ordre où ce cas existe en a pris le nom qu'il porte. Dans ceux des coléoptères, Ééritoténhes etc., on nomme aussi aptéres les espèces qui ont perdu une paire de leurs ailes par avortement; nous emploierons cette expression, quoiqu’elle soit impropre, puisqu'il reste toujours une paire de ces organes aux espèces en question,
. Dans les insectes tétraptères deux des ailes sont toujours situées sur le mésothorax et les deux autres sur le métathorax, Elles s’articulent avec ces deux segments thoraciques au moyen de petites pièces en nombre variable, et sont mises en mouvement par des muscles qui ont leurs attaches dans l'intérieur du thorax, Considérées sous le rapport de leur situation , les
ailes se distinguent en antérieures, nommées aussi supéricures ou premidres ailes, et en postérieures ou inf ricures , ou secondes ailes. Quand il n’en existe qu’une paire elle est constamment placée sur le mésothorax,
Ces organes offrent d’assez nombreuses modifications sur les uelles Linné, et après lui beaucoup d'au trés entomologistes, ont basé la division des insectes en ordres. Bes noms que portent encore aujourd’hui la plupart de ces ordres expriment presquetous quelques unes de ces modifications. Sil’on examine sous ce rap: portun cénf-volantouunhanneton,ons’aperçoit aussitôt que les supérieures forment des espèces d’écailles assez épaisses, de nalure &; opaques et rigides, qui renferment les inférieu émme dans un élui. Celles-ci, au Côntrairé, ont l'apparence d’une membrane transparente offrant sur sa sufacé quelques lignes saillantes, de consistance conée Pour sedoger sous les précédentes, elles sont obli, se ployer lransversälement afin de se renfe me ’duns l’espace étroit qui leur a été assigné au repos, Le cerfvolantet lethanneton, ainsi que tous les insectesiqui ont des ailes semblables aux leurs; ont en conséquence été nommés cocéorri-
s, c’està-dire insectes à ailes on étui. Leurs ailes supérieures Ont reçu le nom d’élytres d’un mot quia cette dernière signification,
Les pxnMarrènxs ou perce-oreilles ont aussi de véritables élytres, et ce n’est pas sous ce rapport qu'on les a séparés des coléoptères, ainsi que nous le verrons dans le cours de cet ouvrage. Leur nom signifie ailes ayant la consistance d’une peau, ou si l’on veut, ailes de peau.
Une sauterelle offre également des ailes supérieures plus solides que les-inférieures, quoique moins épaisses que les élytres descoléoptères; mais les inférieures, qui sont membraneuses, au lieu de se ployer trans versalement pour se loger sous leur abri, se plissent longitudinalement comme un éventail, disposition qui est due en partie à ce qu’elles n’excèdent pas les supé-
GÉNÉR À LUTÉS. XXIX
ieures en longueur et peuvent mettre sans diMiculté ous leur abri. On a fondé sur cette modification Porre des onrmorrènes ou insectes à ailes droites, qui comrend tous les insectes organisés comme la sauterelle. ous appellerons leurs ailes supérieures pseudélytres, ’està-dire fausses élytres.
Passant ensuite à une punaise de jardin, on remarjuera sans peine que ses ailes inférieures, membraneues également. sont cachées sous des étuis; mais ceuxi, au lieu d’être d’une consistance cornée dans toute eur étendue, ne le sont que sur une portion de leur urface à partir de la base : le reste est plus ou moins membraneux. On à donné à ces sortes d’ailes supéieures le nom d’hémélytres ou demi-étuis, et aux insectes qui en sont pourvus celui d’mémirrènes ou insectes à demi-ailés.
Maintenant si l’on porte son inspection sur une libellule où demoiselle, une abeille ou un papillon, on lrouvera que les quatre ailes sont de consistance semblable, c’est-à-dire membraneuses, et que les supérieures ne servent plus à protéger les inférieures, quoiqu'elles les recouvrent accidentellement ; mais on remarquera en même temps qu’elles offrent d’autres particularités dans leur texture qui peuventservir à les distinguer entre elles.
Ainsi dans la libellule les quatre ailes sont de grandeurs à peu de chose près égales, et leur surface est couverte d'innombrables lignes saillantes qui forment un réseau très-fin. On a fondé sur cette considération l'ordre des mivrorrines ou insectes à ailes en réseau.
Ghez l'abeille, au contraire, les ailes inférieures sont plus petites que Jes supérieures, et les lignes saillantes, qui différent en grosseur, sont moins nombreuses et forment un réseau à grandes mailles. L’abeille et les ospèces ayant des ailes semblables aux siennes ont été réunies dans l’ordre des nraénorrènus ou insectes à ailes on membranes.
Enfin, dans les papillons, la surface des ailes est
couverte d’une multitude innombrable de petites écail. les colorées qui s’enlèvent au moindre attouchement, Ce caractère suMit pour distinguer nettement ces insectes de tous les autres, et c’est lui qu’exprime le nom de réemorrènes ou ailes à écailles, donné à l’ordre qu'ils constituent.
Quant aux pirrènes , leur nom exprime, comme nous Pavons dit, que leurs ailes ne sont qu’au nombre de deux.
Il est bon, toutefois, de faire observer ici que ce n’est pas sur des considérations tirées des ailes seules, que les ordres en question ont été fondés. Les parties de la bouche, plus essentielles pour l'animal puis qu'il se nourrit avant de voler, jouent dans l’établissement de ces ordres un très-grand rôle, et un célèbre entomologiste, Fabricius, leur avait même donné des noms tirés de ces parties, mais l’usage a fait prévaloir ceux que nous venons d'indiquer.
Il est évident que c’est dans les quatre derniers ordres plus haut mentionnés, qu’il faut chercher à étudier la composition primitive des ailes; les élytres, pseudélytres et hémélytres n'étant que les mêmes organes qui ont subi une modification particulière ct ont pris plus de consistance.
Les ses de ces ordres ont, comme nous l’avons dit, l'apparence d’une lame membraneuse, transparente, nue ou recouverte d’écailles, divisée en plusieurs parties par des lignes saïllantes, de consistance cornée, et qui, se ramifiant dans tous les sens, forment un lacis plus où moins compliqué. La partie membraneuse qui paraît simple est double et composée de deux feuillets appliqués exactement lun contre l’autre dans toule leur étendue. Les lignes saillantes, qui ont reçu le nom de nervures, sont de véritables tubes qui contiennent dans leur intérieur un vaisseau aérifère ou trachée, venant de l’intérieur du thorax et destiné à porter de Jai dans toutes les parties de l'aile. Quelquefois (dans ecrtains hyménoptères) ces tubes paraissent interrom-
sus sur une portion de leur trajet, par de petits esjaces transparents auxquels on a donné le nom de ulles d'air à cause de leur apparence. On ne les oberve qu’au point où les nervures s’anastomosent entre
On distingue les nervures en deux classes suivant eur importance. Les unes, qui partent directement de a base et qui sont les plus grosses, constituent, à proprement parler, la charpente de l’organe : ce sont les nervures proprement dites. On désigne sous le nom de nervules celles qui ne partent pas de la base, mais naissent des précédentes, dont elles se distinguent, d’ailleurs, facilement par leur moindre grosseur. On peut encore partager les unes et les autres en longitudinales où allant de la base au sommet de l’aile, et en transversales, où coupant ces dernières sous un angle plus où moins ouvert. Celles-ci se nomment aussi récurrentes lorsqu'elles paraissent n’être que la continuation d’une nervure ou nervule longitudinale qui, changeant de direction, se recourbe sur elle-même.
Les espaces membraneux circonscrits par les ramificalions des nervures ont reçu le nom de cellules. Elles présentent, dans les variations innombrables que subissent leur nombre, leur forme et leur grandeur, de bons caractères génériques, dont on n’a cependant encore fait usage que pour les hyménoptères, les lépidoptères et les diptères. Lorsque nous traiterons de ces trois ordres, nous entrerons dans des détails sufisants à cet égard, et qui compléteront les explications données dans la partie glossologique. En ce moment nous ferons seulement connaître les noms donnés à celles des parties de l'aile qui déterminent sa forme générale,
Celle par laquelle laile s'articule avec le thorax est la base; elle est en général très-étroite ; la partie opposée à la base est lé sommet de l'aile : on l'appelle aussi angle cœterne, angle antérieur. Dans les inférieuxs, on l'appelle aussi angle anal cterne. Au-dessous
de celui-ci se trouve l'angle interne ou postérieur qui dans les inférieures, prend le nom d’angle anal inter ou simplement d'angle anal.
La ligne comprise en dessus entre la base et l'angle externe, constitue &'bord externe aussi nommé bord antérieur, bord d’en haut où simplement la côte.
Celle située à la partie opposée qui s'étend de h base à l’angle externe, a reçu le nom de bord internc,
Celle qui, partant du même angle, va rejoindre k sommet de l'aile, constitue le bord postérieur.
Enfin, toute la partie de l’aile circonscrile par ces diverses lignes, est le disque, terme que l’on réserw toutefois pour la partie centrale de la surface.
Pendant le vol, les ailes supérieures restent en gt. néral libres, c’est-à-dire dégagées des inférieures; mais dans certains cas elles s'unissent ensemble de manière à n’en former en quelque sorte plus qu'une seule. Cette union a lieu, tantôt au moyen d’une raiaure du bord interne des supérieures dans laquelle s'engage la côte des inférieures, comme on le voit chu quelques hémiptères; tantôt, comme chez les hyminoptères, au moyen de petits crochets du bord antt: rieur des secondes ailes qui accrochent le bord interne des supérieures ; ou enfin, comme chez les lépidoptres hétérocères, au moyen d’un crin raide situé à h base des inférieures en dessus, qui entre dans une coulisse du bord interne des supérieures en dessous. On ne remarque pas, du reste, que les espèces chez qui ct mécanisme existe, aient un vol plus puissant que celle qui en sont dépourvues.
Chez les diptères, au-dessous de chaque aile et pri de sa base, on aperçoit un petit anperiée grêle ayant la forme d’un filament membraneux et terminé par un bouton ovalé, triangulaire où tronqué, qui dans certaines espèces paraît susceptible de dilatation et de contraction; ces filets ont reçu le nom de balanciers. Au-dessus d’eux se trouvent deux autres pièces égale ment membraneuses, concaves intérieurement et con
exes en dessus, qui, lorsque l’insecte est au repos, appliquent par leur côté concave l’une contre läue el s'ouvrent quand il vole ; celles-ci sont les cuillens. Les premiers, ainsi qué l'indique leur nom, sernt aux diptères à se maintenir en équilibre pendant vol. Si l’on en coupe un; l'animal perd l'usage de aile du même côté, et si on les enlève tous deux, il t dans l'impossibilité de voler. Les cuillerons repréntent les ailes inférieures qui manquent dans l’ordre n question, | Les pattes des insectes sont au nombre de six dans utesles espèces sans exception ; tout animal articulé ui en présente un plus grand nombre, n’est pas un secte, Elles sont attachées partpaire à la partie infécure des trois segments thoraciques, et on les distinne, suivant le segment auquel elles appartiennent, pattes antérieures, pattes intermédiaires et pattes posfrieures, Ces organes’se composent d’une suite d'articles tuuleux de la même nature que le reste des téguments, t'articulés les uns avec les autres de manière à se rêter à tous les mouvements nécessaires à l’animal. n y distingue cinq de ces articles , qui sont : la hanie, le trochanter, la cuisse, la jambe et le tarso. La hanche est la pièce au moyen de laquelle la patte larticule avec le thorax. Quelle que soit sa forme, qui arie assez, mais qui cependant est le plus souvent lobuleuse ou cylindrique, elle est reçue dans une caité de ce dernier, où elle est enfoncée plus où moins rofondément. Sa surface est toujours très-lisse pour iminuer le frottement pendant son jeu; elle est perée de deux trous opposés : l’un qui donne accès aux uscles, aux nerfs et aux vaisseaux aérifères venant du orax; l’autre qui permet à ces derniers de se répandre ans le reste de la patte. Dans toutes les espèces de cofoptères carnassiers aquatiques, les hanches des pattes ustéricures cessent d’être mobiles et prennent la forme e lames qüi se soudent avec le métathorax , disposi-
tion qui leur permet de contenir les muscles puissant dônt ces pattes, qui servent à la nage, devaient êtx pourvues pour remplir mieux leurs fonctions. Ces or: ganes ne portent, en général, aucun appendice pari culier , mais peuvent fournir d’assez bons caractère spécifiques, et même génériques, par leur situation re lative.
Le trochanter est un article très-petit en général, situé entre la hanche et la cuisse , et s’articulant ave toutes deux. Il existe chez tous les insectes, sans excep tion, mais ne présenterien de remarquable, si ce n'es chez les coléoptères carnassiers et un petit nombre d’autres espèces, où il prend un accroissement cons: dérable, et se projette en dehors, à la partie inter de la cuisse et à sa base. ÿ ;
La cuisse est la troisième articulation de la patte, « s'articule d’un côté avec le trochanter, de laut avec la jambe. Elle varie beaucoup pour la grandeur, la grosseur et les épines, crêtes, piquants, etc., dont elle est quelquefois pourvue, mais du reste n'offre rien de particulier à en dire. Dans les espèces qui sautenl les postérieures sont ordinairement très-renflées.
La jambe, placée à la suite de la cuisse et portantl tarse, présente le même genre de modifications quel première, dont elle égale ordinairement la longueur Nous n’insisterons en conséquence pas davantage sur elle.
Le tarse ou la partie terminale de la patte rempliten quelque sorte l’office dela main chezles vertébrés, etst compose d’un nombre variable de petites pièces placéts bout à bout, et qu’on appelle articles où phalanges. M nombre de ces articles ne dépasse jamais cinq etnt descend pas au-dessous de deux. On s’en est servi das le seul ordre des coléoptères pour établir des section qui sont commodes dans la pratique, quoique roi pant les rapports naturels de ces insectes entre eut Tous les insectes en général, considérés sous ce poil de vue, se classent de la manière suivante : on appel
Pentaméres ceux qui ont cinq articles à tous les tarses. Hétéromères ceux dont le nombre des articles varie ans les tarses.
Tétramères ceux qui ont quatre articles à tous les rses.
Triméres céux qui en ont trois à tous les tarses. Dimères ceux qui n’ont que deux articles.
Il faut ajouter cependant que l'application de ce stème donne souvent lieu à contestation et à des xceptions fréquentes. Les entomologistes sont à peu rès tous d’avis que tous les insectes, et notamment s coléoptères, sont pentamères par le fait, et que ce est que par la diminution de quelques-uns de leurs rticles qu'ils paraissent en avoir moins de cinq. On perçoit d’ailleurs fréquemment des traces des articles ensés disparus sous forme de petits renflements ou odosités situés à la base de ceux qui sont restés visiles. Nous ferons néanmoins usage de la division d’arès les articles des tarses pour les coléoptères.
Les articles varient entre eux sous le rapport de la orme, la longueur, etc. Le pénultième est ordinaireent celui qui offre à cet égard les caractères les plus emarquables, Le dernier est toujours muni à son exémité de petits crochets ou ongles ressemblant aux iles des oiseaux, et dont l'animal se sert pour s’acrocher aux corps sur lesquels il se trouve placé; queluefois Pan de ces crochets avorte:; d’autres espèces es ont dentelés en dessous ; ailleurs ils présentent enre eux un petit appendice de forme variable et qui semble à un troisième crochet ou à une soie simple u double, On voit un exemple de ce dernier cas dans e cerf-volant,
En dessous, lestarses sont munis d'autres appendices 0nt quelques-uns permettent aux insectes de marcher ur les surfaces les plus lisses, mêmeen ayant leur corps : enversé, Les autres concourent ; avec les crochets, à ‘s empêcher de tomber lorsqu'ils grimpent ou s’accrohent à quelque corps. Tantôt c’est une espèce de
XXXVI GÉNÉNALITÉS,
brosse formée de poils plus ou moins longs et sen qui garnit le dessous des tarses en entier, ou seulemenl quelques-uns de leurs articles; tantôt une membrane vésiculeuse, convexe, oblongue, souvent divisée long tudinalement en deux par un sillon, et fixée à la plante dé chaque article par sa partie centrale; aïleurs de lobes membraneux qui débordent chaque article, ou quelques-uns seulement d’entre eux; enfin de vérita. bles ventouses au moyen desquelles ces animaux font le vide, de sorte qu'ils adhèrent au corps sur lequelil sont placés par la pression de l’atmosphère sur la par lie supérieure des tarses, ce qui explique comment il: peuvent marcher sur le verre le plus poli, et le coms renvérsé sans tomber à terre, Quelques-uns d’entre eu n'ont qu'une seule espèce de ces appendices, tandi que d’autres en réunissent plusieurs à la fois.
Dans la majorité desinsectes, les pattes s'appliquent simplement contre le corps pendant le repos; il ene d’autres dont le thorax et l'abdomen sont pourvus dt cavilés où elles peuvent se retirer au besoin d’une mi nitre plus ou moins complète.
Telles sont les parties les plus essentielles à connaitre dont se compose le squelette extérieur des insectes Nous allons maintenant donner une idée abrégée dt leur organisation intérieure, et de leurs autres particir larités, mais en nous y élendant moins que sur ce qui précède, cette organisation fournissant jusqu’à présenl peu de caractères pour la classification.
$ 2, De la nutrition des insectes.
Chez les insectes; comme dans tous les autres animaux, la vie ne s’entretient que par l'assimilation rgulière et continue des substances étrangères proprts à remplir ce but, Reçues dans un appareil spécial, ces substances sontélaboréeset converties enchyle qui four pit à toutes les parties du corps le sang et les autres lui
des dont elles ont besoïn pour réparer leurs pertes. Ce premier acte constitue la digestion. Le sang, à son tour, n’est propre à remplir ses fonctions réparatrices qu’après s'être mis en contact avec l'air extérieur dont il doit absorber l’oxigène, sans lequel il n'aurait aueune qualité vitale. Ge second acte s'appelle la respiration, et s'exerce de deux manières différentes : dans l’une, dont les vertébrés offrent l'exemple le plus parfait, c’est le sang qui se met lui-même en mouvement pour aller à la rencontre de l’air que l’animal a introduit dans des espèces de poches composéesde cellules innombrables et nommées poumons ; de là, il se rend jusqu'aux extrémités du corps, d’où il revient au point d’où il était parti se mettre encore en rapport avec l'air, puis il recommence le mêine tour, et cela tant que subsiste la vie de l’animal; ce mouvement rotatoire s'appelle la circulation. Dans l’autre manière, c’est l’air qui va trouver le sang au moyen d’organes particuliers; celui-ci n’a plus besoin d’être contenu dans des vaisseaux propres, et baigne simplement toutes les parties du corps sans être toutefois dans un état de stagnation complète, ainsi que nous le dirons tout-à-l’heure. Les insectes appartiennent à cette dernière catégorie, et sont par conséquent privés de circulation proprement dite,
ER digestif de ces animaux est en général très-compliqué. Les parties de la bouche que nous avons déjà décrites en forment la portion la plus extéricure , Celle chargée de faire subir aux aliments une première préparation. Le reste, caché à l’intérieur, constitue le canal intestinal, véritable tube ouvert à ses deux extrémités, dont l’une antérieure s'ouvre dans la bouche, et l'autre à l'extrémité postérieure du corps. Sa longueur est engénéralen raison directe du genre de nourriture que prénd l'animal, étant trés-court dans les espèces carnivores, ét démesurément allongé dans les espèces phytophages, chez lésquelles il forme de rombreuses circonvolutions. [se compose de trois tuniques plus ou moins distinctes, l’une externe mem- 15 4
XXXVH GÉNÉRAIATÉS,
braneuse, l’autre intermédiaire musculeuse, formée de fibres entrelacées dans tous les sens, la troisième muqueuse.
Son entrée, ou le pharynæ, se touve en général dans la bouche, à la base de la languette; elle est protégée par deux pièces bien visibles seulement chez les hyménoplères, el toutes deux presque verticales ; l’une supérieure, attachée au palais, dite épipharynæ, l’autre, située à la partie opposée de la bouche, et nommée hypopharynæ. En se joignant , ces deux pièces ferment complétement l'entrée du canal.
Vient ensuite l’æsophage, qui sert de conduit aux aliments, et qui, à son maximum de longueur, ne dé. passe guère le prothorax ; en se dilatant, il forme le jabot, qüi a reçu son nom de sa ressemblance avec la partie du même nom dans les oiseaux. C’est lui qui contient le miel que les abeilles dégorgent lorsqu'on les saisit, ou ces liqueurs noirâtres que rendent d’autres insectes dans le même cas; de là, les aliments passent dans le gésier, autre poche, munie intérieurement de pièces mobiles, cornées, où ils sont triturés, et d’où ils se rendent dans le ventricule chylifique, dernier renflement reconnaissable aux papilles villeuses dont il est ordinairement plus ou moins recouvert à l’exttlieur, et qui sont autant de culs-de-sac où le fluide alimentaire achève de s’élaborer et de se convertir en chyle. À la suite de ce ventricule se trouvent les intestins, qu'on a divisés d’après leur grosseur, et d’autres particularités, en éntestins gréles, gros intestins ou cæcum et rectum, comme ceux des vertébrés, Le canal intestinal est ainsi, en dernière analyse, un tube continu, offrant de distance en distance ce renflements plus ou moins considérables, Tous ceux que nous venons de nommer sont loin d'exister chez tous les insectes : le jabot et le gésier, ou l’un des deux, manquent très-souvent; le ventricule chylifique seul ne disparaît jamais. Quant à leurs formes, elles sont aussi Filles que
GENÉHALITÉS. XXXIX
celles des pièces extérieures du squelette ; et donnent lieu à de grandes difficultés de détermination.
Chez les vertébrés, et l’homme spécialement, il existe des appareïls particuliers de sécrétions destinés à verser dans le canal digestif des fluides spéciaux qui, se mêlant aux aliments, favorisent leur conversion en chyle; ces appareïls ont la forme de glandes ; telles sont celles qui sécrètent la salive, la bile, le fluide pancréatique, etc. Les insectes ont aussi des sécrétions pareilles, mais les appareiïls qui les produisent ont, au lieu de glandes, la forme de vaisseaux très-déliés. Ceux de la salive s’insèrent sur le jabot, ou à son défaut, le gésier, et ceux de la bile sur le ventricule chylifique et la base des intestins grêles. Ges derniers le sont, tantôt par une seule de leurs extrémités, tantôt par toutes deux à la fois. On n’a pas encore.pu découvrir surile canal digestif de vaisseaux destinés à absorber le fluide alimentaire, et le répandre dans l’économie, d’où l’on a conclu que ce dernier transsudait à travers les pores de cet organe pour se répandre directement dans toute la cavité du corps. Ge mode particulier de nutrition est ce que Guvier appelle nutrition par imbibition.
Ainsi que nous l'avons dit plus haut, le sang ainsi répandu dans la cavité du corps et baignant toutes ses parties n’est pas stagnant. Un appareil spécial remplace chez les insectes les canaux circulatoires des vertébrés et cet appareil est le vaisseau dorsal. Il n’est personne qui n’ait eu occasion de le remarquer à la partie supérieure du corps des chenilles, et d’observer ses mouvements alternatifs de contraction et de dilatation. Il existe également chez tous les insectes pârfaits et dans la même position, c’est-à-dire qu'il est placé au-dessus du canal digestif, et s'étend , comme lui, de la tête à l'anus, en se rétrécissant un peu à chaque extrémité. Sa forme est cylindrique, et il oflre de distance en dislance, des expansions latérales ou ailes qui le fixent aux parois intérieures des segments du corps. l'est com-
XL GÉNÉRAMITÉS,
posé de deux membranes ou tuniques, l’une interne musculaire, l’autre externe cellulaire, et parsemée d'innombrables vaisseaux aérifères. Les anatomistes ont été Tang-temps dans la plus grande inécision sur la nature ét les fonctions de cet organes ne pouvant y découvrir aucune ouverture antérieure, postérieure ou latérale, il était difficile de concevoir comment y pénètre le fluide sanguin qu'il contient, et comment s’opèrent ses dilatations et contractions alternatives qu'il exécute. Mais d’après des observations récentes, dues à un anatomisté éminent, M, Slrauss, sa composition se rapproche plus qu’on ne l'avait cru jusque là du cœur des animaux vertébrés. Suivant cet auteur, le vaisseau dorsal est'partagé en plusieurs chambres successives NE nombre de huit dans le hanneton vulgaire) séparées les unes des autres par deux valvules convergentesiqui permettent au sang de se porter d’arrière en avant, d’uneichambre dans l’autre, mais s'opposent à son retour. Chaque chambre porte ensuite latérale ment à sa partie antérieure deux ouvertures en forme de fentes transversales et munies également de valvules qui s'ouvrent quand le vaisseau dorsal.se dilate et se referment quand il revient sur lui-même. Il résulte de cette disposition que lorsque la première chambre ou la postérieure se dilate, le sang passe dans la seconde , qui, à son tour, l'envoie dans la suivante et ainsi de suite jusque dans la dernière, maïs en même tempsque chaque chambre sedilate, les valvules de ses fentes transversales s'ouvrent, et le sang contenu dans la cavité du corps pénètre dans l'intérieur du vaisseau dorsal pour remplacer cului qui vient de s’écouler. Arrivé dans la tête, oil s’accumule au moyen d’une artère unique, le sang s’épanche et retourne dans toute la cavité du corpspour recommencer bientôt le même circuit. Si, comme tout porte à le croire, cette explica: tion du vaisseau dorsal est la véritable, il y aurait une circulation réelle ehez lesinsectes, mais très-incompli te, et différant essentiellement de celle des vertébrés
en ce qu'elle n'aurait pas lieu dans un système de vaisseaux clos,
L'appareil respiratoire des insectes consiste en vaisseaux nommés trachées communiquant avec l'air extérieur au moyen d'ouvertures appelées stégmates, et qui, se ramifiant à l'infini dans l'intérieur du corps, portent le fluide respirable, ou l’air, dans ses parties les plus éloignées et les plus ténues.
Les sligmates se présentent à l’extérieur sous la forme de boutonnières entourées d’un anneau corné formé de deux lèvres susceptibles de s’écartér et de se rapprocher. Leur entrée est souvent protégée par des cils ou je très-déliés destinés à empêcher l'introduction des corps étrangers dans leur intérieur; ceux-ci sont les slignales simples, et sont, en général, proprés à l’abdomen. Il.en est d’autres, plus compliqués, dont l'entrée se ferme et s’onvre au moyen de deux battants pareils à ceux d’un volet; ils sont prôpres au mésothorax et ont reçu le nom de tnémaères (ouvertures pour air). Les stigmates de l'abdomen son£ ordinairement très-visibles, étant placés en général sur la bande membraneuse qui unit les arceaux inférieurs et supérieurs de cette partie. Il yen adeux sur chaque segment, un de chaque côté, Les trémaères sont toujours moins visibles, à peu d’exceptions près; il faut les chercher à la partie supérieure. du mésothorax, près de la base des premières ailes, qui les recouvrent plus où moins complétement.
Le nombre absolu de ces ouvertures aériennes varie beaucoup suivant les familles et même selon les espèces; mais, dans le plus grand nombre cependant, on €n compte huit paires à l'abdomen, et une au mésothorax : en tout, neuf paires. Suivant quelques auteurs, ilen existe, dans cértains insectes, une dixième au protons mais celle-ci est presque toujours située à
intérieur, et par conséquent invisible sans l’aide de la dissection.
Les trachées prennent naissance immédiatèment à
l'entrée des stigmates, qui n’en sont, à proprement parler, que l'extrémité extérieure. Sous le rapport de fi composition , on en distingue deux sortes : les tu bulaires eL les vésiculaires, Les premières sont formées de trois membranes dont l'intermédiaire consiste en un filet cartilagineux, élastique, aplati, et roulé en spirale sur lui-même, exactement comme une lame d'or ou d'argent l’est autour du fil de soie d’un ga lon ; les deux autres sont cellulleuses, Lestrachées vésiculaires diffèrent essentiellement des précédentes, en ce qu'au lieu de ces trois membranes, elles ne présentent que les deux dernières, et ne forment pas de tubes proprement dits, mais des espèces Ëe poches pneumatiques se dilatant quand l'air les remplit, et s'affaissant sur elles-mêmes quand il en sort, Elles sont unies les unes aux autres par des trachées de la première sorte, el, dans certaines espèces, soutenues par desares cartilagineux qui sont des prolongements intérieurs des arceaux inférieurs de l'abdomen. Ges deux genres de trachées existent simultanément dans quelques insectes, mais chez le plus grand nombre , on ne trouve aucune trace des vésiculaires, Les autres ne manquent jamais.
Les trachées forment un lacis inextricable dans toutes les parties du corps, mais on yreconnaît cependant une disposition générale en ce que, à peu de distance des stigmates, el par conséquent à leur naissance, elles s'unissent entre elles par des branches latérales, ce qui leur donne l'aspect de deux tubes principaux #ttendant parallèlement et sur les parties latérales dans toute la longueur du corps.
On distingue encore dans les inseotes une substance qui serattache, de Join ou de près, à la nutrition, le tissu adipeuc où corps graisseuc ; il en existe ordinaire: ment une couche épaisse sous le vaisseau dorsal, et qui le sépare pus conséquent du canal intestinal. Des quantités plus où moins considérables s’observent aussi autour des autres viscères. Cette graisse est, du reste,
bondante surtout chez les insectes avant qu'ils aient atteint leur dernier état, Il en est où l’on en trouve à veine de légères traces. : *
C'est encore ici le moment de parler de certaines sécrétions particulières qui ont lieu chez les insectes, eu qui n’ont point de rapport direct avec celles qui sont versées dans le canal digestif: telles sont le poison que certaines espèces déposent dans la blessure qu'elles font avec leur aiguillon, les liqueurs plus ou moins fétides que d’autres suintent par les articulations de leurs membres et du corps AE les touche, ete, On ne connait bien encore que les appareïls, qui préparent celles de ces sécrétions dont la sortie a lieu par l’ouverture anale, Ils sont situés, en général, de chaque côté du canal intestinal, et se composent d’un organe préparateur, d’un réservoir ou vessie, et d’un conduit excréteur dont les formes varient à l'infini. L’une des plus importantes de ces matières, la cire, est le produit d'une sécrétion particulière qui a lieu entre les anneaux de l'abdomen,
Ln résumant en peu de mots tout ce qui précède sur la nutrition, on voit que les aliments broyés ou pompés par la bouche sont introduits dans le canal intestinal, oùils s'élaborent et se convertissenten.chyle; quece chyle passant, convertien sang, par les pores du canal en question ; se répand dans toute la cavité du corps, où ilest baigné de toutes parts par l'air qu'y apportent les traohées et quile rend propre àentretenir la vie; qu'outre les trachées, d’autres vaisseaux trèsnombreux y plongent, et en séparent les fluides particuliers dont ils sont les organes préparateurs; qu'enfin le sang, entrant dans le vaisseau dorsal par les ouverlurés latérales de ce dernier, est porté dans la tête, où ils’épanche, pour revenir de nouveau dâns la cavité du corps, Telest, dans l’état actuel de l'anatomie entomologique, le-résumé de nos connaissances-sur cette im- Poïtante fonction, ILva sans dire qu'un assez grand
n (dès
nombre de points, que nous avons dû passer sous si. lence, ne sont point encore éclaircis.
Nous allons maintenant nous occuper des actes de la vie de relation qui s’exécutent au moyen d’appareik non moins admirables que les précédents.
S5. Des fonctions de la viè de relation où du systèm nervouæ et des mouvements.
On appelle, comme nous l'avons déjà dit, fonction de la vie dc. relation, celles par lesquelles tout animal se met en rapport avec les corps qui l'entourent, et prend connaissance de leur existence et de leurs propriétés. Il est évident que ces corps lui resteraient étrangers S'il n'avait quelques moyens de percevoir l'action quelconque qu'ils exercent à son égard; mais là ne se bornent pas se$ besoins: une fois cette action perçue, il faut qu'il puisse, soit se transporter près de ces corps et s’en emparer pour en faire l’usage que réclame l'entretien de sa vie, soit les fuir afin d’éviter le danger qu’ils pourraient lui fairé courir. De là, deux divisions dans les fonctions qui nous occupent; les unes sont passives, les autres actives.
Par les premières, l'animal subit, même involontairement, dans beaucoup de cas, l’action des corps; ils agissent sur lui, et non lui sureux. L'appareil destiné à percevoir ces actions est le système nérveuæs c’est à lui que toutes les sensations viennent abovtir, et c’ést lui qui en donnela conscience au moi de l’animal. Les sons ne sont, en quelque sorte, que des modifications diverses desa manière d'agir, ou mieux de percevoir, qhi est une au fond. Un premier, la vision; donne à l’animal la Connaïssance de la lumière et dé l'existence des corps Silués à distance de lui; un second, le toucher, lui révèle leur forme et certaines propriétés inhérentes à cette dernière; un troisième, l’odorat, lui fait percevoir leurs odeurs; un quatrième, l’oute, les sons qu'ils émettent où dont ils sont les conducteurss enfin, un
inquième, le goût, lui donne la connaissance de ceraines de leurs qualités qui constituent la sapidité.
Les fonctions actives sont beaucoup plus simples et e réduisent aux mouvements dont nous avons indiqué lus haut le but. L'appareil au moyen duquel ils s’exésutent est le systéme musculaire.
Le système nerveux des insectes consiste en deux ordons situés sur la ligne moyenne et'inférieure du orps, et réunis entre eux de distance en distance par es renflementsnommés ganglions, qui sont eux-mênes composés de deux petites masses accolées l’une l’autre, De-chacun d’eux partent des filets nerveux ui se ramifent à l'infini et se répandent dans toutes es parties du corps; ainsi les deux qui sont situés dans a tèle et qui paraissent représenter le cerveau des vertbrés, envoient de ces filets aux yeux, aux antennes, à a bouche, etc. Les denx cordons qui partent de ce erveau présentent une disposition remarquable ; celle embrasser en dessus l’œsophagé comme un collier t de se réunir en dessous dans un ganglion commun. n sent facilement qu’il devait en être ainsi pour unir c cerveau, qui se trouve au-dessus de l’œsophage, vec le reste di système nerveux, qui est placé au-desous du reste du canalintestinal. Le nombre des ganlions diffère beaucoup suivant les familles, mais en énéral il est égal à celui des segments du' corps. Ce eu de mots suflira pour donner une idée de l'appareil erveux,
Quant aux sens, il est facile de prouver en aussi peu € termes que les insectes DHÉAE tous ceux que vus avons reçus en partage, quoiqu'on ne puisse préiser jusqu'à quel point ils sont développés chez eux. Leur tact, émoussé par l’enveloppe plus on moins Paisse dont ils sont cougerts de toutes parts, doit être Sez imparfait, etne leur donner qu’une notion obsure des corps ; mais tout porte à croire qu'ils ont dans antennes un organe su plémentaire pour ce sens, nles voit souvent les, RS aux objets qu'ils veu-
lent reconnaitre, et s’en servir comme pour tâler ceux sur lesquels ils marchent. Les mouvements exbraordinaires auxquels ils se livrent quand on les saisit par ces appendices, semblent venir à l'appui de cette opinion. Le sens de la vision est le mieux constaté de tou chez les insectes, et leurs yeux sont une des parties les plus saillantes de leur tête, qu’ils envahissent quel. quefois en majeure partie. On en distingue de dur sortes, ainsi qu'on l’a déjà vu plus haut : les yeux con. posés et les yeux lisses ou stemmales, Les premiers sont, en général, situés sur les parties latérales de la tête, et enchässés dans l’épicrâne. Ils se composent d’une cn veloppe extérieure ou cornée plus où moins dure ti convexe, et qui n’est autre chose qu’un assemblage de petites facettes ou lentilles convexes, hexagones, réunies par leurs côtés , et qui constituent chacun un organe visuel distinct. On en a compté jusqu vingt-cinq mille et au-delà par œil dans quelques es: pèces. La composition anatomique de ces yeux «il presque aussi compliquée que dans les animaux supt: rieurs, mais exigerait de trop longs détails pour le ca dre étroit que nous nous sommes tracé. Il nous sulin de dire que ces couleurs variées et parfois très-brillan tes qu’on remarque sur les yeux de beaucoup d’inste tes, sont dues, non à la cornée elle-même, qui est trans parente et incolore, mais à un enduit ou pigment ti loré dont elle est revètue intérieurement. Ges organë offrent des formes assez variées selon les genres, étit entiers ou échancrés, ou même complétement divisis en deux par les joues ; de sorte que dans ce cas ilspi: raissent doubles, et présentent une partie inférieureel ane supérieure. Ailleurs, les be envoient simple ment en arrière une petite saillie qui pénètre plus 0 moins avant dans leur surface, et qu’on nomme cû thus. Nous aurons occasion d’en faire quelquefois ust ge. Les yeux existent dans tous les insectes, sauf ui très-petit nombre chez qui ils ont disparu du sont telle ment réduits qu’on ne peut plus les distinguer.
GÉNÉRA LITÉS. XLVI
Les stemmates sont des points élevés, lisses et luiants qui ont la forme de petites calottes, et sont orinairement situés sur le sommet de la tête, en amière es yeux ou sur le front, en avant de ceux-ci; ils varient n nombre d’un à trois, et ne s’observent que dans cerains ordres, surtout chez les hyménoptères et les dipères. Leur composition anatomique est moins compliuée que celle des yeux proprement dits; et, d’après uelques entomologistes, ils servent simplement à iniquer vaguement aux insectes la présence de la lunière ou de l'obscurité.
Le goût existe incontestablement chez les insectes, uisque, si l’on met à leur disposition plusieurs espèces aliments, on les voit, après en avoir gouté, choisir elui qui leur plait le mieux; mais on ne connaît pas ncore au juste le siége de ce sens. Les uns pensent w’il réside dans les palpes; mais comme ces derniers ont excessivement petits chez des espèces assez granes, cette opinion est peu probable. D’autres pennt qu’il existe dans la languette ou à l’entrée de l’œophage, dans le pharynx, et l’analogie avec ce qui a jeu à cet égard chez les vertébrés, nous engage à ous ranger de leur avis. :
On n’est pas davantage d’accord sur le siége de l'obrat, qui est peut-être le sens le plus exquis des inseces, celui dont ils font usage dans les circonstances les lus importantes de leur vie. Une matière animale ne eutentrer en décomposition sans qu’on ne voie aussil'accourir un grand nombre de ces animaux qui vienent y puiser leur nourriture ou y déposer leurs œufs. ï l’on SEUL une femelle de lépidoptère dans un en- 0: quelconque, on voit de même les mâles de n epèce venir de loin voltiger à l’entour, et c’est uvent un excellent moyen de se procurer des espèces Won ne pourrait prendre par d’autres voies. Il serait cile de citer d’autres preuves non moins concluantes e la grande perfection de ce sens. Quant à son siége, M l'a mis tour à tour dans les antennes et à l'entrée
des orifices respiratoires où stigmates. Ghez les vert. brés ce sens se lie effectivement d’une manière intime à la respiration ; mais comme rien ne s'oppose à ce
w’il lui soit affecté d’autres Mn chez des animaux différents, il est, jusqu’à nouvel ordre, difficile de « prononcer sur ce qu'il en est à cet égard chez les in. sectes.
L'ouie paraît très-développée chez certains d’entre eux , dont les deux sexes s'appellent au temps des amours par des bruits variés qui ne sont pas de vérita bles voix pareïlles à celles des vertébrés, mais des sons produits par le frottement de certaines panties des tt guments contre d’autres, ou par des appareïls spéciaux, Quant aux autres, nous n’avons aucun moyen de constater l'existence de l’ouïe chezeux, quoiqu’on remarque que des bruits violents et subits paraissent les effrayer, et leur faire prendre la fuite. On ignore encore au juste quel est le siége de ce sens, mais on soupçonne qu'il pourrait bien exister à la base des antennes, dans une cavité spéciale, comme chezles crustacés, et Latreille dit avoir constaté le fait pour certains orthoptères.
Le système musculaire des insectes se compose de fibres molles réunies en faisceaux propres à faire mou. voir, par leur allongement etleur raccourcissement, les pièces sur lesquellesselles sont fixées. Ges fibres qui constituent les muscles sont très-faiblement unies entre elles, et , lorsqu'on les dissèque, se divisent en in nombrables fibrilles, ce qui rend très-diMficile de sépar rer nettement les muscles les uns des autres sans les embrouiller. Ges derniers sont toujoursattachés par un tendun de substance cornée, à la partie qu'ils doivent mouvoir, tendon qui est souvent un appendice de celle-ci. Les uns, destinés à l’étendre, sont dits aœteiseurs ; les autres, qui la plient, fléchisseurs. On les distingue aussi en d/évateurs et abaisseurs, selon qu'ils ont pour fonction de relever ou d’abaisser la pièce qui les supporte, l
Les muscles des insectes sont bien plus nombreux
que ceux des animaux vertébrés, puisqu'il n’en existe guère que cinq cents et quelques dans le corps humain, et que Lyonnet en a compté quatre mille quarante-un dans la chenille du saule. Quoiqu'il soit probable qu’il ait compté comme des muscles de simples fibrilles, qui ne sont que des parties constituantes de ces muscles, la supériorité à cet égard resterait toujours aux insectes. Les muscles qui font mouvoir la tête onbJeurs attaches. dans l'intérieur du prothorax, qui contient en outre ceux des pattes antérieures ; le mésothorax et le métathorax renferment ceux des deux autres paires de: pattes et des ailes lorsqu'elles existent. Les anneaux de l’abdomen se meuvent au moyen de fibres musculaires qui s’étendent du bord antérieur de chacun d’eux au bord postérieur de celui qui le précède. Quand les fibres dorsales se contractent, l'abdomen $e recourbe en haut; si ce sont celles du ventre, il se fléchit en sens contraire. Chacune des plus petites pièces mobiles du squelette a ensuite ses museles propres, qui produisent les mouvements nécessaires à ses fonctions.
Le squelette étant composé de parties creuses , qui contiennentles muscles, comine autant d’étuis, l'étendue des mouvements dépend de la liaison de ces pièces les unes à l'égard L + autres. Lorsqu'une d'elles est emprisonnée dans celle qui la suit ou la précède, comme cela a lieu pour les divers articles des patels la jambe, par exemple, à Pégard de la cuisse, € mouvement ne, peut avoir lieuuque dans un seul pla si l'union a lieu au contraire par un simple igament sans enchâssement, le mouvement pourra «voir lieu dans plusieurs plans qui seront d'autant plus nombreux que le ligamentsera plus lâche. Il y à, à cet égard, des nuances infiniessetde la combinaison admirable de tous ces mouvements, il résulte que les insectes exécutent tous ceux nécessaires à leurs besoins avec la même précision etla même variété que les animaux supérieurs, Les principaux sont le vo/, la
marche, la natation: et le saut. Nous allons en donner une idée en peu de mots. ,
Le vol est produit par des élévations et des abaisse. ments successifs des ailes qui frappent l'air comme des rames, le plus souvent de haut en bas, un peu obliquement, mais parfois aussi d’arrière en avant, et réciproquement. Dans le premier cas, l’insecte s’avance dans l'air en s’élevant ou s’abaissant à son gré; dans le second , il recule en arrière ou s’avangg en avant, mais sur une ligne horizontale. Tous les insectes ne peuvent pas cependant exécuter le mouvement de recul: on ne l’observe guére que chez les névroptères et Les diptères. La puissance du vol varie à l'infini chez les insectes, et dépend de certaines conditions, dont les principales sont la vigueur des muscles qui font mouvoir les ailes, la grandeur de celles-ci relativement au thorax, le plus ou moins de solidité de leur texture, enfin, leur situation plus ou moins rapprochée du centre de gravité de l’animal.
Pendant la marche, les insectes meuvent leurs pattes de deux manières différentes : les uns lèvent et posent successivement les six ou seulement deux ou trois à la fois ind'stinctement, mais jamais néanmoins les pattes de la même paire ensemble. I] en résulte qu’un pas ne ressemble pas à l’autre, que leur démarche est trèsirrégulière, surtout quand les pattes sont longues, et qu'ils sautillent quelquefois plutôt qu’ils ne marchent. Les autres n’exécutent jamais qu’une sorte de pas, el marchent très-régulièrement ; ils commentent par mouvoir les pattes antérieures et postérieures du même côté et l'intermédiaire opposée; ces pattes étant posées,et le premier pas fait, les trois autres se lèvent à leur tour, et en exécutent un second. La course ne change rien à cet ordre, et n’est que le résultat de mouvements plus précipités. Elle est très-rapide dans plusieurs espèces, et surpasse, proportion de grosseur gardée, celle de tous les autres animaux connus: modérée chez d’autres, et enfin quelques-unes ne sy
livrent jamais, et même semblent se trainer plutôt qu'elles ne marchent,
Dans la nage, les pattes postérieures jouent le,principal rôle, et produisent les mouvements d’arrière en avant; les autres, en frappant l’eau de haut en bas, ot vice versà, produisent ceux d’ascension et d’abaissement. Les mouvements d’ascension sont en outre favorisés par la légèreté de l’abdomen, qui ; contenant un grand nombre de trachées, est d’une pesanteur spécifique moins grande que le fluide ambiant, et tend sans cesse à s’élever à sa surface. L'animal change de direction à volonté en agitant seulement les pattes d’un côté, de la même manière qu’on fait virer une embarcation au moyen des rames seules, sans recourir à l’action du gouvernail. Quelques espèces, qui sont aussi aquatiques, ne nagent jamais, mais courent simplement à la surface-du fluide; une bulle d’air, qui est constamment attachée à la plante de leurs tarses, suffit pour empêcher leur corps de s’enfoncer.
Le saut a lieu principalement au moyen des pattes postérieures. Quand les insectes qui jouissent de cette faculté veulent s’y livrer, ils ploient les pattes en question, de manière à mettre la jambe en contact avec la cuisse, qui présente souvent, pour la recevoir, un sillon muni de chaque côté d'un rang d’épines ; la détendant ensuite subitement comme un ressort, elle frappe contre le plan de position et les envoie en l'air, à une distance plus ou moinsconsidérable, d’arrièreen avant. Les jambes intermédiaires prennent quelque part à cet acte, suivant qu’elles sont plus ou moins rapprochées du centre de gravité de l'animal ; mais les antérieures n’ont sur Jui qu'une faible influence. Cependant lorsque les cuisses de ces deux paires sont renfées comme les autres, il est probable qu’elles prennent une part assez active au saut, Celui-ci est en général d'autant plus étendu que les pattes postérieures sont plus longues.
Quelques insectes, qui sautent également, n’'em-
Car: GÉNÉRALITÉS,
ploient pas dans cet acte les pattes, mais d’autres appareils très-variés : ainsi le saut des efater a lieu ay moyen d’une disposition particulière des sternum du prothorax et du mésothorax; les podures se servent pour cela d’une espèce de fourche qu’elles portent à lextrémité de l'abdomen, etqui estrepliée sous ce der: nier pendant le repos, ete: Nous décrironsces divers mécanismes en leur lien,
En traitant dans ce paragraphe du système nerveux, qui est le dépôtde toutes les sensations et dés appétits des insectes, la source de tous leurs actes, nous eussions pu montrer qu’ils jouissent à la fois de l'instinct et de l'intelligence, quoiqu’on ne leur accorde ordi: nairement que le premier, et donner une idée de leurs travaux, leurs ruses, leurs guerres, leurs amours, etc mais ce sujet immense nous eût entraîné trop loin; il trouvera sa place dans la description des genres et des espèces; nous ne nous attachôns en ce moment qu'à faire connaître les particularités les plus saillantes de l’organisation de ces animaux.
$ 4. De la génération des insectes et de leur développement.
Le grand œuvre de la reproduction $’accomplitchez les insectes exactement.de la même manière que dans les animaux supérieurs. Le soinde propager la vie a été coufié à.des sexes distincts: l’un mâle, changé de produire un liquide fécondateur, l’autre femelle, de porter des germes susceptibles d’être vivifiés: Onne connait aucun insecte qui réunisse ces deux fonctions à la fois; il en existe, il est vrai, qui ne sont d’aucun sexe, et que pour cela on appelle neutres; mais il a été reconnu que ce sont desfemelles dont les organes génitaux se sont arrêtés avant d’avoir acquis tout leur Sérelôp ement.
Les organes générateurs des insectes ont les plus grands rapports d'organisation avec ceux des animaux
supérieurs, du moins daus leurs parties essentielles, et sont peut-être plus compliqués. Leurs modifications sans fin, selon les espèces, n’ont pas encore été étudiées comme elles le méritent, et d’ailleurs nous ne pourrions entrer dans un pareil détail; il nous suffira d’en donnerune idée générale. - fps
L'appareil mâle se compose dé deux sortes de parties bien distinctes : les unes chargées de préparer la semence, les autres de la porter au-déhors dans le lieu convenable. Les premières sont toujours cachées dans Pintérieur de l'abdomen, au-dessous et sur les côtés du canal intestinal. 11 n'existe à cet, égard qu’une seule exception, qui a lieu chez les libellules, dont les mâles ont leurs organes sexuels situés à la base de l’abdomen, en dessous. Les secondes pièces consistenten un organe rétractile accompagné de pièces accessoires de formes excessivement variables, dont les principales font l'office de pinces et shisissent l'organe femelle pendant l’accouplement. Ces dernières sont le plus souvent cachées dans l’abdomen comme les précédentes, et pour les voir il faut les faire sortir en pressant ce dernier entre les doigts, mais quelquefois aussi les pinces font saillie naturellement au dehors.
L'appareil femelle consiste en un ovaire, où sont déposés les germes , et où ils se développent de la fécondation, et un oviducte ou canal, par où ils passent pour se rendre au dehors. L'entrée de l’appareil , est quelquefois munie à sa partie la plus extérieure, de pièces cornées qui servent à la femelle à déposer ses œufs dans le lieu qui convient à leur développement. On les désigne , en général, sous le nom commun de tariére. Cette tarière est tamtôt composée d’une seule pièce, et forme un véritable tübe ; tantôt de deux valves appliquées l’une contre l’autre, mobiles alternativement d’avant en arrière, et renfermant entre elles des instruments propres à percer, à scier; ailleurs, elle est remplacée par un aiguillon qui sert d'arme défensive à l'animal.
L'accouplement dure plus ou moins long-temps, selon les espèces, et a lieu souvent dans des postures bizarres; mais ordinairement le mâle se tient sur le dos de la femelle. Une seule copulation suffit pour féconder tous les œufs que doit pondre celle-ci, quoique elle mette quelquefois un temps considérable à s’en délivrer. 11 ya mieux; dans une famille entière , celle des pucerons, cette fécondation s’étend à plusieurs générations ; la première donnant le jour sans s’être accouplée à une seconde, celle-ci à une troisième , et ainsi de, suite jusqu’à la huitième, et même davantage. - -
La ponte a lieu très-peu de temps après la fécondation, et la femelle expire presque immédiatement après, -mais non sans avoir pourvu par des soins ingénieux, souvent admirables, à la conservation de sa postérité. Ses œufs sont invariablement déposés par elle dans le lieu qui réunit toutes les conditions nécessaires à leur développement, de manière à ce que animal qui doit en sortir se trouve à portée des substances, soit animales, soit végétales, vivantes ou mortes, qui doivent servir à sa nourriture, Geux à qui leur nature ne permet pas de résister par eux-mêmes aux intempéries des saisons qui pourraient les assaillir entre l’époque de la ponte et celle de l’éclosion sont protégés de diverses manières; tantôt c’est un enduit gommeux qui les revêt en entier, tantôt des débris de plantes ou d’autres substances ; ailleurs, une couche de poils soyeux et serrés que la femelle arrache de son corps et qu’elle dispose en forme de toit, ou bien son propre corps reste collé sur eux après la mort, et leur sert d’enveloppe, etc. Le nombre des œufs pondus par une seule femelle est très-variable et quelquefois immense ; Leuwenhoek a calculé que la mouche ordinaire de nos appartements pouvait en mettre au jour,
en trois mois, 746,496, et l’on connaît d’autres espèces
qui vont encore beaucoup au-delà.
L’enveloppe extérieure des œufs est une sorte de
‘oque plus ou moins cornée, quelquefois membraneuse, et dont la forme, ainsi que la couleur, varient à l'infini. Le plus souventles œufs sont oblongs; ovales u globuleux; mais on en rencontre fréquemment de lats, orbiculaires, elliptiques, coniques, pyramidaux, carrés, en forme de turban; de poire, de melon, de bâteau, de tambour, etc.; quelquefois même leur orme est si singulière, qu'il serait dificile de les reconnaître pour de véritables œufs. Les dessinsset les couleurs dont ils sont ornés présentent des différences ion moins nombreuses. Étudiés sous ce point de vue, ils pourraient fournir de bons caractères génériques ; ainsi que le font les semences des plantes, mais jusqu’à présent on n’en a pas encore fait usage.
En décrivant plus haut l’organisation des insectes, nous ne les avons considérés que parvenus à leur point de perfection, et revêtus de la forme qu'ils ne doivent plus quitter désormais, forme qui constitue ce que l’on appelle l’insecte parfait. Leur génération nous a ensuite ramené au point de départ de l’animal, lorsque, sortant du corps de sa mère, il est emprisonné dans un œuf. Entre ces deux points extrèmes, ilexiste deux états intermédiaires par lesquels l'immense majorité de ces animaux sont obligés de passer, états dont nous ignorons la cause, mais pendant lesquels s'opère l'élaboration etconsolidation des organes qu’ils doivent posséder plus tard, et qui se présentent alors sous une toute autre apparence. Tous les insectes néanmoïns ne subissent pas des changements égaux avant d'arriver à leur dernier état, ainsi que nous allons l’exposer brièvement, et le plus ou moins d'importance de ces changements constitue un de leurs caractères les plus intéressants à étudier.
Au sortir de l'œuf, les uns sont, à la grosseur près, tels qu'ils resteront toute leur vie. Aucune de leurs facultés ne leur manque, si ce n’est celle de la géné- “lion, Leur développement s'opère comme celui des inimaux vertébrés, si ce n’est que de temps en-temps
ils se dépouillent de leur enveloppe extérieure, En d’autres termes, ils sont sujets à la mue. De ce nom. bre sont tous les insectes aptères, à l'exception de la puce, c’est-à-dire, les dépismes, les podures, eto.,| de l’ordre des thysanouressiet les pouæ; les ricins, eto,, de celui des parasites et des anoploures,
Les’autres sortent aussi de l’œuf avéé la forme gt. néralé qu'ils auront toute leur vie; ils sont agiles, ct acquièrent insensiblement une taille plus considérable en changeant de peau de temps en temps; mais lu aïles qu’ils doivent avoir plus tard ne DES pis encore, ou sont réduites à de simples rudiments, et se développent peu à peu au furet à mesure de chaque mue jusqu’à ce qu'elles aient atteint leur longucur normale, Parmi ceux-ci sontiles orthoptères où saute relles ete. , les hémiptères où punaises de jardin, ete, quelques névroptères, tels que les raphidies, ete.
Enfin, d’autres , plus nombreux que les précédens, se présentent, au sortir de l'œuf, sous la forme d'un corps sans ailes, mou et ressemblant à un ver, Dans le langage ordinaire, il est presque toujours désign sous ce derniernom , et, dans certains Cas, sous celui de chenille. Ge ver et cette chenille sont aussi plus ou moins agiles et, tant qu'ils sont sous cette forme, qui dure quelquefois plnsieurs années, ils mangent avec une voracité/qui les faiticroître souvent avec une rapidité extraordinaires Pan i leSinsectes qui naissent ainsi sont les dermaptères lesoléoptères, les syphonaptères (puces), les hyi éno ês, les diptères., ete. Quelques névroptères,, les Hi es, etc., font aussi partie develte catégôrk ; ma n’ont pas entitre ment la forme d’un ve ant pouivis de pattes et d’autres organes qui .| ntir déjà les formes de l’insecte parfait, 4
Lés insectes appattenant à cette dernière division ont reçu , lorsqu'ils sont sous la forme en question , le nom de larve, du mot latin /arva, qui signifie masque, et qui indique, par uné comparaison fort juste, que
GÉNÉRA LITÉS. LVI
‘insecte futur est alors caché où masqué. Ce mot. renant un sens plus général, a été ensuite appliqué ceux dela première division, bien qu'on découvre arfaitement au sortir de l'œuf ce qu'ils seront plus ard,
11 y aloin d’une larve de coléoptère, lépidoptère, iptère, ete., à ce que l’insecte doit être un jour; ussi les larves de ces ordres ont-elles à subirune autre ransformation avant d’en arriver là. Après avoir acquis le développement que comporte leur espèce en changeant de peau plusieurs fois, elles cessent tout-à oup de manger, et se choisissent une retraite où elles uissent être en sûreté. Leur peau se détache une dernidre fois, et découvre un corps de forme variable, mais sans ressemblance avec celui qui existait aupaavant, Sous cette nouvelle forme, l'animal ne prend point de nourriture , est incapable de locomotion , et 1e présente entièrement, dans les premiers jours, qu'une matière fluide, dans laquelle on distingue à cine quelques vestiges d'organes. Il est alors ce qu’on appelle une nymple, et; dans quelques cas, une chry= salidu, qi toutes sel PRrtce sont portées à leur point de perfection ,äl sort de l'enveloppe qui l’emprisonnait de toutes parts, ét entre dans la dernière :t la plus brillante époque de sa vie; en un mot, il est inscete parfait.
L'ensemble de ces divers changements constitue ce u’on appelle la métamorphose, dont on distingue eux sortes, suivant qu'elle est plus ou moins imortante, À Celle des orthoptères, hémiptères, de certains névro-
Lères, etc. , à qui il ne manque en naissant que des iles pour ressembler à l’insecte parfait, est la métamorplose partielle.
Celle des siphonaptèrés (puces), coléoptères, deraptères, lépidoptères et diptères, qui, en naissant , \ont ancune ressemblance avec l’insecte parfait, la métamorphose compléte.
LVHI GÉNÉRA LUTÉS,
Les thysanoures et les parasites sont les seuls qui ne subissent pas de métamorphose. Par ce caractère, ils font le passage des insectes aux arachnides et aux crustacés , et l’ordre naturel exige que l’on ouvre par eux la.classe des premiers.
Sous l’état de larves et de nymphes, les insectes présentent des particularités d'organisation qu’onine retrouve plus entièrement dans l’insecte parfait, Leurs mœurs sont peut-être alors plus curieuses à étudier que dans ce dates état. Nous allons donner une idée succincte des premières : les secondes feront partie du corps de l’ouvrage,
A. Des Larves.
Les deux sortes de métam orphoses dont nous venons de parler indiquent d’elles-mêèmes les deux grandes divisions dans lesquelles peuvent se classer les larves. Nous n’aurons pas à nous occuper ici de Celles qui ap-
artiennent à la métamorphose partielle; leur ressem-
lance avec l’insecte parfait, sauf les aïles et un petit nombre d’autres particulantés secondaires , n’exigeant aucun détail nouveau à ajouter à ceux que nous avons donnés sur le premier.
Le corps des autres se divise, comme dans l’insecte
rarfait, en segments qui sont ordinairement au nomfe de douze, non compris la tête, Mais ces anneaux ayant pris un développement à peu près égal, le corps paraît tout d’une venue , et l’on n’y distingue ni thorax ni abdomen proprement dits. Le premier ne se reconnaît plus qu’à la nature des pattes qu'il porte et qui correspondent à celles de l’insecte parfait. Gette division en segments qui existe ainsi pendant toute la vie de l'animal, mérite d’être remarquée, en ce qu'elle permet de concevoir la formation de l’insecte futur. 1l suffira, en effet, que quelques-uns de ces annéaux prennent un développement considérable, tan-
GÉNÉRALITÉS, LiX
dis que d’autresse rapelisseront ou même dispäraîtront tout-à-fait, pour que plus tard le corps présente les trois grandes divisions dont nous avons parlé. plus haut, La nymphe est à cet égard intermédiaire entre la larve et l’insecte parfait, ses anneaux ne gardant déjà plus la même proportion que dans la première, sans oflir encore toute l'inégalité de développement que l'on remarque dans le second.
Une peau molle, membraneuse et plus où moins élastique, recouvre en général tout le corps deslarves.
sauf la tête; elle devient, mais assez rarement, cornée | à la partie supérieure des premiers anneaux. On ne distingue plus dans ceux-ci deux arceaux comme dans l'insecte parfait, et leur partie supérieure ne porte jamais de membres proprement dits. Arrêtons-nous encore ici un instant sur la nature particulière de cette enveloppe tégumentaire, L’insecte parfait, qui doit provenir des larves qui nous occupent, étant emprisonné | dans des tégumentsisolides, dont il ne se délivre jamais par la mue.que la nature lui a refusée, n'aurait
pu croître si, dès sa naissance, ces téguments eussent | offert cette solidité. Une certaine période de son existence a donc dà lui être assignée, pendant laquelle sa peau étant molle, dilatable et sujette à muer , il opérerait sonsdéveloppement. Gette période est celle qui constitue l’état dla de sorte qu’au fond on retrouve la mue dans les divers modes de croissance de tous les insectes sans exceptions seulement, chez les uns, elle paraît suffire à elle seule à cette croissance, tandis que chez les autres elle se trouve plus ou moins combinée avec la métamorphose.
Dans la majeure partie des larves, la tête est plus dure que le reste du corps, et sa forme est en général orbiculaire ou arrondie ; elle paraît composée de deux lobes opposés Pun à l’autre, et qui renferment, dans l'angle ormé par leur écartement antérieur, les parlies de Ja bouche, Celle des larves de ordre dés ki ptres est, au contraire, couverte , comme le reste du
Lx GÉNÉRALITÉS
corps, dune peau membraneuse, et peut se dilater, se contracter de manière à prendre toutes les formes que désire l'animal. On ne la distingue alors des autres segments.que par les organes de la manducation dont elle est pourvue. Ces deux espèces de tètes peuvent, au besoin, dans un grand nombre d'espèces, se retirer dans l’intérieur du premier anneau.
On retrouve assez distinctement , dans celle de ha première espèce, les mêmes organes que nous avons décrits dans l’insecte parfait, les antennes, les parties de la bouche:et les yeux.
Les antennes sont très-petites, n’ayant que de deux à quatreou cinq articles, et sont ordinairement situées à la base des mandibules; elles sont en général peu visibles; et beaucoup de larves paraissent, par cette rai. son, n’en point avoir ou bien en sont réellement privées. i Il en est de même des yeux, qui ont la plus grande analogie avec les stemmates des insectes parfaits, et consistent en une réunion plus ou moins considérable de petites calottes convexes, qui ne doivent produire qu'une vision très-imparfaite, car quelquefois elles disparaissent äla suite d’unemue; elles sônt d’ailleurs si petites, qu’on ne les aperçoit ordinairement qu'à l’aide des plus fortes loupes, Les larves desvlibellules seules, et de quelques autres névroptères, ont des yeux De urqu mais moins grands que dans linsecte par-
ait. D Laboucheoffreles mêmes parties que dansles insectes broyeurs, et c’est une chose fort remarquable dans certains ordres que des insectes éminemment suceurs dans leur dernier état, tels que les lépidoptéres , par exemple ; vivent d'aliments solides, sous celui qu nous occupe, On retrouve en effet dans les chenilles un labre, une paire de mandibules, une paie de mâclioires, unelèvre inférieure et des palpes, Ces piècesne diffèrent de celles que nous avons décrites qu'en ce qu'elles sont plus petites et sujettes à un
moins grand nombre de modifications, La lèvre seule rend , chez les larves des libellules, une dimension tune forme extraordinaires, dont aucun insecte par. fait n’offre d’exemple analogue, Elle forme une esvèce de masque qui recouvre la face entière de lanial, et présente deux sutures, l’une transversale, qui a divise en deux parties ; une supérieure et une inféieure, formant une sorte de manche ou de mentoniicre ; l’autre longitudinale , qui partage la partie suérieure en deux valves susceptibles de s'ouvrir et de se fermer cumme des volets. Ces deux sutures perettent à la larve d'ouvrir à volonté ou les deux pièes supérieures seulement, ou le masque tout entier. Quand elle veut saisir une proie, elle s'en approche à pas lents ; le masque s’entr’ouvre, saisit la victime, et " se refermant soudain, la met hors d’état de s’échapper. Dans les larves qui ont reçu la faculté de produire de la soie, telles que celles des lépidoptères, dè quelques hyménoptères, etc., Porgane destiné au passage de cette soie où la filière ést situé à l'extrémité dela levre entre les palpes. De sa forme intérieure dépendent toutes les modifications qu’on observe dans la nature des fils, les uns étant arroodis, plats, triangulaires ; les autres, renflés d’espace en espace, etc, Chez les larves des diptères dont la tête est molle, les parties de la bouche sont peu distinctes, et l’on ne reconnaît guère que les mandibules qui forment deux petits corps crustacés plus ou moins saillants ét crochus. Les trois premiers anneaux qui suivent la tête et représentent le thorax de l'insecte parfait, portent en dessous, dans Ja majeure partie des larves, six pattes , ‘ui contiennent dans leurintérieurcelles que doit avoir Ma jour ce. dernier, ainsi qu’on peut s’en convaincre Parune expérience facile : si l’on en coupeune;la patte vorrespondante de Pinsecte parfait manquera lonsqu’il TA SON apparitions Ces pattes, que-l’on a nommées dilleuses, ‘ou vraies pattes ; attendu qu’elles sont cornees el solides, se composent de petits auticles comme
of sotiees
Hire s
LxII GÉNÉNALITÉS.
dans l’insecte parfait , et l’on y retrouve la hanche, le trochanter ; la cuisse, la jambe et les tarses, ainsi que leurs crochets; mais ces pièces sont la plupart à l’état rudimentaire et diMiciles à distinguer, Les pattes écail leuses varient beaucoup pour la grandeur, faisant quelquefois à peine saillie hors du corps, ailleurs s'al: longeant davantage, et se rapprochant sous ce rapport de ce qu’elles seront plus td
Certaines larves, surtout celles des hyménoptères ct des lépidoptères, portent, sous quelques-uns des an neaux qui représentent l’abdomen, d’autres organes locomoteurs, qui ont reçu le nom de paltes membra. neuses ou fausses paltes. Ce sont des espèces des man melons charnus, ordinairement coniques ou eylindri.
ues, plus ou moins contractiles, et qui diffèrent essen. tiellement des pattes précédentes en ce qu’il n’en reste plus aucune trace aussitôt après la transformation en nymphe. Elles sont le plus souvent armées en dessous de petits crochets plus ou moins nombreux et disposs circulairement, qui sont couchés à plat lorsque la patte se relève, et qui se redressent lorsqu'elle se pose, de sorte que asileur moyen l'animal se trouve fixé solidément au corps sur lequel il marche. Le nombre de ces pattes membraneuses ne s'élève que rarement andelà de dix-huit, Les larves des hyménoptères sont celles qui en présentent davantage ; les chenilles des lépidoptéres n’en ont jamais au-delà de dix. Dans les autres ordres elles sont souvent remplacées par des tuberoules plus ou moins nombreux, qui, quelquefois, sécrètent un fluide visqueux, lequel aide la larve st fixer au plan de position. Ge fluide semble être sécrété par toule la surface du corps dans certaines espèces, et leur rend le même service. Du nombre des pattes membraneuses paraît dépendre le genre de progres: sion qu'afectent certaines larves, surtout les chenilles des lépidoptères, Celles qui en ont un grand nombre et dont le corps est ainsi soutenu par des points d'ap: pui dans toute son éténdue ont, en marchant, des
GÉNARALUTÉS. LXIH
mouvements onduleux peu prononcéss leur corps s'éute peu du plan de position, et elles font de petits promptementwépétés. Chez les autres, au contraire, à mesure ‘que le nombre des fausses pattes dimioue et que les vides ou le corps reste sans points d'appui augmentent, la marche devient plus bizarre ; celles-ci marchent pour ainsi dire à grands pas, commençant par ramener la partie postérieure du corps près de l’antérieure, portant ensuite celle-ci en avant et recommençant alternativement cette manœuvre. Cette sorte d’allure, pendant laquelle elles semblent mesurer l’espace qu’elles parcourent, leur a fait donner le nom d’arpenteuses ou géomèlres,
Il est des larves qui sont complétement apodes,
c'est-à-dire dépourvues des deux espèces de pattes (que nous venons de mentionner; telles sont celles de l'ordre des diptères presque tout entier. Leur progression se réduit alors à des mouvements vermiformes qui sont un peu plus étendus chez celles qui se servent de leurs mandibules en guise de crochets pour se fixer à un objet quelconque et attirer ensuite leur corps en avant,
Un grand nombre de larves, surtout les chenilles, sont pourvues d’appendices très-variés, dont les uns paraissent servir à la défense, les autres de simples ornements où à quelque usage inconnu. Nous citerons parmi les premiers ce tenfcule bifide et rétractile que la chenille de notre papillon Machaon fait sortir à volonté du premier anneau de son corps en dessus; l'appendice que celle de la Dicranura vinula ou queue fourchue, fait sortir également à volonté de son dernieranneau, qui est très-développé et profondément bifide, appendice qui a la forme de deux filets charnus et assez longs auxquels elle peut donner toutes les flexions possibles, Les larves des Cassida portent, sur le dernier inneau, une sorte de fourche sur laquelle s’accumulent leurs excréments, qui leur servent aussi d’abri
contre l’ardeur du soleil. Parmi les secondes il su fira de mentionner la corne dont sont munies les ch. nilles de presque tous les Sphinæ@ de nos pays, sur l’avant-dernier anneau, ét ces éminences ou tubercules dont un grand nombre d’autres offrent quelquefois un double rang tout le long du corps. Il nous serait fa cile de multiplier ces exemples, qui sont très-nom breux.
La plus grande partie des larves ont le corps ras ou
résentent à peine quelques poils rares, dispersés sur eur pcau; telles sont principalement celles des coléoptères, hyménoptères et diptères. Les chenilles fournissent encore à cet égard le plus grand nombre d’exceptions : beaucoup d’entreelles sont couvertes de poils plus ou moins longs et épais, disposés uniformiment ou en toulles, en faisceaux de toutes les manitres imaginables ; d’autres sontarmées d’épines, simples ou branchnés, et ces deux sortes d’appendiccs, ainsi que le caractère d’avoir la”peau rase, sont communs à des groupes entiers, les chenilles d’un même genre ayant toujours entre elles la plus grande ressemblance à cet égard.
Ges poils et ces épines sont, ainsi que le corps luimême, décorés souvent des RE plus vives el offrent toutes les nuances et les combinaisons pessibles; de sorte que la parure éclatante qui forme l’apa nage des at rm cgmence à se montrer che eux dès leur premier état, Les larves des autres ordres, qui pour la plupart vivent sous terre dans l'intérieur des végétaux ou dans les matières en décomposition, sont, au contraire, en général de couleur blafarde, gri sâtre ou blanchâtre et sans éclat.
L'état de larve constituant la période pendant hquelle doit s’opérer le développement des insectes, ln plupart croissent alors avec une rapidité extraordinaire. On a calculé, par exemple, que les larves des monches de la viande devenaient une fois et demie
GÉNÉR A LIDÉS. LXV
plus pesantes qh'auparavant dans le cout espace de vingt-quatre heures, et que celle du Cossus ligniperda, après avoir acquis Loute sa grosseur, pesait 72,000 fois it qu'au moment de sa sortie de l'œuf. Toutes n’augmentent pas depoids et de taille dans une proportion aussi forte, mais en général il n’existé pas d’animaux où la croissance ait lieu avec une aussi grande rapidité. Elle s'opère, du reste, ordinairement non par gradations insensibles, mais par intervalles subits, et se lie intimement à cet égard avec la mue; celle-ci n'a même pas d'autre but que de engplégr au défaut d’élasticité suffisante qui existe dans la peau des larves: Quand celles-ci se sont assimilé par la nutrition une quantité considérable de substances alimentaires et que leur corps gonflé ne peut plus être contenu dans son ancienne peau, il fant de toutenécessité que celleci soit rejetééet fasse place à une autre qui se trouve formée au-dessous d'elle, Aussi rémarque-t-on que celles dont la peau plus molle peut se prêter à une tension presque indéfinie, ne sont pas sujettes à la mue. Lord entier des diptères ét quelques hyménoptères sont dans ce cas. La peau rejetée à la suite de cette crise esL souvent si entière qu’elle pourrait être prise pes la larve elle-même; on y retrouve non-seulement enveloppe générale du corps avec les poils dont elle était garnie, mais encore celle de la tète avec les yeux, les antennes, les palpes et les mâchoires, qui, si on les examine intérieurement, paraissent creux comme autant d’étuis. Les organes intérieures subissent un dépouillement encore plus merveilleux, rejetant, suivant quelques anatomistes, la membrane qui tapisse intérieurement le canal digestif, et, suivant d’autres, seulement celle des principaux troncs des trachées,
Chez les larves des lépidoptères, qui sont les mieux connues de toutes, lenombre des mues est ordinairement de trois on quatre ; on en connait cependant qui vont Jusqu'à huit ou dix. Mais un fait encore peu connu et Ms - diflicile à expliquer a lieu à cet égard; c’est que
le nombre des mues peut varier dans la même espèce, suivant l’espace de temps qu’elle passera à l'état de larve. Chaque mue est du reste pour une larve uno crise pénible à laquelle elle se prépare en cessant de prendre de la nourriture pendant un ou deux jours; elle devient faible et languissante, ses couleurs se ftrissent, et elle se met en sûreté dans une retraite qu’elle se choisit à dessein. Après des efforts plus on moins répétés, sa peau se fend ordinairement sur le dos, puis le crâne se divise en plusieurs pièces, ct elle se dégage plus ou moins promptement de son enveloppe. Sa nouvelle peau, d’abord très-impressionna ble, se raffermit peu à peu, et elle se dédommage de sa longue abstinence par un redoublement de vora cité.
La quantité de nourriture que prennent les larves dans un temps donnt, influe nécessairement beaucoup sur la rapidité de leur croissance. Il en est qui sont en quelque sorte insatiables et dont la vie se passe à manger. D’autres ne le font qu’à de certains intervalles, soit pendant la nuit seulement, soit indifféremment à toutes les heures du jour, On observe les plus grandes variéiés à cet égard. Il n’est, du reste, aucune substance animale ou végétale, vivante où Too sée, qui ne convienne à quelque espèce. Parmi celles quisont phytophages, principalement les chenilles, on remarque que les espèces d’un même groupe sont fixées pour la nourriture à certaines familles de plantes : ainsi celle qui attaque de préférence une espèot de crucifère pourra, à défaut de cette espèce, g'alie menter d’une autre appartenant à la même famille. On en connaît également qui peuvent vivre de plantes de groupes très-différents; mais ce cas est assez rar. On a cru long-temps que chaqué espèce de chenille nt faisait usage que d’une seule espèce de végétaux, mai il est bien avéré aujourdhui que cette opinion est con plétement erronée.
L'instinct des larves brille surtout dans les procédés
ue quelques-unes emploient pour se construire un bri, Un grand nombre se contentent, à cet égard, es trous qu'elles creusent en rongeant les substances ont elles se nourrissent ; d’autres profitent des excaations naturelles ou faites par d’autres insectes, qu’elles ncontrent, mais il en est aussi beaucoup qui y metnt plus d'industrie. Ainsi certaines chenilles se font es fourreaux avec des feuilles, qu’elles roulent en coret et lient par leurs bords au moyen de fils de vie, ce qui leur a fait donner le nom de rouleuses. autres, qui vivent aux dépens de nos étofles en ine, emploient les fils de ces dernières pour contruire le leur, Des débris de plantes, de bois, des fragnents de gravier réunis au moyen de fils de soie, serent de matériaux à d’autres, Ilen est qui n’emploient ue cette dernière substance sans mélange de matières trangères. Enfin quelques-unes de très-petite taille, ui vivent dans l’intérieur des feuilles, ont soin de ne onsommer que le parenchyme et respectent VEDE erme de chaque surface, qui leur sert d’abri. Elles e creusent ainsi de longues galeries tortueuses qu’elles rolongent dans tous les sens, Gette manière de vivre ur à valu le nom de chenilles mineuses.
Ge que nous avons dit de l’organisation intérieure e linsecte s'applique, sanf des modifications plus ou 1oins grandes, aux larves, La manière de vivre n'étant as toujours la même dans ces deux états, les organes oivent nécessairement offrir quelques différences. insi certaines larves, qui vivent dematières végétales e changeant plus tard en insectes parfaits qui sont arnassiers et vice versd, la longueur du canal intestial sera plus considérable chez elles dans le premier as, et moindre dans le second. Du reste, la nutrition opère de la même manière ainsi que le mouvement ü sang, au moyen du vaisseau dorsal, La respiralion, ans les lauves terrestres, est aussi la même que dans insecte parfait ; comme celui-ci elles ont, en général, iuit stigmates placés par paires sur chaque an-
neau, à l'exception du second et dutroisième, qui « sont dépourvus: Dans celles des diptères, le premia anneau ést au contraire privé de ces ouvertures, «| elles commencent à paraître sur le second, Les autres, qui sont moins nombreux que chez les larves des an tres'ordres etqüi ne dépassent guère huit, sont acou: mulées sur les derniers anneaux, quelquefois sur celii qui termine le corps. Les larves aquatiques vivant dans un milieu bien différent de celui des précédents, ont dûnécessairenient éprouver quelques modifications dans leur appareil respiratoire extérieur. Tantôt « sont des espèces de pièces lamelleuses ou foliacées at. tachées aux côtés de l'abdomen ou à l'extrémité du corps, et contenant de nombreuses trachées comme dans les larves de quelques éphémères, tantôt des pa: quets de filets membraneux comme dans celles dés friganes, où une large ouverture anale fermée dans l'in action par plusieurs pièces cornées, et qui contient les organes respiratoires dans son intérieur, aini qu’on le voit chez les larves des libellules; où un lon tube rétractile, comme chez celles de quelques dipté res, etc. Plusieurs de ces appendices jouent en mênt temps le rôle d’organes locomoteurs, et sont pour ls larves qui les possèdent ce que les nageoïres sont pour les poissons,
Le système nerveux des larves diffère souvent beat: coup de celui qu’aura l’insecte parfait; les ganglions sont en général plus nombreux et les deux cordons téraux et parallèles n’ont pas une &i forte tendance st réunir. Les sens paraïssent aussi moins bien définis t! parfois douteux. Nous avons déj vu que celui deh vision est dans ce dernier cas; celui de l’oute est égale. ment obscur. Quant à ceux de l’odorat et du goût, ill existent indubitablement et même sont assez dévelop: pés;puisque beaucoup de larvessonttrès-sensibles à cer taines odeurs et que toutes refusent obstinément dt prendre les aliments qui ne leur conviennent pas. lt lact est avec ces deux derniers le plus parfait de leu
GÉNÉRALINIS. LXIX
sens, leur peau, molle et membraneuse, recevant ausitôt la plus légère inprpe des corps étrangers”
Le système musculaire, médiocrement énergique hez la plupart d’entre elles, est excessivement déveoppé dans certaines chenilles du nombre de celles que nous avons dit se nommer arpenñteuses. Un grand ombre de celles-ci ne contractent mi n’allongent leurs nneaux ; leur corps, allongé, raide, de couleur de ois ou d’écorce dans quelques espèces, les fait souvent prendre pour un petit bâton et leur a valu le nom ’arpenteuses en bâton. Les attitudes bizarres qu’elles fectent et qui supposent une force prodigieuse dans es muscles, servent encore.à faciliter l'illusion. Onven oit qui saisissentune petite branche d’arbreoulepétiole l’une feuille avec leurs fausses pattes; élèvent leur corps erlicalement, et demeurent aïnsiraides et immobiles endant des heures entières; d’autres prennent une afinité d’attitudes différentes et qui demandent enore plus de force, car on.en voit-dont le corps est-en re de cercle, en zig-zag, ete. Les muscles qui les’ont outenues dansices positions singulièresles ymaintienent souvent après Le mort. Quelques autres cheniles exécutentaussides mouvementsbizarres; celles des incides, crambides, etc: lorsqu'on les touche, s’enuient areculons, avec la plus grande rapidité; celles des alocala sautent à plusieurs reprises ebs'élèvent assez laut pour pouvoir sorti d’une boîte profonde d’un lemi-pied où on les aurait placées. Mais ces exemples ont rares, et ceux-ci sont à peu près les seuls que ous aurions à citer pour cet ordre. .
Les insectes passent en général à Pétat de larve la ïajeure partie de Jeur existence, mais on observe tanmoins les différences les plustextrèmes entre eux relativement à la durée de cet état. Six ou sept jours uffisent aux larves des mouches de la viande pour ac- Mérir tout leur développemént, tandis qu'il fauteinq Six ans à celle du cerf-volant. Entre ces deux points xlrèmes on observe tous les intermédiaires. La même
espèce peut ensuite, selon la quantité de nourriture qu'elle prend ,-la température à laquelle elle est soumise, et l’époquede l’année où elle est sortie de l'œuf, éprouver des retards ou anticiper sur la période ordi: naïre assignée à son existence sous cette forme. Le moment de la transformation en nymphe s’annonce chez la larve par des symptômes analogues à ceux qui précèdent la mue; elle erre de côté et d’autre en quête d’une retraite, perd ses couleurs et tombe dans l’engourdissement après avoir cependant, dans certains cas ;, pourvu à sa sûreté future en s’enveloppant dans un tissu plus où moins serré composé de soïe ou d’autri matériaux, Le moment critique arrivé, sa peau se fend et la nymphe fait son apparition.
B. De l'état de nymphe.
Si l’état de larve est. destiné, dans l'existence des insectes, à constituerla pér'ode de leur accroissement, celui-ci paraît n'avoir d'autre but que l’élaboration des organes de l'insecte parfait par lPévaporation des matériaux qui ne sont pas nécessaires à leur existence. C’est en conséquence un état de repos el d’immobilité pendant lequel lanimal s’assimile les substances dont la larve avait en quelque sorte fait provision. Il existe, il est vrai, quelques nymphes qui sont encore actives, mais ce ne sont pas les plus nombreuses,
Celles appartenant à Ja métamorphose partielle sont toutes dans ce dernier cas; elles ne diffèrent de la larve qu’en ce que leurs ailes sont plus développées que chez cette dernière, et de l’insecte parfait qu’ence que ces mêmes organes n’ont pas encore acquis tout le développement qu'ils auront chez celui-ci. La métamor phose semble se réduire chez elles à une véritable mut. Nous ne nous occuperons en conséquence iei que de celles qui appartiennent à la métamorphose complète.
Les nymphes de cette dernière espèce ent de com:
mun entre elles qu’elles sont immobiles, sauf quelques exceptions, et ne prennent point de nourriture , mais elles différent les unes des autres par leur forme extérieure, et on leur a donné différentsnoms qui expriment cette forme.
Îlen est qui sont recouvertes d’une peau membraneuse, et plus où moins transparente, qui n’enveloppe pas le corps d’une manière générale, mais se divise en plusieurs fourreaux distincts, renfermant les organes extérieurs , c’est-à-dire les antennes, les ailes et les pattes. Ces organes ne sont pas, en conséquence, appliqués exactement contre le corps, mais libres et faciles à distinguer, Telles sont les nymphes de tous les coléoptères; parmi les Ra nEAA celles des abeilles et des fourmis; celles des dermaptères ct de quelques névroptères et diptères. Nous les désignerons sous le nom de nymphes complètes.
Dans l’ordre des lépidoptères, la nymphe est également enveloppée d’une peau membraneuse ; mais les antennes , les ailes et les pattes sont FRouées exaclement contre le corps, et cette peau Iorme une suite d'étuis comés, soudés ensemble par leurs bords. Les auteurs ont donné plusieurs noms à ces sortes de nymphes, mais nous leur appliquerons celui de chrysalide qu'elles portent dans le langage ordinaire. Enfin les nymphes de la presque totalité des A èn ont une apparence qui diffère beaucoup de celles des précédentes, Nous avons vu que la plupart des larves de cet vrdre, ayant une peau très-extensible, ne sont pas sujettes à la mue. Lorsqu’elles se changent en nymphes, “est cette peau elle-même qui se durcit et qui enve- 0ppe Comme auparavant tout l’animal, d’où il suit {u'on distingue à peine la trace des anciens segments de la larve, et nullement les organes futurs de l’ineole, Nous appellerons ces nymphes avec les auteurs, \Ymphes resserrées.
La fonne générale varie ensuite à l'infini dans chaune de ces trois divisions , ét l’on pourrait sans peine
EXXII GÉNÉRALITÉS,
y établir des divisions secondaires ; mais ces passages existent aussi bien dans les insectes parfaits et les larves que dant les nymphes, et ne voulant donner en « moment que des notions générales, nous ne nous; arrêterons pas. Nous ajouterons seulement quelques détails sur chacune de ces divisions en particulier.
Dans la première, nous:prendrons pour exempl unenymphe de coléoptère. En observant à travers son enveloppe membraneuse l'animal qu'elle renfeyme, et qui, au bout de peu de temps, offre déjà toutes les parties de l’insecte parfait, onvoit leplus souvent qu'il est disposé de la manière suivante : Latête est fléchie sous le thorax ; les mandibules sont écartées et laissent à découvert la lèvre inférieure et les palpes labiaux : ces derniers paraissent recouvrir et cacher les mi choives dont les palpes font saillie de chaque côté. Les antennes passent sur les cuisses des pattes antérieures, et, se recourbant sous la poitrine, reposent sur la base des ailes qui sont aussi repliées entre les pattes intermédiaires et postérieures , et s’appliquent surces dernières. Les jambes sont repliées contre les cuisses avec les tarses tournés en RE J1 existe ensuite de grandes modifications dans cet arrangement relative. ment à chaque partie. Les nymphes de cette division présentent aussi des éminences, des épines ou des poils qu'on ne retrouve plus dans l’insecte parfait. Il en est, comme celle des Cassida, des Coccinella, etc, dont l'enveloppe est plus consistante, opaque, et dirobe à la eq insécte quelle renferme,
Les chrysalides de lépidoptères se partagent en deux grandes divisions très-naturelles, qui correspondent aux deux séclions établies dans cet ordre, les rhopalocères oudiurnes, et les hétérocères ou je culairesetnocturnes. Celles de la première offrent à leur partie antérieure plusieurs éminences dont deux sont ordinairement dirigées en avant, deux placées sur les côtés, et une dernière entre celles-ci, en dessous; de sorte que le tout a quelquelois une ressemblance plus
GÉNÉRALILÉS, LXXI
où moins forte avec une face humaine. A la partie inférieure, il existe également quelquefois un double rang de protubérances. Ces chrysalides sont désignéessous le nom d’anguleuses. Les autres, quiontreçu celui de chrysalides coniques, ont ordinairementla forme d'un corps cylindracé, ovale et arrondi à son extrémité antérieureet en cône plus ou moïns allongé à son extrémité postérieure qui se termine par un nombre variable de petits erochets.Ghacune de ces deux divisions offre, du reste; plusieurs exceptions : ainsi la chrysalide de l'anthocharis cardamines, qui appartient à la première, a la forme d'une nacelle Pal uutes et celle du 4ombyæpytiocampa, qui fait partie de la seconde, est aiguë à la partie antérieure et obtuse à lopposée:; mais on reconnaît toujours sans peine à laquelle des deux seetions une chrysalide quelconque appartient. Dans toutes deux on observe les parties suivantes : Antérieurement l'étui de la têle, qui recouvre et protége celle de l’insecte parfait ; à ses côtés sont attachés les étuis des antennes, et en avant, à, sa partie moyenne, celui de la trompe; à la base des antennes, se trouvent ceux qui recouvrent les yeux ; vient ensuite l’étui du tronc, qui se divise en trois parties, correspondant au prothorax, mésothorax et métathorax; en dessous , la portion qui recouvre la poitrine ét s'étend de la tête aux segments inférieurs dé l'abdomen, supporte les étuis des ailes et ceux des pattes. Le tout est Spocie dela manière suivante : les étuis dés ailes, qui sont plus ou moins Wiangulaires, et sux lesquels font légèrement saillie les grosses nervures de ces organes , se dirigent en bas sur les côtés de là poitrine, et recouvrent ou remplacent les trois premiers segments inférieurs de l'abdomen. Les étuis des antennes, unis à la portion antérieure dela tête, derrière ceux des Yeux, sont placés à côté des étuis des ailes, et s'étendent parallèlement à leurbord intérieur, Viennent ensuite les pattes, dont les jambes forment un angle avec les cuisses, et dont les antérieures sont placées le plus intérieurement, La
spiri-trompe est étendue sur ces dernières, sauf dans quelques espèces, où elle forme une sorte de saillie recoutbée, dégagée du reste de l'enveloppe (sphynæ convolvuli). L’étui de Pabdomen paraît composé de segments dont le nombre varie de sept à dix, et qui n’est pas le même en dessus qu’en dessous; les ailes et les autres organes les recouvrant de ce dernier côté. Cest la seule partie des chrysalides qui jonisse de quelque mobilité, et qui donne signe de vie lorsqu’on les inquiète. Dans certaines espèces, néanmoins (anthocharis cardamines, la plupart des {ycénides), les anneaux sont soudés énsemble, et inflexibles comme le reste de Venveloppe. Le bord des anneaux est assez souvent armé, chez les hétérocères, d’un ou plusieurs rangs de petites épines ou garni de touffes de poils, etc.
Les chrysalides coniques sont/, à très-peu d’exceptions près , brunes ou noires, mais les autres sont ornées de couleurs très-varites, et quelquefois trèsbrillantes, comme on le voit chez celles des Vanessa,
ut ont des taches d’or ou d'argent sur un fond som- Dre. C'est à cette particularité que les chrysalides doivent le nom qu’elles portent , et qui s’est étendu à toutes, quoiqu'il soit impropre pour le plus grand nombre:
La forme des nymphes resserrées est beaucoup plus variable que celle des chrysalides. La majeure partie sont, ilest vrai, ovales ou elliptiques, et sans aucun organe distinct, si ce n’est qu’elles conservent à l’extérieur les traces dessegments qui composaient le corps de la larve; mais d’autres affectent des formes plus où moins singulières; il en est quelques-unes qui conservent celle de la larve, et qui-se rapprochent ainsi des nymphes de la première division.
La situation dans laquelle les nymphes doivent pas ser le temps de repos qui leur a été assigné, fournit matière à des observations non moins intéressantes quel'industrie des larves ; on peut les diviser, À cel égard , en trois grandes sections + celles pour qui, êX-
dé. ns. mis En . d ”
cepté le choix d’une retraite, les larves n’ont pris aucun moyen particulier de préservation ; celles qui sont suspendues, et enfin celles qui sont entourées d’une coque formée de soie, ou de matériaux quelconques.
Dans le premier cas, se trouvent un grand nombre denymphes appartenant à tous les ordres; on les rencontre ordinairement dans le lieu où a vécu la larve, ou à peude distance de là, soit enfoncées dans le sein de la terre , les vieux trones d’arbres , les crevasses des murs, l'intérieur des tiges des végétaux, etc. , soit cachées sous les écorces Re feuilles mortes, les débris d’animaux, et autres lieux analogues.
Celles qui sont suspendues appartiennent uniquement aux lépidoptères de la division des whopalocéres et le sont de deux manières : ou attachées, par l’extrémité postérieure du corps, à un petit monticule de soie adhérant à un objet quelconque, ou munies en outre d’une ceinture de soie qui les maintient dans une position plus ou moins verticale. Tous les rhopalocères, sans exception, n’emploient pas néanmoins l’un ou l’autre de ces deux modes de suspension ; ilen est, comme les hespérides, dont les nyÿmphes sont renfermées dans une coque lâche, ou qui, comme plusieurs lycénides et satyrides , sont légèrement enfoncees en terre, \
La troisième catégorie contient des nymphes de presque tous les ordres. Il existe en effet des coléoptères, des névroptères, des hyménoptères, et même des diptères, dont les larves construisent des coques de soie pure, ou mélange avec d’autres substances , ou enfin composées d’une sorte de matière gommeuse. Mais celles des lépidoptères hétérocères l'emportent à cet égard sur toutes les autres. Lei les procédés sont si variés et les coques différent tellement entre elles, que nousne pourrions , sans dépasser les bornes de ces généralités, en donner une idée suffisante ; quelquesunes n’offrent que quelques fils lâchement enchevèlrés
LXXVE GÉNÉRALITÉS,
les uns dans les autres; certaines, un tissu serré rendu plus compacte par Paddition d’une matière gommeuse ; d’autres, un mélange de soie et de débris de feuilles, de brins d'herbe où de bois, de sable, etc.; quelquesunes sont enveloppées dans de la terre que la larve a renduesolide, en la comprimant intérieurement, et y ajoutant quelques fils de soie, ete,; on enrencontre d'o. vales ; d’ellipsoïdes, de cylindriques, de naviculaires, de lagéniformes , en un mot de toutes les configurations imaginables, Comme ces coques fournissent de bons caractères génériques , ainsi que les nymphes qui les habitent ; on trouvera leur description lorsque nous traiterons de l’ordre des lépidoptères.
La durée de l’état de nympheest aussi variable que celle de l’état de larve ; elle s'étend comme celle-ci de quelques jours à plusieurs années; mais une quinzaine de jours est le terme le plus général. Elle pa: raît dépendre de la grosseur des nymphes et de la température à laquelle elles sont expostes. Lesparties de l’insecte parfait s’élaborant d'autant plus vite que l’évaporation des fluides superflus est plus prompte, il est facile de concevoir que cette évaporation sera plus prompte dans une petite nymphe que dans une grosse, et par une haute température que dans un temps froid; mais cette règle n’est pas sans d'assez nombreuses exceptions. On connaît de petites nymphes qui éclosent RASE plus tard que d’autres qui ont plusieurs fois leur volume, On observe ensuite, surtout parmi les chrysalides, une anomalie fort sin-
ulière à cet égard. C’est que parmi un certain nonf
re appartenant à la même espèce , transformées à la même époque et placées dans des conditions absolument semblables, les unes éclorront à l'époque habituellefxéeponneette espèce,tandis que les autres éprouveront des retards qui pourront aller de quelques jours à plusieurs mois el au-delà, 11 semble que la na- Lure ait voulu se réserver des individus destinés à continuer lPespèce pour le cas où lun de ces dangers
auxquels sont soumis les insectes l’envelopperait dans une destruction presque complète.
Aux approches de anlerions les nymphes éprouvent quelques changements qui annoncent que le moment de leur dernière transformation est arrivé. Leurs couleurs changent; on aperçoit au travers de leur enveloppe celles de linsecte parfait; les anneaux de l’abdomen se gonflent légèrement et perdent une grande partie de la mobilité qu'ils avaient; enfin linsecte parfait se dégage de son enveloppe de diverses manières. Dans les nymphes de la première division, celle-ci se fend ordinairement sur le dos, et l'animal dégage, les uns après les autres , ses organes des fourreaux qui les contenaient ; chez les chrysalidesil en est de même ; et quelquefois les fourreaux soudés ensemble se séparent les uns des autres; enfin, dans Ja plupart des nymphes de diptères, une portion de leur partie antérieure se soulève en forme de calotte, et l'insecte fait sa sortie par l’ouverture qui en résulte. Gelte opération est fort simple pour ceux cont les nymphes sont nues, mais pour ceux chez qui elles sont enveloppées dans une coque, c’est un travail assez difficile que de sortir de cette dernière. Quand les fils de la coque sont lâches ét mal unis entre eux, l'insecte parvient sans peine à les écarter et à se frayer un passage, Si le lissu est compacte et fortifié par une malière gommeuse , il rend par la bouche un fluide qui a la propriété de dissoudre cette dernière, ainsi que de ramollir la soie, qui lui livre alors un passage facile, Beaucoup de larves qui se convertissent en nymphes dans l'intérieur des tiges pourvoient d'avance à la sortie de linsecte en rongeant, sauf l’épiderme, un peut espace circulaire qui se trouve ainsi recouvert Par une espèce de porte que Pinsecte parfait n’a qu’à pousser pour se trouver en liberté.
. Ausortir de la nymphe celui-ci est dans un état de faiblesse cxtrème: ses téguments sont sans consistance,
el ses ailes chiflonnées et repliées sur ellesmêèmes par :
EXXVII GÉNÉRABITIS.
une multitude de plis très-fins. Mais bientôt elles si. tendent et prennent la grandeur qu’elles doivent avoir: l'animal les essaie à diverses reprises, et prend enfin son vol dans les airs ou se met en quête de sa nourriture ou de sa femelle. Il en est un grand nombre qui rendent, dans ces premiers instants, par l’ouverture anale , un liquide rougeñtre ou grisâtre analogue au méconium des animaux vertébrés. Les taches quien résultent sur les plantes, les murs, etc., ont fait croire long-temps à ces pluies de sang dont il est si souvent question dans les anciens auteurs. Tous les insectes ne sé lancent pas aussi promptement sur la scène que nous venons de le dire : il en est beaucoup, surtout parmi les coléoptères, qui restent encore long-temps dans la retraite que s'était choisie La nymphe , jusqu'à ce que leurs téguments aientpris la solidité conveable. 11 faut près d’un mois pour cela au hannelon vulgaire, cinq ou six semaines au cerfvolant, ete.
Nous voici revenus au point d’où nous étions partis, Maintenant nous pouvons donner une définition des insectes qui devra comprendre en peu de mols les principaux caractères de leur organisation que nous venons d'exposer brièvement. Ghacun de ces caratières, considéré isolément, n'appartient pas aux seul insectes, mais c’est leur réunion qui fait qu’un animal appartient à la classe de ces derniers. Nous les définirons donc :
Animaux dépourvus de squelette intérieur; — à sys 1ème nerveux composé d’un double cordon renflé d’espact en espace, el situé sous le ventre, à l'exception des pre miers ganglions, qui sont placés au-dessus de l'æsophage — sans cireulalion, proprement dite; — vespirant par des trachées qui communiquent avec l'air cætérieur par des stigmalcs latéraum; — ovipares et à romes séparés ;— ayant le corps recouvert de téguments coriaces où mOn braneux, ct divisé en trois parties principales distinoles; savoir: 19 une tête offrant deux antennes, deuæ yon s, quelquefois des stéminates el une bouche de
orme trés-variable; 2° un tronc ou thoraæ portant touurs en dessous six paltes articulées, el souvent en dessus eux ou quatre ailes ; 3° un abdomen composé d'un nomre variable de segments, et portant les organes seœucls son extrémité postérieure ; — enfin n’offrant complélenent ces diverses parties qu'après êbre passé , sauf un rés-petitnombre d’exceptions, par plusieurs changements uccossifs qui constituent la métamorphose.
En appliquant avec justesse cette définition dans Ja ratique, on distinguera toujours facilement les animaux qui sont de vérilables insectes de ceux qui n’en ont pas. Ainsi on ne confondra pas avec eux un crusacé quirespire par des branchies, qui a plus de six attes, ordinairement quatre antennes, une bouche somposée d’un plus grand nombre de pièces, ete. ; ni me araignée qui a huit pattes, qui est privée d’anennes et d’yeux composés, et qui respire au moyen l'organes analogues aux poumons des vertébrés. On en istinguera aussi facilement sans peine les myriapodes tutos, scolopendres), qui leur ressemblent à beaucoup Wd’égards, mais dont le corps, composé d’un nombre très-considérable de segments qui augmentent avec ‘âge, n'offre ni tronc ni abdomen distincts, et porte quelquefois plus de deux cents paires de pattes. Tous ces animaux ont plus où moins de napports avec les insectes, et ont été long-temps confondus dans la même classe ; mais aucun d’eux n’oflre complétement l'ensemble des caractères que nous avons exposés plus laut,
Chaque branche des sciences naturelles emploie, pour désigner les modifications qu’éprouvent les organes où d’autres circonstances , ‘un certain nombre de termes particuliers qui lui sont propres où qu’elle a pris dans le langage ordinaire, en les détournant quelquefois un peu de leur acception primitive. Cette partie de la science constitue la glossologie. Celle de l'entomologie est assez étendue; et comme le leeleur pourrait se trouver embarrassé dans plusieurs
endroits, faute de comprendre certaines expressions, nous avons cru utile de donner la liste alphabétique de celles que nous emploierons. Pour ne pas la grossir inutilementnous passerons sous silence celles dont tont le monde connaît le sens, telles que carré, rond, ovale, ete. Mais nous avons cru devoir y: comprende d’autres dont l'usage est un peu moins familier dansle langage ordinaire, comme trapézoïde, ellipsoïd, ovoïde, etc., qui teus s'emploient fréquemment dans les descriptions.
GLOSSOLOGIF,.
Acère (acerus), privé d'antennes,
Aviculaire (acicularis), terminé en pointe tuès-fine et un peu allongée, comme celle d’une aiguille. Le der. nier article des palpes est quelquefois dinsi conform.
Acuminé (acuminalus), se terminant graduellement en pointe aiquë.
Aigreté (aristatus), muni d’une touffe de poils plus où moins serrés, el un peu raides.
Anal (analis), dépendant ou voisin de l'anus; aint Pon dit ouverture anale pour l’anus lui-même, angle anal pour désigner l’angle des ailes inférieures le plus voisin de l'anus, et qui correspond à l'angle interne des premières ailes.
Anélytre (anelytra), qui est dépourvu d’élytres.
Anneau (annulus) , tache colorée en forme de cercle, et vide dans son intérieur; elle peut exister, soit sur une surface , soit autour d’une partie solide,
Annele (annulatus), entouré d'un ou plusieurs anneaux colorés,
Antennaine(antennaris), qui dépend ou fait partie des antennes,
Apical (apicalis), qui est situé à l'extrémité d'une partie.
Apode (apoda) , dépourvu de pieds,
Aréolé (areolatus) se dit d’une surface qui présente à plus où moins grand nombre d’aréoles ou cellules, Articulé (articulatus) se dit d’un organe composé de usieurs pièces contiguës , et de chacune de ces pièces particulier relativement à celles qui l’avoisinent ; nsiles antennes sont des organes articulés, et leur cond article s'articule avec le premier et le second. Ascendant (ascendens) , qui tend à s'élever verticament ; ex. : les palpes labiaux dans la plupart des pidoptères.
Astume (astomus), qui n’a point de bouche; ue sectes, qui ne prennent point de nourriture dans leur nier état, et dont la bouche est à peine visible , sont nsi appelés quelquetois.
Atmosphère (atmosphera) , tache composée d’atomes peu colorée, qui entoure ou avoisine sur l’un de ses tés une autre tache mieux définie ; les yeux des ailes s lépidoptères, en offrent assez souvent de ce genre ns leur voisinage, Alome (atomus) , particule colorée de la dernière andeur, Atténuë (attenuatus) se dit d’un organe qui diminue gèrement en grosseur sur une portion quelconque de n lrajet.
Auriculé (auriculatus), muni d’une ou plusieurs oreilttes, Avancé (productus) se dit principalement de la tête rsqu'elle fait saillie en ligne droite en avant du tho- Aveugle (cæcus) se dit d’une tache oculaire dépoure de pupille, Barbu (barbatus) se dit d’une partie revètue de poils us longs que ceux des parties voisines, et imitant e barbe, Bi (bi). Ge mot, mis devant un autre, indique que la opriété exprimée par celui-ci existe deux fois. Ainsi n dit bilobé, bipectiné, biflabelté, ete.
Bordé (limbatus) se dit d’une pièce dont les bords
LXXXIT GÉNÉRALITÉS.
se distinguent du reste de la surface par quelque « ractère, soit de couleur, soit de substance.
Bouclier (En forme de) (clypeatus) se dit particuli rement du prothorax lorsqu'il déborde la tête et lan couvre en entier, comme dans les copris. On s’en sut aussi quelquefois pour exprimer la forme générale du corps lorsqu'elle ressemble à celle d’un bouclier, comme dans les cassida.
Boueux (lutosus) se dit d’une partie des tégumenk recouverte d’une efflorescence qui forme une sorte dt croûte pareille à de la vase desséchée et peu adhérente,
Calleux (callosus), qui imite une sorte de callositi; se dit des Léguments extérieurs qui offrentune élève: tion de forme indèterminée qui paraît formée paru endurcissement de Jeur substance.
Campanulé (campanulatus), en forme de cloche,
Canaliculé (canaliculatus), qui offre un sillon largt ressemblant à un canal.
Cansellé (cancellatus), offrant des lignes colorées ql se coupent les unes les autres à angle droit.
Caréné (carinatus), dont les Morse sont fortementre levés et tranchants.
Caroncule (caroncula), appendice charnu susceptible de contraction et de dilatation.
Catérulé (catenulatus) se dit d’une portion des tégur ments qui présente une suile d’élévations interrompléi imitant une chaîne.
Capillaire (capillaris), d’une ténuité extrème pareil à celle d’un cheveu. S'applique principalement quelques antennes.
Chagriné (granulosus), couvert d’aspérités très-rap' prochées comme celles de la peau de chagrin.
Cilié (ciliatus), garni sur les bords d’une rangée poils parallèles. ,
Cliète (chetum), filet bi ou tri-artieulé qui termilt les antennes des diptères, et qui représente la tige‘ celle des coléoptères, orthoptères, elc.
Chauve (calvus) se dit d'une portion des tégumenl
: … CÉNÉRAMITÉS. LXXXHI
épourvue de poils, tandis que les portions environntes en sont pourvues.
Chevelu (comatus), couvert de longs poils flexibles. Clepsydré (clepsydratus), qui a la forme d’un sablier, est-à-dire de deux cônes tronqués unis par leur somel.
Claviforme (claviformis), qui a la forme d’une masne.
Clvpéacé, clypéiforme (clypeiformis), qui a la forme ’un bouclier,
Cimicine (cimicinus) se dit d’une odeur qui ressemle à celle de la punaise.
Ciselé (cælatus ) se dit d’une portion des téguments ui offre plusieurs espaces planes de formes variées et lus élevés que le reste de la surface.
Colliforme (colliformis), semblable à un collier; se it du prothorax lorsqu'il est réduit à un anneau trèsrêle adhérant au mésothorax, comme dans les lépioptères, diptères, ete.
Conchiforme(conchiformis), en forme d’écailles; conexe d’un côté, concave de l'autre, comme les couilles des mollusques bivalves.
Commun (communis) se dit d’une tache de forme quel-
onque qui s’étend sans interruption sur deux pièces différentes et voisines.
Confluent (confluens) se dit des stries, des taches, ete. qui sont tellement rapprochées qu’ils semblent emee l’un sur l'autre et vouloir se confondre en un seul,
Concolore (concolor), d’une seule couleur.
Conné (connatus) se dit de deux pièces très-rapprochées et comme soudées à leur base; et principalement des antennes, qui sont dans ce cas.
Connivent VERRE) se dit de deux pièces trèsrapprochées dans toute leur étendue.
Contractile (contractilis), qui peut se replier ou se resserrer sur soi-même, Ainsi certains insectes ont des pattes contractiles, c'est-à-dire qu'ils peuvent les appli-