‹ Faune et flore populaires de la France-ComtéChapitre 5 sur 8 · T. IL · texte numérisé non relu

T. IL

ces, connues sous le nom de gropés, crapés, flammeusses, flamusses. Autrefois, les gaudes jouaient un grand rôle dans l’alimentation en Franche-Comté. On cultivait le maïs au moins dans le tiers des terres. Les gaudes se mangeaient surtout au déjeuner du matin. Quand les bergers allaient aux champs de bonne heure, les mamans tenaient au chaud dans le lit la petite écuelle de gaudes qui leur était destinée.

11 y a une cinquantaine d’années, on faisait encore beaucoup de gaudes de maïs, surtout dans la Haute-Saône. C’est en souvenir de ce mets essentiellement Franc-Comtois que les originaires de la Comté ont fondé à Paris, il y a 25 ans, une association d’appui moral qui est l’une des plus prospères parmi les sociétés provinciales.

Ce nom de gaudes est parfois donné à toute espèce de bouillie faite avec une farine quelconque; il s’applique même aux purées de légumes où l’on ajoute de la farine, du lait et de l’eau. Ainsi, on dit : des gaudes aux pommes de terre, aux oignons, aux pois. Pour désigner spécialement les gaudes à la farine de maïs, on dit parfois des gaudes « au turquie ». On appelle gaudes blanches les bouillies faites avec la farine de blé fpaipai ou papet) (1).

(1) C’est cette habitude de généralisation qui a poussé nos paysans a appeler thé toutes les infusions ou ti-

Du côté de Salins, on donne le nom de gaudes à toutes les bouillies de farines. Les gaudes sont appelées : godets (Villedieu), gagas (Médière), gaudas (Vcrcel), môles (Bournois), catoules (Arbois), catons (gaudes épaisses).

La peau qui se forme sur cette bouillie est le gratin; le fond de la marmite est la râsure, le raclot. C’est la partie la plus estimée des enfants qui se la disputent violemment.

Les feuilles fraîches du maïs sont un très bon fourrage pour le bétail; et quand elles sont sèches, on en garnit les paillasses; autrefois, tous nos paysans et petits bourgeois se servaient de paillasses de feuilles de maïs. Les ménagères emploient aussi les fibres résistants des feuilles de maïs à nettoyer les peignes et « peignettes ».

Proverbes :

« Ramener la peau sur les gaudes », c’est arranger une affaire, la concilier.

Quand les rôts sont bien vêtus (chargés de feuilles) c’est signe d’an rude hiver.

« Il faut passer trois fois son doigt autour

sanes. Ainsi, ils disent : thé de tilleul, thé de camomille, thé de feuilles d’oranger.

Pour le vrai thé, on dit simplement le thé noir,

d’un pied de turquie pour qu’il remplisse une écuelle » c’est-à-dire qu’il faut le cultiver avec soin autour de sa tige.

On appelle piau (peau) de gaudes les personnes jaunes, ridées.

On dit : « un gros plein de gaudes » comme ailleurs on dit : un gros plein de soupe.

L’expression « mangeur de gaudes » s’applique en général aux Comtois. C’est quelquefois un terme méprisant.

« Vif comme un pot de gaudes au bas d’une hotte ». « Vi quema on pot de gaudais u bas de n’hotte » est une expression dont le sens nous échappe.

On appelle gaudeux, gadeu celui qui aime bien les gaudes.

« Manger deux ou trois gaudes », c’est en manger fort peu (Bournois).

On appelait l’anus « le moulin des gaudes ».

Les stigmates de maïs sont un excellent remède pour réchauffement d’intestins et surtout pour la vessie.

On appelle le maïs le « café de Bletterans » (Jura).

Sobriquets : On dit les mange-gaudes de Flagey (Doubs), les ventres-jaunes d’Eclans (Jura), les môlies de Chalèze (Doubs).

Marguerite. Chrysanthemum (Lin.).

Grande marguerite, marguerite des prés, œil de bœuf, grande pâquerette.

En Franche-Comté, les jeunes filles ne se bornent pas à adresser à la marguerite en l’effeuillant les questions classiques : « M’aime-t-il, un peu, beaucoup, passionnément (ou passablement), pas du tout ? » elles changent parfois leurs interrogations en disant à chacun des pétales qu’elles arrachent :

Fille, femme, veuve, religieuse ?

Marjolaine.

Origan commun. Origanum vulgare (Lin.).

Mérade (Haute-Saône), baume (Clerval).

Mérade vient de l’allemand meiran.

La marjolaine croît partout et à peu près sous toutes les latitudes. On s’en servait beaucoup autrefois dans la cuisine, car elle a une odeur aromatiqite très agréable.

C’est une des fleurs le plus souvent mentionnées dans les chansons populaires, sans doute à cause de son joli nom qui prête à la rime. Tout le monde connaît la ronde :

« Qui est-ce qui passe ici si tard ?

Compagnons de la marjolaine ».

Un vieux proverbe disait : « La marjolaine n’est pas pour les pourceaux ».

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Mauve.

Mauve sauvage. Malva sylvestris (Lin.).

Froumaget (Mouthier), froumodzet, fromageot, froumaidgeot (Montbéliard), fromodzet (Les Fourgs).

Ce nom « fromageot » est donné à la mauve à cause de ses fruits glabres, ridés, marqués de nervures et qui ont la forme d’un petit fromage.

C’est un des simples les plus usités. Toutes les parties de la mauve sont très mucilagineuses ; on emploie les feuilles et souvent la plante entière, que l’on fait bouillir, en cataplasme émollient et résolutif; ses fleurs sont pectorales; l’écorce des tiges fournit une filasse propre à faire des cordes et des tissus grossiers.

Mélampyre. Melampyrum arvense.

Roujol, blé de vache (Jura).

C’est un mauvais fourrage.

Mélilot.

I» Mélilot officinal. Melilotus officinalis (De Candolle).

20 Mélilot des champs. Melilotus arvensis (De Cand.).

L’infusion des fleurs est un remède populaire contre les ophtalmies légères. On se sert du mélilot en cuisine, surtout pour cuire le lapin.

Mélisse.

Mélisse officinale. Melissa officinalis (Lin.).

Citronelle, meluire (Mouthier).

Elle est pectorale; c’est un excellent tonique et antispasmodique ; c’est aussi un carminatif puissant.

Melon

Concombre melon. Cucumis melo (Lin.).

Les grains ou pépins du melon sont nommés pipions .

Autrefois on cultivait les melons en pleine terre, dans les vignes ; les melons d’Auxonne avaient de la réputation, quoiqu’il fallut en ouvrir au moins trois avant d’en trouver un bon. On les apportait au marché en monceaux énormes.

«A la saison, dit-on, ne craignez pas le melon mûr ; dès l’automne, n’en mangez plus, il vous donnerait la fièvre ».

Il est difficile de s’y connaître en femmes et en melons.

Les garçons sont comme les melons.

Il faut en tenir cent pour en avoir un bon

On est trompé en melons Gomme en garçons.

Tu sèmes tes melons en mars,

Moi en mai !

J’en mangerai quand et toi.

Menthe.

i° Menthe poivrée. Mentha piperita (DeCand.).

Coq (Bournois), couque, coin, coco, mentho (Mouthier).

2° Menthe des jardins. Mentha gentilis (Lin.). Coq des jardins.

Il y en a beaucoup à l’état sauvage, toutes passent pour d’excellents antispasmodiques chauds et de très bons toniques.

Mercuriale.

i° Mercuriale annuelle. Mercurialis annua (Lin.).

Foiresse, quarantain, bois blanc, bet blanc (Saint-Claude), foirolles.

2° Mercuriale vivace. Mercurialis perennis (Lin.).

Foirolle, boui-bian, chou de chien, lisotte (Haute-Saône).

C’est un purgatif; elle noircit en séchant. Elle est mauvaise pour les bêtes, donne la diarrhée aux porcs et aux lapins.

Mignardise .

Oeillet mignardise. Dianthus plumarius (Lin.).

Mignotise.

Etymologie: vieux français mignot, mignon, délicat, et mignotises, soins trop recherchés dans la parure.

On cultive cette plante en bordure dans les jardins.

Dans le canton de Genève, mignotise se dit du thym.

Millefeuille.

Achillée millefeuille. xVchillea millefolium (Lin.).

Herbe de Saint-Jean (Saint-Claude), herbe au charpentier, herbe à la coupure, millefuille (Montbéliard), sangnenâ (Vercel), saigne-nez (divers lieux), saignie, saignotte.

Les feuilles de cette plante sont vertes, étroites, lancéolées, dentées en scie. Les enfants s'en bourrent le nez qu’ils frappent ensuite avec les mains jusqua ce que le sang coule. De là, le nom de saigne-nez qui vient de cette coutume enfantine.

On l’appelle herbe à la coupure, parce qu’on croit que ses feuilles appliquées sur les coupures les font promptement cicatriser.

Millepertuis.

Millepertuis perforé. Hypericum perforatum

(Lin.).

Ecumoire (Mouthier), mille trous, herbe à cent trous, mille-petchus (Clerval, Montbéliaid).

Etymologie : Pertuis, dans le vieux français signifie trou, et ce mot est encore usité dans beaucoup de villages.

Les sommités fleuries de cette plante sont, dit-on, vulnéraires, vermifuges; macérées dans l’huile d’olive, elles produisent l’huile rouge employée pour cicatriser les plaies. Les fleurs, broyées entre les doigts, donnent un suc \ i o 1 c t .

Millet.

Millet étalé. Millium effusum (Lin.).

Meillou, meillot.

Le millet est une plante alimentaire, qui autrefois était partout cultivée ; chaque ménage avait son champ de millet, sa meillottie ou meillotère. Après l’avoir récolté, on mettait sa graine au four quand le pain était îetiré, la chaleur facilitait l’enlèvement de la peau.

Le pilé, plâ, pelai, était le millet décortiqué. On le faisait bouillir avec du lait, et ce mets était appelé blanc manger ou simplement pilé. Si on cuisait le pilé à 1 eau et au beurre, on avait du pôra (Plancher-les-Mines), ou du pelai

(Montbéliard) plaie, pilà, pilaie. Le pilé était peu nourrissant et un peu diurétique.

On pilait aussi le millet dans un mortier et on préparait la farine au lait ou à l’eau comme le pilé.

Au commencement du siècle dernier, on faisait encore une grande consommation de millet. Il était très commun et recherché autant que les gaudes. Des marchands ambulants le vendaient dans les rues en criant « au pilé, au pilé » ! ou bien : au plâ, au plâ, tros sous tros ias (liards) quat sous mains in ia ; Hue Boya ! avance mon cheval (i).

Aujourd’hui, ce mets n’est plus en usage. Pourquoi ? On ne saurait le dire, car il était excellent.

« Sochai (souffler) su lou pelai », c’est respirer bruyamment, renifler ou rinfler.

« Vendre di pelai » est synonyme de faire tapisserie dans un bal.

A Luxeuil et dans les environs, on mange du pilé le jour des morts, principalement au repas du soir. On dit que chaque grain avalé représente une âme sauvée du purgatoire.

Les enfants des villages chantent les paroles suivantes en faisant ce qu’ils appellent la cloche

(i) Boya, boyard (v. notre Faune), est un nom commun de cheval.

(ils se tiennent les bras enlacés dos à dos et se renversent alternativement) :

Pilez les grus 1 n’en peux plus Pilez le plâ (millet)

I n’en peux mâ.

Les mots toque-meillot que disent les nourrices comme terminaison d’une formulette enfantine, en touchant alternativement chaque œil et en faisant semblant d’écraser quelque chose sur le front des enfants, vient encore de l’usage de piler le millet.

Groue euillot (gros œil)

Petiot euillot Toque meillot (millet)

On cultive pour la volaille et les oiseaux encage le panic-millet, millet des oiseaux, pain d’oiseau (Mouthier).

Morelle.

Morellc noire. Solanum nigrum (Lin).

Grève-chien, raisin de loup.

Hile entre dans la composition du baume tranquille et de l’onguent populemn.

Avec ses feuilles, on fait des cataplasmes adoucissants et des décoctions sédatives en lotions.

Mouron.

i° Stellaire morgeline. Alsine media (Lin.).

Herbe à l’oiseau, môron (Montbéliard). C’est le mouron des petits oiseaux.

2° Mouron bleu. Anagallis arvensis (Lin).

3° Mouron rouge. Anagallis phœnicea (De Candolle).

Mouron des champs.

On vante l’efficacité de ces plantes contre la rage, l’hydropisie, l’épilepsie et les morsures venimeuses.

Le mouron rouge est un poison.

Moutarde.

Moutarde des champs. Sinapis arvensis (Lin.).

Moutarde sauvage, motale, montiale (Mouthier), motadge, charet (Mouthe), sénevé (Ornans),senove (Audeux, Clerval), senovre, senove, senèse (Saint-Claude), senobre, senovre (Montbéliard), chou jaune, ravereuche (Marchaux), fourrotte, sauve, moutarde noire, chou noir.

Etymologie : la moutarde est la graine de senevé broyée avec du moût de vin (mustum latin) ou du vinaigre).

Ainsi, on faisait autrefois de la moutarde avec du moût de vin, comme encore aujourd’hui à Bergerac. Môla, dans le patois jurassien, signifie moût de vin.

Les moutardes sauvages fourrottes ou sauves sont de mauvaises herbes qui infestent les champs de blé.

Muguet.

Muguet de mai. Convallaria majalis (Lin.).

Lis des vallées, muguet bleu (Saint-Claude), muguet blanc (Jura), midüe, migue (Montbéliard), miguet (Salins), poum’tet u bon Dieu (Les Fourgs), midiet ai lai serpent, c’est le muguet multicolore) (Mandeure).

Etymologie : Muge, vieux français, qui signifie musc ou plutôt muguet. La « noix muguette » était le nom de la muscade. Par extension on appelait « muguet » le muscadin homme parfumé ou fort recherché dans sa toilette.

En Franche-Comté, on donnait autrefois le nom général de « muguet » à différentes plantes odorantes : au lilas, à la primevère à l’aspérule odorante, au seringat, à la scille, à la cardamirie des prés.

Muscari. Hyacinthus racemosus (Lin.).

Muscari des vignes, jacinthe sauvage, reneyi, arneyi (Montbéliard), c’est-à-dire renégat, ail funeste, rasinôt (Gy), à cause de sa fleur à grains de raisin.

Myosotis.

Myosotis des marais. Myosotis palustris (Lin.),

Ne m’oubliez pas, freguimini ; plus j’te vois plus je t’aime, œil de souris, oreille de souris, yeux de souris (Saint-Claude).

Le nom « œil de souris » lui est donné à cause de son fruit qui est d’un brun noirâtre, lisse, ovoïde, luisant, et celui d’oreille de souris vient de ses petites feuilles hérissées de poils.

Freguimini est l'altération du nom allemand du myosotis : vergiss mein nicht , ne m’oubliez pas.

Tous les myosotis ont leurs fleurs d’un bleu plus ou moins vif, à l’exception de la variété le myosotis des bois qui a des fleurs blanches et le myosotis changeant dont les fleurs sont d’abord jaunes avec un anneau orangé puis bleues avec un anneau pourpre.

Le myosotis rouge est appelé « yeux du Christ »; le bleu, « yeux de la Vierge » (Mouthe).

Myrtille.

Airelle myrtille. Vaccinium myrtillus (Lin.).

Brimbelle (Mouthe), (vf. brimbe, bagatelle), brimballe (Plancher-les-Mines), bribellot (Mouthier), bracot (Haute-Saône), belue-blue (Montbéliard, Clerval), (le fruit est bleu), ambreselle, angreselle, gorge-noire, ambregealles, ambrioles

(Charquemont), ambremales (Jura), lambruiche, balibô, belloin (Saint-Claude), auluardzets, airelles des marais (Les Fourgs), merti-melti (Mouthe), byol (Etrappes), belloin, biotte, biot (Etrappe, Doubs), oluadzé, beuillà (Grand’- Combe), borue (Plancher-les-Mines).

Dans d’autres départements, on appelle la brimbelle mouret, mure de bois, lucet, bleuet, gueule noire (parce qu’elle noircit les lèvres), herbe rouge. — La brimbelle est très commune dans les bois des montagnes du Doubs et du Jura.

Les Anglais appellent la brimbelle brumblc berry. On sait que berry est le terme générique qui signifie baie. Les Allemands disent» brombeèr ».

Belue désigne aussi bien la plante que le fruit ou la baie.

Avec le fruit, on colore le vin, on fait des gâteaux et des confitures. La baie naturelle est très recherchée par les enfants à cause de son goût sucré et acidulé. C’est Vambresaille des Genevois.

Narcisse.

i° Narcisse des poètes. Narcissus poeticus (Lin.).

Jeannette (divers lieux), beuvin (Tes Fourgs), tourne-soleil, collidam (Mouthe), olive pipe-

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damette perdon (Saint Claude), pardon (Marigny, Champagnole), olive blanche, djanotte (Montbéliard), chanette, clochette (Maîche).

Chanette vient du latin canns, blanc et du vieux français, chenu, qui a les cheveux blancs.

Collidam vient de « collet de dame ».

Le nom de jeannette a été donné à un certain nombre de fleurs de couleur blanche, et jadis h toutes les espèces de fleurs blanches.

Les grandes fleurs de cette espèce sont blanches et d’une odeur très agréable.

Les enfants s’amusent à sucer le miel qui est au fond du calice après l'avoir fendu dans toute sa longueur.

2° Narcisse faux narcisse. Narcissus pseudonarcissus (Lin.).

Claudinette, olive (Divers lieux) peut-être à cause de sa couleur vert-jaune, olivet (Mouthier), pipe-pupe (Saint-Claude), pipé, pardon (Champagnole), narcisse des prés djanotte (Plancher-les-Mines), collet de dame (Les Hôpitaux), damette, gazotte (MontbéliardJ, campenotte, kiétchotte (clochette) toueco, toco, choumeco, gagote (Montbéliard), clochette, ce nom s’applique aussi au narcisse des poètes.

Au printemps, on célèbre à Montbéliard la fête des campenottes. Les jeunes gens, garçons et filles vont en pèlerinage au Mont-Bard pour les cueillir. On en fait des guirlandes et des

couronnes qu’au retour on pend aux fenêtres, des maisons.

On donne le nom d’olive à plusieurs plantes qui n’ont aucun rapport avec le faux-narcisse. Ainsi, on nomme olive la primevère. Dans les environs de Montbéliard, on appelle campenotte de campana , cloche, des plantes dont les fleurs sont en forme de clochettes, l’anémone, la nivéole printanière.

11 doit y avoir là une confusion. A Pontarlier, comme à Mouthe, on appelle : foire aux veaux ou rasse aux veaux, le populage des marais, dont les fleurs sont également jaunes.

Au printemps, les enfants vont faire de petites gerbes de narcisses jaunes et les apportent dans les maisons.

Navet.

Chou navet. Brassica esculenta (De Candolle). On en sème beaucoup en Franche-Comté.

Qui veut bon navet Le sème en juillet

Sur les abcès, les panaris, on applique des cataplasmes de navets cuits.

Navette. Brassica oleifera (De Candolle).

Nivette, naiveto (Arbois), naivotte (Montbéliard, Bournois), naivotai (Vercel).

« Pour que la navette vienne bien, il ne faut

pas quelle couche au grenier », c’est-à-dire il faut la semer tout de suite après le battage.

L’huile de navette sert pour la cuisine et pour la lampe.

Le tourteau, appelé cuequilin (Montbéliard), trouillot, truillot, est donné au bétail. Il sert aussi d’appât pour le poisson. L’huile ne gèle pas.

Dicton :

Quand tu vois la fauvette Sarcle ta navette.

Nénuphar.

i° Nénuphar blanc. Nymphœa alba (Lin.).

Lis des étangs, diane des étangs, rose des lacs, plaquet (Jura).

Le nom de plaquet vient de ce que ses feuilles, grandes, épaisses, lisses sont flottantes sur l’eau comme des plaques arrondies.

La racine en souche allongée, écailleuse, devient très grosse, on l’appelle gôme, gueume (Jura, Haute-Saône).

Ses fleurs sont blanches ou jaunes; très grandes, odorantes. Autrefois le nénuphar passait pour avoir des propriétés rafraîchissantes et antiaphrodisiaques.

Nielle.

i° Lychnide nielle. Agrostemm agithago (Lin.). Nielle bâtarde, niâle (Montbéliard), niôle

(Vcrcel, Ornans, Rougemont), nelle (Audeux), naille (Plancher-les-Mines), lampette, niélo (Salins), niolet (Mouthier), roudzetta (Marigny, Jura).

Cette plante croît dans les blés ; elle produit une petite graine noire qui rend la farine mal" saine quand on a négligé de la sarcler dans les champs de blé.

20 Nigelle des champs. Nigella arvensis (Lin.).

Fleur de Sainte-Catherine.

Cette plante vient aussi dans les blés.

Nivéole.

Nivéole printanière. Leucoïum vernum (Lin.).

Clochette, sutchotte, campenotte (Bournois), sonnette, baguenaudot (Salins), perce-neige (Mouthe).

Son nom campenotte lui vient de la forme de sa fleur. C’est un poison.

Noix de terre.

i° Gesse tubéreuse. Lathyrus tuberosus (Lin.).

20 Carum. Bunium bulbocastanum (Lin.).

Terre-noix, anotte, couquette (Mouthe), canaute, cânôtte (Marigny), meguson (Gray); cameuson, quainuson (Gy), patoigne, patroigne (Montbéliard), nonotte (Haute-Saône), pseule, etanotse (Salins), poirotte de terre.

Les tubercules de sa racine sont très recher-

chés par les enfants à l’époque des labours ; ils les mangent crus, après les avoir épluchés.

Nostoc (Les Fourgs).

Gelée étoilée, crachat de la lune, morve d’étoile.

Cette plante gélatiueuse, verdâtre, tremblante, apparaît subitement après la pluie d’été; elle est regardée par les personnes superstitieuses comme tombée du ciel. Elle passe pour guérir les douleurs articulaires.

Œil-de-Christ. Aster amellus (Lin.).

Son nom lui vient de ses fleurs à disque jaune, à rayons d’un bleu lilas.

Œillet. Dianthus (Lin.).

i° Œillet de poète, bouquet tout fait, œillet de Chine, œillet giroflée, jalousie, œil de serpent.

Avec les pétales de l’œillet giroflée ou œillet des jardins, les confiseurs font un ratafia qui fortifie, dit-on, l’estomac.

2° Œillet sauvage : kiqueliki.

3° Œillet d’Inde, genevois puant, passe-velours (Mouthe).

Certains prétendent qu'on l’appelle genevois , parce que ce sont les Suisses qui l’ont importé dans la montagne, mais il est plus vraisemblable

que ce nom lui vient de sa couleur jaune, en Wallon gène, en picard Jane, latin galbinus.

Oignon.

Ail oignon. Allium cepa (Lin.).

Ougnon (Salins, Vercel), cive (Arbois), civa.

On nomme châtrions des petits oignons bons à planter.

« Englainer des oignons » veut dire les mettre en chaîne, en glaine, ou glane.

A Montbozon (Haute-Saône), on cultive spécialement les oignons et tous les lundis, de janvier au lundi de Pâques, un marché s’y tient où ils sont vendus au boisseau, en glanes ou chaînes.

On dit que dans ce village « il faut sept hommes pour arracher un oignon ». C’est sans doute une raillerie pour reprocher aux habitants leur paresse.

Sur les abcès et les panaris, on applique des cataplasmes d’oignons cuits.

« Si vous avez coupé un oignon, lavez vos mains », sans cela, tout ce que vous toucherez se cassera.

Quand on épluche des oignons, si l’on ne veut pas pleurer, il faut piquer un petit morceau de pain avec la pointe du couteau.

Quand l’oignon est bien « habillé », c'est-àdire quand il a double peau, c’est signe d’un hiver rigoureux.

A la Sainte-Agathe (5 février).

Sème ton oignon,

Fût-il dans la glace.

Entrôlements :

Entrôle, cambole,

Pinin, pinôle,

Des clefs, boutons,

Suyâ, bruyà,

Cocogon,

Des oignons,

Fétandon.

Autre :

Entron, gibon, caron Sepprié, cotidié, genevié Besançon, des oignons, fitendon.

C'est des oignons, qui s’y colle !

Devinette :

Je viens de la terre,

Je suis vendu par mon père.

Celui qui m’achète me coupe la queue, M’ôte mon habit de soie,

Et quand je suis mort, pleure avec moi.

Ronde enfantine :

Combien vendez-vous vos oignons ?

De la main de la marjolaine,

Combien vendez-vous vos oignons De la main de la marjolon.

Nous les vendons six sous, six blancs De la main, etc...

Nous les trouvons beaucoup trop chers De la main, etc...

C’ n’est pas trop cher quand ils sont bons Do la main, etc. . .

Onagre. Onagre bisannuelle. — Œnothera biennis (Lin.).

Herbe aux boucs, herbe aux ânes.

Cette plante a une odeur forte et désagréable.

Ophrys. Ophrys homme pendu. — Ophrys anthropophora (Lin.).

Pépé manau (Mouthe).

Ses fleurs d’un jaune verdâtre, figurent en quelque sorte un homme ou un singe pendu par la tête.

Ses tubercules sont arrondis, fibreux, épais, allongés ; on les dit efficaces contre les hernies.

Orchis. Orchis (Lin.).

Ivrogne (Mouthier), palma christi (Mouthe\ Pou-boita (Les Fourgs).

Orchis vient du grec orchis, testicule, à cause de la forme de ses racines : on l’appelle pour cela aux Fourgs « coille au prêtre ».

On donne le nom de pentecôtes aux. orchis

rouges ou roses à cause de lepoque où ils fleurissent dans les prairies et sur les coteaux.

A Montbéliard et dans les environs, on nomme damottes, daimottes toutes les orchidées à grandes fleurs, savoir : Torchis mâle, odeur de bouc, pâle et verdâtre ; les fleurs de ces espèces sont purpurines ou d’un blanc sale, jaunâtre.

Le verdâtre est appelé djiradge à Plancher-les- Mines pour viradge, de viridis , vert).

Orge. Hordeum (Lin.).

Orge à quatre rangs, Onordson (Salins), Ouargon (Mouthier), Ourge (Vercel).

Dans quelques localités on mélange l’orge, le seigle et l'avoine ; c’est ce qu’on nomme le boidge.

On appelle aussi boidges ces trois plantes sur pied ou bien les champs où elles ont été semées.

Machau, môtu (Haute-Saône) désignent un mélange d’orge et de seigle.

L’erbâ c’est l’orge qu’on sème au printemps pour être récoltée en automne.

La farine d’orge donne un pain grossier qui sèche plus vite que celui de seigle. On appelait bolon le pain d'orge et d’avoine, et pain d’orgée celui d’orge pure.

Les grus, les gruaux sont les graines de l’orge dépouillées de leur enveloppe corticale par une

mouture incomplète. On les emploie pour faire une soupe qui est rafraîchissante, « la soupe aux grus » .

Dans le vieux français, gru signifiait tout grain grossièrement pilé, grutum.

Ménage fait venir ce mot du grec yov qui signifie très petit. C’était un terme de mépris.

« Grossier comme du pain d’orge »

Belle journée aux Rois (6 janvier)

L’orge croît sur les toits (Mouthe).

A la Saint-Georges (e3 avril Bonhomme, sème ton orge;

A la Saint-Mar (25 avril)

Il est trop tard (Mouthe)

Il faut un homme alerte pour semer les avoines, Et un homme lent pour semer l’orge (Mouthe).

A la Saint-Georges Quitte le turquie et sème l’orge.

Si l’orge ne mûrit pas, ou imparfaitement il en sera de même pour le raisin; dans le cas contraire les vendanges seront bonnes :

Orge en montagne Raisin dans le vignoble (Haut-Jura).

Orobanche.

Les orobanches sont des plantes herbacées qui croissent en parasites sur les racines de divers végétaux, elle ne sont jamais vertes. Parmi ces plantes, nous citerons :

i° L’Orobanche couleur de sang. Orobanche gracilis (Lin).

Minne (Salins).

Elle est amère et astringente; on l’employait pour nettoyer les plaies de mauvaise nature et on l’administrait à l’intérieur pour arrêter la diarrhée.

2° l’Orobanche rameuse.

Mort au chanvre.

C’est le parasite le plus redoutable, parce qu’il s’attaque à certaines plantes cultivées et spécialement au chanvre.

Orpin. Orpin blanc. Sedum album (Lin.).

Trique-madame, chou au lièvre (Plancher-les- Mines), ovaiseu (Mouthe), raisinet (Montbéliard), Minon (Mouthier), « herbe à la reprise », a insi nommée de la vertu qu’on lui prêtait de cicatriser les plaies. De là aussi cet autre nom : herbe au Charpentier.

Dans le pays de Montbéliard et à Artois, le nom de raisinet, petit raisin, guinguin, dieudieu, nom enfantin du raisin, est donné aux orpins dont la feuille épaisse, grasse, charnue, ronde, a un peu la forme d’un raisin, particulièrement l'orpin blanc.

Orseille.

Bot de pire (pierre) (Plancher-les-Mines), champignon de pierre.

C'est un lichen qui renferme un colorant employé pour la teinture de la soie avant la découverte de l’aniline.

Ortie.

i° Ortie dioïque. Urtica (Lin.).

Outchie (Bournois, Montbéliard), outias (Vercel), outiais (Arbois), outiet (Salin), outie (Audeux), outiue (Ornans), ouchie (Marchaux).

Les jeunes pousses de cette ortie, préparées à la manière des épinards, sont un mets assez agréable ; on les mange aussi en salade ; on en fait de bonnes soupes, soit seules, soit mélangées avec des pommes de terre.

Les vaches qui en mangent fournissent, diton, un lait qui contient plus de crème et qui donne un beurre jaune et plus agréable.

Les tiges de cette espèce coupées en été et rouies comme le lin et le chanvre, fournis-

sent une filasse qu’on peut employer à faire des toiles grossières ou du papier. Sa racine bouillie dans l’eau sert à teindre les œufs en jaune. On fait des infusions de feuilles d’ortie pour les enfants qui ont des boutons.

2° Ortie brûlante. Urtica urens (Lin.).

Outias, ortie-grièche, outiè-picon (Mouthe), ouquet (Mouthier), outiet (Vercel), tchoquot (Haute-Saône.

Tchoquot signifie chaud, d’où est venu tchoquer, brûler, et l’exclamation tchoque : « qu’il fait chaud ! »

Evouchayè, c’estêtre piqué par les orties (Jura).

Les poils raides de cette plante produisent une cuisson douloureuse quand on les touche. On utilise cet effet pour fouetter avec une poignée d’orties fraîches la partie du corps où l’on veut produire de l’irritation. C’est un moyen de ranimer l’action vitale dans les rhumatismes, les paralysies, l’apoplexie. La médecine moderne a repris ce vieux remède.

3° Lamier blanc. Lamium album (Lin.).

Ortie blanche (Divers-lieux), mimi (Haute- Saône), outchie djoutie (gentille), ortie maigre.

4° Galéopse des champs, Galéopsis ladanum (Lin.).

Ortie rouge, Chien (Montbéliard).

5° Epiaire des bois, Stachys sylvatica (Lin.).

Ortie puante.

6° Epiaire des marais. Stachys palustris (Lin.). Ortie morte.

Oseille.

i° Patience oseille, Rumex acetosa (Lin.).

Aizeulô (Ylouthe), azeuille (Arbois, Salins), aizille (Champagnole), aisilleu, usilleu, ovaiseu (Les Fourgs), neuziotte (Clerval), neuziate (Maudeure), nzeliotai (Vercel), neuzeillotte (Maîche), zeuilletot (Mouthier), m’siotte, meusiotte (Jura), malotte, môlotte (Montbéliard), herba sala, saladâ, saligotte, sallegrelte (Jura), saletta (Grandvaux), euziaule (Maîche), ubieta (Saint- Amour).

Oseille vient du latin acidula qui a fait aicelie, ocile, oseille.

Sala, salada et autres noms semblables, vient du vieux français sal, sel, qui a le sens d’acide, piquant comme le sel.

Nuzilla, nusillotte était le nom donné à l’oseille par les Bons Cousins (charbonniers, carbonari.)

2° Patience à écusson. Rumex scutatus (Lin.).

Oseille ronde, malotte, rondotte (Montbéliard), asouillette (Salins), oseille franche, verjoulot.

Elle croit sur les vieux murs.

3° Patience des jardins. Rumex patienta (Lin.).

Epinard oseille.

4* Patience crépue, Rumex crupus (Lin.).

Tsô-levet (Les Fourgs).

On la trouve au bord des cbemins.

5° Patience petite oseille. Rumex acetosella (Lin.).

Oreille de lièvre, oreille de brebis, surelle, petite oseille.

Son nom d’oreille vient-il de la forme de ses feuilles ou simplement d’une déformation du mot oseille ?

On trouve souvent dans les prés une petite oseille sauvage dite « la neusiotte de crapaud ».

Pain de coucou.

Oxalide oseille. Oxalis acetosella (Lin.).

Alléluia, pain au coucou (Mouthe, Saint- Claude, Salins), painecocu (Maîche).

Les bergers et les enfants la recherchent pour la mâcher.

Pain d’oiseau.

Brize moyenne. Briza media (Lin.).

Brize amourette, brize tremblante, bessin (Montbéliard), pain aux oiseaux (Mouthe), pain d’oiselet (Rougemont), pan d’ouzé (Vercel).

Ce nom de pain vient de la forme des fleurs. Les grains sont supportés par de fines tiges.

Le pain d’oiseau sert à faire une petite farce aux enfants : on en cueille une douzaine de

tiges, dont on forme deux paquets qu’on place en croix. On dit à un enfant : « Je vais te faire un panier; tiens bon avec tes dents! » puis on tire brusquement et latéralement les deux extrémités et les épillets restent tous dans la bouche du petit mystifié.

Panais. Pastinaca.

Patenailles, paitenailles, potenailles, poitenailles (Salins), paselot, pétounailles (Mouthe), pestenaillet (Mouthier), poitenaillets, petschnâ (Haute-Saônej.

On l’appelait autrefois pastenade, de pastinacus. On le cultive dans le potager. Le panais sauvage est appelé quetiot (Mouthe), qutio (Salins), queutiet (Vercel).

Dicton : « Je ne te crains pas plus que les patenailles ne craignent la gelée ».

Pâquerette. Bellis perennis (Lin.).

Petite marguerite, paquerotte, Bouton violet (Mouthier), camamine (PlancherMes-Mines).

Camamine vient du latin chamamilla.

Pariétaire. Pariétaria.

Perce-murailles, herbe de Notre-Dame.

Elle pousse entre les pierres, de là son nom et les propriétés anticalculeuses qu’on lui attribue. Elle contient beaucoup de nitrate de

potasse. Mêlée au blé, ou dit qu’elle éloigne les charançons.

Parisette. Parisette à quatre feuilles,

Paris quadrifolia (Lin.).

Herbe à la croix (Mouthe), herbe en croix (Saint-Claude), herbe à Paris, herbes aux coupures, raisin de renard, étrangle-loup.

Son fruit est une baie noire, comme une grosse myrtille. C’est un poison violent. La disposition en croix de ses feuilles lui a fait attribuer de grandes propriétés, On assure qu’elle empoisonne les loups, les renards, les chiens et les poules.

Parnassie. Parnassia.

La parnassie des marais, avec sa belle Heur blanche, annonce l’automne, Quand on appuie légèrement le bout allumé d’un cigare ou d’une cigarette à l’extrémité des pétales, la partie touchée prend une belle coloration jaune (Mouthe).

Pas d’âne.

Tussilage pas d’âne. Tussilago farfara.

Tussilage des prés, Taconet (Arbois).

Pie d'aine (Montbéliard), popaine, popâ (Plancher-les-Mines), Tsopleto (Salins), couvre-bot (Saint-Claude), couvre-crapaud, bube.

T. II

Les fleurs qui poussent avant les feuilles sont pectorales. On les sèche à l’ombre. On emploie les feuilles pilées pour les cors au pied.

Passerage. Lépidium.

On croyait que la racine guérissait la rage.

Contre les sciatiques on pile la plante, en la mélange avec du beurre et on en fait des emplâtres.

Patience. Rumex.

Chou gras, Dchô, Lordchot (Clerval).

Une variété, la patience des Alpes, ou rhubarbe des moines, qu’on trouve dans les pâturages autour des fumiers, a une grosse racine employée autrefois comme purgatif.

Pâturin. Pou.

Une des plantes qui forment le foin.

Favot. Papaver.

Pévot (Clerval), Guillame (Montbéliard).

Coquelicot, coquelurot, coquericot (Doubs), coquelineau (Jura), chaudrotte (Haute-Saône), tsodière (Jura), chaudière d’enfer, marmite d’enfer (Haute-Saône), rose au loup, confaron (Saint-Claude), confoiron (Montbéliard), œilleute, ulliet (Mouthier), chamau (Rochejean), bi ûle-moisson, bouquet d’enfer (Champagnole),

feu d’enfer (Marigny), poupée (Mouthe), paven (Haute-Saône).

La racine du mot coquelicot est sans doute coq à cause de sa crête rouge.

Confoiron, vient du vieux français conferon, confanon, drapeau, bannière (rouge).

Feu d’enfer, brûle-moisson, viennent de la couleur rouge de la fleur; chaudière, marmite, de sa forme ; chamau, de sa mauvaise odeur (« cha mau » : sent mauvais).

Les enfants font de petites poupées en rabattant les pétales du coquelicot.

Les confiseurs les emploient pour faire des bonbons contre la toux.

Dire de quelqu’un qu’il a besoin a d’une infusion de têtes de pavots », c’est dire qu’il ennuie son monde, qu’on souhaite qu’il aille se coucher.

Pédiculaire. Pedicularis palustris (Lin.).

Herbe aux poux.

On la croyait autrefois vulnéraire ; on l’emploie aussi pour détruire la vermine.

Peigne de Vénus. Scandix.

x\iguilles des dames. Grand’dent.

Son nom vient de la forme du fruit qui a comme un long bec. Cette ombellifère est parente des cerfeuils.

Pensée. Viola tricolor (Lin.).

Face.

La fleur représente en effet assez exactement une figure humaine.

C’est sans doute pour cela que le suc de la plante fraîche est employé contre les dartres du visage.

La pensée sauvage est donnée aux enfants en infusion comme dépuratif. On arrête le traitement quand l’urine du bébé prend une odeur d’urine de chat.

Perce-neige. Lencoium vernum (Lin.).

Cocotte (Mouthier), velotai (Vercel).

On dit d'une jeune fille amoureuse : « Elle est comme les perce-neige, le froid ne lui fait rien ! »

Perce-pied.

Alchemille des champs. Alchemilla arvensis. (Lin.).

Bon fourrage.

Perce-pierre.

Doradille polytric. Asplénium trichomanes.

Polytrie officinal, faux capillaire, perce-pierre, poche-pierre (Montbéliard).

« Au xve siècle, nous trouvons la « poisse-

pierre », employée avec la tormentille morsus diaboli, à la confection d’un remède pour charmer une plaie.

« En 1498, un prêtre de Besançon donne une recette dans laquelle entrent la perce-pierre, alias percy de mur, la corporal de puits ou de fontaine et la sauge croisée » (4).

Persicaire. Polygonum.

Renouée. Rudzé (Salins).

Ce nom de rudzé lui vient de sa tige et de ses fleurs rougeâtres. Elle passe pour vulnéraire et détersive.

Persil. Apium graveolum (Lin.).

Pierassi (Jura), piersi, pirsi (Besançon, Pont de Roide), piarossi (Les Fourgs), pirchi (Haute- Saône et pays de Montbéliard), piairsi (Mouthier), mnuzi.

Il passe pour un fortifiant de premier ordre. Aux Fourgs, on dit de quelqu’un que l’on veut bien soigner dans sa convalescence:

« I li baierai di piarossi pou l’fare revadaille » Je lui donnerai du persil pour la faire reverdir.

Un autre dicton affirme ses qualités vivifiantes :

(1) B. Prost : La Médecine en Franche-Comté, p

T. II 16

Bien fau qui se laisse mouri.

Qui a du cerfeuil et du persi.

Pervenche. Vinca.

Venche (Haute-Saône), veuche, voiche, voitche (Montbéliard), violette des sorciers (Haute- Saône), brevantchi (Mouthe), pervendge (Rougemont), avoitsche (Plancher-les-Mines), œil-debue, ouètche (Montbéliard).

Pétasite. Petasites.

Daille (Arbois), chapeau, tchaipé (Montbéliard), taconnct, olon (Mouthier), pattes-aulon (Saint-Claude), caulo u leu (bonnet de loup), parasol (Mouthe).

11 est à remarquer qu’on voue au loup tout ce qui est mauvais ou étrange.

Le mot petasite du latin petasus chapeau, vient de ce qu’avec ses grandes feuilles, les enfants font des coiffures ou des ombrelles.

Phlox. Polemonium.

Polémoine, esparcette d’Angleterre (Mouthe), valériane grecque, lilas d’automne (Charquemont).

Le mot phlox veut dire flamme en grec. C’est une plante d’ornement.

Pied d’alouette. Delphinium ajacis (Lin.).

Dauphinette (Jura), serre (Mouthier).

Dans la mythologie, on dit qu’Ajax fut changé en cette fleur et que sur les pétales on peut voir les initiales de ce héros :

« Die, quibus in terris, inscripti nornina regum, Nascuntur flores : et Phyllida solus habeto ».

« Dis en quel lieu du monde naissent les fleurs sur lesquelles sont écrits les noms des rois ; dis, et Phyllis est à toi ».

(Virgile, 3e églogue des Bucoliques).

Pied de chat. Gnaphalium dioïeum (Lin.).

Pied de chat (Mouihe), pattes de chat (Saint- Claude).

Ses fleurs ressemblent à de toutes petites immortelles. On les emploie en infusion contre la toux.

Pied de lion. Alchemilla vulgaris (Lin.).

Alchemille, porte-rosée (Maîche), coupe à la rosée (Les Fourgs), manteau de dame (Mouthe), rosard (Plancher-les-Mines), fromageau (Maîche), parapluie (Les Fourgs).

On aime à trouver cette plante dans les pâturages, car elle donne aux vaches un lait riche en matières grasses.

Ses feuilles plissées ressemblent à un para-

pluie . Elles conservent longtemps la rosée dans l’espèce de coupe qu’elles forment.

On leur attribue le pouvoir de rajeunir les vieilles femmes.

Pied de poule. Andropogon.

Barbon, fourrage.

Pied de veau. Gouet commun. Arum maculatum (Lin.).

Buebue, buebuene (Montbéliard), counet (Mouthier), monsieur (Vercel), damotte (Montbéliard), pain de pourceau, couqueret.

La plante fraîche produit, dans la bouche, une sensation de cuisson qui cesse, paraît-il, en mâchant de la millefeuille ou du thym. C’est un poison.

Pigamon. Thalictrum.

Colombine plumacée.

On la trouve sur les coteaux et dans les bois montagneux.

Piment. Capsicum annuum.

Corail des jardins, poivre d’Espagne.

Cultivé pour l'usage delà cuisine ou comme ornement.

Pimprenelle. Sanguisorba.

Grande pimprenelle, pimprenelle des prés, petite pimprenelle, pimprenelle des jardins.

La pimprenelle des jardins se mange mélangée avec la salade. Celle des prés est un fourrage à tiges dures.

Les lapins et les lièvres aiment beaucoup cette plante.

A la fin d’un repas, on chante « la pimprenelle » pour exciter à boire. On remplit les verres et chacun, à son tour, doit vider le sien pendant la durée du couplet. S’il ne peut le faire d’un trait, il recommence.

Tandis qu’il boira,

Que son voisin s’apprête,

Pendant qu’il filera,

Chantons la pimprenelle, la pimprenelle, La pimprenelle il filera.

Ah ! comme il a bien filé,

A son voisin à commencer !

Ou bien :

Ah ! comme il a mal filé,

Encore à lui à commencer !

Tandis qu’il boira, etc.

Pissenlit. Taraxacum offlcinalis (Lin.).

Dent de lion, chicorée sauvage, coue d’aille

(queue d’aigle), guimbéchin, cramaîl, cremeillot (Pont-de-Roide), cramaillot (Montbéliard), cramaillet, tampotte, tapotte, taquet, manchette, du Bon Dieu (Maîche), groin u poua (groin de porc), kmaiquillon (Les Fourgs), quiaivela(Bournois), pilet pinnet.

On le trouve dans les prés. Celui qui pousse dans les taupières, taupinières, est préféré parce que ses feuilles sont blanches et tendres. On le mange en salade. Il est dépuratif et diurétique, d’où son nom.

Les dentelures de ses feuilles lui ont valu les noms de cremaillot, crémaillère, coue d’aille, groin de porc.

C’est à leur disposition en rosette que le pissenlit doit son nom de manchettes.

Le pédoncule est un tube souple dont les bergers font des siphons, des porte-bouquets, des colliers, des chaînes, des tuyaux d’aspiration pour boire aux fontaines.

Ils en font aussi des trompettes. Pour cela, ils assouplissent le tuyau, en prononçant la formulette suivante :

« Pierrou, mènou, gratatiu, s’te vo bin t’éré du bon vin, s'te vo mau t’éré de lo pisse de tsvau on plein grillau ». — Pierre, mon ami, gratte-cul, si tu vas bien, tu auras du bon vin; si tu vas mal, tu auras de la pisse de cheval, un plein seau (Mouthe).

A Viry (Jura), les enfants, en battant le pédoncule pour le faire piler (l’assouplir), disent :

Pila, pila, ganguillon,

Se te pilé brin,

Te béré de bon vin;

Se te pilé mâ

Te béré de piche de tsévâ.

A la maturité, le pissenlit forme une masse de graines très légères, qui s’envolent au moindre souffle. Les enfants cueillent un de ces mouchis , sans l’endommager; il faut qu’en trois souffles, les graines soient toutes parties, ou bien le souffleur n’ira jamais en Paradis, Ils chantent ensuite en tenant le pédoncule :

Pissenlit bataille Qui pourrit la paille,

La verge au pied du lit Pour fouetter le pisse-en-lit

O11 prétend que si l’on en mange le soir, on est obligé de se relever dans la nuit.

On en fait une excellente salade sur laquelle on verse du lard brCilant.

Pivoine.

Peonia (parcequ’elle est originaire de Péonie, contrée de la Grèce).

Pionne (Mouthe), pioune (Mouthier), pioule (Charquemont), rose puante, pon (Les Fourgs),

pompon (Arbois, parce que le pompon des soldats est généralement rouge), bouse de vache parce quelle s'étale en rond).

Ce nom de pionne se donne à plusieurs fleurs rouges.

Les Lorrains appellent pion ou pionne le bouvreuil à cause de la couleur rouge de son ventre.

A la Saint-Jean d’été, les bergers attachent aux cornes des plus belles vaches des pivoines, des reines-marguerites et des trolles.

La pivoine éloigne l’orage, guérit l’épilepsie et la paralysie, mais il faut la cueillir sans être vu du pic-vert (Les Fourgs).

Plantain. Plantago major (Lin.).

Rond-pianton (Montbéliard), rond -planta (Bournois), rond-piont (Haute-Saône), rond-piantet (Rougemont), long-pianton (Montbéliard), petitpiant, grand-piant (Haute-Saône).

On donne les graines des diverses variétés de plantain aux oiseaux en cag-e.

La plante verte ou sèche s’emploie en décoction pour des lotions, des collyres, des gargarismes.

Avec le suc des feuilles, on guérit les piqûres de guêpes (Les Fourgs).

On prétend qu’une personne qui a mis une feuille de long plantain sur sa langue est invulnérablequandelle recueilleles essaims d’abeilles.

Quand un bœuf ou une vache est atteint d’une maladie des pieds : messiole ou fièvre aphteuse, on s’arrange pour faire marcher l’animal de façon qu’il pose la patte sur un pied de plantain. On enlève ensuite celui-ci avec la motte de terre qui porte les racines et on le porte sécher au tué (grande cheminée).

Avec ses feuilles on guérit les plaies, les écorchures.

On dit en Comté que le long plantain sert aux médicaments pour les hommes et le rond plantain pour les femmes.

Plumeau.

Hottonie des marais. Hottonia palustris (Lin.).

Millefeuille aquatique.

La plante mûre a une hampe avec de longues aigrettes.

Poil de chien. Agrostis

Poi de tsin (Ar’oois), poi de tchin (Montbéliard. Cette agrostide fournit un gazon court et rude.

Poireau. Allium porrum (Lin.).

Porro, pourô (Vercel Montbéliard), pouret (Salins) .

C’est l'asperge du pauvre. Il passe pour guérir toutes sortes de maladies. Il est très diurétique. On met des cataplasmes de poireau cuit sur les

T. II

abcès, furoncles, panaris. On frotte avec une feuille de poireau les piqûres de guêpes ou d’abeilles et la douleur passe.

Si l’homme savait ce que le poireau Lui vaut,

11 en planterait des journaux.

« Il n’y a rien comme le bouillon de poireau pour faire marcher une purge ».

Pois. Pisum. sativum (Lin.).

Cainejô (Haute-Saône, Aillevans).

Quand les gousses sont formées, elles sont en couteau. Dès que les grains ont grossi, les pois sont « en dos ». Un plat de pois verts s’appelle dôsse, deuche. On jette de côté généralement les cosses, coudés, codes, caffas. Quelques personnes pourtant les sèchent au four pour faire de la soupe.

Les pois secs se mangent en soupe, en purée, ou frits. Dans ce dernier cas on les fait tremper dans l’eau deux jours, puis on les frit dans du saindoux. Ce sont les pois cuits, pois sôs (secs), piconé.

Les haricots accommodés de même se nomment soichie.

Le premier dimanche du carême est généralement connu en Franche-Comté sous le nom de dimanche des Piquerès.

Ce jour-là, les jeunes mariés de l'année sont tenus de donner à « piquer des pois frits » dans certaines localités, aux conscrits seulement et dans d’autres, à tous les jeunes gens, garçons et filles du village.

Dès la veille, on a fait cuire à l’eau avec du sel, une grande marmitée de pois qui ont été ensuite frits au saindoux. Le dimanche, on les distribue, avec un « pochon », à peu près à tous ceux qui viennent en demander. Il n’est pas interdit d’ajouter à cette distribution des pommes, des noix, des noisettes et même des gâteaux, des beignets et du vin (Valdahon, Doubs, Haute- Saône et Jura).

Quelquefois les quémandeurs se déguisent. Ils s’affublent d’un vêtement de paille, se passent la tête dans un collier de cheval et s’en vont, ainsi accoutrés, demander les pois frits aux mariés de l’année.

Dans la vallée de la Loue, souvent les visiteurs sont masqués. Si on leur offre un verre de vin, ils se démasquent et trinquent à la santé des époux.

A Fougerolles (Haute-Saône), ce ne sont pas les époux, mais les filles à marier qui sont tenues de « donner les pois ». Elles y ajoutent généralement des noisettes dont elles ont fait ample provision dans la saison.

A Dambelin (Doubs) les pois sont jetés aux

enfants à plein pochon et on invite les parents à venir manger du riz.

A Fonvent (Haute-Saône), non seulement les mariés de l’année « doivent les pois » mais encore tous ceux qui ont changé de logement.

Malheur aux habitants qui essaieraient de se soustraire à cette obligation traditionnelle, ils seraient assurés de voir leurs portes barbouillées d’ordures, sans préjudice d’un charivari qui pourrait durer plusieurs jours.

On sait qu'un boidge est un mélange de céréales et de légumes. On appelle aussi ce premier dimanche de carême, le dimanche des boidges parce qu’on mange des pois, des haricots et des lentilles.

Les pois verts de Genevreuille (Haute-Saône) étaient renommés et aussi les pois secs de Frasne (Doubs). Les pois qu'on mange en dos avec leur cosse sont appelés pois mangetout.

Quand les pois ne cuisent pas facilement, on emploie de l’eau de citerne au lieu d’eau de source ou encore on met dans la marmite une petite pincée de cristaux de soude. A moins qu’on ne préfère imiter la Divige de Mouthe : scs pois pouvaient servir trois fois de suite : ils passaient sans altération, dans le tube digestif, les deux premières fois .

Dans les champs, on cultive les pizailles, poisdc-pigeon, bsillons, bsilles, petits pois noirs un

peu carrés, on les sème avec l’orge. On s'en sert pour nourrir les pigeons et aussi pour engraisser les porcs. Quand on en donne trop aux pourceaux ils deviennent paralysés du train de derrière. 11 paraît que cette nourriture leur attaque les nerfs.

On en introduit souvent dans un boidge avec de l’orge et des vesces pour faire du pain.

Dans les jardins on trouve les pois de senteur pois à odeur, pois-fleurs, pois musqués.

Pour avoir de beaux pois, il faut les planter en vieille lune et, si c’est possible, le centième jour de l’année.

Ai lai Saint-x\ubin (ier mars)

Sanne tas pois, t’en airé bin.

Ai lai Saint-Jouset (19 mars)

Sanne tas pouets.

A la Sainte-Croix (3 mai)

Sarcle tes pois,

O la Mi-ô (le 1 5 août)

Les pas sont en dos (Les Fourgs).

A la Tsétiau

Les pois sont à la faux.

(C’est-à-dire qu’on peut les récolter.)

Tsétiau signifie Château, Chatel. Le 8 septembre c’est la foire de Chastel-Blanc très fréquentée dans les montagnes frontières de la Suisse.

On dit à quelqu’un qui vous regarde de travers : « Pourquoi me fais-tu la grimace? Je ne t’ai cependant pas vendu des pois qui ne veulent pas cuire ! »

Poivre d'eau. Polygonum hydropiper (Lin.).

Renouée âcre, herbe aux puces (Montbéliard), cuit-langue, queut-langue (Montbéliard).

Les feuilles fraîches font des ampoules sur la peau ; elles teignent la laine en jaune.

Pomme de terre. Solanum tuberosum (Lin.).

Poumètère (Mouthe), poumo tarro (Salins), pommettâ (Saint-Laurent), pouma-tarra (Vercel), poume de târe, truffe, troukè (Mouthe, Saint- Claude), triffe (Pont-de-Roide, Mandeure), tètets tarti (Saint-Claude, Jura), tribole (Les Rousses), tribola (Marigny), truche, treufle (Haute-Saône), trouque (Mouthier), trifoi, triova (Saint-Laurent), tréfourni (Jura), tetet, cartifle (Saint-Laurent, (de l’allemand kartoffel), coutchet, couche, catibôle (Saint-Claude), carambolos (Salins), carambole, carboule (Champagnole), coriche (Montbéliard), caniche (Haute-Saône), cairboule (Charquemont), croumpiere (Haute-

Saône, Montbéliard), (ce nom vient de l'allemand grand birne , poire de terre et s’applique plutôt au topinambour dont les racines tuberculeuses ont de l’analogie avec la pomme de terre) ; ovine (Levier), quenitche (Bournois), faveu (Champagnoie) , poirotte (Rougemont), potuse (Montbéliard), grosse pomme de terre ronde. Potn dans le patois de cette région signifie gros, girola (Grandvaux, Jura), caboulette (Saint- Laurent'), catrouille (Saint-Amour), caribaule (Jura), catimbaule, catine-catinale, marmitéc de pommes de terre (Jura), nèfe (Saint-Hilaire), cul de poulot (Saint-Claude), tartouille, parmentière, retote, petite rate, pomme de terre oblongue (Bournois).

Les fanes sont appelées foniages , Tarasses , fuillei'ies.

La pomme de terre fut introduite en Europe après la découverte de Christophe Colomb. Les Espagnols la firent connaître dans leurs possessions de Bourgogne et des Pays-Bas. En i 565 , le cardinal Antoine Perrenot de Cranvelle, seigneur de Noroy, interdisait la culture de la pomme de terre et du tabac. Environ 20 ans plus tard, le botaniste Gaspard Bauhin la préconise en Suisse, en Comté et en France. Elle se propage jusque vers 1 592 . A cette date un arrêt du Parlement de Besançon porte :

« Attendu que la pomme de terre est une

substance pernicieuse et que son usage peut donner la lèpre, défense est faite sous peine d’une amende arbitraire de la cultiver dans le territoire de Salins. »

Quelques personnes en conservaient alors dans leur jardin à titre de curiosité.

Pendant plus d’un siècle, on n’en parle plus dans notre pays ; mais les Suisses en continuent la culture. On raconte que ce furent les anabaptistes qui la réimportèrent en Comté. Le prince Léopold Eberhard de Montbéliard accueillit, en 1717 des Memnonnites ou anabaptistes suisses, chassés de l’Emmenthal pour cause de religion. Il leur afferma plusieurs de ses domaines dans lesquels ils cultivèrent la pomme de terre sous le nom de topinambour.

Vers 1730, les habitants du pays de Montbéliard la cultivent pour leur bétail. Seuls quelques pauvres campagnards s’en nourrissent non sans hésitation. Ils estiment en avoir une grande provision quand ils en ont deux sacs rangés au chaud, sous leur lit. A cette époque, il se trouve encore des médecins pour la taxer de nourriture malsaine et des agronomes pour l’accuser de ruiner les terres.

Ce ne fut qu’après la grande disette de 1771 qu’on la cultiva en grand dans la Comté, comme en Allemagne.

Turgot en encourage la culture dans le Li-

mousin et l’Anjou. Enfin en 1778, Parmentier entreprend la campagne de vulgarisation que chacun connaît.

Dans le Jura, pendant la Révolution, on ne la cultivait pas encore.

Les pommes de terre se plantent au printemps.

Le proverbe dit :

Sème me tôt, sème me ta A la fin de mai tu ne me verras pas.

Plante me toue, plante me tâ Devant mai i ne trésira.

Quand les tiges ont poussé, il faut les butter, les rechausser, les faire, les ramouédzi (Mouthe). On les butte une seconde fois quand elles fleurissent et une troisième fois après les foins. De là, les noms de tréfois, tribole, tribolâ, en patois bôler veut dite tourner, envelopper.

En juillet et en août, on commence à les ar racher pour le repas de midi : la nonne. On les cuit à letoulfée : c'est la catinade (Jura). On les mange avec du lait, du létia ou létiot, du serra, du beurre... On en fait aussi des purées très épaisses, des mirzèques (Bournois). Ecrasées, elles sont mélangées souvent avec de la farine. Il paraît que la pomme de terre conserve plus longtemps au pain sa fraîcheur.

T. II

Dans l'arrachage, on rencontre souvent des pieds dépourvus de tubercules, ce sont des raicinales (Bournois).

Un amusement et une gourmandise des enfants consistent à couper les pommes de terre en tranches très minces et à les appliquer sur le poêle de fonte très chaud. Elles s’y collent (se glottent)et avec la lame d’un couteau, on les retourne; elles sont cuites en quelques secondes. On les mange au fur et à mesure de leur cuisson, ce sont des : glots, glottons, gl étions (Mouthe), gril lots, glatirons; grettons, crottons.

La pomme de terre est dite, à Besançon, la côtelette ou la truffe de l'horloger.

En 1847, quand le sac de farine coûtait 100 fr., nos paysans firent cuire des pommes de terre, les écrasèrent avec une sorte de grande presse et mélangèrent cette purée, baptisée du nom de « chiard » avec un peu de farine pour faire du pain (Mouthe).

Populage. Caltha palustris (Lin.).

Souci des marais, rasse aux veaux (Mouthe), pourpie (Haute-Saône), bassin d'or (Jura), bouton d’or, pototte, topotte (Montbéliard), pottes de tschvaux (pattes de cheval) (Haute-Saône), renoncule.

Les vaches qui mangent cette plante sont ex-

posées à avorter; elle donne la diarrhée aux veaux. Le nom de patte, potte, est dû à la forme des feuilles.

Quelques personnes mettent les boutons de la fleur confire dans le vinaigre pour s’en servir en guise de câpres.

Pourpier. Portulaca oleracea (Lin.).

On le cultive dans les jardins pour le manger en salade. On dit dans les campagnes de Franche-Comté qu’il suffit de deux ou trois feuilles de pourpier pour météoriser une vache.

Primevère. Primula.

Brajeta (Jura), bratéya (Chaussin, Jura), braicu, bracu (Maîche), cubra, clochette (Mouthe), cubrai (Montbéliard), cocu jojo (Charquemont), coucou, carcoille (Marigny, Carcaillot), cuchetet (Mouthe), crouebairbe, crubairbe (Haute- Saône), olives (Mouthe), olivettes (Saint-Claude), guingan (Salins), gagotte (Montbéliard), calende, chauburot, carcaillat (Saint-Claude), crampoulotte (Maîche), campenotte, pousse-neige, perceneige, pillottes (Jura), pèlerin, perlimpinpin, ferlupinpin (Montbéliard), muguet jaune (Arbois).

La primevère est dite campenotte, clochette, à cause de la forme de ses fleurs; elles sont aussi sans doute pour cette raison, l’emblème

— 3oo —

de la folie : on représente les fous avec un capuchon orné de clochettes. On l’appelle cocu, coucou, à cause de sa couleur jaune ; pèlerin, pour la forme de son calice qui ressemble à une gourde. Perlimpinpin est une forme enfantine de pèlerin. L’Académie ne connaît ce mot qu’accolé à poudre, la « poudre de perlimpinpin » et estime que c’est un vocable de pure fantaisie.

L’infusion des fleurs de primevère est pectorale; elles entrent dans la composition du thé suisse.

Dans les prés humides, on trouve une primevère à fleurs roses : la primevère farineuse, yeux de chats (Mouthe), oreille d’ours.

Pulicaire. Inula pulicaria (Lin.).

Herbe aux puces, herbe aux poux, pi Ilot (Maîche), sarpot (Mouthier), citron sauvage, poudgie (Haute-Saône), pélieu, plieu, petit pieu.

On l'emploie contre la vermine.

Pulmonaire. Pulmonaria tuberosa.

Fausse clochette (Mouthier).

Les taches des feuilles ont de vagues ressemblances avec les vésicules pulmonaires, de là son nom. Elle est peu employée.

Pyrole. Pyrola.

Verdure d'hiver.

— 3oi —

Scs feuilles restent vertes longtemps. Ses fleurs ont une odeur suave. Autrefois on l’employait comme vulnéraire. Son infusion est appelée thé suisse : on l'emploie contre les diarrhées.

Quarantain.

Mathiole annuelle. Cheiranthus annuus (Lin.).

Violette de Saint-Georges, violier d'été, violette jaune (Besançon, Mandeure).

Cultivée pour sa fleur.

Queue de renard.

i° Vergerette du Canada. Erigeron Canadense (Lin.).

Queue de renard, herbe folle.

2° Vulpin des prés. Alopecurus pratensis (Lin.).

C’est une plante fourragère des plus estimées.

3° Amarante. Amarantus caudatus (Lin.).

Cô de rnâ (Mouthier) .

On la cultive depuis longtemps dans les jardins, comme plante d’ornement.

Queue de serpent.

Corydale. Corydalis solida (Lin.),

En patois, coue de serpent (Montbéliard).

Les fleurs ont unéperon presque droit, souvent dirigé de bas en haut. De là son nom. Autrefois on employait son tubercule comme vermifuge.

Queue de souris. Myosurus minimus (Lin.).

Ratoncule.

Quintefeuille.

Potentillc rampante. Potcntilla reptans (Lin.).

Herbe à cinq feuilles.

Ses feuilles sont à cinq folioles, de là son nom.

La décoction de la racine est recommandée pour guérir le saignement des gencives.

Radis. Raphanus sativus (Lin.).

Raifort cultivé, rayi (Montbéliard, Haute- Saône), raivet (Mouthier), ravonnet (Mouthe), rovoènet (Montbéliard).

Quand sa racine est creuse, on dit qu’elle est en pain blanc. Quand elle est bien rouge, on exerce ses talents de sculpteur pour imiter un museau de rat ou même une tête d'homme.

Raiponce en épi. Phyteuma spicatum (Lin.).

Herbe de Sainte-Geniève, herbe aux quatre clefs (Montbéliard), quaitre-chaies.

Pline donne le Phyteuma comme une herbe qu’on employait dans la composition de philtres amoureux. C’est ce qui explique le renom populaire de cette plante.

La racine est légèrement sucrée. On croit qu'elle fait uriner du sang (Les Fourgs).

Raisinier.

Phytolaque commune. Phytolaca de caudra.

Ses baies vertes, puis noires, connues sous le nom de raisin d’Amérique ont la réputation de guérir les rhumatismes.

Rave. Brassica.

Ravonet, rovoènet (Montbéliard), ravereuche, raverotte (radis rouge), raive (Audincourt), reutche (Haute-Saône), raive (Ornans), rapâ (Plancher-les-Mines), tombeau (Bournois), caboillot (Luxeuil).

On en fait une espèce de choucroûte, la sel roube , seulevobe (Montbéliard), de l’allemand sciuer , salé, acide; rube, rave.

On donne le nom de rainsnais aux raves, radis et autres légumes lorsqu’ils sont creux. De là, sans doute aussi leur nom de tombeau usité à Bournois.

On sème les raves quand la lune est ronde.

Pour obtenir de grosses raves, il faut mettre une graine dans une crotte de chèvre ou de lapin et la planter ainsi.

Ai lai Saint-Barnabé (11 juin)

Vougne (sème) tas raivès,

T’en airai (tu en auras)

Sobriquets : Les croque-raives d'Audincourt ; les caboillots de Luxcuil.

« Rave pour toi ! » est l’équivalent de « va ! te promener ».

On dit : « c est une rave gelée » pour indiquer une chose insignifiante.

Ravenelle.

Raifort sauvage. Raphanus raphanistrum (Lin)

Ravenolle, renevélo (Salins), ravereuche (Rougemont), rave sauvage.

Chacun connaît cette plante à fleurs blanches ou jaunâtres rayées de violet qui infeste les champs de blé. Sa graine mêlée au blé produit une maladie : la raphanie.

Dans le langage populaire on dit : « rave de chat » pour signifier quelque chose d’ennuyeux ou de peu de valeur.

Regain.

(> est 1 herbe qui repousse après la fenaison.

On ne fait cette seconde-coupe que dans les bonnes terres.

Revain (Vallée de la Seille), roin (Arbois), rouin, roillin (Ornans), reveillin (Audeux), récor (Les Rousses), vouain, vahin, veillin (Audeux), vouhajn, voyin.

Ces mots viennent, pour la plupart, du vieux français : vain ou gain, saison où l’on cueille

les fruits, et aussi de voi 1 lie, veillie, automne, la saison où commencent les veillées.

On donne le regain de préférence aux vaches qui viennent de vêler et aux bœufs qu’on occupe aux semailles d'automne.

Passé la Saint-Laurent (io août)

Rentre tes regains, il est temps.

Réglisse des bois.

Polypode commun. Polypodium vulgare (Lin.).

Régalisse, rigalisse (Bournois), régolisse (Vercel), rigueulisse (Haute-Saône), rigoulisse, reglésie (Montbéliard), miscouli (Mouthier).

Cette plante a le goût de la réglisse noire.

On dit, à Mouthier, d’une jeune personne pâle, anémiée, qu’elle « a bu de l’eau de miscouli ». On ajoute qu’elle aurait meilleure mine si elle buvait du vin de Baye ou de Monterrey, les meilleurs crus du pays. — Les enfants mâchent la racine sucrée de cette plante, en guise de véritable réglisse.

Reine-des-Prés.

Spirée ulmaire. Spiræa lumaria (Lin.).

Barbe à bon Dieu (Morteau), tcharmaie (Montbéliard).

On emploie ses fleurs pour donner du bouquet

au vin .

On en fait des infusions pour combattre la rétention d’urine et les flueurs blanches.

Renoncule.

i 0 Renoncule aquatique. Ranunculus aquatilis.

Grenouillette, saime (Montbéliard),

2° Renoncule à feuilles d'aconit. Renunculus aconitifolius, bouton d’argent (Mouthe).

3° Renoncule de montagne. Ranunculus montanus (de Cand.)

Petites bouteilles (Les Fourgs). Ce nom est donné aussi aux trolles.

4° Renoncule âcre. Ranunculus acris (Lin.).

Poterotte (Montbéliard), chaudière du diable, feu d’enfer.

Une variété à fleurs doubles est cultivée dans les jardins.

5° Renoncule rampante. Ranunculus repens (Lin.).

Pied de poule, piépou, poupied, pourpie (Rougemont), pièpre, piape, sames, pipe (Jura), bouton d or, bassin d’or, bassinet (Les Fourgs), mort aux vaches, chadère (chaudière).

6° Renoncule bulbeuse. Ranunculus bulbosus (Lin.).

Bassinet, pied de coq, rave de Saint-Antoine.

On emploie le bulbe pour guérir la teigne des enfants.

7° Renoncule des champs. Ranunculus arvensis (Lin.).

Pisse chien (Champagnole), chien.

On dit qu’avec trois onces de son suc on tue un chien en quatre minutes.

Etym. : Le nom latin ranunculus vient de rana , grenouille. Dans le vieux français, on disait : une renouille. Cette plante a donc été ainsi appelée parce qu’elle vit dans les lieux humides ou parce que la forme de ses feuilles rappelle la patte de grenouille.

Les renoncules à fleurs blanches sont nommées : saimes, sames, saignies, suâmes, parce qu’elles poussent dans les saignes, les sagnes ou prés humides. (Vieux français saigne, baslatin saigna , marais.

C’est la forme des feuilles de la renoncule qui lui a valu son nom de « pied de poule ».

Les mots « chaudière d’enfer », « feu du diable », viennent très probablement des propriétés vésicantes de la plante ou de la forme de la fleur qui ressemble à une petite cuvette, à un bassin ou à une petite « coquelle », d’où les appellations : coqueue, coqueue. Peut-être aussi ces dernières dénominations sont-elles des dérivées de « cocu », à cause de la couleur jaune de la fleur.

Le suc des feuilles est très amer, vésicant; Les enfants les mâchent et les laissent sur leur

3oS

langue; c’est à qui les gardera le plus longtemps.

Renouée des petits oiseaux. Polygonum aviculare (Un.).

Bois à l’oie.

Le genre comprend un grand nombre d’espèces : la bistorte, pcrsicaire, poivre d’eau, liseron, traînasse (Arbois), etc.

Les Heurs de la bistorte sont appelées moutons (Les Fourgs), elles sont blanches en épis.

Réséda. Réséda odorata.

C’est une fleur très recherchée à la campagne. On la cultive dans des pots.

I ne espèce sauvage : « le réséda gaude » donne une teinture jaune, la laque de gaude employée en peinture.

C’est rendre un hommage très flatteur à une jeune fille que de planter devant sa fenêtre un mai qui porte un bouquet de réséda.

Rhubarbe. Rheum.

Barbo (Mouthier).

Une variété : la patience des Alpes, Rumex alpinus est appelée « rhubarbe des moines ».

Ronce.

Ronce des rochers. Rubus saxatilis.

Fourchettes, brochettes (Mouthe), fourchottes (Les Fourgs), eronces (Jura), mourettes (Mouthier).

Roseau.

Roseau à balais. Arundo phragmites (Lin.).

Pousse en abondance dans les marais. On appelle roselie ou rosière (Montbéliard), l’endroit couvert de ces roseaux.

Souvent après les inondations, on trouve des roseaux desséchés en andains dans les champs; ce sont « des perveuilles » (Haute-Saône).

On donne souvent le nom de roseaux aux copeaux des menuisiers.

En Comté, on confond généralement les joncs avec les roseaux.

Rose de Jéricho. Anastatica.

Anastatique hygrométrique.

Cette plante vient de l’Egypte ; ses rameaux desséchés se contractent en une touffe globulaire. Dès qu’ils sont en contact avec l'eau, ils s’étendent comme si la vie y était revenue. Il y a des familles franc-comtoises qui en possèdent depuis plus d’un siècle.

Le jour de Noël, on plonge ces branches dans

l’eau et toute la famille s’agenouille et prie. Selon le degré d’épanouissement de la plante, on estime que l’année sera bonne, médiocre ou mauvaise. Ce mode de consultation est appliqué également à une personne gravement malade, pour savoir le nombre de jours qui lui restent à vivre.

On raconte, à Bournois, qu’un jeune homme s’étant noyé, on mit une rose de Jéricho dans l’eau et on la promena dans une barque. Quand la plante fut étalée, on s’arrêta, on chercha et l’on retrouva le cadavre.

Une légende religieuse dit que c'est sur les rameaux de la rose d’Egypte que la Sainte- Vierge étendait les langes de l’Enfant Jésus.

Une autre légende veut que la rose de Jéricho fleurisse la veille de Noël pour saluer la naissance du Rédempteur et qu’elle demeure épanouie jusqu’à Pâques pour rendre hommage à sa résurrection.

Les croyants à qui l’on assure que la rose de Jéricho qu’ils mettent tremper dans l’eau la veille de Noël, s’épanouirait aussi bien si on l’humectait à n’importe quel moment de l’année, se refusent obstinément à en faire l’expérience.

Rougeole. Rouille des blés.

Mélampyre des champs. Melampyrum arvense.

Rougeotte (Haute-Saône), rougeot (Jura), rou-

gette (Saint-Claude), blé de vache, rougeottai (Vercel), rougi, rouzé, roudgeotte (Montbéliard).

La graine, mêlée au blé, fournit une farine qui donne un pain un peu violacé et amer.

Ces graines sont quelquefois employées en cataplasmes, elles sont un peu émollientes.

Les vaches recherchent cette plante. Linné dit que le beurre est meilleur et plus jaune où cette herbe abonde.

Rue des chiens. Scrophularia. canina (Lin.). Scrofulaire.

On emploie cette plante en frictions pour guérir la gale des chiens et des moutons.

Rue des murs. Doradille. Asplénium.

Rue des murailles, sauve-vie (Rochejean).

Elle passe pour apéritive.

Rue des prés.

Pigamon jaune. Thalictrum flavum (Lin.).

Fausse rhubarbe, rhubarbe des pauvres.

On l’employait autrefois contre la jaunisse ; On s’en sert pour colorer en jaune les œufs de Pâques.

Ruines de Jérusalem.

Linairc cymbalaire. Linaria cymbalaria.

Cette plante a une saveur analogue à celle du

cresson. Les enfants s’amusent à faire de l’encre verte en pilant ses feuilles.

Sabot de Vénus. Cypripedium calceolus.

Soulier de Notre-Dame, capucin (Mouthier). Cette orchidée tire son nom de la forme de

la fleur. On l’employait autrefois contre l’épilepsie.

Safran. Croccus vernus (Lin.).

Leugi etet du bon tin (du bon temps) par opposition au colchique qui est appelé leugretet du dernier temps (automne) (Les Fourgs), violette de la Chandeleur, perce-neige (Mouthe), porette (Saint-Claude).

Le safran à fleurs violettes, blanches ou mauves, est une plante des plus printanières. Il ressemble au colchique.

Sainfoin. Esparcette.

1 ei me générique par lequel on désigne une bonne partie des plantes fourragères.

Yesin de foin (Mouthier), sanfon (Vercel), Pergelle (Saint-Amour), spargellcs, aspergelies, cspargelles.

Salade.

Solède (Bournois), sélède (Marchaux), laidge (Montbéliard).

so-

Un solédore est un mangeur de salade : son féminin est saladière !

Pour faire une bonne salade, dit-on, il faut quatre personnes : un sage pour le vinaigre; un avare pour le sel; un prodigue pour l’huile; un fou pour la remuer.

Il faut fatiguer la salade jusqu’à ce que la chemise soit mouillée.

Si la personne qui remue la salade en fait tomber une feuille, elle est retardée d’un an dans son mariage ; si ce sont deux feuilles, le retard est de deux ans et ainsi de suite.

Salicaire. Lythrum salicaria (Lin.).

Saligote (Montbéliard). On donne aussi ce nom à l’oseille sauvage, mantaquiou (Mouthe).

Vulnéraire et astringente, on la prend en décoction contre les diarrhées chroniques. On croît qu’elle nuit aux vaches.

Salsifis (Sauvage) scorsonère. Tragopogon pratensis.

Boucote, bairbe à loup, brabalou bairbottc (Montbéliard), barberotte (Jura), barbe au bouc, berbu (L'Isle-sur-le-Doubs, Les Fourgs), barbouchot (Clerval), barboichot, barboichet (Lonsle-Saunier), barberin (Jura), berboutserot (Rougemont), barbério, bainabô (Marigny), barbu (Maiche), gallibô, tallibô, oliveau (Mouthe),

T. II

olive, olivette (Besançon), herbe à bouche (Rougemont), doucette (Arbois), alvon, barnabé, brot, mami (Saint-Claude), calibot (Haute- Saône), caneau (Arbois), canabô (Salins), elvau (Grand’Combe), pain flobon (Jura), lard, lasselot (Champagnole) .

Les enfants mordillent et sucent cette plante qui a un latex blanc, sucre.

Sanicle d’Europe. Sanicula Europæa (Lin.).

Herbe au chêne, herbe du deffend (à cause de ses fruits ronds garnis de pointes).

La sanicle est un vulnéraire :

« Avec la bugle et la sanicle,

On fait au chirurgien la nique »

On la donne aux vaches pour l’expulsion de l’arrière faix. (Quand on a « l'estomac décroché » ?) une infusion d’herbe au chêne vous le remet.

Saponaire. Saponaria officinalis (Lin.).

Saponière (St-Claude), savon (Mouthe), chiri.

La décoction de sa racine mousse comme du savon. Une variété de cette plante augmente, croit-on, la sécrétion du lait chez les vaches.

Sarrazin.

Renouée sarrazin. Polygonum fagopyrum.

Blé noir, boucottc (Montbéliard).

Étym. : En allemand Buch-weizen, blé noir, qui a probablement donné boucuit, boucotte, beaucuit (weizen signifie froment).

On réduit la graine en farine (bocotte), et on en fait de la bouillie, des galettes, des cataplasmes mâturatifs.

Avec la graine, on engraisse les volailles. Les abeilles recherchent les fleurs du sarrazin dont elles tirent un miel qui a un odeur désagréable.

On cite le « pain de boucotte » de Clairegoutte (Haute-Saône).

Sarriette.

Sarriette des jardins. Satureia hortensis.

Sotcherie, sotchie, poyotte (Montbéliard).

Ses feuilles et ses sommités fleuries sont un peu stimulantes. On les fait sécher (sotchie) et on les emploie comme condiment.

Sauge. Salvia.

Sâge (Mouthier), sadge, sadgie, sudai-bieu, (soldat bleu) (Montbéliard), orvale, toute bonne (Haute-Saône) .

Dans certaines parties de la Haute-Saône et du Jura, quand un jeune homme épouse une autre fille que celle qu’il a fréquentée, les gens de la noce font un bouquet de sauge ou d’oignons qu’ils vont offrir à la délaissée, ou ils le suspendent à sa porte. On agit de même si c'est

la mariée qui a quitté son ancien amoureux pour épouser un autre.

Cette coutume vient peut-être de ce que la sauge passe pour guérir les blessures.

Jadis, le « vin saugé » était du vin dans lequel on avait fait infuser de la sauge; la saugie était un breuvage de sauge. On donne encore aujourd’hui des infusions de sauge dans les indispositions légères, aussi bien des bêtes que des gens.

On fait cuire des rameaux de sauge dans du vin et on trempe dedans des linges que l’on applique sur les membres courbaturés, sur les plaies, les contusions, les blessures. On donne le vin saugé aux débiles et on renforce les enfants chétifs avec des bains de sauge.

Autrefois on trouvait de la sauge en pot dans presque toutes les maisons. Il n’y avait pas de jardin qui n’en eût quelques pieds. Quand la plante venait à se perdre, c’était mauvais signe :

Quand le bouquet de sauge dépérit,

La maison s’amoindrit.

« Planter un pied de sauge », c’est synonyme de contracter une dette qu’on ne paiera jamais ».

L’école de Salerne prétendait que grâce à la sauge l'homme serait immortel... s’il pouvait l’être.

« Cur moriatur homo cui salvia crescit in horto ? a Contra vim mortis non est medicamen in

[hortis. »

L’infusion est tellement agréable que les Chinois, dit-on, se demandent pourquoi, ayant la sauge, nous allons chez eux, chercher le thé qui lui est inférieur.

Saxifrage. Saxifraga.

Une variété appelée « misère » (Mouthe) est cultivée en suspension comme ornement d'appartement. Une autre espèce : le saxifrage ombreux est connue sous le nom de « désespoir du peintre ».

Scabieuse. Scabiosa.

Scabieuse tronquée, succise, bruchavant (Champagnole), bouton de culotte (Clerval), bouquet bleu, machiaule (Maîche), brunette.

La fleur de certaine scabieuse est noire et jaune, la scabieuse des jardins.

Mors du diable. C’est probablement la plante qu’on désignait sous le nom de morsuse diaboli (xvie siècle). Cette fleur compte plusieurs espèces.

Sceau de Salomon. Convallaria polygonatum.

(Lin.).

Grenouillet, grand muguet (Mouthe).

T II

C’est un poison. En dehors de la Franche- Comté, cette plante est nommée « herbe à la rupture ». C’est-à-dire qu’elle passe pour guérir les hernies (ruptures).

Scrofulaire. Scrophularia aquatica (Lin.).

Herbe aux coupures, herbe noire, noirotte (Montbéliard), bétoine d’eau.

On la considère comme vulnéraire. On assure qu’on guérit la gale avec sa décoction.

Seigle. Secale cereale.

Soile, soille (Montbéliard-Haute-Saône), souci (Marchaux), sal (Vercel), salou, seillou (Val-de- Morteau), seilou (Salins), trémoille (Haute-Saône) trémois, consé (conseigle), divers lieux.

Etymologie : Vieux français « soille ».

Conseigle, consé, signifient : mélange de seigle avec une autre céréale (de cum, avec secale seigle).

Trémoille, trémois, c’est le seigle semé dans le troisième mois de l’année, en mars.

On le sème parfois mélangé au blé, c’est le méteil, le mochot (Montbéliard).

Les brandons, c’est le seigle en épi ou en grains.

La farine de seigle n’a pas la blancheur de celle du blé, son pain est plus lourd, gras au toucher, rafraîchissant. Délayée et cuite dans

l’eau ou le lait, elle est employée en cataplasmes émollients. Le son de seigle ou creu est aussi émollient.

La paille de seigle c’est le glui, glu, gillé, paille de glu. On ne l’emploie pas comme fourrage. On la réserve pour la litière ou pour couvrir le toit des chaumières; on en fait aussi des nattes, des liens, des paillassons, des fonds de chaises, etc...

Faut sanna (semer) lou soil dans lou poussot

(poussière)

Et lou froment dans lou poutot (l'eau).

Le moi d’aivri Lasse le soil en épi.

Quand le soil fleurit

Dans six semaines viens le quéri (chercher) Pcntecotte

Trousse tai cotte .

Vai t’en vé lai grenaie (seigle ou colza).

Et si tu n’en vois point de grenaie (en graine) Ç’à signe de mâchante an-naie.

« Le seigle laisse mourir sa mère de faim » parce qu’il épie avant le blé et il est mûr après, (Jura).

Le seigle est sujet à une maladie : l'ergot fort usité dans la médecine moderne.

Semence.

On réunit sous ce nom tout ce qui se sème naturellement ou par la main de l'homme : grains, graines, noyaux, pépins....

Les graines étaient en honneur dans l’ancienne pharmacopée. Les stimulantes étaient qualifiées de chaudes, les émollientes de froides. Dans chaque groupe, il y avait, suivant l’effet produit, les majeures et les mineures.

Les semences chaudes majeures étaient : l’anis, le fenouil, le cumin, le carvi.

Les chaudes mineures étaient : Tâche, le persil, Tammi et la carotte.

Les froides majeures étaient : le concombre, le melon, la courge et la citrouille.

Les froides mineures : la laitue, le pourpier, l’endive et la chicorée sauvage ou escarole (r 588).

Séneçon. Senecio.

Serçon (Montbéliard), herbe à la chenille (Mouthier), jacobée, herbe de Saint-Jacques.

Les lièvres et les lapins sont très friands des séneçons; les chardonnerets, les serins et autres oiseaux recherchent avidement ses petites grai¬

nes.

Senoves.

Ce mot vient de senevé qui est le nom de la moutarde sauvage.

Ce sont les sarclons qui infestent les champs de blé et qui leur donnent en juin l’aspect jaune ou blanc que chacun connaît.

Les jaunes sont des moutardes :

Sauves (Mouthe), senobres (Montbéliard), Senavres (Mandeure), senogues, senovres, seillâs (Arbois).

Les blanches sont les raveneuilles, ravenelles, ravenolles, ravereuches (Rougemont).

Il y a d’autres mauvaises plantes, les rhinanthes, bleuets, coquelicots, nielles...., on les désigne d’un seul nom : les fourottes.

Séseli, espèce de cumin. Seseli.

Faux anis, sisot, siselot, vodjotte (Montbéliard).

Silène.

Silène enflé. Siiene inflata (de Candolle).

Taquet (Mouthe), taquot (Saint-Claude), tacou (Marigny), topotte (Montbéliard), tapot, toquet (Salins), eliate, béheu, carnillot, toque bleutet (Les Fourgs), tatiet (Mouthe).

Les enfants s’amusent à prendre les fleurs par le pédoncule et ils les appliquent fortement sur leur front ou sur le dos de la main. Elles

éclatent avec un petit bruit sec. De là le nom de tapot qu’on donne également à toutes les plantes dont les fleurs ou les fruits éclatent avec bruit.

Sison. Sison (Lin.).

Fruit aromatique et stimulant. Le nom de sisot donné à Montbéliard au cumin vient d’une confusion avec le sison, tout au moins quant à l’odeur.

Sisymbre. Sisymbrium officinale (Lin.).

Herbe aux chantres, tortelle, vélar, sagesse des chirurgiens.

Son sirop passe pour souverain contre l’enrouement, de là son nom d’ « herbe aux chantres ». Les feuilles sont considérées comme vulnéraires.

Stellaire. Stellaria (Lin.).

Cremotte, manchettes à la Vierge (Mouthe).

Suçots.

Les enfants connaissent les plantes qui renferment un suc mielleux; ils les nomment suçots, suce-mie (Montbéliard).

Ce sont surtout les labiées : suce-mie blianc, roudge ou djane; les trèfles, les narcisses, etc.

Tabouret.

Tabouret des champs. Thlaspi arvense (Lin.).

Taminier. Tamus communis (Lin.).

Vigne noire, sceau de Notre-Dame, couaré gras. On vend sa racine sur les marchés pour guérir le rhumatisme.

Tanaisie. Tanacetum vulgare (Lin.).

Venaise (Mouthier).

Elle a une odeur forte ; sesgrai nés peuvent remplacer, comme vermifuge, le semen contra.

Onia cultive dans les jardins.

Tendons. Teigne.

Ce sont des plantes à tiges couchées, comme l’arrête-bœuf ou à stolons comme le fraisier, ou à tiges volubiles. Certaines ont des vrilles, quelques-unes des suçoirs et vivent en parasites. On les nomme également teignes. Mais ce dernier nom est plus particulièrement réservé à la cuscute qui s’étend sur les prés comme la teigne sur le cuir chevelu.

Thé.

On appelle thé, dans le langage populaire, les plantes dont les feuilles servent à faire des infusions plus ou moins aromatiques : ainsi l’aspérule odorante ou thé du Noirmont (Mouthe) ; la dryade à huit pétales ou thé du Mont-d’Or (Rochejean) ; l’alchemille argentine*

ou thé du Rizou (Mouthe); la véronique officinale ou thé d’Europe ; la sauge ou thé de montagne....

Lorsqu’on prend une infusion de ces plantes, on dit qu’on boit'« sur » du thé, « sur » de la bourrache, etc.

Thym .

10 Thym commun. Thymus vulgaris (Lin.;.

Sentibon (Montbéliard), sentinez (Mouthier), sentue (Jura). On donne ce nom de sentibon à toutes les herbes très odoriférantes.

On le cultive dans les jardins, c’est un condiment.

On ne peut pas faire de bon boudin sans sentibon.

2° Thym serpolet. Thymus serpyllum (Lin.). Pi 1 lot (Montbéliard), piô (Bournois), poudgie (Haute-Saône), herbe aux puces ou aux poux, taconnet (Arbois), timi (vallée de la Seille, Jura) sarpot (Mouthier).

Les noms de pillot, piô sont des déformations du nom latin. On donne à manger aux lapins, du serpollet, huit jours avant de les tuer. Leur chair acquiert un petit goût agréable.

On dit que se coucher sur du serpolet rend fou.

Tomate. Solanum.

Pomme d’amour, rougeaude (Mquthier).

Topinambour.

Hélianthe tubéreux. Helianthus tuberosus.

Poire de terre, tartofe (Jura), de kartoffel (allemand) trouque à porcs (Mouthier).

On le fait cuire et on le mange comme la pomme de terre.

Tormentille. Tormentilla erecta (Lin.).

La racine est astringente et contient beaucoup de tanin. On en met une once dans un litre d’eau et la décoction ainsi obtenue arrête le pissement de sang des bestiaux (Mouthe).

La racine, séchée au four et pulvérisée, est mélangée avec un jaune d’œuf, pour faire une pâte qu’on étend sur un linge avec lequel on enveloppe les panaris.

Tournesol. Soleil.

Hélianthe annuel. Helianthus annuus (Lin.).

Séreillou (Mouthe), tournesol, vire sélu, marguerite (Mont-du-Jura).

Les enfants sont friands de la petite amande contenue dans la graine.

Les infusions « de soleil » sont bonnes pour les maladies d’yeux... Naturellement le nom veut qu’il en soit ainsi.

T, II

Traînasse.

Renouée des petits oiseaux. Polygonum aviculare (Lin.).

Tirasse, herbo ai pouan (Salins), bois à l'oye bo ai l'oye (Montbéliard).

Ce nom de traînasse lui vient de ses tises

couchées. Elle passe pour un purgatif énergique.

Trèfle.

i° Trèfle des prés. Trifolium pratense (Lin.)

Trèfle (Ornans), trèfle (Audeux), trafle, trafe (Plancher-les-Mines), troye (Montbéliard), trussot (Grand'Combe), trouillot, trioulet, (Saint- Claude), seçons, suçons, suçots, miel (Mouthe).

JTussot vient du latin trudere, trussir, faire sortir, exprimer le jus, sucer, parce que les enfants sucent le miel que contient la fleur.

2° Trèfle jaune. Trifolium agraricum.

Trulle (Rougemont), trullot (Gy) (petit trèfle), coucou (Montagnes du Doubs), le trifolium aureum triolet, triouli, trouillot.

On donne souvent le nom de trèfle jaune à la lupuline ou à l’anthyllide.

Certains trèfles endorment. Aussi dit-on de celui qui manque un rendez-vous, qui ne s’est pas réveillé à temps, qu’il s’est « étrullé », qu’il s est endormi sur le trouillot.

On dit d une lemme enceinte qu’elle a mangé

du trèfle. C'est une allusion à la météorisation des bestiaux qui ont fait abus du trèfle vert.

Les collégiens donnent au tabac, l’appellation de trèfle.

Le trèfle à quatre feuilles porte bonheur ; celui à cinq feuilles porte malheur.

Trèfle d’eau.

Ményanlhe trèfle d’eau. Menyanthes trifoliata.

Une des plus jolies fleurs de la montagne.

Ses feuilles séchées à l’air remplacent le houblon dans la fabrication de la bière. On les emploie vertes contre la diarrhée des veaux.

Trolle.

Trolle d’Europe. Trollius Europaeus (Lin.).

Bouteille (Mouthe), boule d’or (Saint-Claude).

Tulipe. Tulipa sylvestris (Lin.).

Tulipe des prés, gobelet (Mouthier).

Valériane. Valeriana officinalis (Lin.).

Variane, herbe aux chats (Mouthier), m... aux chats (Bournois), herbe aux femmes, mort au diable, mo a diale (Montbéliard), choulette.

La racine a une odeur forte et pénétrante. On l’emploie contre les maladies nerveuses. Les chats la mordillent et se roulent dessus.

Une espèce de valérianelle, la mâche, doucette, choulette, choulotte, se mange en salade.

Véràtre.

Véràtre blanc. Veratrum album.

Varaire, vrairo (Mouthe), varaso, Vouarâre, ellébore blanc (Saint-Claude), véraille (Jura), vérette, véreulo, verloup (Besançon).

C’est un poison.

Verge d’or.

Solidage. Solidago virga aurea.

Commune dans les bois, parmi les buissons.

Véronique. Véronica officinalis.

Fèva (Bournois). On fait des infusions avec les sommités fleuries de la véronique officinale ou thé d’Europe. Une variété, la véronique aquatique, est dépurative on la mange en salade. Une autre variété est appelée mouron d’eau.

Verveine.

Verveine officinale. Verbena officinalis (Lin.).

Herbe sacrée, varrène (Haute-Saône).

Cette plante était en grande vénération chez les anciens ; les hérauts d’armes en ceignaient leur tête quand ils allaient annoncer la paix ou la guerre.

Avant de la cueillir, les Druides faisaient un

sacrifice à la Terre ; ils l’employaient dans la composition de leur eau iustrale, et ils avaient pour elle, presque la même vénération que pour le gui. Elle guérissait les maladies, écartait les sorts et égayait les convives. Au moyen âge, on lui attribuait des propriétés amoureuses ; elle ranimait les feux éteints, d'où son nom : veneris vena , veine de Vénus. On en faisait des philtres.

Dans la Saintonge et dans beaucoup de pays du sud de la Loire, les vieillards conservent la tradition d’une vieille prière très ancienne : la verven-Dieu (verbe-à-Dieu). C’est un reste de la vénération des Celtes pour cette plante.

Aujourd’hui on applique en cataplasme, sur les points de côté, les feuilles bouillies dans du vinaigre.

Vesce. Vicia sativa (Lin.).

Vôsse (Montbéliard), vossa (Vercel), voisse, besi (Montbéliard), bezettes, gergé, pezette, pestô, pazelô, pessetots (Les Fourgs), possetots (Salins), gergillot.

Les graines ou lusottes (Haute-Saône) servent à nourrir les pigeons. On a essayé d’en faire du pain, mais la farine a un goût amer. Elle est indigeste.

On dit : « Refôsenai, (augmenté, renflé), quement di pain de vos se queut (cuit) sept fois ».

La vescc des haies (pesettes sauvages) est recueillie par les bergers : ils la donnent aux vaches qui en sont très friandes.

Dans le Jura on appelle pesiau les vesces cultivées ou sauvages qui se mêlent au froment.

Vigne.

Parmi les principaux cépages comtois, nous citerons :

L’arboisin. (Voir puisard).

L’allemand, gros grains serrés, produit beaucoup, mais donne le plus mauvais vin blanc.

L’argant (Salins) raisins noirs. Cépage du Jura. (V. gros margillin ou murjulien).

La bargine (borgine), raisin blanc de médiocre qualité, qui mûrit rarement (vallée de la Seille, Jura). C’est probablement le même plant que le borgin ou bregin.

Le barglan, barclan, mauvais cépage (Jura).

Le béclan et petit béclan, cépage du Jura. (Badan, Lons-le-Saunier).

Le blanc meunier. (Voir enfariné).

Le bon blanc, cépage se rapprochant du pineau.

Le burino.

Le chasselas blanc et rose. (Voir valais).

Le cinquien ; on prétend que ce nom vient de ce que son premier raisin est opposé à la cinquième feuille.

Le damas ou noirin d’Italie.

L’enfariné, ainsi appelé parce qu’il a comme une poudre blanche sur ses grains. Ceux-ci sont gros, ronds, rouges ou violet clair. Il est mauvais à manger, vient partout, produit beaucoup et fait du mauvais vin. On l’appelle aussi blanc meunier. Le vin n’est passable que quand il est vieux.

Fariné, ferné. C’est le nom qu’on donne au brezin à Gy.

Fauvé, fauvot, espèce de raisin blanc (Lons~ le-Saunier, L’Etoile).

Foirard, qui donne la diarrhée. Voir gueuche. (Lons-le-Saunier).

Francantal Arbois.

Franc-noir.

Fromenteau ou fromenté, fait avec le « menu blanc » le bon vin blanc de Jallerange et de Moutherot.

Gamay, gamet, gaurné (Jura). Il est noir ou blanc. Plant commun et très abondant. On lit dans Littré : « Le gamay est de qualité inférieure ; il serait à désirer qu’on renouvelât l’ordonnance de Charles IX qui défendait de planter « l’infâme gamay dans les vignes qui produisent des vins fins ».

Ce cépage, originaire probablement du village de Gamay en Bourgogne, est aujourd’hui répandu dans tous les vignobles de la Comté.

Il croît partout, produit beaucoup et mûrit facilement. Il est très résistant; s’il gèle, il repousse quand même. Les fausses boussottes rapportent du fruit, ce qui ne se produit pas pour les autres plants.

Ses nombreuses qualités lui ont attiré beaucoup d’ennemis, dont malgré tout, il a triomphé. Ses adversaires étaient ceux qui, ayant des privilèges de vente, redoutaient la concurrence et l’avilissement des prix.

Le gamay à grain rouge est médiocre. Celui à queue rouge, ou cot rouge est très bon : c’est le gamay noir ou petit gamay du Beaujolais. Il donne à Gy, les meilleurs vins. Le gamay blanc domine dans les célèbres vignes de l’Étoile.

Gauche, gueuche, raisin blanc à grains serrés. En vieux français le mot gauche désigne le souci des champs. Peut-être ce raisin a-t-il été nommé ainsi à cause de sa couleur jaune-souci. Il existait autrefois une espèce de cépage appelé gauts et qui fut proscrit des vignes du pays Messin en iaa8.

En quelques endroits on appelle gueuche ou gonais, un raisin noir de mauvaise qualité. On dit souvent dans le pays de Montbéliard gôné pour sali, mal atiflfé. Gauche, zuiche. Plant d’Arlay (Jura).

On dit que ce cépage vient d’Alsace.

Grappenoux, plant de mauvaise qualité (Arbois).

Griset, raisin blanc (Lons-le-Saunier). — (Voir Mezi).

Gros nâ.

Lausannais, cépage à petits grains. Il donne un excellent vin blanc. (Mouthier).

Lignant. C'est une variété de chasselas.

Luisant. (Voir pinot blanc).

Maillé blanc, cépage de la Haiîte-Saône. — Voir Meslier.

Maldoux (Poligny, Jura).

Malvoisien. — (Voir pinot gris).

Margillin, marjulien appelé aussi argant. C’est le noirin d’Espagne. On dit : « margillin, vin de rien ». Ses grains sont très serrés.

Melon, melon musqué à feuilles rondes, du latin mel, miel. Cépage estimé, raisin blanc. On l’appelle aussi en certains endroits : luisant, maulan (Poligny). C’est peut-être celui qui était désigné autrefois sous le nom de mélier. Le melon est par excellence le cépage comtois ; il a fait la réputation des vins de Poligny, d’Arboîs et de Salins. Le melon avait été compris avec le gamay dans l’arrêt de proscription de Philippe d’Espagne ( 1 567) et du Parlement de Dole (1612). En 1667, on fit à nouveau arracher les mauvais plants. Le 23 août 1718, une Assemblée des Notables, à Arbois,

T. Il HT

décide qu’il sera présenté une requête au Parle ment, à l'effet d'obtenir un arrêt ordonnant « d’extirper et d’arracher toutes les vignes plantées depuis 1 636, en lieux où il n’y en avait point auparavant et composées de mauvais plants, ainsi que de mettre en vente tous vins blancs de garde récoltés dans les vignes qui ne contiennent que le melon dont la qualité nécessairement inférieure tend à déprécier lesdits vins blancs et en altérer la renommée ».

Meslier, raisin blanc de la Haute-Saône, peu connu dans le Jura. Il mûrit huit jours avant le gamay noir, n’est pas sujet à la pourriture et rapporte passablement, surtout le petit meslier à queue rouge. Le gros meslier de Saint-François manque de saveur. On l’appelle maillé à Gy.

Mesi, griset, à cause de la couleur grise du dessous des feuilles qui lui donnent l’apparence de moisi.

Meunier, feuille blanche en dessous comme le petit noirin. Bon vin.

Mondeuse, cépage issu de Savoie, appelé aussi angélique et chétouan.

Mourlan (Lons-le-Saunier). (Voir toquet.)

Naturé, cépage d’Arbois, bon raisin blanc.

Noirin, norien, noirun d’Espagne, douce noire de la Savoie, corbeau; plant estimé. Le noirin gris est un raisin particulièrement recherché qui donne un vin d’un bouquet très fin. Le noi-

rin semble être le même que l’auvernat d’Orléans, le inamillon de Bourgogne et le pineau. Le gros noirin est un cépage de Lons-le-Saunier). Le petit noirin, connu aussi à Arbois sous le nom de plant de Bourgogne, est le plant qui a donné leur réputation aux vins de la Côte-d’Or.

Le persillé.

Picot-grand, raisin noir, grosse grappe conique (Saint-Amour).

Pinot, pineau, cépage très estimé. Le pinot blanc est aussi appelé luisant; le pinot gris malvoisien. Le pinot dominait autrefois dans le bailliage d’aval. Le chardonnay (très bon), est le nom qu’on donne au pinot blanc.

Plant de Bourgogne. (Voir petit noirin).

Plant de haies, mauvais cépage (Jura).

Plant de juillet, hâtif, mûrit dès la fin de juillet (Jura).

Plants maldoux, terme général sous lequel on comprend tous les cépages qui donnent des vins acides, aigrelets.

Plant de Saint-Pierre.

Pourrisseux, pourria (Poligny, Arbois), sorte de gamay blanc, qui pourrit facilement par les temps humides, n’est bon que pour la couleur.

Puisard, poulsard, plossard, plussard, pleussard, arboisin, piessau, plessau, plessâ, raisin à grains espacés et allongés. Donne un vin clai-

ret d’excellente qualité. C’est un délicieux raisin de table, frais et délicat.

Saint-Laurent, raisin noir (Mouthier).

Savagnin, savigneu, savoinin, raisin blanc, feuilles petites, peu découpées, grappes moyennes, grains de couleur verdâtre à peau épaisse. C’est ce cépage qui donne le célèbre vin jaune de Château-Chalon et le bon vin blanc de Miserey. Le savagnin noir ou noirien, nérin est le pineau de la Côte-d’Or. Le savagnin blanc est aussi connu sous le nom de feuille ronde.

Taquet. (Voir valais noir).

Teinturier, espèce de gamay, bon plant; la feuille devient toute rouge.

Trousseau, trusseau, triffaut, bon cépage, donne un des vins rouges les plus estimés dans le pays.

\ alais, valet noir, taquet, espèce de chasselas. 11 a la grappe longue; donne un vin léger (Arbois).

Vert-blanc, grains gros et clairs, peu serrés (Rougemont) .

Zuiche. (Voir gauche).

Au xvne siècle, les meilleurs plants comtois étaient : le ploussard noir, le savagnin, le béclan, le lauzannois, le valet blanc ou chasselas .

Les plants réputés mauvais étaient : le valet noir, le fariné, le maldoux, le foirard, le gamay,

le mesy, le plant qui toche ou teinturier, le plant des haies (i).

Proverbes et dictons.

Achetez vigne plantée et maison bâtie

La vigne achète prés et champs.

Variante : La vigne paie le champ.

Janvier so (sec) et bé (beau)

Remplit cave et soulé (grenier).

Saint Vincent (22 janvier) clair et beau Autant devin que d’eau.

Ai lo Sainte-Ogothe (5 février)

Lou coûté ai lai veignotte.

A la Sainte-Agathe,

Le couteau à la vigne.

Mars sec et beau Remplit caves et tonneaux.

En mars, s’il tonne,

Apprête cercles et tonnes.

(1) M. Rouget signale 40 cépages pour le Jura, dont une trentaine très répandus.

Taille tôt, taille tâ (tard)

N’y ait té taille que de mâ (mars).

S’il tonne en avril,

Prépare tes barils.

Bourgeon d’avril Si beau soit-il N'entre pas dans le baril.

Jaimà bourgeon d’aivri Nô èvu bé ju et bé ri.

Jamais bourgeon d’avril N’a eu beau jeu ni beau rire.

L’aipparue (premier bourgeon) du mois d’aivri, N’entre pas dans lou bari (Rougemont).

Avril froid procure pain et vin.

11 fait, pendant les vendanges toujours le même temps que le mercredi des Rogations.

A la Saint Vanie (Saint Vernier, 12 avril) Faut que les veingnes sint toutes taillies.

Quand il pleut le jour de la St Philippe (icr mai) Il ne faut, ni tonneau, ni pipe.

Bourgeon de mai Remplit le chaî.

Les 3 saints de glace (i r, 12, i3 mai), Mamert, Servais et Pancrace, sont une période de froid souvent fatale à la vigne.

A la Saint-Urbain,

Ce qui est à la vigne Est au vilain.

Passée la Saint-Urbain (25 mai),

Ne gèle ni pain, ni vin.

Rosée et fraîcheur de mai Donnent vin à la vigne et foin au pré.

Saint-Pancrace et Saint-Urbain,

Sans pluie, beaucoup de vin.

Que Saint-Urbain ne soit passé Le vigneron n’est pas assuré.

S’il pleut à la Saint-Pétronille Les raisins deviennent grappilles Ou tombent en guenilles.

A la Sainte Pétronille (3 1 mai) s’il fait beau temps - Les vignerons seront contents.

Frais mai, épaisse tourte,

Mais peu devin dans la coupe

Pluie en avril, rosée en mai,

Rendent août et septembre gais.

S’il pleut le jour de Saint-Cyr (16 juin)

Le vin diminue jusqu’à la tire.

Eau à la Saint-Jean (24 juin) ôte le vin Et ne donne pas de pain.

Quand le raisin est en fleur, il se dresse comme un épi de blé, et une fois fécondé, il retombe. De là le dicton :

A la Saint-Jean Verjus (raisins) pendants.

« A la Saint-Jean, grande fleur du raisin, en pays comtois, indique que les vendanges se feront à la Saint-François (4 octobre) ».

On dit que le raisin est mûr trois mois et dix jours après la floraison des lis blancs dans les jardins.

« Les raisins doivent ôter leur chapeau (fleurir) à la Saint-Jean, s’ils veulent les faire tomber à la foire de Mouthier».

On explique ce proverbe en disant que si les vignes ne sont pas en fleur à cette date, les raisins ne mûriront pas complètement et que les villageois, qui viennent d’ordinaire boire du vin doux à la foire de Mouthier, ne pourront pas s’enivrer et faire tomber leurs chapeaux comme il arrive souvent aux ivrognes.

Geourgot, Marcot, Philippot, Crousot etJeannot Sont cinq malins gaichenots (garçons)

Que cassant souvent noues goubelots (verres).

Cela veut dire que Saint-Georges (23 avril), Saint-Marc (25 avril), Saint-Philippe (ier mars), Sainte-Croix (3 mai), Saint-Jean (24 juin), quand leur fête ne se célèbre pas par le beau temps,, sont nuisibles aux vendanges.

Juin pluvieux Vide celliers et greniers.

S’il pleut la veille de Saint-Pierre (28 juin), La vigne est réduite au tiers.

Petite pluie du matin,

En juillet est bonne au vin.

Quand il pleut à la Saint-Rachet,

Pu tu vais (vas) aux vignes, et moins y et (il y a).

Ce Saint-Rachet qui ne figure pas dans les

almanachs et dont la fête tombe, paraît-il, le 4 juillet, ne serait autre, croit-on, que Saint- Martin le bouillant, un petit Saint-Martin d’été, « rachet » signifiant, malingre, rachitique.

A la Visitation (2 juillet)

Si le temps a été bon,

Il peut pleuvoir un peu ;

11 n’y aura que perte de temps Parce que si le foin pourrit,

Le raisin se nourrit (Mouthier).

A la Sainte-Anne (26 juillet) allez voir vos vignes ; Si les raisins ne sont pas gros comme des pois, Vous êtes sûrs qu’à la St-François (4 octobre), Ils ne seront pas assez mûrs pour vendanger.

Lai pieuge (pluie) du mois d’ô (août)

Fait rairoment du mô (mal) (Mouthier).

Si pieu le mois d’ô,

Sen (se) rempciro (rempliront) lets tounôs (Mouthier).

A la Saint-Lourent son ne voit pai de raisin vâri, Lou vin ne vadro pai lo mouétie de Paris.

Si à la Saint-Laurent (10 août) on ne voit pas le raisin changer de couleur, le vin ne vaudra pas la moitié de Paris (peu de chose).

(Vallée de la Loue)

A la San-Barthelemy (24 août Sc lou raisin n’est pê vûri,

Let trô tâdi (il est trop tardif).

« Si, en septembre, on voit des étoiles filantes, les cuveaux déborderont de vendange en octobre ».

A la Sainte-Croix (14 septembre)

Se touqui (si tout) vot bin,

On peut migie di raisin Dans les endroits de choix.

(Vallée de la Loue)

A la Saint-Mathieu ( 21 septembre).

Si le temps est beau,

Prépare tes cuveaux.

S’il pleut à la Saint-Mathieu, les vendanges

[sont retardées.

Septembre est le mai de l’automne ;

A la Saint-Grégoire (3 sept.) il faut tailler pour

[boire.

Pluie de septembre favorise la vigne.

Août mûrit, septembre vendange.

En ces deux mois, tout bien s’arrange.

A lo Saint-Luc (18 octobre)

L'est temps de vendaigi.

Se lou raisin n’est pas meuri I ne peut pieu (plus) fare de suc (Mouthier).

Entre St-Michel (29 sep.) et St-François ( 1 o oct.).

Prends ta vendange telle qu’elle est.

A la Saint-Denis (9 oct.) prends-la si elle y est

[encore.

Si Saint-Gall (16 oct.) coupe le raisin,

C'est mauvais signe pour le vin.

A la Saint-Donat (29 octobre)

Lo vin tiâ (le vin est clair, on peut le boire).

I fô qu'à lo Toussaint Sint rentrai let raisins,

Let poumet, let poiret,

Pasqu'on peut évu (avoir) lou fret (froid).

[Mouthier).

C’est à la Saint-Martin (11 novembre), qu'on achète sa provision de vin et, pour faire de la place au vin nouveau, il faut boire ce qui reste de l’ancien, aussi dit-on:

A la Saint-Martin, bois le vin,

Et laisse aller l’eau au moulin.

À la Saint-Martin Jeune ou vieux, bois le vin.

Il en est qui s’acquittent par trop consciencieusement de ces prescriptions, c’est pourquoi on dit d’un ivrogne qu’il a le « mal Saint-Martin ».

« Quand le vin est dans l’homme, la sagesse est

[dans le flacon » .

Dans le vignoble de Mouthier, on assure que si les feuilles de la vigne ne tombent pas avant la Saint-Martin, l’hiver sera froid. Si ce même jour, il fait sec et froid, i’hiver sera doux.

11 faut les Avents froids et secs,

Si l’on veut boire sec.

Les Avents sont les quatre semaines qui précèdent Noël.

Si, durant ces jours qui précèdent Noël, le givre couvre les arbres et la vigne de ses délicates cristallisations, on dit que les Avents de Noël sont en fleur, et c’est le signe d’une plantureuse récolte de fruits et de raisin à la saison propice.

Si l’on voit bin tiâ la veille de Noué,

On voiro trop tiâ dans lets vassés (Mouthier).

(( Si l’on voit bien clair la veille de Noël, on verra trop clair dans les vaisseaux », c’est-àdire que les tonneaux seront vides.

Noël humide :

Greniers et tonneaux vides.

A Mouthé (Mouthier), à Noué (Noël)

On peut boire lou vin noué (nouveau).

Si la poire passe (mûrit avant) la pomme,

Garde ton vin bonhomme.

Si la pomme passe la poire,

Bonhomme, il le faut boire.

On peut aussi dire : s'il y a plus de poires que de pommes. . .

Si l’on s’est enfoncé par accident une aiguille dans la chair, on n’a pas à se préoccuper de l’extraire, elle circulera dans le corps jusqu’à la « pousse de la vigne » et alors elle sortira.

Violette. Viola .

Vioulotte, vioulotta, viouletet (Mouthier), vicurotte (Haute-Saône), forieuse (Bournois).

La violette sauvage n’a généralement pas d’odeur mais jouit des mêmes propriétés pecto-

raies que celles des jardius, on l’appelle violette de chien » .

Vipérine. Echium vulgare (Lin.).

Herbe aux vipères, bouquet bleu, pieumé, plumet (Bournois).

Zizanie.

Jergerie, jargillerie, jargillot, j u rg ilia, greu, zizanie du blé, ivraie enivrante.

On donne ce nom aux mauvaises herbes qui croissent dans les moissons : ivraie, nielle, rougeole, rhinanthe, et dont les graines se mêlent à celles des céréales.

Etym.: bas-latin : jeyeria ; v. franç. jergerie.

On dit de quelque chose de mauvais : « C’est de la graine de zizanie ».

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