‹ Faune populaire de la FranceChapitre 14 sur 164 · On dit ironiquement · texte numérisé non relu

On dit ironiquement

Servir comme une taupe dans un pré.

La taupe y est très-nuisible.

18. — Les preneurs de taupes sont assez habiles pour tuer d'un coup de bêche celles que Ton voit remuer la terre ; dans ce cas, ils observent le plus profond silence et n'avancent qu'avec précaution, car ces animaux ont l'ouïe très-fine; dé là, l'expression proverbiale :

Il va doux comme un preneur de taupes.

19. — Les preneurs de taupes, comme les pêcheurs et les chasseurs, passent pour promettre plus qu'ils ne tiennent; comme eux ils ont de bonnes défaites pour expliquer leur insuccès. De là le, dicton:

Un chasseur, un pêcheur et un preneur de taupes Feraient de beaux coups sans les fautes.

Dict, de Leroux, 1787.

20. — Les taupes qui s'enfoncent profondément sous terre, pendant les rigueurs de l'hiver, reviennent travailler à la surface aussitôt que la chaleur revient; de là, le dicton:

«Les taupes poussent, le dégel n^est pas loin. » BuFFON.t. II p. 248.

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1. — C'est un préjugé assez répandu de croire la taupe aveugle.

A ce propos, M. de Norguet cite un proverbe breton, dont il ne dit malheureusement pas la provenance :

Si taupe voyait

SI sourd (1) entendait

Le monde finirait.

Ce qui signifie que ses ravages seraient bien plus considérables si elle pouvait voir.

2.— Un animal qui a de si bonnes dents pour rongeï tout ce qui lui fait obstacle sous terre, doit selon la manière de raisonner du peuple, avoir infailliblement une influence sur celles de Thomme :

« Pour se préserver du mal de dents, on doit tenir un crapaud mort dans sa poche ou les deux pattes de derrière d'une taupe. » — Mar* seille, (Hegis de la Colombière, p. 268.)

< La dentition des enfants se passe sans inconvénient si on leur met autour du cou un collier de pattes de taupes. » (idem.)

< Pour favoriser la dentition des enfants on attache à leur cou des colliers de peau de taupe. » (Norm., Pluquet, p. 45).

< Pour combattre les accidents que détermine la dentition chez les enfants, on leur suspend au cou une dent de loup ou trois pattes de taupes. » {Centre^ Laisnel de la Salle, 1. 1, p. 297.)

< Pour préserver les enfants des convulsions qu'amène la dentition, autrefois on avait imaginé de leur appliquer sur la tête, une peau de taupe façonnée en calotte.» (Oayot^ vol. II, p. 127.)

3. -—A certain jour de la lune, on étouffe une taupe dans la main. Dès lors la main est taupée et peut guérir certaines maladies. > Normandie^ Pluquet, p. 45. X

€ Une taupe étouffée vivante dans la main entre les deux Notre- Dame d'août et de septembre est un trè^ bon fébrifuge et le fé-

(1) Sourd = Salamandre. -^^

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bricitant guéri devient à son tour guérisseur; cette suffocation de la taupe donne à sa main la vertu, en ^apposant seulement sur la partie malade, d^apaiser la douleur de dents et de guérir écrouelles et cancers. » Cadet de Vaux, De la Taupe, 1803.

« Pour pan^^ du venin, il faut avoir étouffé trois taupes dans sa main gauche et savoir certains mots de cabale pratique dont le secret consiste dans une combinaison particulière de paroles ordinairement tirées de PEcriture sainte. » (Centre, Laisnel de la Salle, t. I, p. 297).

< La vertaupe est une affection très-connue dans quelques contrées du Berry. On appelle ordinairement de ce nom, tantôt un engorgement glanduleux, tantôt une douleur rhumatismale, tantôt un abcès froid. La vertaupe produit Peffet de taupes qui boutent, (poussent^ dans Pendroit douloureux. Pour guérir cette maladie, il faut laisser presser la partie malade en plusieurs sens par une personne à laquelle dans son enfance, on a fait étouffer sept taupes avant qu^elle ait mangé de la soupe à la graisse. Nos paysans admettent sept espèces de taupes et par contre sept variétés de la maladie qu^ils désignent sous le nom de vertaupe. L^enfant, par exemple, qui n^aurait étouffé que trois ou quatre taupes de différentes espèces ne pourrait guérir que trois ou quatre variétés de la maladie. > Centre, Laisnel de la Salle, t. 1, p. 29S.

4. — Il serait fastidieux d'énumérer tout ce que l'on guérit encore, au moyen do la taupe, de son foie, de sa graisse, de son sang.

Ajoutons seulement qu'un os de taupe que l'on porte en tous temps sous l'aisselle gauche préserve des maléfices. (Voyez Laisnel de la Salle, 1. 1, p. 284.)

5. — Dans le pays messin, on voit un présage de mort dans les taupinières qui s'élèvent près dés maisons. (Recueilli personnellement.)

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