Certaines personnes sont forcées à chaque pleine lune
de se transformer en loup garou, entre autres les enfants illégitimes.
*- On reconnaît ces personnes en ce qu'elles ont les doigts un peu
plats, et des poils dans le creux de la main. C'est la nuit que le
mal prend, on se plonge dans une fontaine et on en ressort de l'autre
côté avec une peau de chèvre, et dans cet état, on mord et on mange
les chiens qu'on rencontre. » '
De Norb, p. 157.
<* Certains individus sont forcés au temps de la pleine lune, de se transformer en loups garoux. Le mal les prend toujours la nuit> lorsj^u'ils en sentent les approches, ils s'agitent, sortent de leur lit^ sautent par la fenêtre et vont se précipiter dans une fontaine ou dans un puits, d'où ils sortent quelques instants après, revêtus d'une peau blanche ou noire que le diable leur a donnée. Dans cet état, ils ' marchent très-bien à quatre pattes^ passent la nuit à courir les champs et à hurler dans chaque vUlage qu'ilg traversent. A l'approche du jour, Us reviennent à la fontaine, y déposent leur enveloppe et rentrent chez eux où ils tombent souvent malades de fatigue. •
Gautier, Statistique de la CharerUe^Inférieure^ La Rochelle, 1839, p. ^,
« La transformation d'hommes en loups garoux dure 3 ou 7 ans ; ils courent la nuit. On les délivre en les blessant avec une clef jusqu'à effusion du sang. Les anciennes lois normandes parlant de la punition de certains crimes ajoutent : que le coupable soit loup, toarguf e^^o; c'est-à-dire qu'on le poursuit, qu'on le tue comme un loup. » (Pluquet, Contes^ p. 15.)
« Le varou est une vision qu'il est bon d'éviter; sa rencontre peut
être funeste Le varou est un misérable qui a été excommunié
sept fois ou quelque avare qui, pour avoir de l'argent, s'est donné corps et âme au démon. En conséquence de ce marché, le diable en fait sa monture habituelle et le force à le porter, des nuits entières, le long des chemins, en courant à toutes jambes au travers des mares. Souvent le patient est obligé de passer au travers des broussailles et des épines. Cela explique parfaitement pourquoi certains valets qui portent le varou se voient au matin, tout sanglants et harassés. Le varou ne court guères que dans les longues nuits de l'hiver, ^ar un temps obscur et affreux ; mais particulièrement comme le porte le proverbe : € Entre Noël et la Chandeleur, où toutes bêtes sont en horreur. > Le mieux quand on rencontre cette vision, c'est de se ranger promptement le long d'une haie, car elle suit toujours le milieu des rues. On assure que celui qui serait assez hardi pour faire au loup garou du sang entre les deux yeux, délivrerait le patient, mais l'épreuve est très-hasardeuse. Le varou n'aime pas les croix, il hurle horriblement quand il en rencontre une. Il revêt plusieurs formes, quelquefois il a la figure d'un loup ou d'un chien énorme, en d'autres rencontres, il ressemble à un âne, à un veau, etc.» Annuaire du département de la Manche^ 1832, p. 211.
« Les loups garoux se nomment en breton den-vleiz (homme loup) au singulier, et tud-vlçiz au pluriel. Ce sont des hommes qui, la nuit, revêtent une peau de loup et prennent en même temps le naturel de cette bête. Ils courent les bois, les champs^ attaquant les hommes, les animaux. Au point du jour, ils cachent leur peau avec le plus grand soin et rentrent secrètement chez eux. 11 existe entre leur peau de loup et leur corps une sorte de solidarité d'impressions physiques si grandes qu'ils éprouvent toutes celles auxquelles elle est exposée. C'est ainsi que si elle est placée dans un lieu froid, ils éprouvent tout le jour un vif sentiment de froid. On raconte qu'un loup garou avait caché sa peau de loup dans un four. Pendant le repas, la fermière y fit allumer du feu. Aussitôt le loup garou se mit à crier : je brûle, je brûle et à se démener comme s'il avait été dans
une fournaise. Ces hommes loups passent pour être doués d^une grande force physique et font d'excellents travailleurs. »
Le Men, Tradit, et Superst, de la Basse'Bretagne^ Revue celtique^ !•' vol., p. 420.
« Les loups garoux sont des hommes convertis en loups pour avoir été plus de dix ans sans approcher du tribunal de pénitence. »
Habasque, 1«' vol., p. 285, en note.
« Pour réussir à tuer un loup garou, il est de nécessité de se servir de balles bénites, et il ne faut avoir confié à personne son dessein. Ces précautions prises, on peut tirer sur le loup ou sur son ombre, cela est indifférent. Quelques personnes prétendent que c'est àPombre seule qu'il faut s'attaquer. Lorsqu'il a été atteint ainsi, le loup garou ne tarde pas à périr. En expirant, il reprend sa forme humaine, mais sa taille a grandi d'une manière remarquable et l'une de ses jambes s'est allongée de manière à dépasser beaucoup l'autre. »
De Nore, p. 157.
« Le loup garou vous renvoie la balle que vous tirez sur lui, si vous n'avez pas eu la précaution de la m&cher.
Juge J.-J., p. 192.
€ Avant la Révolution, on publiait des monitoires appelés guère' montes contre le malfaiteur qui n'avait pu être découvert et contre ceux qui le connaissaient et le cachaient. A la troisième publication^ on débaptisait le malfaiteur et ses complices, et dès lors, il appartenait du diable et courait le loup garou. *- Tous les soirs, après le coucher du soleil, le malheureux se revêtait d'une peau de loup, qu'on appelait hère ou hure^ et le diable à qui il était échu en partage le fouettait cruellement au pied de toutes les croix et au milieu de tous les carrefours. Pour délivrer un loup garou, il faut lui porter dans le front trois coups de couteau bien appliqués. Si le sang coule, le loup garou est sauvé, sa hère tombe. Il y a des personnes qui disent qu'il ne faut tirer que trois gouttes de sang. Le loup garou court trois ou sept ans. Si on ne le délivre pas, le temps recommence. > Chrétien, p. 18,
< A Angles, on racontait autrefois que le pasteur excommuniait solennellement le criminel resté inconnu; à partir de ce jour, il était condamné à courir le garou pendant sept ans et à visiter sept paroisses par nuit. »
Annuaire de la Société d*Emulation de Vendée, 1862, p. 67.
« Une garache est une personne humaine qui est changée en béte toutes les nuits. Pour la ramener à son état naturel, il faut faire couler le sang« mais elle ne peut être atteinte par le plomb ou par la balle« que lorsqu^on met dans le canon du fasil trois petits morœsDX de pam. bénifii recœilliB aux trois messes de Noël. »
Anmtaùre de la Société (tEmulation de la Vendée^ 1861, p. 142.
€ Les garoux en Normandie, sont des damnés qui sont resté» éveillés dans leur fosse, et qui, après avoir dévoré le mouchoir arrosé de^ cire vierge, qui couvre le visage des morts, sortent malgré eux de la tombe et reçoivent du démon la haire ou peau de loup magique. — Le seul moyen de les arracher à ce terrible supplice est d^aller droit à eux, lorsque le hasard les met sur votre chemin, et de les frapper an front de trois coups de couteau en mémoire de la Trinité. »
SouvESTRE, Les derniers Paysans^ Paris^ 1856, p. 14.
€ Le loup garou est toujours enragé de maie rage, il n^aime pas
Peau et rien que la rosée lui brûle les pattes et le fait hurler Il est
gros comme un poulain.:.. On dit qu^il a six pattes,.... ses yeux sont blancs, il a une grande langue rouge qui pend jusqu'à terre ; il fait claquer ses dents blanches avec un bruit du diable, il porte la queue comme un beau coq, haute et droite ; il ne touche pas au bouc (car
le bouc est une figure du diable) mais il enlève les brebis Les
loups garoux sont les âmes des méchants que le bon Dieu et la Sainte-Vierge ont cousus pour un temps d'expiation^ dans la peau d'une bête> après quoi, elles vont au purgatoire, à cette fin de finir ]e payement des fautes de leur vie humaine..... Ces animaux sont invulnérables tout le temps de leur garouage. »
J. SuRMOT, Monde des Enfants^ l'* année, p. 114.
< Une femme se trouvant au milieu de la nuit dans sa basse<îour^ voit un loup garou qui, sous la forme d'un énorme chien, se lève sur ses deux pattes de derrière et s'avance vers elle pour la saisir avec celles de devant. Terrifiée cette femme trouve cependant assez de force pour rentrer dans sa chambre et raconter à son piari ce qu'elle vient de voir. Gelui^i prend son fusil qu'il charge av^c deux balles faites avec la cire d'un cierge pascal, tire sur le loup garou et le couche par terre. U s'approche et au lieu d'un loup garou, il trouve un homme étendu qui lui dit : je vous suis bien obligé, voisin, vous m'avez tiré de peine. »
J.-M.-J. Dbyille, Annales de la Bigorre, Tarbes, 1818, p. 246.
CANia LUPUS. L. IG9
< Les loups garoux sont obligés de parcourir sept paroisses dans une nuit.
Forez, Gras> Evangile des Quenouilles fàréziennes^ p. 105.
Les personnes qui voudront faire sur le loup garou des études approfondies, devront consulter l'excellente dissertation de WiLHELM Hertz, Der Werwolf; leitrag zur Sagengeschichte. Stuttgart, 1862.
5. — • Un certain nombre de bétes fantastiques se rattachent au loup garou; je ne citerai que :
€ Les lubins qui sont des fantômes en forme de loups, cherchant à entrer dans les cimetières, d'ailleurs assez peureux. Leur chef est tout noir et plus grand que les autres. Lorsqu'on s'approche, il se dresse sur ses pattes, se met à hurler^ et toute la troupe disparaît en criant : Robert est mort! Robert est mort I »
Bayeux, Pluqubt, p. 14.
< Le lupeux qui est un être fantastique, surnaturel à tête de loup et à voix humaine, qui attire les voyageurs dans les fondrières. >
Centre^ Jaubert.
6. ^ € On appelle meneux de loups, un sorcier qui a la puissance de fasciner les loups, qui s'en fait suivre et les convoque aux cérémonies magiques dans les carrefours des forêts. Il est très4*edouté dans les campagnes; il a le pouvoir de se changer en loup garou. » Centre, Jaubert.
< On l'appeUe aussi sarreuœ de loups, — Une grande chasse au loup ayant été infructueuse, un des batteurs dit qu'il ne fallait pas s'en étonner, qu'un tel avait eu bien soin de les sarrer tous dans son grenier. > Centre, Jaubert.