‹ Faune Gallo-RhénaneChapitre 29 sur 29 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

« Dies diem docet »

Kirby et Speuce {Introd. to Entomol.)

Ayant enfin achevé le long travail que j'avais entrepris, il y a de cela treize ans révolus, je fais retour sur moi-même et je viens m'excuser auprès des lecteurs de la Reoue iV Entomologie de leur avoir fait attendre si longtemps la iiil des Elatérides gallo-rhénans. Je leur dirai d'abord que j'estimais la tâche au-dessus de mes forces et j'avais répondu à notre sympathique directeur de la Reçue, que je ne pouvais enlever le morceau d'un seul coup. Je m'en suis rapporté au précepte de La Fontaine :

Patience et longueur de temps Font plus que force ni que rage

et je Tai appliqué à la lettre. M. Fauvel amorça l'ouvrage, et, une fois commencé, il fallait bien y travailler bon gré malgré et ne pas le laisser inachevé. On conçoit donc quel grand soulagement c'est pour moi d'en aVoir vu la fin.

Livré à des occupations multiples qui devaient passer avant l'Entomologie, je n'ai pu me mettre à l'œuvre aussi longtemps et aussi souvent que je l'aurais désiré. La partie la plus ardue était de contrôler la synonymie et les descriptions des auteurs depuis Linné, et il m'eût été impossible de m'en tirer sans les fréquents voyages que j'ai faits à Paris. En province, on se trouve absolument dénué de ressources; cependant la bibliothèque de la ville de Toulouse, celle aussi de la Société tVHisioiie Naturelle de la niôuie ville, me permirent de relever ce qui concernait les Elatérides dans certains auteurs anciens. A ces copies précieuses vinrent se joindre Cdlles d'une foule d'ouvrages rares, parfois presque introuvables. La bibliothèque du Muséum d'Histoire Naturelle et celle de la Société Entomo logique de France me fournirent la matière de trois gros volumes d'extraits des auteurs. M. Bedel, dont tout le monde connaît la sagacité en fait d'histoire naturelle, guida mes premiers pas au milieu de ce dédale des auteurs anciens ou modernes, il mit à ma. disposition plusieurs volumes que je ne possédais pas et je lui en ai une très grande reconnaissance. Ce n'est qu'après avoir été

Reçue d'Entomologie. — Mars 1906. 35

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muni de tous ces documents que j'ai pu travailler utilement et méthodiquement. Il était, en etfet, indispensable d'avoir à portée de la main cette collection d'auteurs, pour pouvoir les passer en revue successivement, à mesure qu'une espèce ou un genre était mis sur le métier. Voilà, chers lecteurs, les principaux motifs de la longueur de temps qu'il m'a fallu pour traiter cette partie de la Faune gallo-rhènane.

En plus de cela, il a été urgent d'avoir la communication de bien des types et celle aussi de nombreux matériaux d'étude pour pouvoir juger de la valeur de certaines espèces étron gères à ma région. Je tiens à exprimer ici mes remercîments à M. Bedot, le savant Directeur du Musée d'Histoire Naturelle de Genève, qui me communiqua plusieurs fois les types de Reiche ; à M. le professeur Bouvier, qui voulut bien m'ouvrir, au Muséum de Paris, les collections de Dufour, Lucas, Brullé, etc.; à M. Léveillé, pour la communication de séries d'Elatérides des collections Grenier et Aube; à M. Fleuliaux pour sa collection d'européens fusionnée avec celle de Chcvrolat, matériaux fort utiles à consulter qui m'ont permis d'elTacer plusieurs point de doute. A ces noms et à ceux déjà énumérés en 1892, je veux ajouter ceux de MM. de FrérainviUe et Argod pour les types de Mulsant, Guillebeau ou Godait. Merci aussi à MM. V. Mayet, le D' Gestro, Bolivar, Reitter, Carret, Villard, IMc, Saint-Glaire-Deville, de Peyerimhoff, P. Guerry, E. Poney, Nadar, Mascaraux, Xambeu, etc. ! Je ne saurais trop remercier MM. Marchai, de Peyerimholî et Carret pour la traduction de l'allemand qu'ils ont bien voulu dresser à mon usage.

Toutes mes excuses pour le temps illimité pendant lequel j'ai gardé les grands cartons ou les petites boites de ceux qui ont bien voulu me venir en aide. En somme, mon travail est l'œuvre de tous !

Malgré les difficultés dont il est encore hérissé en certains points, j'espère qu'il rendra service à ceux qui voudront étudier ce groupe difficile des E la té ri des. Je recevrai avec recomiaissance toutes les corrections qu'on voudra bien me signaler, car j'estime qu'on doit sans cesse travailler à se perfectionner. Le précepte de Kirby et Spence que je me suis plu à mettre en tête de ces lignes n'est-il pas d'une exactitude parfaite, de quelque façon qu'on traduise ces trois mots si bien adaptés ?

Le Vernet, 25 décembre 1905.

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