LE LOUP ET L'ANE
D'après une chanson de l'ouest (Angoumois) un loup rencontre un âne et lui dit qu'il va le manger, celui-ci lui indique des moutons dans une lande, le loup y va et ne trouve rien, il revient pour manger l'âne; celui-ci lui indique des choux dans un jardin, le loup y va et ne trouve rien ; il revient près de l'âne qui lui assure que chez lui il y a à boire et à manger- Le loup monte sur l'âne et il esfrossé par le maître de ce dernier C).
Voyez J. BujEAUD, Chants^ etc. y 2« vol. p. 319.
61. — A Gourin (arrondissement de Napoléonville), il y a une chapelle appelée : ChapeUe Saint^Hervé. Voici ce qu'on raconte au sujet de ce saint :
€ Un jour, saint Hervé travaillait à un petit champ avec un cheval, un loup étant survenu et ayant dévoré Panimal, le saint dit au loup : tu feras son travail, et il Penchaîna. »
Saint Hervé est invoqué par ceux qui veulent préserver des loups leurs troupeaux. On vient à cheval de tous les environs en pèlerinage lui porter des moutons en offrande. Il y a deux pardons : le plus grand est celui du dernier dimanche de septembre ; il s'y fait une procession à cheval.
Rosenzweig, Archéologie de V arrondissement
de Napoléonville, p. 15.
(1) D'après une autre chanson (Bas-Poitou), le loup monte sur un &ne qu'il rencontre allant & la noce. L'Ane fait un pet et le tue raide.
Bujeaud, id. p. 333.
Si le loup vient pour manger les moutons, celui qui les garde n^a qu'à dire :
Mar vesez Guilhou, ra^zy pell an han Doué Mar yesez Satan, ra'zy pell, dré sant Hervé.
s=s Va t*en, par le vrai Dieu^ si tu es loup, va f en par saint Hervé, si tu es Satan.
Chbyas, Galerie armoricaine^ 1«' vol. p. 46.
62. — « Si une censé a plenté de brebis qui aient pluiseurs aigneaux et après la disme payée on n'en présente chascun an un au loup, certes il en prendera un, nonobstant garde qu'on y commette. >
Evangile des Quenouilles ^ édition Jannet^ p. 53.
« Qui ne présente un aigneau au loup en Tonneur de Paignel de Dieu, il sache certainement qu^il y en aura de foireux en l'année. >
Evangile des Quenouilles^ id.
63. — € Je vous dy pour aussi vray que Euangile que, se une personne mengue d'une beste que le loup aura estranglé et de laquelle aura par aventure mengié, à grant paine puet icellé personne rendre ame se le loup n'estoit premièrement mort. > .
Evangile des Quenouilles^ id., p. 77.
On dit aussi de cette personne :
«* Il ne pourroit parler, par longtemps, s'il n'avoit fait son offrande à monseigneur Sainct Loup. >