‹ Faune malacologiqueChapitre 4 sur 142 · FR ‘ F · texte numérisé non relu

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c'est de là qu’il rayonna dans toutes les directions, en ayant soin de ne jamais franchir la frontière Haïtienne et sans essayer même de pénétrer dans la région que l’on appelait alors le Territoire contesté, qui comprenait la partie haute du Bassin de l'Artibonite et que les nègres d'Haïti et les mulâtres de Santo Domingo se disputaient avec acharnement, Grèce à cette sage réserve, à une grande expérience des voyages et à des habitudes de prudence qui ne se sont jamais démenties, il n’eut pas trop à se plaindre de ses relations avec les habitants ; souvent même, il eut plutôt à se louer d’eux, et ses tribulations se bornèrent aux fatigues inhérentes à un pareil voyage et à l'ennui de demander continuellement des permis de cireulation et de faire viser son passeport, en passant dans la moindre bourgade, par les fonctionnaires spéciaux qui, dans la République Dominicaine, remplacent les Généraux légendaires d'Haïti et portent le titre pompeux de « General comandante de armas de la plaza. ».

La «plaza » se compose, le plus souvent, de quelques cabanes assez mal couvertes et de barraques ou de masures fortement délabrées.

Voici les principaux itinéraires suivis par M. Sallé, toujours avec Santo Domingo comme point de départ :

1° Bani. — Maniel, où il trouva une variété de l'Helir gigantea moins globuleuse que la forme typique. — Azua.

2° San Cristobal, où il recueillit d’assez nombreux individus de l'A. gigantea, mais morts et décolorés.

3° Bani. — Azua, — San Juan.— Neiba. — Partie de la région des lacs (lac Enriquillo). — Cerro de Sal, localité où abondent les belles espèces de Cylindrella, et où se trouve, notamment, la forme typique, rougeàtre et à

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flammules d’un blanc lacté du C. flammulata, Pfeiffer. Cette petite montagne est étrangère à la chaine centrale du Cibao, et se rattache à une autre chaîne plus méridionale, qui se prolonge presque sans interruption mais sous différents noms, jusqu’à Jérémie et au cap Tiburon, c’est-àdire jusqu'à l’extrérnité S.-0. de l’ile. Toute cette région est particulièrement riche en Cylindrelles de grande taille du groupe des Thaumasia, aussi bien du côté Haïtien que du côté Dominicain. A partir de Bani et surtout d'Azua, le climat devient sec; on voit reparaître les Cactus et les Acacias et, chez les habitants, par suite de la maigreur des pâturages, les chèvres commencent à remplacer les (roupeaux de vaches, si abondants dans la Vega, de l’autre côté du Gib10. — Barahona.

4° San Cristobal.

5° Cotui. — La Vega. — Moca. — Santiago. — Ponton, dans la vallée du Yaqui du Nord, localité assez peu éloignée de la frontière Haïtienne du N.-0. — Puerto Plata.

6° Sabana grande. — Seibo, — Higuey. — Macao. — Cap Espada. — Cap Engagno, à l’extrémité orientale de l’île.

7° San Cristobal. — Azua, — Neiba.

8° Cotui (excursion botanique, à la recherche d’Orchidées).

9° San Cristobal. La fréquence des excursions faites, par le voyageur, à San Cristobal, localité située à 7 ou 8 lieues à l’0. de Santo Domingo, dans les montagnes, s'explique facilement. Nous avons dit plus haut que la recherche de l'Helix gigantea (H. cornu militare, Auctorum, non Linncwi), dont on ne connaissait d’individu en bon état de conservation ni dans les Musées publics ni dans les collections particulières, était un des points les plus importants

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signalés à l'attention de l'explorateur. Or, le moment du départ pour l’Europe approchait et, jusque-là, le voyageur n'avait pu recueillir que quelques individus morts et décolorés de cette espèce rarissime, but principal de ses recherches, et presque tous ces exemplaires avaient été trouvés dans les montagnes de San Cristobal, Il se désolait de ses tentatives infructueuses et songeait avec terreur à l’indignation que ne manquerait pas d’éprouver, à son retour, le pauvre M. Cuming, qui avait une véritable passion pour les raretés conchyliologiques, mais qui professait le plus souverain mépris pour les échantillons en mauvais état de conservation.

L'idée lui vint enfin que ce Mollusque introuvable pouvait bien être un animal nocturne et, peu de jours avant son départ, il se décida à faire, de nuit cette fois, une dernière excursion dans les montagnes de San Cristobal. Cette nouvelle chasse aux flambeaux réussit merveilleusement. D'abord, à Tablaso, près San Cristobal, un habitant, qu’il avait dûment stylé, lui rapporta un premier individu vivant, Puis, vers neuf heures du soir et par une pluie battante, qui rendait l’allumage des torches difficile, les Helix gigantea commencèrent à sortir de leurs cachettes, pour se promener de tous côtés, et l’heureux chasseur revint avec un panier plein de magnifiques exemplaires, tous pourvus de leur Mollusque. Ainsi finit l’histoire de la découverte de l'Helix gigantea et c’est alors que

M. A. Sallé put s’'embarquer, sans regret, le 8 juillet 1854,

pour revenir en Europe avec les riches collections qu’il avait recueillies à Saint-Domingue,

En résumé, le voyageur, du côté du N.-0., s’est avancé jusqu’à Ponton et, du côté du S.-0., jusqu’au lac Enriquillo, c’est-à-dire jusqu’à la frontière Haïtienne, ou peu

s'en faut, À l’E., il a poussé jusqu’à l'extrémité de l'ile (cap Espada et cap Engagno) et il a traversé Saint- Domingue du $. au N., de Santo Domingo à Puerto Plata,

Aucun naturaliste, si ce n'est peut-être W.-M. Gabb, n’a exploré une portion aussi considérable de l'ile, et encore doit-on ajouter que le géologue Américain a fait effectuer la majeure partie des excursions et des recherches par les nombreux collaborateurs attachés à sa mission. M. Sallé n’avait reçu aucune mission officielle, aucune subvention, et c’est avec ses seules ressources et réduit à ses seules forces qu’il a obtenu des résultats, très remarquables en définitive, et qui, en sus du mérite d’avoir révélé les richesses d’une faune presque inconnue avant lui, se traduisent, pour la science, par la découverte de nombreuses espèces nouvelles, appartenant principalement au domaine de l’Ornithologie, de l’Entomologie et de la Malacologie (1). Il est vrai que, s’il avait été chargé d’une mission, il eût probablement beaucoup moins fait, les résultats des missions officielles étant, généralement, en sens inverse des sommes qu’elles coûtent aux Gouvernements.

D'RicHaAup. 1850.

M. le D' Richaud, chirurgien de la marine, a visité les

environs de la ville des Gonaïves et y a recueilli quelques

(1) Les espèces nouvelles de Mollusques terrestres de Saint- Domingue provenant du voyage de M, A. Sallé ont été décrites par

Pfeiffer (Proceed. Zool. Soc. London, p. 138, pl. XIE. 1852) et Shutt- .

leworth (Diagn. n. Moll., n° 3, p. 42. 1852) ; les Mollusques fluvialiles nouveaux, par Dunker (Proc. Zool. Soc. London, p. 53. 1853). Nous ignorons pour quelles raisons les localités el le mode de station de ces espèces n’ont point été indiqués dans les diagneses originales, Nous avons demandé ces utiles renseignements à M, A. Sallé, quia bien voulu nous les donner avec son obligeance accoutumée, H. C.

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coquilles, parmi lesquelles se trouvait une espèce nouvelle, qui porte son nom, le Macroceramus Richaudi, qui a été décrit par M. Petit de la Saussaye, en 1850, dans le Journal de Conchyliologie (1).

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