A sept ans
Dix-cors.
11. — Voici par ordre alphabétique différents termes de vénerie extraits de l'excellent ouvrage de ^Yavr- "oiM sur la vénerie du cerf, 1788.
ABOIS. — Lorsqu^un cerf est forcé et qu^il tient aux chiens il est aux abois, ou il tient les abois.
ABOYER. — Un cerf forcé attend les chiens qui Taboient, ce n*est que quand le cerf tient les abois qu^on se sert du terme d^aboyer; on dit les chiens crient et non pas les chiens aboient quand ils chassent.
ACCOMPAGNÉ. — Un cerf s'accompagne lorsqu'il trouve d'autres
cerfs ou des biches et quUl se fait chasser avec eux; lorsqu'on s'çn aperçoit, on dit en parlant aux chiens : Il est accompagné, valets^ il y est; il y est.
ALONOÉ. *- Lorsiqu*après avoir mis bas, un cerf pousse sa nouvelle tête et qu'elle est entièrement refaite, on dit :
Le cerf a tout alongé.
Un cerf a tout alongé trois semaines avant de toucher au bois.
BATTRE l'eau. — Lorsque le cerf donne à l'eau,, on dit: le cerf
bat Veau^ et quand il en est sorti Ton dit : il a battu l'eau.
On dit de môme :
Les chiens battent l'eau.
BIZARRE. ~ Une tête bizarre est une tête de cerf mal faite. BOSSES. — Quand le jeune cerf a six mois, il lui pousse sur le mas-^ sacre deux petites élévations qu'on nomme bosses.
CERVUS ELAPHU9. L. 95
BBAMBR. — Terme dont on se servait autrefois, pour dire que les cerfs étaient en rut. On dit à présent les cerfs crient, et non pas les cerfs brament (i;.
BRÉHANNE, BRÉHAIGNB. — Vieille biche qni ne porte pas de faon. GERVÀISON. — Lorsqu^un cerf est bien gras, on dit: il est en pleine cervaison.
CERVEAUX, GERF-YA-AUX. — Terme dont on se sert pour appuyer
les chiens lorsquUls chaAssent en crainte ou qu'ils rapprochent. On prononce cerva-aux.
CHEVILLÉ. — Une tôte de cerf est bien chevillée lorsqu'elle a beaucoup d'andouillers, et mal chevillée lorsqu'elle en a peu.
CHEVILLURE. — Troisième andouiller le long du merrain au-dessus
de la meule.
CIMIER. — Croupe du cerf. — Les cimiers sont deux morceaux de chair que Pon coupe sur le cimier de Panimal.
CORSAGE. — On dit : ce cerf est petit ou gros de corsage, brun ou blond de corsage.
CROIX DE CERF. ~ Cartilage qui se trouve dans le cœur du cerf;
plus ranimai vieillit, et plus ce cartilage grossit et s'endurcit.
DAGUBR (^). — On dit : j'ai vu un cerf daffuer, au lieu de dire : j'ai
vu un cerf couvrir une biche.
DA6UBS. — Première tète du cerf.
DA6UET. — • Jeune cerf qui a des dagues.
DAINTIERS. — Testicules du cerf.
DIX GORS. — Un cerf est dix cors à sept ans.
DROITE. — La tète droite est la tète de cerf qui n'est pas aiTondie. lafPAUMURE. — Le haut de la tète du cerf et les andouillers qui la
terminent.
FAIRE SA TÂTE. — Un cerf pousse ou fait sa tète depuis le mois de
mars jusqu'au mois d'août.
(1) Quoiqu'on dise d'TaaviUe, le mot bramer est encore usité aujourd'hui. ^Dans le pays de Liège, on dit: 11 clair brai, = le cerf brame. Forir.
(S) Dans le pays de Liège, on dit : U clair va pocU Ybih, = Le cerf va daguer la biche. (Porir.)
Od CERVUS ELAPHUS. L.
FANi FAON. ~ Le cerf fou la biche) garde ce nom jusqu^à six mois.
FAUX REPAITRB. — - En passant une plaine, un cerf chassé et malmené, B*arréte et prend dans sa gueule le grain ou rherbe qu'il trouve devant lui; mais, ne pouvant ravaler, il le laisse tomber Tinstant d'après; c'est ce qui s'appelle faire un faux repaie tre\ cela [prouve que le cerf est tout-à-fait sur ses fins.
FINS. ~ Un cerf est sur ses fins quand il est prêt à être forcé. FORHU. ~ Panse du cerf que l'on porte au bout d'une fourche, après la curée, pour exciter les chiens.
FORHUER. — Crier après les chiens. C'est une erreur de croire qu'on forhue des chiens en sonnant sur le grêle, ce terme ne devant avoir rien de commun avec la trompe.
Forhuer, signifie, selon moi^ huer ou crier fort ; il paraît que M. de Fouilloux et plusieurs autres pensent de même; on forhue des chiens pour les faire revenir à soi.
FORLONOé. — Un cerf est forlongé, parce qu'il est loin devant les chiens ; on dit indifféremment :
Le cerf est forlongé ou le cerf a beaucoup d'avance.
FRATâ BRUNI. — Lorsque les cerfs touchent au bois, leur tête
reste blanche quand la peau en est enlevée, mais peu de jours après elle prend la couleur que naturellement elle doit avoir et pour lors on dit le cerf a frayé bruni,
FUHBE8 (^). — Fientes du cerf^ de la biche.
GLAIRES. — Les biches jettent des glaires avec leurs fumées. GOUTTiàRBS. — Espèce de rigole le long du merrain du cerf. GROS DÉNOXBS. — Lcs deux gros morceaux de la cuisse du cerf. GUEULE. — On ne dit pas la bouche, mais la gueule d'un cerf. HAIRB. — Lorsque le faon mâle a six mois, il quitte le nom de
faon et se nomme haire^ alors les bosses commencent
à paraître.
HARDB. — Lorsqu'il y a plusieurs cerfs et biches ensemble on dit voilà une harde et non pas une bande de cerfs.
(1) Dans U pays d« Liège les Famées sont dites : Sitron d'elair, (Forir).
HARPAILLE. — Certaine quantité de biches et déjeunes cerfs.
HARPAILLER. — Quand les chiens tournent au change, quUls se
séparent et quUls chassent des biches, on dit: les chiens chassent mal, ils ne font que harpailler,
JARRET. — Lorsque les chiens chassent presque à vue un cerf mal mené, on dit qu^ils lui mangent les Jarr^j.
JOINTER. — Un cerf est haut jointe, ou bas jointe selon la distance qui se trouve entre les os et le talon.
LAMBEAUX. — Le refait du cerf est couvert d^une peau veloutée et lorsque l'animal touche au bois des morceaux de cette peau restent quelquefois pendant le long du mairrain ou des andouillers, et ces morceaux pendants se nomment lambeaux.
LARMIÉRES. — Deux fcntcs qui sont au dessous des yeux du cerf.
LEVER. — On ne dit pas couper mais lever le pied du cerf.
UYRÉE. — Le faon de biche naît avec des taches blanches sur tout le corps, ce qui s'appelle porter la livrée ; lorsque le faon a quatre ou cinq mois, ces taches s'effacent et l'animal a quitté la livrée,
MARRAIN OU MAIRRAIN. — Les marrains du cerf sont les deux
perches d'où sortent les andouillers.
On dit: Ce cerf a le marrain gréle^ lorsque la perche est menue, et Ce cerf , a le marrain bien nourri^ lorsqu'elle est grosse. Un cerf a le marrain grêle ou bien nourri à proportion de son âge et souvent à proportion de la bonne ou mauvaise nourriture qu'il a trouvée en faisant sa tête.
MAL SEMÉ. — Un cerf porte dùo^ douze, etc,^ mal semé lorsqu'il a plus d'andouillers à une empaumure qu'à l'autre ; et il porte bien semé lorsque le nombre des andouillers est égal aux. deux empaumures.
MASSACRE. — On dit massacre et non la tête du cerf. Ce qui se nomme la tête sont les marrains^ les andouillers, etc.
MENUS DROITS. «- La langue, les molettes, les petits filets du cerf.
Autrefois on les portait chez le roi.
METTRE BAS. — Les cerfs mettent bas au mois de mars^ c^est-à-
dire que la tête anciemie tombe pour faire place à la nouvelle.
MEULE. — Espèce de couronne qui termine la partie inférieure de chaque côté de la tête du cerf.
MOLETTES. — Tendous des épaules et des cuisses du cerf.
MUE. — On appelle mue de cerf les deux côtés de tôte que Panimal a mis bas ; un seul côté se nomme une mue, les deux côtés, les deux mues.
MUER. — Quoiqu^on dise mue de cerf, on ne dit cependant pas les cerfs muent, mais les cerfs mettent bas.
MUFFLE. — On dit: le muffle d^un cerf comme le muffle d'un bœuf et d^une vache.
MULET. — Lorsqu'un cerf a mis bas et qu'il n'a pas encore de refait, on lui donne le nom de mulet.
MUSER. <— (^) Lorsque les cerfs deviennent en rut^ ils vont et viennent le long des routes et des chemins, mettant le nez à terre pour chercher des biches. C'est ce qui s'appelle muser.
Mi-MÂi. — On dit ordinairement: mt-mat, mi-téte^ c'est-à-dire qu'en ce temps, les gros cerfs ont leur tôte à moitié refaite; on dit aussi : mi-juin^ ou mi-graisse^ parce que pour lors, les cerfs commencent à être gras, mais ne le sont pas encore autant qu'ils le seront au mois de juillet, aussi dit-on: en juillet ^ tout y est^ c'est-àdire qu'en ce mois ils sont en pleine graisse et que leur tête est refaite.
NAPPE. — On ne dit pas la peau, mais la nappe d'un cerf. NERF. — Le nerf du cerf est la partie de cet animal qui sert à la propagation de son espèce.
NOIX DE CERF» — Morceau levé de l'épaule.
PARAMOND. —On disait autrefois: ce cerf porte quatre ou six de paramond, c'est-à-dire: quatre ou six andouillers à chaque empaumure; on ne se sert plus aT:gourd'hui de ce terme. On dit: ce cerf porte quatorze, seize, etc. bien ou mal semés.
(1) Dans le pays de Liège, on dit : li eiair è rUh ki chôdlet, c'esMt-dire : Le cerf et la biche sont en muse. Forir.
PELAGE. — On dit pelage et non poil de cerf.
PERCHES. — Ce sont les deux côtés de la tête du cerf quand ils ne sont pas garnis d^andouillers.
PORTÉ PAR TERRE. — Lorsqu^un cerf est forcé, et que les chiens le
font tomber, on dit : le cerf est porté par terre^ ou^ les chiens Tont porté par terre.
PORTER. — Lorsqu^un cerf pousse sa nouvelle tète> il porte quatre, six ou huit de refait, et lorsque sa tête est refaite, il porte depuis dix jusqu^à vingt-quatre à Tempaumure.
RAIRE. — Lorsque les cerfs commencent à devenir en rut, ils font un cri fort et redoublé. C'est ce qui s'appelle raire,
RAVALER. — Lorsqu'un cerf est très-vieux, il pousse des têtes irréguliôres et basses, on dit alors : c'est un cerf qui ravale.
REFAIRE SA TÊTE. — Lorsqu'un cerf a mis bas, ou même quelque
temps avant que de mettre bas, il se retire dans un buisson ( ss bois détaché d'une forêt) pour y refaire et pousser tranquillement sa tête.
REFAIT. •— La nouvelle tête que le cerf pousse après avoir mis bas se nomme refait^ jusqu'à ce qi;e l'animal ait touché au bois; un cerf porte quatre ou six de refait»
RETIRÉ. — Lorsqu'un cerf est forcé, il est pour ainsi dire desséché, ce qui fait qu'il ne peut plus souffler ni tirer la langue; on dit alors : il est retiré, il sera bientôt pris.
ROUÉE. — La tête rouée, est une tête de cerf dont les merrains sont courbés en dedans ; elle est rouée du haut quand la courbure est près de l'empaumure.
SEMER. — Un cerf sôme ses fumées, lorsqu'on marchant, il les Jette les unes après les autres.
SUIF. — La graisse du cerf s'appelle suif.
SUR ANDOUILLER. 0) '— Second andouiller de la tête du cerf. Celui
qui est le plus près de la meule, se nomme premier andouiller, le second, sur-andouiller, et le troisième cTievillure.
TATAU. — On crie tayau^ tayau, quand on vuit le cerf de chasse. TÊTE COUVERTE. — On dit qu'un cerf a la tête couverte, lorsqu'il
est rembûché ou entré dans les demeures.
0) Pour rétymologie du mot andouiller, v. Romaaia 1875, p. 849.
TOURNER LES PIEDS. — Un cerf mal mené, tourne les pieds en courant, ne pouvant plus par lassitude se tenir et marcher ferme.
tROCHURE. — Le quatrième andouiller. Il est rare.
A cette liste des termes de vénerie du cerf, nous n'en ajouterons que quelques-uns :
Ce qui suit fera comprendre ce que c'est que le Frayoir :
C^est par le frayoir que Phomme le plus inexpérimenté peut décider, sinon tout-à-fait de Page, du moins du sexe de la bête détournée. Lorsque le cerf a refait sa tête, il cherche à la dépouUler de la peau dans laqueUe eUle reste enveloppée, et pour cela U se frotte aux hardois ou hardouées^ touffes de branches flexibles, n^offrant que peu de résistance, dans ce premier essai fait craintivement par le cerf dont la ièi^ est sensible. Quand il a supporté ce premier essai sans douleur, il commence à frotter son bois contre les jeunes arbres, les bouleaux, les sapins, quUl écorche et qu^U plie jusqu^à terre. C^est là le frayoir^ opération désastreuse pour le repiquage des forôts, et particulièrement pour les sapins. Le cerf arrive à eux, s^arrôte pour observer si quelque danger le menace, et voyant la sécurité au loin, autour de lui, il ne quitte Parbre contre lequel il frotte sa tôte avec une sorte de fureur que lorsque cet arbre est en lambeaux. Et ne croyez pas que les cerfs s^attaquent exclusivement à de jeunes arbres ; suivant leur âge, selon leur taille, les arbres à frayoir doivent être plus gros et j^ai vu des sapins de vingt ans dépouillés depuis leur base jusqu'à la sixième ou septième couronne; autant dire des sapins pei^dus.
Prosp. Vialon. Chasse illustrée du 21 décembre 1872.
Ensuite voici le terme cîbattures que le Dictionnaire de Trévoux définit ainsi :
ABATTURES = Foulure, menu bois> broussailles, fougères que le cerf abat de son ventre en passant. On connaît le cerf par ses abattures.
A Liège, les abattures portent le nom de piss de ciair,
(forir).
Le cerf fait le ronge lorsqu'il rumine.
CBRVUS ELAPHUS. L.
Dans le pays de Liège, on dit U clair sprongèiey dans le même sens.