‹ Faune malacologiqueChapitre 6 sur 142 · GE · texte numérisé non relu

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ses ouvrages el par ses recherches personnelles que par la libéralité avec laquelle il mettait ses belles collections à la disposition des naturalistes de tout pays, a contribué plus que personne à faire connaitre la faune malacologique des Antilles et la distribution géographiques des espèces dont elle se compose. Quelques-unes des espèces décrites avaient été communiquées à M. Weinland par M. Kissling et provenaient des environs des Gonaïives (Haïti).

JUSTUS HIALMARSON. 1858.

M. J. Rjalmarson, naturaliste suédois, établi pharmacien à Portorico, fit, en 1858, à Saint-Domingue, un voyage de trois mois, dans le cours duquel il explora, au point de vue des sciences naturelles, une partie du territoire de la République Dominicaine. N'ayant que peu de temps à consacrer à son excursion, le voyageur prit le sage parti de la limiter, afin de pouvoir explorer à fond la région qu'il visiterait. Il choisit la partie septentrionale de l'ile qui s'étend de Samana, à l'Est, jusqu’à la Baie de Manzanilla, à l'Ouest, et que l’on appelle le Cibao, région qu'il ne faut pas confondre avec la grande chaine de montagnes du même nom, qui traverse Saint-Domingue à peu près dans toute sa longueur. C'était, d’ailleurs, à ce moment, la seule partie de l'ile qui fût accessible aux étrangers, par suite de la guerre civile et des dissensions incessantes qui troublaient le reste du pays,

M. Hjalmarson débarqua à Puerto Plata, au commencement de février 1858. Voici ses principaux itinéraires :

1° De Puerto Plata au fleuve Jamao et à l’ancien Cap Français.

2° Du même point de départ, en passant par la Sierra del Puerto et la Sierra Monte Cristi, à Santiago.

3° Envirous de Santiago et rivière en amont jusqu’à Angostura.

4° De Santiago à Santo Gerro, Moca et la Vega.

5° De Santiago aux Monts Cibao ct à Las Malas.

6° De Santiago au Mont Diego Campos, qui, bien qu’un peu isolé, se rattache à la Sierra Monte Cristi.

7° De Santiago à Ponton et, de cette dernière localité, aux points les plus élevés de la Sierra Monte Cristi.

8° De Ponton au Rio Amina et au Rio Sui; de Santiago à Palo Quemado.

De retour à Puerlo Plata, le voyageur trouva cette ville bloquée et même un peu bombardée par la flotte d’un seigneur nègre d'importance, le président Baez, Heureusement que les Européens ont l’habitude de vendre aux noirs des canons et des obus qui ne sont guère dangereux que pour les artilleurs qui s’en servent ! Le bombardement fut donc assezinoffensif et le voyageur put rompre le blocus et arriver sainetsaufaux [les Turques,d’où ilregagna Portorico.

Les recherches de M. Hjalmarson paraissent avoir été très bien et très intelligemment faites et c’est un des rares explorateurs de Saint-Domingue qui aient ajouté à la description ou à la citation de leurs espèces la mention détaillée de leur habitat et de leur mode de station. Aussi, la région limitée qu’il a explorée et, notamment les environs de Puerto Plata, la Sierra Monte Cristi et le Mont Diego Campos peuvent-ils passer pour bien connus, au point de vue malacologique. Il a recueilli, dans le cours (le son voyage, une soixantaine d'espèces, dont dixhuit ont été décrites et figurées dans le travail qu'il a publié; en collaboration avec le D' L, Pfeiffer (1). On

(1) J. Hjalmarson ét D'L, Pfeilfer, in Malak, BL., vol. V. p. 185, pl. I et III, 1858.

remarquera que, bien que les itinéraires de M. Hjalmarson se croisent quelquefois avec ceux de M. Sallé, ces deux naturalistes, pourtant très habiles chercheurs tous les deux, n’ont pas toujours recueilli les mêmes espèces. Cela tient à ce que chacun d’eux a souvent exploré des localités dans lesquelles l’autre n’avait point passé. On remarquera aussi combien la partie septentrionale de l'ile, parcourue par M. Hjalmarson, est pauvre en Cylindrelles, car il n’en a recueilli qu’une seule, celle qui porte son nom, et encore elle n'appartient pas au groupe dominant à Saint- Domingue, celui des Thaumasia, localisé dans le S.-0. GuiGou. 1858-1859.

M. Guigou, chirurgien-major de la Marine, communiqua, en 1859, à M. Petit de la Saussaye, une espèce de Cylindrelle qu’il avait recueillie, dans le cours de l’un de ses voyages, à Saint-Domingue, très probablement, dans la partie Haïlienne. L'espèce, reconnue nouvelle, fut décrite, par M. Petit, dans le Journal de Conchyliologie, sous le nom de Cylindrella Guigouana (1). C’est un Thaumasia.

EUGÈNE VESCO. 1859.

M. Eugène Vesco, chirurgien-major de la Marine française, a recueilli, dans le cours de ses campagnes, à Madagascar, dans le Pacifique et aux Antilles, des collections conchyliologiques fort intéressantes. Il a trouvé, dans la partie Haïtienne de Saint-Domingue, plusieurs espèces, dont une, le Cyhndrella Eugenii, lui a été dédiée par M. H. Dohrn (1).

HEINRICH KiISSLING. 1864-1866.

M. H. Kissling, pharmacien à Ulm, partit pour Saint-

Domingue, en 1864. Son voyage, entrepris à ses propres

(1) Journ. de Conchyl., vol, VII, p. 285, pl. X, fig. 5. 1859, (1) In Malak. BL., vol. VI, p. 205. 1859,

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frais, avait pour but principal les recherches d'histoire naturelle. I fit, dans la partie Haïtienne de l'ile, un séjour de deux années et se préparait à retourner en Europe, lorsqu'il mourut, le 25 octobre 1866. IL avait recueilli, parait-il, des collections importantes, mais, malheureusement, la majeure partie d’entre elles fut détruite dans un incendie. Les Mollusques qui avaient été recueillis en dernier lieu, par le voyageur, dans les environs de la petite ville des Gonaïves, parvinrent seuls en Europe. Ils ont été étudiés par M. Weinland et plusieurs d’entre eux ont été décrits comme nouveaux (1). M. Kissling est un martyr de la science, qui n’a pas donné sa mesure et qui a succombé avant d’avoir pu tenir tout ce qu’il promettait. Suiru. 1865 ?

M. Smith, naturaliste Américain, qu'il ne faut pas confondre avec M. Sanderson Smith, son frère, a fait des recherches malacologiques à Haïti, à une époque que nous ne pouvons préciser absolument, faute de documents certains, mais qui ne doit pas s'éloigner beaucoup de l’année 1865. IL explora particulièrement le Mont Platon, situé à une dizaine de lieues au N.-E. de la ville Haïtienne appelée « Les-Cayes ». Les espèces recueillies par lui ont été communiquées, par Th. Bland, au D’ L. Pfeiffer, qui décrivit les nouveautés, en 1866, dans son Recueil scientifique (2).

WiLLiAM M. GABB. 1869-1871.

Un jour, le Gouvernement Dominicain, voyant ses caisses insuflisamment remplies et désireux de faire cesser ce fâcheux état de choses, pensa qu’une exploration géologique de son territoire pourrait amener la découverte

(1) Weiuland, in Malak. BL., vol. XXUH, p. 170-174. 1876.

(2) Malak. Bl., vol, XII, p. 19 à 90, 1866.

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de quelques richesses métalliques, qui lui permettraient de combler les vides du trésor public (les nations pauvres cherchent toujours des mines d’or, mais il n’y a guère que les nations riches qui en trouvent). Faute de fonds, on s’adressa à quelques gentlemen de New-York, qui consentirent à prendre à leur charge les frais de l’'Expédition, à la condition expresse que le Gouvernement, pour les indemniser de leurs dépenses, leur concéderait une partie des terres appartenant au domaine public. M. William M. Gabb, géologue américain, fut choisi pour diriger cette exploration, qui nécessita, pour lui, un séjour de trois ans dans la République Dominicaine, de 1869 à 1871. Il s’adjoignit d’assez nombreux collaborateurs, entre lesquels il partagea ja besogne. M. Arthur Pennell et M. Runnebaum explorèrent la Province de Santo Domingo, puis, avec l’aide de M. L. Pennell, celle de la Vega. La partie de la province de Santiago qui se trouve au N. du Yaqui fut visitée par MM. Runnebaum et L. Pennell; lautre partie, située au $. de ce cours d’eau, Samana et Azua furent parcourues par M. A. Pennell; la Province de Seybo par M. Runnebaum et la majeure partie du littoral par MM. Runnebaum et L. Pennell. M. Gabb relia ensemble les explorations et les itinéraires de ses collaborateurs et fit lui-même un certain nombre d’excursions, parmi lesquelles nous citerons une tentative d’ascension du Mont Yaqui, qui ne réussit qu'imparfaitement, le voyageur n’ayant pu arriver au sommet. Le résultat le plus clair de l'Expédition fut un Mémoire topographique et géologique très intéressant, publié, en 1873, par M. W.-M. Gabb, sous le titre : On the topography and Geology of Santo Domingo, dans le volume XV des Transactions of the American Philosophical Society, et

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accompagné de deux cartes, dont une était consacrée à la Géologie. Quant aux mines d’or à découvrir, aux terrains concédés par le Gouvernement et à l’argent des gentlemen de New-York, tout cela s’est envolé depuis longtemps et il n’en est plus question.

Dans le cours de ses explorations, M. William M. Gabb a recueilli des Coquilles terrestres, qui ont été répandues dans les collections d'Europe ou d'Amérique et parmi lesquelles se trouvaient quelques espèces nouvelles, que nous avons décrites, en 1873 et 1874, dans le Journal de Conchyliologie (4). On lui doit également de nombreuses descriptions d'espèces fossiles de Mollusques des terrains tertiaires de Saint-Domingue, descriptions qui constituent la partie paléontologique de son Mémoire de 1873.

D' WESLEY NEwcomB, 1871.

La République Dominicaine, qui ne savait*toujours à quel Saint se vouer pour améliorer ses finances, ayant, en 1869, exprimé le désir d’être annexée aux États-Unis, le Gouvernement Américain, après bien des discussions, nomma une Commission, chargée d’aller à Saint-Domingue, d'examiner les conditions dans lesquelles se présentait l’affaire proposée et de faire, après enquête, un rapport sur la question. Cette Commission partit des États-Unis le 17 janvier 1871, sur le navire de guerre le Tennessee, et arriva dans la baie de Samana, le 24 du même mois. Elle fit le tour de l'ile, sans doute pour mieux examiner la maradhandise offerte, et repartit de Port-au-Prince, dans les premiers jours d’avril 4874. L’affaire ne se conclut pas, probablement parce que le Gouvernement Américain trouva qu'il avait assez de ses nègres continentaux des États du Sud et qu’il était inutile d’en augmenter le nombre en y joignant des

(1) Journ. de Conchyl., vol. XXI, p. 352 à 356 (1873) et vol, XXII, p. 82 à 89, pl. L fig. # et pl. II, fig, 1-3 (1874);

nègres insulaires. M. le D' Wesley Newcomb, qui voyageait avec la Commission, explora la presqu’ile de Samana, visita la ville de Santo-Domingo, les environs d’Azua, et fit une courte excursion dans les montagnes du Cibao, mais, soit par suite de circonstances défavorables, soit pour tout autre motif, il ne put, quoique naturaliste, rapporter qu’un petit nombre d’espèces de Mollusques, qui ontété étudiées par MM. Thomas Bland et Weinland, mais qui ne renfermaient point de nouveautés. Dans une excursion qu’il fit à Cueva Grande (1), près de Santo-Domingo, il recueillit des exemplaires de l’Helicina viridis de Lamarck, dans lesquels il n’eut pas de peine à reconnaitre l'espèce que Pfeiffer avait décrite sous le nom d'A, versicolor.

MISTRESS WILLIAM KLATTE. 1872.

En 1872, une jeune dame Américaine, Mistress William Klatte, qui se trouvait à Port-au-Prince, s’occupa de la recherche des Mollusques et en recueillitun certain nombre, dans les environs de cette ville: parmi eux, nous citerons l’'Helix bizonalis, Deshayes, l’H. crispata, Férussac, le Cylindrella gracilicollis, Férussac, et le Macroceramus Klatteanus, espèce nouvelle qui fut décrite, en 1875, par M. Th. Bland (2), à qui ces coquilles avaient été communiquées.

MisrRess FODERINGHAM. 1873?

La découverte du Geostilbia Gundlachi, Pfeiffer, dans la partie Haïtienne de Saint-Domingue, aux environs de Port-au-Prince, est due à une dame, Mistress Foderingham.

(1) C'est, croyons nous, la même localité que celle qui, sur diverses cartes, est indiquée sous la dénomination de Cueva de Santa-Ana, H: °C.

2) Ann. of the Lyceum of Nat, Hist. of New-York, vol. XI, p. 83

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Nous avons reçu l'espèce de M. Th. Bland, de New-York, à qui elle avait été communiquée, nous ne savons au juste à quelle époque, mais très probablement dans le courant de l’année 1873. Nous avons mentionné ce fait intéressant de distribution géographique dans le Journal de Conchyliologie (1).

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