‹ Faune et flore populaires de la France-ComtéChapitre 4 sur 8 · IÔ · texte numérisé non relu

IÔ

chapeau esi beaucoup plus grand et la réputation mieux établie.

3° Bolet amadouvier. Polyporus fomentarius.

Boquelle (Belfort), bouquelle, bolet amadou, boudot (Montbéliard), bourrelot (L’Isle-sur-le- Doubs), bourli, borli, agaric (divers lieux), agaric desséché, peureton (Gonsans), lisgo (Jura), bolet amadou (Belfort).

On dit : « Sec comme du boudot » (Montbéliard), « comme du bourlot » (Bournois) ou burlot. Ce champignon servait autrefois à la fabrication de l’amadou et pour arrêter les hémorrhagies.

Il vient sur les arbres et les enfants le fument en guise de tabac. On désigne en général sous le nom de bolet tous les champignons garnis de tubes sous le chapeau.

Dans le genre des bolets citons encore celui qu’on appelle amadou blanc ; il croît sur les vieux arbres, entre l’écorce et le bois et il a l’aspect d’une peau de gant plus ou moins épaisse. Il a le velouté de l’amadou. Enfin, il faut citer le bolet odorant, qui pousse sur les saules et les hêtres morts.

Cantarellus cibarius.

Chanterelle, roussotte (Besançon, Gonsans, Moncey), jaunotte (Beaumotte-les-Monbozon),

jaunette (pays de Montbéliard), girolle, rosotte (Bournois).

Cette espèce est la plus connue avec le champignon de couche. On met confire la chanterelle comme les cornichons. C’est un champignon peu digestif : on dit « qu’on les mange sept fois de suite ».

Polypore ombelle. Polyporus umbellatus.

Choux-fleurs. Il ressemble à un arbre dont les rameaux se termineraient par un chapeau.

i° Clavaire jaune. Clavaria flava.

Corail-chou-fleur (Montbéliard, Besançon), menotte (divers lieux), doyot (Montbéliard).

2° Clavaire corail. Clavaria coralloïdes.

Crête-de-coq, tripe, melotte, patotte.

Le nom de tripe lui vient de sa forme qui rappelle un peu les intestins cuits des animaux.

Dans le pays de Montbéliard, les clavaires sont nommées dayots, doigts, par allusion à la forme de ces champignons qui est celle du corail. Dans cette région beaucoup de personnes les nomment aussi choux-fleurs.

Ailleurs on les appelle menotte, comme dayots.

Lactarius deliciosus. Lactaire délicieux.

Le Polonais.

Ce nom de Polonais paraît venir de ce que les qualités de ce champignon comestible auraient été indiquées en France par des Polonais émigrés.

Marasmius oreades. Faux mousseron.

Champignon des fées, mousseron d’automne.

11 croît dans les prés et les pâturages, en automne.

Fistulina hepatica. Foie de bœuf.

Langue de bœuf, langue de châtaignier.

Sa chair rouge, un peu gélatineuse, lui a valu le nom de foie de bœuf, sa forme a du rapport avec une langue de bœuf.

x\manita vaginata. Grisette. Amanite enveloppée.

Coucoumelle, gourmelle, gaulemelle (Moncey).

Hygrophorus pudorinus.

Musseron (Pontarlier).

Lepiota .

Coulombelle, coulemelle (divers lieux), colombelle, corombale (Haute-Saône), parasol (Besançon), gaulemelle (Moncey), goimelle, potiron, paturon.

Ce champignon est très délicat.

Liévrot.

On nomme liévrot certaines espèces de cham-

pignons qui poussent souvent sur les vieux troncs d’arbres, dans les bois frais et dont les tiges, au nombre de trois à quatre, semblent sortir de la même souche ; ces tiges sont élancées, le chapeau est petit, blanc ou un peu jaune; dans leur ensemble, ils ressemblent à une éponge; dans celte espèce spéciale, on doit citer la clavaire. Le nom de liévrot vient de ses tiges allongées et minces comme les pattes d’un lièvre.

Lactarius torminosus. Lactaire douloureux.

Le douloureux.

On s’en servait autrefois en médecine comme diurétique ; il calmait aussi les coliques, ainsi que l’indique son nom latin.

Morchella. Morille.

Môriet (Mouthe), morouillet, morilledélicieuse, agaric délicieux, bougillon, vache rouge.

C’est un champignon très estimé. Il croît de préférence dans la haute montagne. La livre de morilles sèches se vend plus cher que les truffes.

Tricholoma. Mousseron.

Tricholome de la Saint-Georges, messiron (Clerval), tricholome blanc, meusseron (Mouthe).

On le trouve principalement dans des cercles ou ronds d’herbe verte qu’on nomme ronds des fées, cercles des sorciers ou des sorcières.

Dans la campagne, tout le monde connaît ces cercles où l’herbe est plus épaisse et plus verte que dans le reste du pré ou de la pelouse, ils sont très visibles au printemps et en automne. Ils ont environ trois mètres de circonférence et une largeur de 25 à 3o centimètres; Ces ronds ont toujours paru très curieux et sont demeurés longtemps inexpliqués. On sait aujourd’hui qu’ils sont formés par le mycélium du champignon. Dans un grand nombre de localités, à Landresse, à Laviron, par exemple, on croit encore que ce sont les emplacements des bals donnés par les sorciers.

On appelle aussi le mousseron champignon de parcours parce qu’on le trouve principalement sur les pelouses des communaux. Champignon de rosée , à cause de sa couleur rose au dessous du chapeau (Epenoy).

Clitocybe. Mousseron d’automne.

Meusseron (Mouthe), quicre (Rougemont).

Ces champignons croissent en automne, également dans des cercles de sorciers, comme les précédents .

Clitopilus. Orcelle.

Mousseron d’automne, meunier.

Cette espèce est d’un goût exquis. On nomme ce champignon meunier à cause de son odeur de farine fraîche.

Amanita caesarea. Amanite de ce'sar. Oronge.

Jaseran, chazeran (Moncey), le royal, amanite impériale, girole.

Ce beau champignon est orangé, à lamelles dorées. On lui donne les noms de royal et d'amanite impériale à cause de la qualité de sa chair.

Clitocybe nébuleux. Clitocybe nebularis.

Petit gris.

Fumeux, m’siron, grisole, gris (Mouthe).

Hydnum repandum. Hydne commun.

Pied de mouton blanc, langue de bœuf, langue de chat, hydne ondulé.

Amanita rubescens. Amanite rougeâtre.

Pie rouge (Moncey), russule, golmelle, golmette (i).

C’est sa tige rougeâtre qui lui a valu son nom.

Pleurotus laserpitii.

Pleurottes, frénoulet (Mouthe), langue de bœuf (Rochejean).

Quand on a fauché le laser à larges feuilles, il pousse sur ses souches un champignon qui est très recherché. Les vaches en sont très friandes.

(i) On remarquera que nos campagnards donnent le même nom à plusieurs champignons très differents pourtant les uns des autres.

Psalliota arvensis. Psalliotte des champs.

Teure-mouton .

Pratelle des champs, pratelle des jachères, teurre-mouton (Thurey, Moncey), boule de neige (Mouthe), torche-mouton (Montbéliard), meussiron (Rougemont).

Craterellus cornucopioides. Craterelle corne d’abondance.

Trompette de la mort (Clerval). C’est sa couleur noire qui lui a valu ce nom funèbre et peu engageant. Il est pourtant comestible.

Lactarius lactiHuus. Lactaire à lait abondant.

Vatchotte (Montbéliard), véchotte (Beaumotteles-Montbozon).

Ce champignon est jaune en dessus et verdâtre en dessous.

Toutes les' espèces de champignons que nous venons de citer sont comestibles, mais les plus estimées sont les mousserons de printemps, l’oronge vraie, la morille, la chanterelle ou roussotte, le bolet cèpe, les mousserons d’automne.

Il arrive souvent que les bergers cueillent les champignons qui leur sont connus, les passent, saupoudrés de sel, sur un feu vif ou sur la cendre et les mangent à moitié cuits après avoir enlevé la peau extérieure du chapeau. C’est un vrai régal et un aliment très nourrissant.

Dans la campagne, on néglige généralement la cueillette des champignons, par prudence; on redoute les empoisonnements qui se produisent fréquemment chaque année. Aussi ne faiton usage que de quelques rares espèces, faciles à reconnaître.

Parmi les champignons vénéneux, nous citerons !e plus dangereux :

Amanita muscaria. Amanite tue-mouches.

Tue-mouches, faux-chazeran, fausse-oronge, birliboubou, birliboubrou (Montbéliard), agaric bulbeux, bourlibot, borlibo (Plancher-les-Mines), bourlot, beurlot, bourlaie, boulaiche.

On reconnaît ce champignon aux verrues blanches éparses sur son chapeau qui est rouge ou orangé.

Il était autrefois administré en médecine, à l’intérieur contre l’épilepsie et les maladies nerveuses.

Pour tuer les mouches, on emploie ce champignon de deux manières ; on le fait tremper dans de l’eau et on le place ensuite dans une assiette, 'ou bien on le fait infuser dans du lait qui est mis à la portée des mouches.

Lycoperdon giganteum. Lycoperdon élevé.

Vesse de loup.

Vaise de loup (Gonsans), vossc de loup.

Le nom « vesse de loup » s’applique à plu-

T. Il

io

sieurs espèces de lycoperdons et de sclérodonnes.

Ce champignon a un chapeau presque fermé en bas.

Si on l’écrase et si on l’étend sur une brûlure, il la guérit assez rapidement. Quand il est sec, il produit, étant pressé ou froissé, une poussière roussâtre que les bergers s’amusent à enflammer.

La vesse de loup offre une substance charnue et filandreuse qu’il suffit d’imbiber dans une légère eau de poudre pour en faire un amadou très inflammable.

Autrefois, on employait la vesse de loup comme calmant dans les affections chirurgicales, et aussi comme narcotique.

Sobriquet : On dit : « les mangeurs de vesses de loup de Malval (Haute-Saône).

Chanvre. Chanvre cultivé. Cannabis sativa (Lin.).

Chenève, chenoure (Maîche), chenô (Vercel), chenove (Haute-Saône, Audeux), chenoure (Marchaux), chenoue (Ornans), chèveune, chambre, chanave,oitche (Montbéliard), tchenevaie, tchain, tchenne (Montbéliard), tsevènou (Jura), tscheune (Plancher-les-Mines), tsenove, tchenovre, tsavane, tsanèvou.

Etymologie : chanvre vient du latin cannabis', il a formé directement chanve (patois picard),

cheneveu (patois du Berry), cheneveu (vieux français), chenevis, chenevotte.

Graine :

Chenevis, tsenève, chôtre, oitche (Montbéliard), outche (Bournois), ouètche.

Le champ s’appelle : chenevière, chenevire, boussenière, boussenère.

On nomme mâcle le chanvre mâle qui porte le fruit, le chènevis, de mâcle, vieux français qui signifiait mâle (de masculus). Dans certains villages, on le nomme bousson et dans d’autres, il désigne la plante femelle ou folema (Montbéliard) qui se reconnaît par un bouquet de feuilles au bout de sa tige. Le chanvre qui n’est pas mûr est nommé celon, cion (Montbéliard) et la botte de chanvre vert maîrellon.

Dans nos campagnes, on donne le nom de chanvre mâle, mâtiou (Salins)à la plante femelle et réciproquement ; cette erreur assez répandue repose sur l’idée fausse que la plante la plus robuste, la plus vigoureuse doit être mâle, et la plus faible, femelle.

Le marc qui reste après l’extraction de l’huile du chènevis est donné aux porcs; on le forme en gâteau carré ou rond qu’on nomme triot, trouillot, metton (Haute-Saône); c’est une excellente amorce pour les poissons.

Pour faire rouir le chanvre, on plonge toutes ses tiges dans l’eau afin que les fibres textiles

se séparent plus facilement de la partie ligneuse. On nomme guaivonaies les masses ou brassées de chanvre qu’on entasse dans l’eau pour le faire rouir, en patois naisiv. Autrefois, on le jetait en gerbes non serrées dans la rivière entre quatre grands pieux, ou bien on le plaçait sur des claies. Ce mode avaitdes inconvénients dont le principal était que le rouissage ne se faisait pas également et dégageait de plus une très mauvaise odeur. Ce procédé nuisait aux poissons, aussi on le défendit en différents endroits ainsi que l’indique l’ordonnance suivante: « Il est interdit et défendu à tous de mettre aucun chenefve naiser (rouir) dans rivières, fontaines ou ruisseaux où il y ait poissons, à peine de confiscation dudit chenefve et de soixante sols applicables au proffit des seigneurs rière la juridiction desquels tel acte sera commis ».

Depuis nombre d’années, on fait rouir le chanvre sur un champ ou dans un verger; il reste exposé à la pluie, à la rosée et au soleil, et après dix ou douze jours, il est roui, naisi, nazi.

Alors on le fait sécher; on en forme de petites gerbes, masses, menevés qu’on rentre dans les maisons. Les belles et longues tiges sont mises à part, ce sont celles qui seront tillées après les semailles d’automne; les tiges courtes, noueuses ou endommagées sont attachées ensemble et forment ce qu’on appelle le bracon.

Avec un gros cône tronqué en pierre qu’on fait rouler sur le chanvre, on le brise pour préparer le teillage. Autrefois, on ne rencontrait que des hommes et des femmes, une poignée de chanvre à la main, le teillant toute la journée, en marchant, en gardant les troupeaux.

Mais c’est surtout à la veillée, en novembre, qu’on teille le chanvre. Cette opération consiste à séparer avec la main les fibres textiles poilles, polies, pôles ou écorce, de la partie ligneuse de la tige appelée deigne, digne, siquion. Ce ne sont que les belles tiges qu’on teille ainsi à la main.

La tige débarrassée de son enveloppe textile est nommée perneveuille, chèneveuille, chenevotte (Doubs). Autrefois on les soufrait et on s’en servait comme d’alumettes.

On appelle comme nous l’avons dit masse, miaule, mènevé la réunion des grandes deignes (tiges) qui peuvent tenir dans la main ; on la nomme encore maisse, bousson (Baume), manou (du latin manus, main) mainevé, menevé, rète (Montbéliard), matasso (Sauget). La rète est une poignée de chanvre ou une partie de la masse. Dans quelques localités, la masse comprend quinze à vingt menevés ; elle est grosse comme une gerbe de blé; on l’appelle aussi gerbe.

Avant la soirée où l’on se réunit pour teiller, T II. io»

on arrose légèrement les menevés qui sont très secs afin que les filaments, les poilles se détachent plus facilement. Ces filaments sont enroulés sur le doigt du milieu de la main et tout ce qu’il peut contenir s’appelle doigtée, doyot, dâ, deyâ, deyot, doiye, doie, doiyée ; plusieurs doiyées forment la roiye, la riete, la ritte, ridde (Gray), la riode, le botron dont on fait une natte ou un paquet roulé. La doiye, pour être bien faite, doit avoir tous ses filaments alignés à l’extrémité du côté de la tige.

« Si ta doillie n’a pas une belle tête, dit le proverbe, tu auras une femme bavouse » (bavarde).

A Baume-les-Dames, on teillait jadis dans la vieille prison, située derrière l’auditoire du palais de justice, au milieu de la ville. Quand le teillage était terminé, on « prenait le chat », c'est-à-dire qu’on faisait une copieuse collation. Puis on allait chercher des voitures de chenevottes qu’on conduisait sur les hauteurs à Château-Gaillard et on les brûlait le soir.

On disait communément : « On voit aux cheneveuilles celui qui tille ». Le travailleur se reconnaît à la quantité de tiges dépouillées de chanvre qu’il a devant lui.

Le brocon, comme nous l’avons dit, bregnon, brocun, brugnon comprend toutes les petites tiges de chanvre, celles qui sont noueuses ou

endommagées; on ne peut pas les teiller, et pour arriver à séparer les filaments des chenevottes, on les broie avec une machine spéciale appelée broie, macque, bracoure, braque, broqua (de l’allemand brechen, briser). C’est un espèce de chevalet avec rainure et manche articulé. La macque broie la tige ligneuse, la réduit en poussière, mais ne rompt pas les filaments. Avant cette opération, on passe les masses de bracon dans le four chauffé à une chaleur douce pour faciliter le travail.

On appelle ninot le chanvre obtenu par ce broyage; il est de qualité bien inférieure à celui qu’on a teillé ; la darfé (Montbéliard) est le même brocon qu’on ne peut pas convertir en étoupe. Le chanvre broyé par la macque est mis en poignées ou couleuses, réunies par cinquante à la fois ; elles forment ce qu’on appelle le poids qui est de sept à huit kilogrammes.

Quand le teillage est terminé, on sèche les deux genres de filaments obtenus, puis on les natte, on les corde solidement et on les conduit à la ribe pour les battre et les réduire en brins, en fils très minces et allongés. Ces nattes s’appellent battérons, baitterons. Ce travail dure plusieurs heures.

Le peignage ou sérançage est fait en décembre. Des ouvriers spéciaux viennent à ce moment de Savoie pour diviser les filaments

sans les briser, les assouplir, les détacher les uns des autres, et les ranger parallèlement autant que possible. Ces peigneurs de chanvre s’appellent pignards, panafioux, fartoux, foirtoux, marris. Ils se servent d’une sorte de peigne ou de corde appelée séran, seri, selée, selie, selésu, seléju (Montbéliard).

Peigner se dit aussi sélésie en patois.

Tout le chanvre travaillé par les pignards porte le nom de filasse ou rita (Lons-le-Saunier) .

Le peignage donne de longs filaments qui fournissent le meilleur fil et qu’on appelle longs brins, œuvre, grands suaux; c’est l'œuvre qui est destinée à faire de la toile. Les filaments plus courts donnent les étoupes. La grosse filasse, noueuse, très courte est de mauvaise qualité, on l’appelle aigropai, noue; cependant on l’utilise, on en fait des sacs et des draps de lessive, ou quelquefois des pantalons très grossiers.

Dans plusieurs villages et notamment dans le Jura, on donne les noms suivants à ces trois filasses :

i° les grands suants ; 2° les courts ; 3° les pattes.

La principale occupation des femmes et des filles en hiver est le filage du chanvre et de la laine. On confie Yœuvre aux meilleures fileuses,

En Franche-Comté, on se sert pour filer du rouet ou de la filote avec sa quenouille.

La fileuse roule l’œuvre autour de la quenouille; ce rouleau s’appelle apettie, quouèra, quenouillie, rita, poupée, rète ; on nomme chanot une partie du quouèra. Ensuite, la fileuse tord plusieurs brins défilasse pour en former le fil qui s’enroule lentement sur la bobine de la filotte (rouet) qu’elle fait marcher avec le pied. Une quenouillie on appettie est filée en six ou dix soirées suivant sa grosseur. On dévide ensuite les bobines pour en faire de grands écheveaux de un mètre de diamètre ; l’instrument dont on se sert est le dévidoir, l’acressoure, l’acressoir ; les écheveaux s’appellent riètes, on les vend aux marchands ou aux tisserands pour en faire la toile.

Quand l’œuvre est filée et roulée en gros écheveaux pour le tisserand, on file les étoupes ou la mauvaise qualité de la filasse. Elles ont été préalablement cardées. Ces cardes de Franche-Comté sont renommées. On les nomme treutès (Bournois), treutusses (Montbéliard), atoupas (Vercel), atoupes, ateupeu, rètes, coirâs- Le filage des étoupes se fait comme celui de l’œuvre.

Recommandation d’une mère à sa fille qui commence à filer :

Mairie, pairie, fais-ie Quement lou chin chie

Marie, que ton fil soit régulier et égal comme la crotte du chien.

Pour dire ironiquement : tu peux compter là-dessus, on dit : « Ma grand’mère t'en filera, des étoupes! »

La noue ou les pattes sont données à filer aux enfants et jeunes filles qui débutent. On leur recommande de faire un fil régulier et de retirer tous les nœuds que le battage n’a pas pu enlever.

« Ollai en coirâ », c'est aller à la veillée ou en visite. Les villageoises qui vont se voir portent toujours leurs fuseaux et leur quenouilles garnis de coirâ, comme les femmes de la ville apportent leurs bas qu’elles tricotent tout en causant.

Le seul luxe des villageoises, jadis, était leur linge; elles en avaient des buffets et des armoires remplis. On disait d’une fille pauvre : « Elle n'a pas douze douzaines de tout ».

<* Avoir de l’œuvre à sa quenouille » signifie avoir beaucoup de travail à faire.

Quand l’année est bonne pour la récolte du chanvre, on dit « qu’il croît par dessus les toits ».

Les chenevières étaient toujours très rapprochées des maisons.

De quelqu’un qui prononce un discours

pathétique, on dit : « Il tirerait des larmes aux chenevottes », parce qu’il n'y a rien de plus sec que ces tiges cassées du chanvre.

Quand il fait beau le soir des Rois (6 janvier) Il vient du chanvre par dessus les toits.

Ceux qui sèment le chanvre aux Rogations Le tirent à cropetons (accroupis)

parce qu’il sera tout petit, étant semé trop tard.

Pour la mieu (i5 août) (mi-août)

Etserpa neu

Pour la mi-août, il faut déjà avoir au moins neuf écharpes de chanvre.

On appelle le sonneur « un tireur de chanvre ».

Il faut attendre que lai Saint-Laurent (io août) ait mis lai poille (la peau) au chanvre pour l’arracher.

Ai lai Saint Panera Sonne le chenevâ

Ou vouegue ton chenevâ (Saint-Ilippolyte).

Devinettes :

On me sort de terre,

On me met sur terre,

On me casse les os Pour avoir ma peau ;

Et je conduis les princes au tombeau.

Qu’est-ce qu’on arrache de terre,

Que l’on met sous terre.

Qu’on met dans l’eau

Qu’on plume pour avoir sa peau?

Sobriquet : On dit les ninots de Laire (Doubs).

Chardon.

i° Cirse laineux. Carduus eriophorus (Lin.).

Chardon aux ânes, chardon anerot, ainerot, tsetjon, michette (Saint-Claude), foin des ânes (Marigny), varice (il passe pour guérir les varices).

2° Chardon bénit. Cnicus benedictus.

Cette plante doit son nom à ses propriétés merveilleuses comme tonique, apéritive, fébrifuge et sudorifique ; peut-être est-ce aussi parce qu’elle ressemble à un cierge.

3° Chardon-Marie. Carduus marianus (Lin.).

Chardon Notre-Dame, chardon argenté.

Sa racine passe pour un assez bon sudorifique.

Dans le midi de la France, on mange ses jeunes pousses en salade et en friture.

4° Chardon étoilé. Centaurea calcitrapa (Lin.).

Centaurée chausse-trape.

5° Chardon Roland. Panicaut des champs.

Eryngium campestre (Lin.).

Chardon roulant.

On lui donne ce nom parce que, désséché,à la maturité, son capitule se détache et est roulé par le vent. Sur sa souche, pousse un bon champignon : le pleurote.

On dit en Franche-Comté :

Il ne faut pas couper les chardons Le jour de l’Ascension,

Il en vient dix sur le même tronc.

Passâ lou barré di cuechi dâs chaigeons.

(Passer la barrière du jardin des chardons).

Cette expression est employée pour dire qu’une fille va se marier ???

Châtaigne d’eau. Trapa natans (Lin.).

Maire flottante.

Le fruit :

Escharboi (Montbéliard), achairbot (Haute- Saône), macro (Arbois), calibot (Jura), acherbot (Broye-les-Pesmes), escarbot.

T. II

Achirbot, cscharboi, viennent du vieux français escharbot et du latin scarabœus, scarabée, car ce fruit, avec ses cornes, ressemble à un gros scarabée. Dans le dictionnaire de Littré on trouve êcharbot, nom vulgaire de la châtaigne d’eau. L’escarbot contient une substance blanche, farineuse, alimentaire. On le mange cuit à l’eau avec un peu de sel comme la châtaigne.

Cette plante était très commune autrefois dans les étangs de la Bresse et dans la partie sud du Jura.

Chélidoine.

Chélidoine éclaire. Chelidonium majus (Lin.).

Son nom vient du grec XeXiSuv, hirondelle, parce qu’on disait que l’hirondelle se servait de cette plante pour rendre la vue à ses petits.

Eclaire (divers lieux), grande éclaire (Mouthe), herbe aux verrues (divers lieux), réchaire, récairiot.

Réchaire veut dire éclairer, projeter de la lumière.

Le suc jaune de cette plante est âcre et caustique; on l’emploie pour ronger les verrues, faire mûrir les panaris. La chélidoine bouillie, pilée et appliquée en cataplasme avec de l’eaude-vie est un très bon résolutif.

Un morceau de la racine de cette plante est employé contre la météorisation des ruminants;

on l’introduit dans la bouche de l’animal. Pour préserver les bêtes de l’épizootie, on leur faisait autrefois un séton avec une bande de toile ou de corde trempée dans le jus de la chélidoine (Jura),

Elle était réputée pour guérir de la cécité ou tout au moins pour éclaircir la vue : on l’appelait aussi « herbe aux écrouelles ».

Chicorée.

Chicorée sauvage. Cichorium intybus (Lin.).

Daquet, touène-médi (Montbéliard), manchette du Bon-Dieu, quaivelâ (Bournois), coue d’aille (queue d’aigle), taupote, tapote, taquet, groin à porc (Champagnole, Les Lourgs), pied de porc (Bournois), kmaiquillou (Les Lourgs), pissenlit, pétard, cramaillot, cramelia (Montbéliard), à cause de sa feuille dentelée.

Son nom de touène-midi (tourne-midi) vient de ce que cette plante, comme plusieurs autres paraît suivre le soleil en tournant vers lui ses fleurs épanouies.

Pour faire passer les dartres, il faut les laver, matin et soir, avec une décoction de cette plante.

Chiendent.

Froment chiendent. Triticum repens (Lin.).

Gromon, grémon (Salins), grimon (divers lieux), grumont (Clerval), bannetot (Mouthier), pétive (Saint-Claude), herbe coupante (Mouthe).

Etymologie de gromon : Gramen, gazon, vieux français grame.

La racine du chiendent est longue, rampante, on en fait des confitures. On la mettait autrefois au fond du couloir à filtrer le lait, dans les fromageries du Haut-Jura.

Les infusions de racine de chiendent guérissent à peu près toutes les maladies.

Cette plante est un des fléaux de la culture; on prend beaucoup de soin pour l’arracher. Dans le Jura, dégrimoner c’est l’arracher avec la main. On dit qu’à l’extrémité de la dernière racine, il y a un bouton d’or, d’autres disent un diamant. C’est pour engager à extirper complètement cette herbe mauvaise; sous une autre forme, c’est le sujet de la fable : Le laboureur et le trésor.

Chou.

i° Chou cultivé. Brassica oleracea (Lin.).

Chô (Vercel), tsô (Salins), tscheu (Plancherles-Mines), tchô (Pont-de-Roide).

20 Chou cabus. Brassica capitata (De Cand.).

Cobou (Montbéliard), coboulai (Plancher-les- Mines), chou pommé, chô, tchô, tcheu (Plancherles-Mines).

Cabus, vient du latin caput, tète. Cette espèce est la plus commune en Comté où elle est cultivée dans les champs et les jardins potagers.

On sème les choux au printemps, on les butte ou rechausse plusieurs fois avant leur maturité. Coboulai (Montbéliard), cobouler, recouboulai signifient planter et butter les choux.

On cueille les choux de septembre jusqu’à la fin d'octobre; on leur laisse une petite partie de leur tige et la souche avec les racines restent dans la terre; cette partie s’appelle trognon, trô de chô (Vercel), trô (Montbéliard), tro (Salins), tremé, trumé, mâcle de chou (Jura).

Sur ces souches et ces trognons, il repousse des feuilles, des rejets en forme de petit chou ; on les appelle brocolis brondes, brondons ; ils ressemblent aux choux de Bruxelles. On arrache ces pousses à la fin de l’automne et on en fait de la soupe en hiver, Le brocoli violet se mange aussi à la dernière saison, mais quand la gelée a passé dessus. Ce petit chou est le chou vesseu, le tcho vassu (Bournois).

Au figuré, « trognon de chou » se dit d’un petit homme : mon petit trognon, mon petit chou, sont des termes d’amitié qui viennent peut-être de ce que le chou est un très savoureux comestible.

Kaibesou désigne un mauvais chou, celui qui n’a pas pommé (Bournois).

Le feuthion (de fustis, bâton) est le chou qui monte au lieu de pommer.

C’est avec le chou cabus qu’on fait la chou-

croûte. Ce nom qui a gardé son caractère germanique est comme on le sait une déformation du mot allemand sauer kraut, chou aigre (dans le patois de Bournois, surcroute).

On fait la choucroute à la fin de l’automne. Avec un couteau spécial, on hache les choux et on les met dans un tonneau avec un peu de sel, et quelquefois du genièvre et on les laisse fermenter.

3° Chou frisé. Brassica bullata (De Cand.).

Chou de Milan, chou rouge.

On mange les choux rouges en salade ou confits ; quelques personnes croient qu’ils sont plus nourrissants que les autres espèces.

4° Chou-fleur. Brassica botrytis (De Cand.).

Avant l’épanouissement des fleurs, les pédoncules forment une masse grenue, blanche et charnue qui est recherchée comme légume.

Dans le midi et en Italie, on cultive les brocolis qui sont plus grands que les variétés communes. Ils sont blancs, violets et jaunes, on ne peut pas les confondre avec ceux qui chez nous poussent sur les trognons.

5° Chou-gras.

En Franche-Comté, on donne souvent, mais improprement, le nom de chou-gras, auvoiseu (Salins), grastcheu (Plancher-les-Mines) à plusieurs espèces de patience (rumex) dont les veines

ou nervures dorsales sont épaisses et douces. Telles sont les patiences oseille, crépue, et des jardins, la patience des fossés, il feuilles obtuses, la bette, l’arroche des jardins, le chou gourmand, tchô lotchu (Montbéliard), couraillon, cœur de chou.

Les choux ordinaires doivent être semés le jour de la Saint-Joseph (19 mars), les uns disent le jeudi, d’autres le vendredi saint (Grand’- Combe), et replantés le premier vendredi de juin.

Quand las chôs passant lai souet (haie de sepes) Lou vigneron meurt de souet (soif).

C’est-à-dire que les grandes pluies qui font pousser les choux ne valent rien pour la vigne.

Si l’on veut avoir des choux de belle venue et en quantité, il faut semer la graine, le vendredi saint.

Pour que les choux viennent bien, il faut que les femmes Surfassent voir sept foisleur derrière (en les plantant, en les sarclant, en les repiquant, etc.).

Quand un chou repiqué vient à fleurir au lieu de pommer, c’est signe de malheur.

Février, février, si tu gèles, T’engèleras mes tchiôs !

A Pâques, on chante :

Alléluia.

Les choux sont gras

Quand on y met du lâ.

Juillet et août

Ni femme, ni chou.

C’est un précepte d’hygiène.

A lai Saint Renobâ (Renobert, 24 octobre) Las chos ai laiba(à couvert, à l’abri).

Quand c’est au bas du cou Tant vaut la rave que le chou.

Devinette : Turlu qui branle et qui n’a qu’une jambe.

Sobriquet : On dit les tsouliers de Loulle (amateurs de choux (Jura).

Ciboule. Ail civette. Allium schœnaprasum (Lin.).

Ciboulette, ciboulotte, cive ; brelè (Mouthe), civette, pourette (Besançon, Arbois), porette (Saint-Claude), rutsinê (Bois-d’Amont), breulais (Les Fourgs), bretellet (Mouthier), bourotte (Montbéliard), herbe au canard, bretale (Marigny), brotelle (Montbéliard), bretalai

(Vercel), retchina (Jura), bretoulès (Salins).

Pourette vient du vieux français porrel,du latin porellus, diminutif de porrus, porreau, petit poireau.

On cultive pour la cuisine la ciboule qui donne un goût agréable à certains aliments.

Proverbe : Marchand de ciboules se connaît en ognons.

Ciguë. Gonium maculatum (Lin.).

Cige (Mouthier), grande ciguë, ciguë commune, cocue (Haute-Saône), coucue (montagne), cue-cue (Champagnole), ciguë maculée ou officinale.

Ethuse petite ciguë. Æihusa cynapium (Lin.).

Faux-persil, ciguë des jardins.

La ressemblance de cette plante vénéneuse avec le persil est si grande quelle donne lieu à de fatales et fréquentes méprises, surtout quand 1! « éthuse » n’est pas fleurie.

(Enanthe aquatique. Phcllandrium aquaticum (Lin.).

Fenouil, mille-feuille aquatique.

Cette plante est très vénéneuse.

T. Il

Citronelle.

Armoise aurone. Artemisia abrotanurn (Lin.).

Garderobe, aurone des jardins.

On la cultive dans les jardins comme plante d'agrément à cause de son odeur de citron camphré. Cette odeur éloigne les insectes nuisibles à la conservation du linge et des vêtements. La citronelle peut servir pour la fabrication d’une bière aromatique.

Clématite.

Clématite des haies. Clematis nitalba (Lin.).

Herbe aux gueux (divers lieux), fumerotte, fumaille (Jura), fumerot, bois à la vieille (de vitalba), bois à la vigne, bô-femerot (Montbéliard, Villefranche, Gy), bos fumant (Vosges), trenâ (Planch’er-les-Mines), yayot (Salins), veille, véïe (Montbéliard), vélie (Maîche, Charquemont), veillie (Clerval), vouaille (Arbois), vélin, veiyin (Vercel), voueille, vivi, vifraye (Saint- Claude), voibliu, (Maîche), vélier, vélù (Montbéliard), véhier, eveuillie (environs de Besançon); vigne blanche, eveuillot (Les Fourgs), eveuillée (Gy).

Cette plante, comme on le voit, est une de celles qui ont le plus de noms.

« Vigne blanche » est la traduction exacte de vitalba. « Vieille » et ses similaires sont une cor-

ruption et une déformation de vitis (vigne) vitis alba. En outre vehier, vélier se disent également d’une espècede vigne sauvage, à tige flexible et sarmenteuse, qu’on emploie pour lier des branches ou une plante à un arbre. On donne ces noms de veïe, véhi, viéille aussi au liseron, en général à toute espèce de plantes grimpantes.

« Traina» signifie qui se traîne, qui s’accroche aux plantes voisines comme lait la clématite. Littré explique ainsi qu’il suit le nom de « herbe aux gueux » : on prétend que les mendiants s’en servent pour simuler des ulcères artificiels dont ils se débarrassent facilement au moyen de quelques lotions rafraîchissantes. En effet, l’écorce et les feuilles fraîches de la clématite pilées et appliquées sur la peau produisent des rougeurs et de légères ulcérations.

C’est sans doute cette plante que les gueux de Bretigney (près de Baume-les-Dames) utilisaient pour attirer la commisération publique (i).

La clématite a une très grande souplesse et avec ses tiges on fait des liens, des paniers grossiers ou charpignes.

(r) Voir notre Blason populaire, p. 65.

Colchique.

Colchique d’automne. Colchicum autumnale

(Lin.).

Veilleuse (divers lieux), veuillotte, veillotte (Les Fourgs), veillette, voyotte (Saint-Claude), vailleta, (Jura), vachotte, (Haute-Saône), voillenotte, noillotte (Montbéliard) levrotte, leuvretet (Maîche), lôvrotte (Clerval), leugrette (Champagnole), mage (Marchaux), crève-poule (Rougemont), alouvotte (Plancher-lcs-Mines) , tue-chien, mortaux-poules (Mouthe), cocoue- (Bournois), pouchelot (Montbéliard), pipi légrue (Mouthier).

Le fruit est appelé nonotte, coille de chien.

Les noms de veilleuse, voillotte ou autres semblables sont donnés au colchique à raison de ses fleurs de couleur lilas, qui ont la forme d'une flamme.

Lovrotte, alouvotte, louvretet viennent de lovre , la veillée, lovi'ai, aller à la veillée. Dans la Haute-Saône, les « louvres » sont les veillées du soir en commun. Et le colchique qui fleurit à l’entrée de l’hiver indique l’approche de la veillée.

Etymologie : latin lucubrare , veiller pour travailler.

Leugretet, leugrette sont des déformations du mot leuvrotte, lovrotte.

Aux Fourgs, le colchique est nommé « leugretet du darritin » (de l’automne) et pouroteau en raison de ses feuilles d’un beau vert, lancéolées, comme celles du poireau.

Si l’on détourne les feuilles du colchique on aperçoit un petit fruit conique dans lequel sont renfermées les graines, qui s’ouvrent vers le commencement de juillet.

Ces graines sont un violent poison.

Le nom de « pouchelot » est donné au colchique quand il a des feuilles et des fruits au printemps.

On fait bouillir la racine, la bulbe (nonotte) et on se sert de son eau pour teindre les œufs de Pâques.

Pour se débarrasser d’un chien, il suffit de lui faire avaler une bulbe de colchique.

On dit communément à la première apparition de cette plante :

« Les poitrinaires peuvent s’apprêter, voici les voillottes qui se montrent » (Gray).

C’est par excellence la fleur d'automne.

Colza.

Carneline cultivée. Camelina sativa (Crantz).

Quaimeline (Vercel, Bournois).

On cultive cette plante pour l’huile de ses graines qu’on appelle parfois improprement : huile de camomille ,

Dans certains villages, on se sert de cette expression méprisante : « quelle cameline! » pour dire une chose de peu de valeur. C’est peut-être pour « camelotte ».

On donne souvent au colza le nom de navette, nivette, naiveto, neveto.

Compagnon blanc.

Lychnide dioïque. Lychnis dioïca (Lin.).

Robinet.

La lychnide à fleurs rouges et celle à fleurs doubles (celle-ci cultivée) sont nommées compagnons rouges, ivrognes et jolis garçons.

Quand on dit ironiquement : « voilà un joli garçon ! », on désigne un homme qui s’est enivré.

Concombre.

Concombre cultivé. Cucumis sativus (Lin.).

Courcombre (Montbéliard), courconde, concombre sauvage, coucombre (Haute-Saône), cocombre, fruit de Saint-Georges.

Les Portugais lui donnent ce dernier nom « pipinos di santo Georgio ».

On emploie la pulpe nouvelle du concombre à confectionner une pommade qui adoucit la peau et en fait disparaître les efflorescences. Appliqué sur les dartres, le suc du concombre diminue les démangeaisons par sa fraîcheur et ses qualités émollientes.

Consoude.

Consolide officinale. Symphitum officinale

(Lin.).

Seço, grande consoude, suço.

Ses fleurs sont d’un blanc jaunâtre. Les enfants les sucent, parce qu’elles contiennent un peu de liquide sucré.

La consoude passait autrefois pour vulnéraire. On mange ses feuilles tendres comme les épinards, et ses jeunes pousses buttées avec de la bonne terre peuvent jusqu’à un certain point remplacer les asperges.

On dit en Comté « qu’il faut manger de la racine de grande consoude pour guérir les hernies ».

Corbeille d’or.

Alysson à calice persistant. Alyssum saxatile

(Lin.).

On cultive cette plante sous le nom de « corbeille dorée » .

L’alysson des rochers est appelé « l’herbe aux fous ».

Courge ou potiron.

Cosse (Montbéliard), coùsse (Arbois), casse (Haute-Saône), cotte (Broye-les-Pesmes), couêtra (Jura), quétra, calebasse (Clerval), coutche (Gy),

casse (Haute-Saône), goudge, gouge (Bournois) (Rougemont), paturon, coudic (Chaussin, Jura), couèdre, poturon (Montbéliard).

Dans le vieux français, le mot cosse a le double sens de potiron et de tête.

Les grains ou pépins de cette plante se nomment pipions (Jura).

La chair de la courge est ferme et peu savoureuse; on en fait des potages rafraîchissants avec du lait; coupée en morceaux et desséchée, elle donne au bouillon une couleur brun-doré .

On appelle « cadran » l'espèce de rondelle d’un brun jaunâtre à laquelle la queue est attachée. Dans le melon c’est la partie la plus délicate, la plus estimée.

Une plantation de citrouilles est appelée cossie (Montbéliard).

On nomme ironiquement cossots, grosses têtes, les mangeurs de citrouilles ; ces noms sont appliqués aux habitants de divers villages.

Les béliers qui se battent à coups de tête, « se cossent ».

On dit communément : « Celui qui prend une cosse, le diable en rit ». Ce n’est rien, c’est de l’eau.

Sobriquets : Les cossâs de Saint-Hilaire, des Ecouvottes (Doubs), les çossés de Byans (Haute-Saône),

On appelle ainsi les habitants de Byans parce qu'ils ont, un jour, tiré des coups de fusil sur une citrouille creuse dans laquelle un farceur avait placé une bougie allumée : ils croyaient à une apparition diabolique.

Couronne impériale.

Fritillaire impériale. Fri ti lia ria imperialis (Lin.). Guchetet (Mouthier).

Le miel récolté sur ses grandes fleurs pendantes, de couleur orangée, est un violent émétique.

Cresson.

Cresson officinal. Sisymbrium nasturtium (Lin.).

Cresson de fontaine, biône, miguet bian (Montbéliard), crechon (Plancher-les-Mines).

Omnibus sit notum Que cresson signifie,

Purgat stomachum Et vuyde la vecye Donat appetitum Et les reins mundifie.

(i5o5, Eug. Rolland, Flore).

Pour avoir de. belles dents, il faut les frotter avec du cresson de fontaine.

Tout le monde sait que le cresson est « la santé du corps ». Il est, comme le poireau, un bon expectorant,

Le cresson sauvage ou panais d’eau, faiva (Tallans) est une plante aquatique qui ressemble au cresson, mais n’est pas comestible.

Une autre espèce, le cresson des vignes ou cresson alénois : cardamine velu, qu’on appelle encore passerage, est employé comme condiment dans la salade. On prétend qu’un pied de passerage mis dans un lit en fait disparaître les puces.

Crête de coq.

Rhinanthe crête de coq. Rhinanthus cristagalli (Lin.).

Tateri (Les Fourgs), tatrie (Mouthe, Salins), tateriè (Vercel), tatriè, tacherie (Plancher-les- Mines, Champagne, Maîche), tarterie, tartamige (Saint-Claude), terlerie, tertère, tachureux, cocriste, pédiculaire des prés.

Cette plante est un parasite des graminées; elle indique un champ ruiné.

Crin végétal.

Landre (Plancher-les-Mines).

Il est formé de graminées desséchées.

Croix-de-Malte.

Lychnide de Chalcédoine. Lychnis Chalcedonica (Lin.).

Croix de Jérusalem.

On cultive cette espèce dans les jardins comme plante d’agrément.

Cumin. Carum carvi (Lin.).

Sisot (Bournois, Montbéliard), cillot, chiza (Maîche), sillet (Mouthier), siet (Mouthe, Les Fourgs), siot (Vercel), céliat, fénu (Marigny), chari (Saint-Claude), quemin (Haute-Saône).

On emploie les graines de cumin dans les saucisses et dans la charcuterie de la montagne. Elles sont stomachiques et carminatives ; on fait des infusions de cumin pour les vers.

Cuscute. Cuscuta (Lin.).

Fil (Divers lieux), feu, fi à l’aille (Mouthe, Vercel), ratsa (Salin), léyon (Pontarlier), raitche (Montbéliard), ratche (Bournois), roche (Vercel, Saint-Claude), djairguerie, djurgeri, teigne (divers lieux).

« Djairguerie » vient du vieux français jargueric, ivraie, et feu indique que les plantes sur lesquelles la cuscute s’enroule sont anéanties, brûlées comme par le feu. En effet, la cuscute cause de graves dommages aux récoltes ; elle atrophie et dessèche les plantes, c’est réellement une ivraie. On est obligé de la sarcler avec soin et quand elle envahit un champ de lin, le meilleur est d’arracher et de brûler immédiatement le tout.

Le suc frais de la cuscute est employé contre les extinctions de voix et le crachement de sang ; il est usité comme purgatif. La poudre sèche de cuscute hâte la cicatrisation des plaies.

Cyclamen. Cyclamen europœum (Lin.).

Pain de pourceau, cornette de sœur (Mouthier).

Le nom de cornette de sœur lui est peut-être donné à cause de la forme de ses fleurs ou de sa racine tuberculeuse arrondie, noirâtre en dehors, blanche en dedans.

Les porcs sont très friands de cette plante. C’est un violent purgatif.

Dahlia.

Dalia (moyenne montagne), délia (Mouthier).

On peut se servir, croit-on, des tubercules du dahlia pour engraisser la volaille.

Dame d’onze heures.

Ornithogale en ombelle. Ornithogalum umbellatum (Lin.).

Belle d’onze heures.

C’est une plante d’ornement.

Damotte.

Daimotte (Montbéliard).

Damotte est le diminutif de dame. On donne le nom de damotte aux plantes petites, jolies

dans leur forme ou dans leurs couleurs. Ainsi toutes les orchidées à grandes fleurs, le colchique d’automne, le gouet commun sont des « damottes ». On appelle aussi cette dernière plante « monsieur ».

Datura. Datura stramonium (Lin.).

Stramoine, pomme épineuse, herbe des magiciens, herbe magique, herbe au diable, ainboussou (entonnoir, Mouthier).

Si, avec la stramoine, on frotte les sourcils d’une personne, celle-ci verra devant elle un grand entonnoir (amboussou), un tourbillon où l’eau s’engouffre. Saisie d’effroi, elle tournera sur elle-même à la même place pour ne pas tomber dans cet abîme.

Si l’on se pique avec les pointes de son fruit, on reculera quand on croira avancer.

Sur la frontière suisse, maint berger affirme que si quelqu’un trace avec le datura un cercle sur la terre, la personne- qui se trouve dans ce cercle ne pourra en sortir qu’avec la permission de celui qui l’a tracé.

Diclytra spectabilis.

Cœur de Marie (Mouthe, Mouthier).

C’est une plante d’ornement.

Digitale. Digitalis (Lin.).

Deillou (Mouthier), doillie (Plancher-les-Mines), dé de la Vierge.

Sa forme est celle d’un doigt ou d’un dé. De là son nom. Dans d’autres pays on l’appelle « gant de la Vierge ».

On dit qu’un cataplasme de digitale sur la poitrine guérit ou arrête les battements de cœur.

Douce-amère. Solanum dulcamara (Lin.).

Morelle douce-amère, vigne vierge, vigne de Judée.

Doucette. Locusta olitoria (Lin.).

Mâche commune, mâche-doucette, bourcette, choulette, choulotte, graissotte, junelotte, ouroillotte (Gy), tévotte, poumotte (Arbois), pomache (Jura), pommette, oreille de rate (Saint-Claude), douçotte (Clerval).

Douve.

i° Renoncule langue. — Ranonculus lingua (Lin.).

Grande douve, herbe de feu.

2° Renoncule flammette. — Ranonculus flammila (Lin.).

Petite douve, dôrve (Montbéliard).

Ses fleurs sont âcres et dangereuses pour le bétail. Ainsi, les animaux domestiques qui ont mangé des « douves » sont engourdis, étourdis, endorvés (Montbéliard), endourbés (Gray), de endourba, endorver (patois de Gray).

On dit au figuré qu’une personne est « endorvée » quand elle a des étourdissements, après avoir tourné longtemps sur place par exemple.

Dryade. — Dryas octopetala (Lin.).

Dryade à huit pétales. Thé du Mont-d’Or (Jougne, Vallon de Mouthe).

Cette plante fait partie du mélange de simples employés pour faire le thé suisse.

Ellébore.

i° Ellébore noire. — Helleborus niger (Lin,). 2° Ellébore fétide. — Helleborus fœtidus (Lin.) .

Pied de griffon, pied de loup, fleur au loup, rage au loup, raidge à loup (Montbéliard), pau (pain) de loup (Salins), œil de bœuf (Maîche), pôson (pour poison), vreulon, machebre (Champagnole), aliborne, liborne (Arbois, Haute- Saône), rasse aux veaux (Mouthe), véraire, veraille (Jura), verloup du latin veratrum (Besançon), rose de noël, vérette, vereulo (Mièges), varaire (Les Fourgs), vraio, vrailou, varose, tueloup.

Cette plante éloigne les mouches par son

odeur. On en attache daus ce but un bouquet aux poutres de l’étable pour assainir, croit-on, l’écurie .

Autrefois, des conscrits pour être réformés du service militaire, se faisaient, quand ils allaient passer au conseil de révision, des plaies artificielles aux pieds et aux jambes avec cette p lante.

Epervière.

i° Epervière des murs. — Hieratium murorum (Lin.).

Guérit tout (Mouthe).

2° Epervière piloselle. — Hieratium pilosella (Lin.).

Oreille de souris, piloselle, langue de berbis (Montbéliard).

La première qui croit sur les vieux murs, parmi les rochers a une vertu souveraine : elle guérit tous les maux surtout les blessures et les coupures. C'est un excellent remède contre les affections du poumon.

En Franche-Comté, on appelle encore arnica l’épervière piluselle ou la piloselle. D’après Pline, cette plante est une sorte de laitue sauvage. Elle passait pour éclaircir la vue de ceux qui en mangeaient. Aussi, on en faisait un collyre pour les yeux. On la recommandait aussi contre la jaunisse.

Epilobe. — Epilobium spicatum (Lin.).

Epilobe en épi, antonine, laurier de Saint- Antoine (Mouthe), herbe de Saint-Antoine, plumet (Les Fourgs).

Elle croît particulièrement dans les bois de taillis, sur les emplacements de fourneaux à charbon.

On mange ses racines et ses jeunes pousses ; on se sert aussi de ses feuilles pour la fabrication de la bière.

Quand les tiges de lepilobe sont élevées, on dit que l’automne sera long.

Epinard. — Spinacia.

Epinard d’hiver, epenoche, epinant’zé (Mouthe).

Dans le vieux français, épinoehe.

Sur les furoncles, abcès, ou panaris, il faut appliquer des cataplasmes d’épinards cuits.

Esparcette.

Onobrychis sativa (De Candolle).

Espaircette, sainfoin cultivé, aspercette (Mouthe).

Elle dure dix à douze ans dans les terres médiocres et plus longtemps dans les fonds de bonne terre. Les bestiaux en sont très friands.

T. II

Euphorbe. Euphorbia (Lin.).

Réveille-matin (divers lieux), ravoille-maitïn (Vercel), tire-lachau (Mouthej, herbe aux verrues, harbo o lo sarpa, au serpent (Salins), catapuce, caspuce (c’est une déformation de catapucia , l’autre nom de V Euphorbia Latyris ), lait au serpent (Saint-Claude, Mouthe).

Les euphorbes contiennent presque toutes un suc laiteux plus ou moins âcre et caustique qui les rend émétiques et purgatives.

Ce suc entre dans la confection du « miroir du diable ». C’est un amusement de berger qui se fait de la manière suivante : on prend une graminée qu’on plie en trois, de manière à former un petit triangle isoscèle. On le place dans sa bouche, sur la langue et on le retire en serrant légèrement les lèvres, de manière à ce que la salive remplisse le triangle en formant une membrane mince et transparente. Pour terminer, on casse une tige d’euphorbe et l’on pose délicatement la gouttelette qui en sort sur la membrane. Elle s’étend assez vite en produisant les couleurs de l’arc-en-ciel. Le secret pour confectionner ce miroir s’achète. Il est la spécialité de quelques bergers seulement.

Euphraise. Euphrasia officinalis (Lin.).

Tire-lait, tire-lochau (elle fait diminuer le lait

des vaches), yeux-de-rate (Saint-Claude), casselunettes (Mouthe).

L’apparition de cette plante annonce l’automne.

Faux-basilic. Saponaria ocymoïdes (Lin.). .

Saponaire faux-basilic, chiri.

Faux-café. Lupinus albus.

Lupin blanc.

Ses graines réduites en farine servaient autrefois d’aliment. Avec cette farine, on faisait aussi des cataplasmes résolutifs. Aujourd’hui, on ne cultive plus le lupin que comme fourrage.

Fenouii. Fœniculum officinale (De Cand.).

Miscauli (Mouthier).

En Italie, on mange les feuilles du fenouil comme hors d’œuvre.

En distillant du marc de raisin, on met de l’anis, du fenouil et du coryandre dans l’alambic ; on obtient ainsi la liqueur qu’on appelle anis; elle est très usitée en Franche-Comté; jadis elle était plus répandue que l’absinthe.

Fétuque. Festuca elatior (Lin.).

Pillet (Mouthier).

C’est un bon fourrage,

Fève. Faba vulgaris (De Candolle).

Fovies (Jura), févet (Aumont), faisiolet sauvage (Mouthier), féverole.

On cultive la fève dans les champs; faiverie ou faveraie est un lieu planté de fèves.

On a l’habitude de mélanger une certaine quantité de fèves avec la farine de blé.

Dans le Jura, on cultive dans les jardins la grande fève appelée fève des marais, féverole, févo lombadie (fève lombarde) dont on mange les graines encore vertes, après en avoir enlevé les gousses.

Une boinée ou boinole est une corbeille ou banne d’osier remplie de fèves ordinaires (ou d’autres légumes cuits à l’étuvée).

Quand les fèves sont en fleurs,

Les fols sont en vigueur.

Fève fleurie, temps de folie.

Sobriquets. — On dit les Fovies d’Alièze (Jura), les chie-faves de Liévans (Haute-Saône).

Flouve x^nthoxanthum odoratum (Lin).

Flouve odorante.

La flouve est un bon fourrage; elle a une odeur aromatique prononcée qui domine dans l’odeur de foin.

Elle est très commune partout jusque sur le sommet des montagnes.

Foin. Fenum ou fœnum.

C’est généralement au mois de juin qu’on fait les foins, et cette saison est nommée fenaison; C’est la première des « ovraines » (Bournois) ou grands ouvrages de l’année à la campagne.

Les faucheurs, seyoux, soyoux, soyeurs coupent l’herbe et la rejettent sur leur gauche en forme de gros boudin nommé ordon, andet, oidon. Autrefois, en Comté, la quantité de foin qu’un homme pouvait faucher dans un jour s’appelait soiture.

Pour faire sécher promptement l’herbe, on éparpille avec la pointe d’une fourche ces ordons et l’on en forme une couche d’égale épaisseur sur le champ; cela se nomme acota, acampoira (écarter). Si on craint la pluie, on met le foin en meules. Quand le foin est à moitié sec, qu’il a passé au soleil, on dit qu’il est amati (Jura), amoiti (Doubs).

Veillotte, boudzon (Jura), tcheyon (Montbéliard) ou tchieyon signifient un tas de foin ; plusieurs tas forment les vôlemonts ou grosses meules ; la ruaie est le tas de foin sec prêt à être enlevé du pré. Ce sont les femmes et les enfants qui ramassent avec le fauchet ou râteau, raté, ratiaux toutes ces herbes : fenasses, fouenesses, foinasses (Maîche), foinesses (Vercel) pour les charger sur les voitures.

On appelle fondrée les jeunes herbes qui poussent au pied des anciennes.

Vahin, vouain, voyin sont les noms du regain : ou encore reveillin , foin d’automne.

Pour la consommation du bétail, il faut compter une voiture de foin par chaque pied de l’animal ; ce qui reste est mis en botte ou bregon. Le foin embregené ne perd aucune de ses qualités .

Bochon, bouchon signifient une botte de foin ou de paille. C'était autrefois l’enseigne des aubergistes qui logeaient les voituriers, les grandvalliers, comme le genevrier était l’enseigne des aubergistes qui logeaient seulement les voyageurs, Plus tard une auberge était appelée simplement « un bouchon ». L’enseigne : On loge à pied et à cheval, est de date relativement récente.

Flieusin (Grand’Combe), fleusin (Vercel), fresan, cheusun (Montbéliard), fresin, fugin-pousse (Plancher-les- Mines) désignent la graine et la poussière de foin.

Les brousses, brossais sont les tiges de foin plus ou moins longues que le bétail laisse tomber de la crèche.

Autrefois, dans les prés et les pâtures on attachait un gros bouchon de foin à la corne des taureaux dangereux pour que les passants s’en éloignassent.

Saison de né (neige)

Saison de fan (Haute-montagne du Jura).

Si les mouches dansent en janvier,

Ménage le foin de tes greniers (Mouthe)

Janvier d’eau chiche Fait le paysan riche

S’il ne pleut pas en janvier Tu peux étayer ton grenier,

Si février est sec et chaud,

Garde du foin pour tes chevaux (Mouthe).

Quand il tonne en février

Il faut remonter les brousses au grenier.

C’est-à-dire que l’année sera mauvaise en foin; il ne faut pas le gaspiller.

Si février n’est pas un peu froid,

Mars produit trop d’herbes dans les champs

(Mouthe).

S’il gèle le 25 mars,

Les prairies diminuent d’un quart,

La pluie de juin

Fait belle avoine et maigre foin.

S'il pleut aux Rogations,

Le ier jour: il pleuvra pendant la foinaison Le 2e jour : il pleuvra pendant la moisson Le 3e jour: il pleuvra pendant la vendaison

(Mouthe).

A la Saint-Barnabé (16 juin)

La faux au pré.

Ai lai Saint-Médâ (8 juin)

Lai faulx au prâ

Un garçon de paille Vaut une fille de foin

C’est-à-dire que les hommes valent toujours mieux que les femmes, quelle que soit leur situation.

Le mauvais foin saigne les chevaux, tond les moutons et tire (trait) les vaches.

Pendant les trois premiers jours de la nouvelle lune, on ne doit pas faucher. Le foin coupé et ramassé pendant ces trois jours tombe en poussière au grenier (Le Vernos).

La graine de foin grillée et appliquée dans un linge bien chaud autour du cou guérit les maux de gorge.

Humectée de vinaigre, elle guérit le mal de dents.

Fougère.

io Polystie fougère mâle, 2° athyrie fougère femelle, 3° ptéri d’aigle, pteris aquilina, polypodium (Lin.).

Fouedjière (Montbéliard), foudgire (Plancherles-Mines), barbe à Dieu (Les Fourgs), langue de serpent (Mouthier) foudsère (Salins).

On met des feuilles de fougère dans les berceaux des enfants pour les fortifier.

Le rhizome de fougère mâle est vermifuge et ses propriétés ont jadis été en grande réputation particulièrement contre le ver solitaire.

On donne les racines comme nourriture aux porcs et les feuilles servent de litière.

Cette plante, cueillie par quelqu’un à jeun, en état de grâee et avant le lever du soleil, le jour de la Saint-Jean (24 juin), le préserve de tout maléfice et du sort qu’un sorcier pourrait jeter sur lui (Orgelet).

Pour guérir les plaies, il faut effeuiller de la fougère mâle on grande fougère qui n’a pas de graines sous les feuilles, en mettre une poignée dans une marmite bien sèche, fermer herméti-

quement et cuire sur un feutrés doux jusqu’à ce que les feuilles transpirent, puis les appliquer chaudes sur les plaies deux ou trois fois par jour.

Fourmentaines.

Graminées, mauvaises herbes qui croissent dans les vignes (Arbois).

Fragon. — Ruscus aculeatus (Lin).

Fragon piquant, buis piquant, bois piquant, briseu, bruscut, petit houx, houx frelin.

La racine de cette plante est employée comme diurétique.

Fraisier. — Fragaria vesca (Lin).

Frasie (Vercel).

Le fruit :

Frâse (Plancher-les-Mines), frasa (Vercel), fraizè (Mouthe), moitelet, ampet (Mouthier), ampâ (Morteau).

Un gusset est un bouquet de fraises ou de cerises ou d’autres menus fruits.

« C’est une fraise dans un van », se dit comme d’une goutte d’eau dans la mer.

Les fraises mûrissent généralement à la Pentecôte.

Pentecôte Trousse ta cote Et va t’en aux fraises rouges,

Si tu n’en trouves pas.

Va voir si tes blés sont épiés;

S’il ne le sont pas.

Va t’en pleurer au coin du feu.

A la Pentecôte Fraises on goûte ;

A la Trinité Fraises au panier,

Quand on a eu les pieds gelés, il faut cueillir les plus belles fraises, qu’on puisse trouver, les mettre dans ses souliers et marcher pendant un jour sans bas.

Frénoulet. — Laserpitium latifolium.

Fraigneau (Les Fourgs).

Sur sa souche, pousse un champignon estimé : la pleurote du laser, appelé également frénoulet (Mouthe).

Fuchsia. — Fuchsia.

Pendulette (Mouthier). — Fluxia (Clerval).

Les jeunes filles cultivent avec soin dans des pots cette plante dont les fleurs en rameaux pendants sont très jolies. Cependant, des ména-

gères n’aiment pas à voir un fuchsia à la maison, car s’il vient à périr, c’est signe de mort prochaine dans la famille.

Fumeterre. — Fumaria.

Fie-de-têrre, tchaissenotte (Montbéliard), bec d’oie, ivrogne.

Gaillet. — Galium (Lin.).

Galiot (Les Fourgs), rossou (Plancher-les- Mines), caille-lait (Saint-Claude), rabla (Champagnole).

Ses feuilles sont d’un vert foncé avec une teinte rousse : de là son nom de rossou.

Il a la propriété de faire cailler le lait.

Gazon.

On appelle gazon une herbe courte et menue provenant de différentes plantes : graminées, légumineuses, ou bien la terre qui est couverte de cette herbe.

Couenne (Montbéliard), gozon, vozo, vôson (Haute-Saône), poi-de-tsin (Salins), (poil de chien).

Etymologie : vieux français vuazon, du latin vaso, de l’ancien haut allemand waso, allemand moderne wasen.

Genêt. — Genista (Lin.).

Genêt couché, eparde, espargeole-parjale (Saint Claude), herbe à jaunir, espairgelle (Montbéliard), aspergelle (Maîche), genêtre (Haute- Saône), dgenêtre, espardzeulet (Les Fourgs), spargante (Champagnole), aspergel (Bournois), cocu (Mouthier) (à cause de sa couleur jaune), dzeneta, genètre (Clairegoutte).

On fait des balais avec le genêt. Les rameaux fleuris sont employés pour teindre en jaune.

Gentiane.

i° Gentiane jaune. Gentiana lutea (Lin.).

Grande gentiane, gentiane à caule (bonnet). Les enfants l’appellent la fleur dé et la mettent au bout de leur doigt, vanneriau (Les Fourgs), nunnun-gentienne (divers lieux), cartet sauvage (Mouthier).

Ce nom de vanneriau désigne spécialement les grandes tiges sèches qui restent longtemps debout sans tomber, on leur donne également le nom de nounous, nunnuns, parce que ces tiges creuses sont les meilleures pour faire des mirlitons, des « nunnuns » qui étaient jadis en grande faveur.

Les feuilles larges de la gentiane sont employées pour envelopper le beurre.

Coupée en morceaux et macérée dans l’eau à

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une température égale, la racine fermente et donne par la distillation une eau-de-vie qui conserve l’odeur forte et le goût bizarre de la plante. Cette liqueur s’appelle gentiane; elle est tenue en grande estime dans nos montagnes. L’eaude-vie de gentiane s’appelle giquian-net (Gilley), vannesiau (Les Fourgs).

Des rondelles de racine macérées dans du vin donnent une liqueur qui est un puissant tonique.

Avec une tige verte de gentiane, on fait un petit jouet : la clef de Saint-Jean.

Dans la montagne, on dit que quand les tiges sont hautes, c’est signe qu’il tombera beaucoup de neige en hiver (Mouthe).

2° Gentiane printanière. Gentiane verna (Lin.).

Gentiane sans tige, bonnet de curé (Saint- Claude), œil de chat (Les Fourgs), manchette à la Vierge (Mouthe).

Elle fleurit à la fonte de la neige.

Géranium. Géranium (Lin.).

Herbe à Robert, herbe puante, ronge poulot (Charquemont), herbe velours.

Pour les fluxions, on chauffé la plante qu’on applique sur la partie malade.

Les feuilles cuites employées comme cataplasme font tomber les petits poils du visage.

En Comté, les jeunes filles cultivent en pots, comme plante d’ornement, le pélargonium ,

plante à laquelle elles donnent improprement le nom de géranium ; c’est leur fleur favorite avec le fuchsia. Aussi, dans les maisons où se rencontrent ces deux plantes, on dit qu’il y a des filles à marier.

Germandrée.

io Germandrée des bois. Teucrium scorodonia (Lin.).

Sauge des bois.

2° Germandrée petit-chêne. Teucrium chamœdrys (Lin.).

Petit-chêne, jourmandie, djourmandie (Bournois), germandise (Saint-Claude).

3° Germandrée de montagne. Teucrium montanum (Lin.) .

Pouillot, herbe aux puces, pouliot des montagnes, herbe aux pouilleux.

Elle a une odeur désagréable.

Gesse.

i* Gesse sans feuilles. Lathyrus aphaca (Lin.).

Pois de serpent, lusotte (Jura), tanotte (Saint- Claude.

2° Gesse chiche. Lathyrus cicera (Lin.).

Pois cornu, pois breton, jarosse. C’est un poison assez violent.

3° Gesse cultivée. Latyrus sativus (Lin.).

Pois de brebis.

4° Gesse hérissée. Lathyrus hirsutus (Lin.).

Peselot (Montbéliard), gesse des moissons.

5° Gesse à larges feuilles. Lathyrus latifolius (Lin.).

Poil du loup (Les Fourgs).

6° Gesse tubéreuse. Lathyrus tuberosus (Lin.).

7° Gesse luisante.

Lusotte (Jura), couqu’tet (Les Fourgs), passelot.

Les tubercules de la racine qu’on nomme anottes, ainottes, glands de terre, etanotzes et étanoires (Champagnole) sont comestibles ; les enfants les recherchent avidement. Cette espèce de truffe est aussi très goûtée par les porcs. On fait cuire ces tubercules sous la cendre ou à l’eau. Ils se conservent en cave de l’automne au printemps.

Giroflée. Cheirantus cheiri (Lin.).

Giroflée violier, giroflée jaune, Saint-Georges (Bournois), violette jaune, violette de mai, carafée (Jura).

Son nom de cheiranthus (radical main) vient de ses siliques qui ont un peu la forme des doigts. C’est de cette forme que vient l’expression de « giroflée à cinq feuilles » pour signifier un soufflet.

Gleux. Typha latifolia (Lin.).

Marsette à larges feuilles, roseau de la passion, roseau des étangs, chandelle.

On n’utilise guère cette plante en Comté que pour couvrir des habitations rustiques.

Gourde. Cucurbita lagenaria (Lin.).

Calebasse commune.

On la cultive dans les vignes. Les vignerons se servent de l’écorce en guise de bouteille.

Pour donner une belle couleur aux gourdes, on les plonge dans la vendange pendant sa fermentation. La gourde contient de un à trois litres de liquide suivant sa grosseur.

Goutte de sang. Adonis aestivalis (Lin.).

Adonide d’été, adonide des blés, couleur de feu, renoncule des blés.

Ce nom lui vient de ses petites fleurs qui sont d’un rouge foncé.

Grassette. Pinguicula vulgaris (Lin.).

Grassette commune.

La plante est carnivore : les mouches se prennent dans la glu des feuilles.

La grassette est purgative et vénéneuse pour les moutons. Elle coagule le lait et empêche sa séparation en petit-lait et en crème,

Gratiole. Gratiola officinalis (Lin.).

Gratiole officinale, herbe au pauvre homme.

Cette plante était appelée autrefois Gratia Dei, Herba Dei. C’est un violent purgatif. On croit qu’elle formait la base du célèbre remède anti-goutteux connu sous le nom «d’eau médicinale. »

Gratteron. Galium aparine (Lin.).

Gaillet gratteron, glouteron, gliotiron, grippe, glatane, grappottes, liopottes, liapets, liéron, (Maîche), liétala, rançon (Clerval, Montbéliard), caille-lait, accrochant, grippe-tout, guettelo (Salins), revala, rebelle.

En Comté, gripper signifie accrocher.

Glouteron, gliotiron ont le sens de collant, s’attachant comme de la glu.

Gremil. Lithospermum officinale (Lin.).

Orveau (Jura), herbe aux perles, œil de perdrix, thé.

Grillon. Rhinanthus minor (Koch.).

Rhinanthe à petites fleurs, greillot (Besançon; greliot.

Quand la fleur est sèche, elle sonne comme un petit grelot.

Gru de murailles. Sedum dasyphyllum (Lin.).

Orpin à feuille épaisse.

Ce nom lui vient de ce que les feuilles ressemblent à des gruaux.

Gueule de loup. Antirrhinum majus (Lin.).

Muflier à grandes fleurs, mufle de veau, gueule de lion, langue de cerf, pépé (Mouthier),

Guimauve.

i° Guimauve officinale, Althœa officinalis (Lin).

Fromageot, froumegeot(Vercel), Goumo (Mouthier).

La racine, dépourvue de son écorce, est donnée aux enfants pour calmer la douleur de la dentition.

2° Guimauve passe-rose.

Rose trémière, passe-rose, rose en bâton.

Haricot.

ie Haricot commun, Phaseolus vulgaris (Lin.).

Faisiôle (Pont de Roide), faisiola (Vercel), fasiole, faivioule (Gy), faisioule, faisieulo, favioule, faveulô, faiviole (Montbéliard), favieule (Plancher-les-Mines), fuvieule, faviole (Saint- Claude), Trainotte.

« Faviole » et autres noms semblables viennent

du latin phaseolus, fabiola, petite fève ; c’est un diminutif du vieux français fabe, fève.

Le nom traînotte signifie qui traîne sur la terre. En effet, la tige de cette plante, longue de quinze à vingt décimètres, est trop faible pour se tenir droite ; alors, on lui donne un tuteur, une branche mince, élevée, qui la supporte. On l’appelle rame ou branche de haricots.

Les haricots verts avec leurs gousses sont nommés haricots en dos (comme les pois), ou en pausets. Ce dernier nom, synonyme de coffe, couffe, cosse, s’applique également aux pois et à la vesce.

« Chairé », désigne la tige sèche des haricots ou des pommes de terre, quand même les fruits ne sont pas récoltés.

Bainous (Haute-Saône) désigne les haricots cuits à l’eau qu’on mange à la poignée, comme les pois verts.

2° Haricot multifîore. Phaseolus multiflorus (De Candolle).

Haricot fleur, haricot d’Espagne, haricot à fleurs écarlates.

On cultive cette espèce comme. plante d’ornement et ses graines sont aussi bonnes à manger que celles du haricot commun.

«Il ne faut pas, dit-on, que les haricots voient s’en aller celui qui les a plantés », c’est-à-dire qu’on doit les couvrir à peine de terre.

Les haricots plantés pendant les trois jours des Rogations seront drus et abondants en graines (Saint-Juan, Adam les Passavant).

Les haricots semés sous le signe de l’Ecrevisse « rament » davantage.

Des filles de Moutherot (Doubs) étant allées à la foire de Besançon, s’en furent dîner à l’auberge. Au milieu du repas, le garçon leur ayant demandé si elle voulaient des haricots, elles se consultèrent du regard, et comme ni l’une ni l’autre ne connaissaient ce mot, elles en demandèrent par curiosité pour savoir ce que c’était : « Çot das faivioules du Moutherot », dirent-elles en les voyant.

Les haricots sont très communs au Moutherot qui est le Soissons de la Franche-Comté.

On appelle les haricots les poissons de Chaumercenne (Haute-Saône), ou de Moutherot.

Herbe d’Allemagne.

Aristoloche clématite, aristolochia clematitis

(Lin.).

Herbe d’Ollemigne (Montbéliard).

Herbe aux chats. Nepeta cataria (Lin.), ou Herbe aux femmes. (Voir Valériane).

Le nom d’herbe aux femmes n’est pas donné à cette plante, comme on pourrait le croire, par

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allusion à la chatte métamorphosée en femme, mais parce qu’elle est emménagogue.

Les chats ont un goût très particulier pour cette herbe, ils se roulent dessus, la mordent et l’arrosent de leur urine. Elle leur produit le même effet que la valériane.

Herbe aux cors. Sedum acre (Lin.).

Orpin âcre, joubarbe acre, guilles de rate à cause de sa forme.

On emploie son suc et sa pulpe pour amollir les cors et les durillons.

Contre l’inflammation des mamelles (niamite ou mastite), on fait cuire une poignée de sedum (guilles de rate) dans un demi-litre de vin blanc et on en frictionne les seins.

Herbe aux cuillères. Cochlearia officinalis (Lin.).

Cette plante est antiscorbutique ; son suc, dit-on, enlève les taches du visage.

Herbe à cent trous.

Le millepertuis (pertuis trou).

Herbe au diable. Tormentilla erecta (Lin.).

Tormentille dressée, herbe à l’effort.

En dehors de la Comté, on appelle cette plante mort du diable ou mort au diable,

Sprengel donne ce non de morsus diaboli à la scabieuse .

Dans Littré, l'herbe au diable est le datura stramonium, un violent poison.

Le nom « herbe à l’effort » vient de ce qu’elle passe pour guérir les hernies qu’on nomme efforts ou ruptures. Ce nom est donné également au Sceau de Salomon.

Herbe aux écus.

Lysimachia nummularia (Lin.).

Monnoyère, perce-bosse, favé, fava, fauve, à cause de sa couleur jaune (Plancher-les-Mines).

Herbe folle. Alopecurus agrestis (Lin.).

Vulpin des champs, queue de renard, coue de réna.

Les vignerons la nomment herbe folle, parce qu’elle est annuelle et meurt de bonne heure; ils ne la redoutent pas comme une mauvaise herbe.

Herbe à la sorcière.

Circée commune. Circœa lutetiana (Lin.).

Herbe de Saint-Etienne.

Cette plante était employée autrefois dans les enchantements; on la considérait comme résolutive et vulnéraire.

Herbe à la recule.

Herbe qui égare.

Plante mal déterminée. Quand on marche dessus dans les bois, on a beau connaître tous les sentiers, on s’égare.

Herbe aux mites.

Molène blattaire. Verbascum blattaria (Lin.).

Herbe aux poux. Pédiculaire (Lin.).

Dauphinelle staphisaigre. Delphinium staphisagria (Lin.).

Staphisaigre vient du grec staphis raisin et agria, sauvage.

Pour faire disparaître les poux, on réduit ses graines en poudre que l’on mélange avec du beurre pour obtenir une pommade.

Herbe aux puces, poivre d’eau.

Polygonum hydropiper.

Dans la Haute-Saône on donne ce nom au serpolet.

Herbe à polir. Equisetum hiemale (Lin.).

Prêle d'hiver, queue de cheval (Mouthe).

Ses tiges et ses rameaux sont très rudes. Aussi, les menuisiers et les tourneurs les utilisent pour polir le bois et les métaux.

Herbe à récurer.

i° Prêle des champs. Equisetum arvense (Lin.). 2° Charagne commune. Chara vul-

garis (Lin.).

Chatene, chatoue, charcone (Plancher-les- Mines), queue de chat, coue-de-tchait (Montbéliard).

Herbe aux verrues.

Héliotrope d’Europe. Heliolropium Europœum (Lin.).

On l’appelait autrefois herbe aux écrouelles. On se servait de ses feuilles pour nettoyer les ulcères et calmer les inflammations.

On l’emploie aussi pour faire disparaître les verrues.

Hièble.

Sureau hièble. Sambucus ebulus (Lin.).

Hiébie (Haute-Saône), herbe à encre (Arbois), hîblou (Salins), ible (Vercel, Saint-Claude), hyoupe, hysrope (Clerval), eseul, seu (Mouthier), sauvoillot (Broye-les-Pesmes), hyebye (Montbéliard), petit sureau, sureau en herbe.

On dit que les meilleurs champs sont ceux où l’hièble pousse, parce que c’est une plante gourmande. Pour combattre le rachitisme, on baigne l’enfant dans l’eau où l’on a cuit des

hièbles, et on le couche sur les feuilles de cette plante ou sur la reine des bois.

Houblon.

Houblon grimpant. Humulus lupulus (Lin.).

Obion (Montbéliard), obron, vignasse (Mouthier).

Etymologie : vieux français obion, oblonnière, champ planté de houblon.

Les cônes servent dans la fabrication de la bière.

Quelques personnes mangent les jeunes pousses de houblon comme des asperges.

Hysope.

Hysope officinal. Hysopus officinalis (Lin.).

Esope.

On en fait des infusions, comme de toutes les plantes aromatiques.

Iris.

i° Iris germanique. Iris germanica (Lin.).

Iris violet, flambe, glias, gleu (Arbois), ghias, hias (Haute-Saône), dia (Mouthe-Salins), gliole, diable, diadia, yai-yai (iris des toits) (Montbéliard), clé de mort, yâya (Clerval).

La racine, mise dans le linge, lui donne une odeur de violette fort agréable ; quelques ménagères en introduisent dans la lessive.

2° Iris faux-acore. Iris pseud’acorus (Lin.).

Glaïeul des marais, iris jaune.

Etymologie de gleu : gladiolus, petit glaive; on nomme aussi l’iris couteau à cause de la forme de ses feuilles. Voici la série hypothétique des transformations du nom du glaïeul : gladiolus, gladiole, gluyole, gl iol, gliole.

Dans le vieux français, nous trouvons les formes glai, glaiaire, glaiolai, glius, glau, glaye, pour glayeul.

Les paysans emploient cette plante dans les cas d’hydropisie et de diarrhée.

Ivraie.

Ivraie enivrante. Lolium temulentum (Lin.).

Leu (Salins, Vercel, Clerval, Mandeure), lû, leu I , liu, lé (Bournois), illu, lai, droue (Haute- Saône).

Etymologie : Leul, lui sont formés directement de lolium, ce dernier nom désigne l’ivraie dans Virgile : infelix lolium...

Quant à l’ivraie, ce nom vient du latin ebriaca (dérivé de ebrius, ivre, à cause de l'ivresse ou plutôt de la torpeur que cause l’ivraie). Les graines de cette plante sont en effet vénéneuses, narcotiques; quand elles sont en certaine quantité dans la farine de froment, le pain peut occasionner des étourdissements, des maux de

tête et une sorte d’assoupissement un peu semblable à l’ivresse.

On dit que l’ivraie mélangée au pain donne le « brûle-cou ».

Jacée.

Centaurée jacée. Centaurea jacea(Lin.).

Machaule, machiaule, meussiaule.

Larni (Mouthier).

Jonc. Juncus glaucus (De Candolle).

Jonc glauque, jonc des jardiniers.

Djondjiere, jargière, désignent un faisceau de joncs; les enfants, après les avoir cordés, les attachent sous les bras, pour apprendre à nager, parce que ces javgièvcs ont la propriété du liège.

On emploie le jonc comme liens, soit pour palisser les arbres, soit pour attacher les plantes à leurs tuteurs. On en fait des fonds de chaises, des corbeilles, des nattes. On cultive aussi cette plante dans les jardins.

On dit que lorsqu’on marche sur des joncs et qu'on les pend en croix à la cheminée, ils ont la propriété de guérir le mal blanc, les aphtes et le muguet.

Proverbe :

A l’Ascension, la belle sur le jonc,

Ca laide sur le tronc.

Joubarbe.

Joubarbe des toits. Sempervivum tectorum

(Lin.).

Herbe aux coupures, herbe ai lai côpeures (Mandeure). Ouillie, herbe à deux feuilles, minon (Mouthier), herbe noire, oï (Plancherles-Mines), ouié (Rougemont), ouillie, oyotte cagrun (Maîche), reprise (Mouthe, Mandeure).

Etymologie : jovis barba, dans Pline.

Le nom d’herbe à deux feuilles lui est donné, parce que les feuilles de la base forment une couronne et celles de la tige sont éparses.

La joubarbe a un suc rafraîchissant; on s’en sert contre les hémorroïdes ; les feuilles écrasées sont employées comme émollientes sur les cors et les coupures.

Julienne.

Julienne des dames. Hesperis matronalis

(De Cand.).

Beurée, damas, cassolette, arragon, bouton d’argent, giroflée musquée, girarde, coquardeau.

La julienne des jardins est appelée girarde.

Jusquiame.

Jusquiame noire. — Hyoscyamus niger (Lin.).

Jaunisse (Mouthier).

C’est une opinion assez répandue encore dans

nos campagnes que la carie des dents est occasionnée par un petit ver ; pour s’en débarrasser on se contente de faire des fumigations de jusquiame ou encore on brûle les graines de cette plante sur des charbons et on respire la fumée par la bouche ouverte ; après quelques moments, on voit les vers qui tombent ! ! !

Laîches. Carex.

Loches (Clerval), louches, livèches, laitses Salins) latches (Mandeure), poil de chien, boud’to (Les Fourgs), hivèches, maître d’eau, feseli, géseli.

En Franche-Comté, on compte environ soixante espèces de laiches.

Leurs racines sont très utiles pour consolider les terrains en pente, prévenir leur érosion par les grandes pluies, affermir les chaussées, former les tourbières, arrêter et fixer les sables. Elles donnent un mauvais fourrage.

Laitron. Laitron des lieux cultivés. — Sonchus oleraceus (Lin.).

Lâchotte, lasotte, largeotte (Saint-Claude), lâche, laisotte (Montbéliard), lôrdjotte (Bournois), lachet (Mouthier), laucasson (Jura), armoise (Champagnole), laitson (Salins).

Etymologie : vieux français, lacheron, laicte ron, de lac, lait. C'est une espèce de chicorée

très appréciée par le bétail et surtout par les lapins.

Laitue.

Laitue cultivée. — Lactuca sativa (Lin.).

Coudaie (Bournois), couday, têtue (Mouthe), tchicon (Haute-Saône).

La laitue, la bourrache, l’oseille, le pourpier, le nénuphar, le concombre étaient distillés et leurs eaux appelées froides passaient pour rafraîchissantes dans les fièvres et les inflammations.

Langue de cerf.

Scolopendre offinale. — Scolopendrium officinale

(De Cand.).

Autrefois, elle était regardée comme vulnéraire. Les enfants fument les feuilles de cette espèce de fougère.

Langue de chien.

Cynoglosse officinale. — Cynoglossum officinale

(Lin.).

Langue de berbis (brebis) c’est la piloselle.

Langue de serpent.

Ophioglosse commune. — Ophioglossum vulga-

tum (Lin.).

Herbe sans couture. — Laurier leuri (Haute- Saône.)

Lavande.

Lavande commune. — Lavandula spica (Lin.).

Savon (Mouthier).

C’est un bon remède pour les extinctions de voix. On place cette plante odoriférante dans les armoires, parce que son odeur chasse les mites et les teignes qui attaquent les habits.

Légumes.

On nomme légumes toutes les plantes potagères employées comme aliments : navets, raves, poireaux, carottes, épinards, oseille, artichauts, asperges, etc..

Le courti, coiti, curti, queutchi, est le jardin où l’on cultive les légumes; ce nom vient du vieux français curtil, jardin potager.

La couffe, coffe, cofieu (Haute-Saône), écoffe, écoufe, coufle, coffe (Jura), coffot (Les Fourgs), cosse est la gousse ou l’enveloppe des pois, des haricots, des fèves, on l’appelle aussi dos et dosse, deuche, surtout l’enveloppe des haricots. Les pois et les haricots « en dos » sont les pois et les haricots « mange tout ».

Le carré est un espace assez limité du jardin potager où l’on sème une seule espèce de légumes : un carré d’oignons, un carré d’oseille.

Le sévu, la saveu (Boprnois) saveur se dit

principalement des choux, des carottes et des navets qu’on met dans le pot au feu.

Tous les légumes en général sont du jardinage c’est l’expression déjà employée par Olivier de Serres. A Lons-le-Saunier, on dit hortelage ou hortolage , du latin (hortus).

Quand on donne à quelqu’un de la graine nouvelle avant d’avoir semé la sienne, on donne sa chance; on perd ses fruits de même si l’on ne récolte pas soi-même les premiers fruits d’un arbre qu’on a planté ou greffé (Montbéliard) .

Lentilles.

i° Ers lentille. — Ervum lens (Lin.).

Nenteuilles (Salins), nentilles, netilles (Montbéliard), neteilles (Bournois), netaillas (Vercel), natillets (Mouthier).

Pendant longtemps, on a dit nentilles pour lentilles.

On sème en Comté deux variétés de lentilles, l'une plus productive à graines petites d’un brun rougeâtre ; l’autre à graines plus grosses, plus pâles ; les dernières étant plus douces sont préférées pour l’alimentation. Les premières sont particulières à la montagne.

Les enfants s’amusent à dire sept fois de suite sans respirer (sans débégailler) : lentille freguille, lentille freguille. Celui qui respire avant

d’avoir fini reçoit sept coups de poing dans le dos (Bournois).

Une personne « lentillée » est celle qui a des taches des rousseurs au visage et aux mains. Dans le vieux français, lentilleu signifiait taché de rousseurs.

Il n’y a pas de belle fille Sans lentille ;

Pas de beau garçon Sans bouton.

On raconte que sept habitants d'Ecot (Doubs) s’en furent un soir se baigner dans un champ de lentilles. La rosée abondante remplaçait l’eau d’une rivière absente.

2° Lenticule mineure. — Lemna minor (Lin.).

Lentille d’eau, lentille des marais.

Lierre terrestre.

Gléchome. Glechoma hederacea (Lin.).

Rondotte, rondelot (Mouthier), agelle (Haute- Saône), anselle, aidgièle (Montbéliard), aidgiaule, tarétrou (Mouthier, Salins), tenrêtre (Clerval), tairétre (Pont-de-Roide), terette (Saint- Claude), tanrère (Vesoul), torrêtre, tarrêtre (Arbois, Mandeure), tarretrüe (Plancher-les- Mines).

Edgieule, aidgièle signifient le lierre qui croît dans les haies. Les noms tanrètre et autres

semblables sont une déformation du latin terrestris.

Si, au premier février, le lierre a de belles graines, c’est bon signe pour la vigne. Si les grains gros et petits sont mélangés, c’est signe que les raisins fileront quand la vigne fleurira.

Un proverbe dit : « Quand le tanrètre est bien en fruit, la vendange donnera du clair», c'est-àdire sera abondante.

L’infusion de lierre terrestre est très usitée pour guérir le rhume et diverses affections de la poitrine. On fait souvent des cataplasmes avec cette plante trempée dans du vinaigre, et on les applique sur les cors aux pieds.

Lin.

Lin cultivé. Linum usitatissimum (Lin.).

Fi pour fil.

En Comté, on cultive le lin comme le chanvre, mais en moins grande quantité. On le récolte de la même manière et on lui fait subir les mêmes préparations, excepté le teillage, parce qu’il est trop mince.

Le lin donne un fil très beau et on en fait du linge fin très estimé.

Les graines du lin sont mucilagineuses, et émollientes; ses tourteaux servent à engraisser les bestiaux.

Proverbe :

Quand mars, bien mouillé sera,

Bien du lin il te donnera. (Mouthe).

Pour chasser un corps étranger, un chenil, dans l’œil, on écarte la paupière inférieure et on introduit dans la cavité une graine de lin. On tient l’œil fermé pendant un moment, la graine entraîne le corpuscule.

Linaigrette.

Linaigrette à larges feuilles. Eriophorum polystachium (Lin.).

Lin des marais, herbe à coton, couteni (Plancher-les-Mines).

Autrefois, ses feuilles étaient employées contre la diarrhée. On fait des matelas avec ses fruits, petites houppes cotonneuses.

Linaire. Linaria (De Candolle).

Velvote, réveille-matin (Mouthier), oiselot (Montbéliard) .

On compare la fleur à un oiseau, d’où le nom oiselot. On utilise ses fleurs pour obtenir une couleur jaune. Cette plante est amère, elle passe pour purgative et diurétique.

Quand on veut se lever matin, il faut mettre la veille de la linaire dans son lit.

Lis.

i° Lis blanc. Lilium candidum (Lin.).

Ognons d'ali (Rougemont), eugnon d’aili (Mandeure), li (Mouthier).

Quand les lis blancs sont en pleine floraison, cent jours après les raisins sont mûrs.

On fait infuser dans l’eau-de-vie des fleurs de lis pour guérir les coupures.

2° Czackie fleur de lis. Hemerocalis liliastrum (Lin.).

Lis de Saint Bruno. Cette jolie plante se trouve dans les pâturages herbeux et escarpés du Jura.

Liseron.

i° Liseron des haies. Convolvulus sepium (Lin.).

Grand liseron, ligneul, liset, vélie guignoulet (Salins), lignoulot (Besançon), vélier, veillie, vouaillie (Haute-Saône).

2° Liseron des champs. Convolvulus arvensis (Lin.).

Petit liset, vournale, vorvèle, vrillet (Saint- Claude), vitelle (Doubs), vitello (Mouthier), varvale, vorvèle (Jura), vorvule, volvule.

Ligneul vient du latin lineolum, petit fil, dérivé de linea, ligne, qui est son radical; la terminaison eul est le diminutif en olus, lineolus, liniolus.

Ainsi qu’on vient de le voir, ligneul est le synonyme de liseron ou liset qui auraient formé les mots liseré, lisière.

En effet, ce qui a d’abord frappé l’habitant de la campagne dans le liseron, c’est sa tige flexible et longue qui peut servir de lien. C’est une espèce de ficelle végétale ou ligneul (fil de cordonnier).

Les mots vélie, vélier et autres semblables se donnent en Comté à beaucoup de plantes grimpantes ou sarmenteuses (voir cuscute, orobanche, clématite).

Vitelle employé à Ornans désigne le petit liseron qui croît dans les vignes.

Vieille a la même signification que vrille, en raison de la forme du liseron qui s’enroule autour des plantes comme un tire-bouchon.

On dit du liseron, ainsi que du chiendent, qu’il y a de l’or au bout de sa dernière racine.

Quand le liseron, la belle de jour et l’alleluia (pain de coucou) ferment leurs corolles, c’est signe de pluie prochaine.

Lotier.

Lotier corniculé. Lotus corniculatus (Lin.).

Soulier du bon Dieu (Bournois).

Lunaire.

Lunaire bisannuelle. Lunaria biannis (Lin.).

Grande lunaire, passe-satin, monnaie du pape (Saint-Claude).

Les silicules sont rondes ; leur cloison médiane est blanche, satinée, d’où le nom de lunaire.

Luzerne.

i° Luzerne cultivée. Medicago sativa (Lin.).

2° Luzerne lupuline. Medicago lupulina (Lin.).

Crapoulot (Bournois), crampoulotte (Montbéliard), minette dorée, trioulet (Salins), minettetriolet (Saint-Claude).

Maïs.

Maïs cultivé. Zea mays (Lin.).

Blé de Turquie, turquie (Divers lieux), turquier, trequet (Haute-Saône), trouquie (Clerval, Audeux, Marchaux), troutié (Bougeons, Salins), gros blé, groublo (Jura), panouillard (Saint- Claude), coitu-quarantin (maïs précoce).

On a donné à tort au maïs le nom de « turquie » puisqu’il est généralement considéré comme originaire d’Amérique. Mais autrefois tout ce qui était étranger pour le peuple venait de Turquie, et si on remonte plus loin, on qualifiait de « sarrazin « toutes les importations exotiques. Quoiqu’il en soit, le maïs fut, dit-on, introduit en Franche-Comté à la fin du xnr siècle, bien avant la découverte de l’Amérique.

Le maïs s’acccomode de toute espèce de terre pourvu qu’elle soit meuble et bien fumée. On le

cultive en lignes et l’on dirige ces dernières du nord au midi afin que le soleil puisse frapper les pieds le plus longtemps possible.

Au printemps, on dit que le maïs « bourre » quand l'enveloppe qui contiendra le fruit commence à se remplir; et plus tard quand la douille (Bournois) ou la grappe du maïs grossit, le paysan dit : « Le maïs douille bien », c’est-à-dire qu’il a belle apparence.

On appelle choufle, choufet les feuilles du maïs et les folioles minces qui entourent l’épi. Ces folioles qui forment une espèce de barbe rousse sont les stigmates.

La fil lotte, c’est le surgeon (Jura).

L’épi est nommé rôt, roue, paneira (Jura), penessia (Arbois), panouille (i), beillotte (Haute- Saône), lande de Turquie, raipe (Haute-Saône), râpe (la panicule égrenée ressemble en effet à une râpe).

Etymologie : Panouille vient du latin panicula (en forme de panache).

Dans la Haute-Saône, on appelle « messe » la panicule avec toutes ses enveloppes.

La cherrâ est la tige de maïs fraîchement coupée. Les vaches en sont très friandes.

Après la récolte, on débourre le maïs, c’est-

(i) Ce mot Panouilles est également usité' dans le Maçonnais et l’Autunois.

à-dire qu’on enlève les feuilles qui entourent les épis, et on le découette, c’est-à-dire qu’on lui enlève la queue. On sépare ainsi l’épi de la tige.

On fait sécher ensuite les épis au four ou bien on les porte au grenier sous le toit ; exposés à l’air, ils ne sont secs qu’après plusieurs mois. Une partie est également séchée dans les chambres chaudes de l’habitation. On les suspend au plafond sous la forme de grandes grappes ( bouilles ou râpes , beillottes , billes (Haute- Saône). Quand les épis sont bien secs, il faut les vougrer ou égrener, le reste du rôt dépouillé de ses grains est le caifot: on le brûle en hiver en guise de bois.

Assez souvent, on fait rôtir sur le gril ou sur les charbons les épis sur le point d’être mûrs. Les grains rôtis se nomment piquerés; ceux qui éclatent au feu sont poutrenés (Jura), ce sont les dames, les damoltes (Jura, Haute-Saône); ceux qui n’éclatent pas sont les messieurs. Ces grains rôtis sont un régal pour les enfants ; c’est une excellente friandise. Aussi, dit-on de quelqu’un qui mange avidement : « il mange cela comme du rôt ».

On appelle gaudes la farine de maïs dont on fait une sorte de bouillie, soit au beurre, soit au bouillon ou au lait, ou simplement à l’eau. On en confectionne aussi des galettes min-

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