‹ Faune rhizopodique du bassin du LémanChapitre 18 sur 41 · De côté. — 3. D'en - 5. Détails de la coque · texte numérisé non relu

De côté. — 3. D'en - 5. Détails de la coque

Diffluf/ia hydrostatim ? Zacharias var. lithophila var. nov.

Heusciier a décrit' en 1885 sous le nom de Difflugia urceolata var. helvetica, une Dififlugie pélagique, qui plus tard fut retrouvée dans le lac de Pion par Zacharias, et élevée i)ar lui au rang d'espèce sous le nom de Difflugia hydrostatica. Elle correspond également, selon toute apparence, à la Difflugia cyclofellina de Garbini (39), qui n'en diiférerait que par la présence d'ime collerette un peu mieux dessinée.

La Difflugia hydrostatica ne se distingue dans sa forme générale de la Difflugia

Jahresberichle der S'.-Gall. Nalurwiss. Gesell. 1885/86.

GENRE DIFFLU(iIA

f/Iobiilosa que par Fexistence d'une collerette, d'ailleurs très courte, à peine dessinée parfois. Elle est indiquée également par Zacharias comme pourvue de 6 à 8 indentations à la bouche, mais peu précises et peu régulières, et je ne crois pas qu'on puisse considérer cette bouche connue lobée. Comme structure elle en diffère par sa coque entièrement recouverte de frustules de petites diatomées rondes (Gydotella). Enfin cette espèce présente ce trait particulier qu'elle est normalement pélagique, voguant à l'aventure à la surface des lacs.

Or cette Diffiugie est commune dans la plupart des lacs suisses. Outre les observations de Heuscher pour le lac de Zurich, et de Garbini pour le lac de Côme et le lac Majeur, elle a été récoltée

par moi-même dans les lacs de Neuchàtel, de Morat, de Zurich, de Zoug, de Luceme, de Thoune, de Brienz et de Constance. En soimne, elle ne manque dans aucun des grands lacs suisses où on l'a cherchée, à l'exception d'un seul, le lac de Genève. Bien que, pour les organismes inférieurs, le Léman ait été beaucoup plus étudié que les autres lacs suisses, et qu'il se soit montré jusqu'ici le plus riche de tous, jamais la Diffluf/ia hydrostatica ne semble y avoir été rencontrée.

Or cette année, j'ai trouvé soit dans la profondeur, à 20 et 30 mètres, soit sur les rivages, une Difflugie de 100 à 140 [m de longueur, qui ne différait de la Diffluffia hydrostatica que par une coquille revêtue de pierres, et non de cvclotelles. On y trouvait à la bouche une sorte de collerette, parfois il est vrai à peine indiquée. De plus, cette Difflugie n'était pas pélagique, ce que l'on pourrait à la rigueur expliquer par le poids plus considérable de la coque pierreuse, qui ne lui permettrait pas de flotter.

Il faut avouer du reste, que si cette Difllugie rappelait parfaitement, sauf la structure

Difflugia hydrostatica, var. lithophila. — 1. De côté. — 2. U'en haut. — ;-!. De trois quarts, par la face orale. — 4. Individu écrasé, montrant le ])lasma et le noyau. On remarque la bande d'ectoaarc plus clair. — 5. Noyau.

276 FAUNE RinZOPODIQUE DU BASSIN DU LÉMAN

de la coquille, la Difflugia hi/drostatica, elle pouvait se rapporter tout aussi bien à la Difflugia glohulosa, forma globnlaris de Wallich, dont elle avait la taille ainsi que le noyau, et dont elle ne différait alors que par son prolongement buccal (fig. 1). Connne dans la Difflugia globularis de Wallich il peut y avoir parfois au moins une indication de ce prolongement, ce n'est (pie sous toutes réserves et avec un double point de doute que j'indique ici cette espèce comme Difflugia hydrostatica var. lithophUa. Si par hasard le noyau de la Difflugia hydrostatica, qui n'a pas encore été examiné dans sa structure, se montrait d'un type différent, certainement cette forme pierreuse ne pourrait plus être assimilée qu'à la Diffhif/ia glubularis de Wallich.

Les fig. 27 et 28 de la PI. XV de Leidy se rapportent très probablement à cette Difflugie ; les fig. 29 et W y représentent i)ar contre la Difflugia glohularis de Wallich, bien caractérisée.

Difflugia lohostoma Leidy (67).

Difflugia proteiformis Carter i. p. (16).

Difflugia tricuspis Carter i. p. (16).

Peu de Difflugies sont aussi communes que la Difflugia lohosfoma, et jjourtant on la mentioime moins fré(piemment que beaucoup d'auti'es plus rares, par exemple que la Difflugia glohulosa, avec laquelle on la confond volontiers. En effet le caractère le plus apparent de cette espèce réside dans la possession d'une bouche lobée, et comme la coquille se voit à peu près toujours, soit couchée sur le côté, soit, lorsque l'animal est en mouvement, avec la face orale en bas, la bouche n'est le plus souvent visible qu'au moyen de manipulations diverses, qu'on ne songe pas toujours à faire.

Leidy donne de la Difflugia lohostoma une description qui serait excellente, au nuiins pour les traits extérieurs, si l'auteur américain n'avait pas réuni sous un même nom plusieurs formes différentes, dont le seul caractère counnun est de posséder une bouche lobée. Des recherches plus minutieuses l'auraient sans doute convaincu qu'il y a plutôt là un groupe, et que les caractères, non seulement de la coquille mais encore du

GENRE DIFFLUGIA

plasma et du noyau, s'opposent couiplètenient à la réunion de ces ditiérentes formes sous une même dénomination spécifique.

La Difflugia lobostoma, telle que nous l'envisagerons ici, et telle d'ailleurs que Leidy la représente comme espèce type, est d'une taille assez forte, 140 à 170 [j. en moyenne (variable surtout suivant les localités), presque toujours ovoïde, rarement sphérique, et constituée par des fragments plus ou moins anguleux de quartz, soudés par un ciment hyalin peu abondant.

La bouche est normalement quadrilobée, avec la forme apparente d'une croix ; mais il est rare que cette croix soit régulière; le plus souvent elle est déformée, et parfois on pourrait tout aussi bien l'assimiler à un carré très irrégulier (fig. 2, 4). Elle peut être également trilobée (fig. 5), mais dans des

cas très exceptionnels, qui probablement ne concernent que le 2 ou le 3 pour cent des individus. Autour de la bouche il ne se forme pas de collerette, et ce sont les pierres plates, qui par leur arrangement et la saillie de leurs côtés, se chargent de figurer les contours du péristome.

Le plasma est pour ainsi dire toujours rempli de Zoochlorelles, vivant en parfaite santé et constituant un phénomène de symbiose qui dans cette espèce seudile devenir presque indispensable pour la vie de l'animal. Le corps renferme en général très peu de proies, et probablement ce fait est-il en rapport avec la présence des Zoochlorelles. Dans des Difïiugies soumises à l'inanition, j'ai toujours remarqué qu'une partie des Zoochlorelles

Difflugia lobostoma. — 1. De côté. — 2. Cocjiie vue luir hi faco orale. — o. Commencement de division. — 4. Formes de la bouche. — 5. Individu à bouche trilobée. — 6 et 7. Noyaux.

s'éiuiettent en grains jaunes, et semblent être en cours de digestion, et ce fait ajouté à bien d'autres semblerait donner raison à la théorie qui veut que les Rhizopodes puissent digérer leurs Zoochlorelles quand la nourriture vient à leur manquer '.

Les pseudopodes sont assez longs, droits, et sortent de la bouche au nombre de trois ou de quatre, rarement plus, en se faisant jour surtout aux angles de l'ouverture lobée.

On trouve toujours un noyau unique, très gros (jusqu'à 60 u) à membrane nucléaire relativement forte. L'intérieur en est alors complètement rempli par une masse de plasma ou suc nucléaire poussiéreux, dans lequel, surtout à la surface, sont disséminés en grand nombre des nucléoles arrondis, globuleux, très variables de volume dans un même noyau. Ces nucléoles sont, dans la règle, creusés de vacuoles, le plus souvent extrêmement petites (fig. 6), d'autres fois plus grosses et en nombre de deux ou trois seulement, parfois relativement très grandes ; dans ce dernier cas il n'y en a qu'une, mais si forte que le plasma du nucléole en devient annulaire (fig. 7). Il est à remarquer que si les nucléoles varient dans leur type d'un individu à un autre, par contre ils en sont, généralement parlant, à la même phase dans un même individu.

Connue nous l'avons déjà vu, la forme de la coquille dans la Diffluffm lobustoma est le plus souvent ovoïde, mais peu allongée. On en rencontre cependant quelquefois de tout à fait sphériques, et c'est là souvent une affaire de localité. C'est ainsi qu'à la Pointe-àla-Bise presque tous les individus étaient à peu près sphériques et avec une bouche généralement mal formée, où parfois même on ne distinguait plus de lobes. On aurait pu à première vue prendre ces coquilles à ouverture vague i)our des représentants de la Diffluflia fjlob/tlosa. mais, outre les transitions qui les reliaient aux autres, la taille plus forte et le noyau d'un tout autre type les en distinguait bien nettement.

J'ai fait sur cette espèce des expériences nombreuses, concernant surtout la mérotoniie, l'élimination du noyau, la reconstitution de la vésicule contractile sur des fragments de plasma isolés, l'inanition, la résistance à l'action du suc gastrique. Les résultats que j'ai obtenus seront indiqués dans les notes à la fin du volume.

' Miiis il fniit HJOLiler que l;i |jlu(>arl du lein|is les animaux meurent avant d'avnir pu utiliser leurs Zonchlorelics, et pour d'autres causes que l'inanition (qualité de l'eau, asphyxie, etc.).

GENEE DIFFLUGIA 279

Difflugia limnetica Levander (72).

Difflugia lobostoma Leidy var. limnetica Levander, 1900.

Levander a séparé de la Difflugia lobostoma, mais comme une simple variété qu'il appelle Ummetica, une DifHugie qui semble fort répandue dans les lacs de la Finlande étudiés par cet auteur. « La coquille est ovale, ou presque sphérique, recouverte de peti- « tes plaques de quartz serrées, entre lesquelles la matière cimentitielle parait d'un jaune « brunâtre. L'ouverture de la coquille est trilobée, et entourée d'une collerette distincte. « Derrière la collerette on voit souvent beaucoup de particules de sable. La taille est « variable. L'exemplaire figuré, provenant de Finntrâsk, était long de 70 /jt et large de « 56 u, mais les individus plus grands, et plus petits aussi, sont également fréquents. »

J'ai trouvé dans diflérentes localités, mais surtout à l'avenue d'Aïre, oiî elle vivait en quantités immenses, une Difflugie parfaitement identique à cette var. limnetica de Levander. Sans connaître les travaux de cet observateur, je l'avais moi-même d'abord considérée connue une variété de Difflugia lobostoma, puis reconnaissant son autonomie bien distincte, je l'avais provisoirement appelée Difflugia achlora, et enfin les travaux de Levander m'ont apporté son nom définitif. Cependant si l'attribution de « limnetica » est juste en ce sens qu'il faut un nom nou\eau pour cette forme spéciale, Levander l'a appliquée, à mon avis, d'une manière trop discrète, en ne faisant de cette Difflugie qu'une simple variété. Il y a là une espèce bien nette, qui se distingue de la Difflugia lobostoma non seulement par la taille, la collerette, la couleur, uuiis par d'autres caractères encore, et en première ligne par le noyau, d'un type tout diiiérent. Aussi modifierai-je ici quelque peu la diagnose de Levander en indiquant la Difflugia limnetica non pas connue une variété, mais comme espèce bien nette.

La Difflugia limnetica est toujours inférieure en taille à la Difflugia lobostoma; elle varie cependant beaucoup surtout suivant la localité. Les plus petits exemplaires que j'ai examinés, avaient environ 80 fx en longueur, et les plus grands 130 fj.; la moyenne est de 100 à 120 IX.

La coquille est ovoïde, raremeut presque sphérique, et toujours jaunâtre ou brunâtre; elle est en eftet pourvue d'un substratum cliitinoïde jaunâtre sur lequel reposent des fragments de quartz généralement aplatis. Entre ces écailles la chitine se voit sous forme de veinures plus ou moins brunes et ponctuées.

La bouche est lobée comme dans l'espèce précédente (fig. 4), mais au lieu de quatre

lobes elle n'en présente que trois; de temps à autre cependant, une fois sur dix peutêtre, on en trouve quatre. En outre, l'ouverture buccale est entourée d'une collerette, toujours présente, quoique souvent àpeine marquée (fig. 1) ; cette collerette est chitinoïde, avec très petits fragments quartzeux (fig. 1 et 6) ; d'autres fois elle est formée de plaques plus grandes et disposées avec un certain ordre.

Les pseudopodes sont généralement plus nombreux et plus étroits que dans la Difflugia lobostoma (fig. 1, 2); ils sont sujets à s'étaler facilement en forme de cornes de renne ou de feuilles, mais d'une manière temporaire seulement (fig. 3, 6).

Le plasma renferme toujours un nombre considérable de grains d'amidon, très petits, puis souvent quelques globules en apparence graisseux, et d'autres brillants, d'un vert brunâtre. Par contre, il faut le notei', cette espèce n'est jamais remplie de Zoochlorelles

Difflugia limnetica. — 1 et 2. Aspects habituels. — 3. Exemplaire vu par la face orale — 4. Différentes formes de la bouche. — 5. Animal détaché de la coquille. — 6. Partie antérieure d'un individu. — 7 et 8. Noyaux.

GENRE DIEFLUGIA 281

comme la précédente, et quand à la loupe on la cherche parmi les autres, elle s'en distingue de suite, non seulement à sa taille, mais à sa teinte jaunâtre et non verte. Cependant, en écrasant l'animal, on y trouve fréquemment, en nombre alors très restreint, de très petites algues d'un vert clair, qui se rapprochent de la Zoochlorelle ordinaire (Chlorella vulgaris), mais représentent pourtant une espèce différente, plus petite et plus allongée. Parfois, il est vrai, j'ai rencontré deux ou trois Zoochlorelles ordinaires, mais pas assez abondantes pour donner une teinte quelconque au plasma. On remarque également, après écrasement, toujours quelques petites vésicules contractiles.

Le noyau est ici tout différent de celui de la Difflnf/ia Johostnma. Il est sphérique, de .35-40 fj. de diamètre, et possède une membrane très fine, un anneau bien marqué de suc nucléaire finement cendré, puis un gros nucléole rond, à bords très francs et particulièrement nets. Ce nucléole est suivant le cas rempli, soit de paillettes très fines, claires, soit fréquemment de petits grains ou globules de plasma, qui figurent eux-mêmes comme de petits nucléoles remplissant la masse nucléolaire tout entière. Quelquefois j'ai vu le nucléole finement denticulé sur ses bords, comme s'il y avait là le point de départ de fins prolongements allant le rattacher à la paroi nucléaire.

La fig. 5 représente un individu tout entier sorti de sa coquille, et qui marchait sans éprouver de déformations bien considérables.

Difflugia gramen spec. nov.

Diftlugia lobostoma Leidy i. p. (PI. XV, fig. 15).

Bifflugia tricuspis'^ Carter (16).

Cette Difiiugie revêt encore une forme ovoïde, ou rarement subsphérique. A part la taille, qui est considérablement plus faible, puisqu'elle varie ici entre 60 et 80 ix, l'apparence première est tout à fait celle de la Diffl/fgia hhostoma typique. Mais il existe des différences plus importantes, qui font d'elle une espèce bien distincte. C'est elle cependant que selon toute probabilité Leidy représente dans sa pi. XV, fig. 15, comme se rattachant à la Difflugia lobostoma.

Il est possible aussi que cette espèce concorde avec la Difflugia frknsjns de Carter (16), caractérisée par une taille faible et une bouche trilobée, mais sur laquelle nous n'avons pas de renseignements suffisants.

La Difflugia qramen ne porte pas de collerette, mais cependant on peut en trouver parfois une indication, par le fait (pie les petites pierres qui entourent la bouche font légèrement saillie sur les autres. Cette bouche est constamment trilobée, et les lobes, au contraire de ce qui se p asse dans 1 es Difflugia lohostoma et limnetica, sont toujours réguliers, ])rofonds, et bien formés, soit arrondis en feuille de trèfle (fig. 2), soit anguleux (fig. 3).

La coquille est claire, non jaunâtre , et composée de petites pierres, soudées ensemble par un ciment hyalin.

Le plasma renferme toujours une masse assez considérable de Zoochlorelles, qui donnent une teinte vert d'herbe à tout l'individu. On y trouve fréquemment aussi des grains d'amidon. La fig. 6 représente des corps très curieux, qui vus de face rappellent un anneau brillant, et de coté ont l'apparence d'une petite cuve, avec une couche de plasma bleu et brillant appliqué à ses parois intérieures. Je n'ai pu arriver à aucune conclusion sur la signification de ces petits éléments, qui avaient en général 7 ju de diamètre, et étaient assez nombreux dans le corps d'un des individus examinés.

Difflugia gramen. — 1. Individu vu de côté. — 2. Un autre, par la face orale. — 3. Forme de la bouche. — 4. Noyau. — 5. Un autre noyau, à nucléole de forme exceptionnelle. — 6. Corps parasites à l'intérieur du plasma. — 7. Var. achlora. — 8. Même variété, vue dans le baume. — 9. Même variété, vue par la bouche. — 10. Individu écrasé. — 11. Détails de la surface de l'enveloppe dans la var. achlora.

GENRE DIFELUGIA 283

Les pseudopodes sont identiques à ceux de l'espèce précédente, mais naturellement plus petits.

Le noyau, de 20 fi de diamètre, est sphérique, et possède un gros nucléole cendré, avec lacunes ou vacuoles très fines ; ce nucléole semble relié à la paroi nucléaire par des filaments extraordinairement ténus (fig. 4). Le suc cellulaire forme un anneau poussiéreux, verdâtre, pâle. J'ai trouvé un jour dans un individu le nucléole sous la forme apparente d'un boudin replié sur lui-même (fig. 5).

La Bifflufjia gramen n'est pas très rare; elle se trouve la i)lupart du temps dans les mêmes stations que les deux espèces précédentes.

Diffluf/ia gramen var. acMora.

Dans les mêmes localités que la i)récédente, mais parfois aussi toute seule, se trouve parfois une petite Difilugie qu'on ne peut guère s'empêcher de rattacher à la Difflugia gramen, mais comme une variété distincte.

La taille est plus faible que dans l'espèce type, de 50 à 60 y, avec une moyenne de 55 |U environ.

La forme est relativement un peu plus allongée (fig. 7, 8) et il existe une collerette, souvent peu marquée il est vrai, et parfois tout à fait invisible sur le vivant, mais cachée seulement à la vue par des débris siliceux collés, et qui apparaît très nettement après préparation au baume (la fig. 8 ne montrait sur le vivant aucune collerette). Cette coquille est ici jaunâtre avec veinures brunes pointillées entre les petites plaques de recouvrement (fig. 11). La bouche est régulièrement ti-ilobée, connue dans le type. Le plasma ne renferme jamais de Zoochlorelles, au contraire de l'espèce type qui en est toujours remplie. On y trouve par contre beaucoup de tout petits grains brillants, souvent des corps luisants (Glanzkôi-per?), et une ou deux vésicules contractiles. Le noyau est identique à celui de la Difflugia gramen typique.

Ces quatre Difflugies, Difflugia Johostoma, Difflugia limnetica, Diffluqia c/ramen, et Difflngia rp-amen var. acMom, se trouvent tantôt seules, tantôt partiellement réunies. Mais dans une localité spéciale, à l'étang de l'Avenue d'Aire, je les ai récoltées toutes ensemble, les trois premières toujours en nombre considérable, et il semble à première vue qu'il y ait de la plus grande à la plus petite un passage graduel. C'est ce que j'avais cru d'abord, et il m'a fallu beaucoup de peine pour éclaircir la question; mais j'ai fini par arriver à la conclusion très nette, qu'il y a bien là quatre formes différentes, dont trois espèces bien distinctes, et une quatrième qu'il est préférable de regarder comme une variété.

Comme d'autre part ces quatre formes pi'ésentent des ressemblances extérieures assez fortes, et qu'on aura peut-être un peu de peine à les reconnaître au premier coup d'œil, je récapitulerai en un petit tableau comparatif les caractères distinctifs de ces espèces.

U. luljostoma.

Taille moyenne

Couleur

de la en

quille

hyaline

Structure du col

pas de collerette

Bouche

quatre lobes mal formés.

Plasma

avec Zoochlorelles

Noyau

avec nombreux nucléoles périphériques.

D. limnetica.

jaunâtre collerette

trois (rarem' quatre) lobes mal formés, sans Zoochlorelles un nucléole central.

IJ. gramcn.

70 /tt hyaline

pas de collerette trois lobes bien formés, avec Zoochlorelles un nucléole central.

D.grameny. acidora 55 fj, jaunâtre collerette

trois lobes bien formés, sans Zoochlorelles un nucléole central.

Difflngia litJioplifes spec. nov.

Cette espèce est de grande taille, variant pour la moyenne des individus entre 2U0 et 220 a. Elle est sphérique ou à peu près, sans qu'il y ait jamais de différence bien prononcée entre son grand et son petit axe.

La coquille est mince et fragile, formée de pierres plates, serrées les unes contre les autres, et unies par un ciment jaunâtre. La bouche, dont le diamètre dépasse en général

GENRE DIFFLUGIA

quelque peu le tiers de celui de la coquille, est trilobée, ou quadrilobée, ou même in'ésente parfois cinq lobes, mais ces lobes, quelque en soit le nombre, sont toujours et sans exception très irréguliers et inégaux (fig. 2, 4, 5).

Les bords de la bouche revêtent dans cette espèce une structure spéciale, laquelle rei)résente ici un caractère spécifique distinct et constant, en même ttMnps ((ue très intéressant à étudier. Ils sont formés d'une rangée de pierres plates de même nature que celles qui revêtent toute la coque, mais le vernis chitineux brunâtre y est plus abondant qu'ailleurs, surtout à la base des dents (fig. 4, 5) qui font saillie vers le centre de la bouche. Si l'on examine avec attention la base de ces appendices, on y voit un groupement de particules siliceuses noyées dans la chitine brune, puis cette chitine déborde ces particules, en passant brusquement, de brune qu'elle était, à une teinte hyaline; on y voit alors une dent triangulaire, lisse sur ses bords, dure et acérée au sommet (fig. 6).

Cette dent n'a rien à faire avec des particules étrangères; son appai"ence tout entière montre qu'elle est un produit de l'animal lui-même, et en quelque sorte un durcissement de la chitine, probablement avec addition d'une forte quantité de matière siliceuse.

Ces dents sont caractéristiques de la Diffliigia UtJioiMtes ; dans la DifflKijia corona nous retrouverons quelque chose d'approchant, mais sans qu'il y ait d'analogie réelle.

Un second trait particulier à cette espèce réside dans les cornes qui garnissent l'extrémité postérieure de la coquille. Elles peuvent d'ailleurs manquer, et on ne les trouve même

Difflugia lifhoplites. — 1. Forme type. — 2. Coquille vue par la bouche. — 3. Noyau. — 4 et .5. Formes de la bouche. — 6. Une des dents de la bouche. — 7. Uue des cornes, vue sous deux aspects. — 8, 9, 10. Corues.

286 FAUNE RllIZOPODIQlIE DU BASSIN DU LÉMAN

guère que dans les 507" des individus. Quand elles existent, elles varient en nombre de 1 à 6 ; généralement on en voit deux. Elles sont plus ou moins longues ou courtes, tubuleuses, étroites, ou bien plus larges à leur base, droites ou recourbées, et composées d'écaillés amorphes très petites noj'ées dans une masse cliitineuse relativement abondante, surtout à leur extrémité, qui est colorée en brun. Mais l'élément le plus curieux de ces cornes, c'est la présence d'une pierre quartzeuse d'origine étrangère, toujours hyaline, posée à leur sommet, et alors l'animal semble avoir mis un soin tout particulier à la recherche de ces pierres. En eflet elles représentent la plupart du temi)s des lames tranchantes, ou bien en tout cas des fragments allongés et très aigus (tig. 7 à lU), et semblent devoir constituer pour l'animal un élément de protection d'une grande efficacité. Il est quelquefois possible de reconnaître dans ces lames droites des diatomées profondément modifiées, mais la plupart du temps ce sont des pierres choisies avec soin.

Ces lames ou pierres sont encastrées dans la chitine brune qui forme le sommet de la corne, mais sans pénétrer profondément dans l'intérieur; aussi pendant les manipulations se décollent-elles facilement (fig. 1 0), et rencontre-t-on fréquemment des cornes dépourvues de pierre terminale. Nous verrons bientôt des prolongements analogues dans le genre Centropyxis; mais là ils sont terminés par un appendice chitinoïde, qui comme un bouchon comble la lumière de la corne, et y tient solidement.

Enfin un troisième élément bien caractéristique est le noyau. Il est globuleux, et d'un volume remarquablement fort, car on le trou\'e la plupart du temps variant entre 65 et 70 fx. Sous une membrane bien nette, on y voit un plasma ou suc nucléaire finement poussiéreux, et bourré de nucléoles extrêmement petits, globuleux, clairs, bleuâtres, i^resque brillants. Chose curieuse, dans cette espèce le corps lui-même renferme toujours une immense quantité de grains d'amidon très petits, qui ont une analogie remarquable avec les petits nucléoles du noyau; et j'ajouterai que dans d'autres Rhizopodes également j'ai souvent été frappé des rapports de ressemblance qui existaient entre les nucléoles et les hiclusions du cytoplasma. Mais sans doute il n'y a là que des coïncidences sans grande importance.

Le plasma renferme en général peu de proies; en l'écrasant on y voit quelques petites vésicules contractiles. Jamais on ne trouve de Zoochlorelles en symbiose.

Les pseudopodes sont dans la règle nombreux et étroits.

GENRE DIFFLUGIA 287

J'ai trouvé cette espèce intéressante dans un petit marécage à Troinex ; les individus y étaient très abondants.

Le nom de lithopUtes affecté à cette espèce vient de ce que cette dernière est pourvue d'armes de pierre qui pourraient la faire comparer aux guerriers des époques préhistoriques.

Il est possible que Leidy ait entrevu cette Difflugie, qu'il n'aurait examinée que d'une manière superficielle, pour la joindre à la Difflugiacorma. Il dit en effet : « Assez souvent « les « épines » sont terminées par une esquille ou écaille acérée qui dans maintes occa- « sions est d'un caractère si marqué qu'on ne peut pas s'empêcher de penser qu'elle a été « spécialement choisie. »

Pour mon compte je n'ai jamais trouvé d'écaillés spéciales terminant les é])ines de la Difflugia corona. Archer mentionne également un Rhizopode qu'il « rapporte avec quelque doute à la Diffluf/ia corona, » mais qui s'en distingue par une coque moins régulière et moins sj'métrique, par des particules pierreuses moins bien adaptées, et par des cornes plus longues. Peut-être est-ce là la Difflucfia lithopUtes, mais les détails que fournit Archer ne sont pas suffisants non plus pour nous renseigner clairement à ce sujet.

Difflîigia corona Wallich (118).

Wallich en décrivant cette espèce la regardait comme une variété de la Difflugia globularis, elle-même constituant une sous-espèce de la Difflugia proteiformis de Ehrenberg. Leidy la considère avec raison comme une espèce bien caractérisée, en même temps que comme un des représentants les plus beaux et les plus remarquables du genre.

La coquille de la Difflugia corona est à peu près sphérique, généralement un peu étirée à la bouche (fig. 1), et élargie en arrière par l'écartement des cornes. Elle est formée de pierres pas très grandes, bien arrangées, et ses contours sont relativement réguliers et unis, grâce peut-être à une proportion assez forte de ciment chitinoïde, qui revêt toute la coque d'une teinte brunâtre un peu spéciale, tirant sur le gris.

La bouche est grande, ronde, crénelée, et ces crénelures, ou dents, sont égales, régulières, de manière à figurer une couronne très nette et élégante. D'après LEroY, ces dents sont au nombre de six à seize; mais le nombre le plus ordinaire en serait de douze, et il en existe plus souvent plus que moins. Pour mon compte je ne crois pas en avoir jamais vu

moins de douze, et presque toujours un peu plus.

Ces dents sont très intéressantes à étudier de près. Si Ton examine la bouche avec attention, on voit qu'elle est bordée par des pierres très petites, ou des petites particules noyées dans une masse assez abondante de chitine. Cette matière chitinoïde brunâtre déborde alors comme une ceinture qui épouse tous les contours des lobules de la bouche, mais à l'extrémité de chaque lobule elle forme comme une gouttelette, étirée en une dent ou pointe plus ou moins acérée (fig. 3 et 4). Mais si l'on examine ces pointes avec attention, on voit que sous chacune d'elles il existe une arête, d'abord fine, puis s'élargissant à mesure qu'elle s'éloigne du sommet (fig. 4). Cette arête caractéristique joue alors sans doute ici le rôle d'un élément de renforcement, comme par exemple dans les barres en T dont on se sert dans la construction, et sous ce rapport les dents sont dans cette espèce particulièrement intéressantes.

Quant aux cornes qui garnissent le fond de la coque, elles sont généralement au nombre de 6 à 9, rarement plus ou moins ; Leidy en indique de 1 à 1 6, mais les indivi-

Difflugia corona. — 1. Coque vue de côté. — 2. Exemplaire vu par la face orale. — 3. Détails de la bouche. — 4. Trois dents vues par dessous. — 5. Une des cornes. — 6. Noyau.

GENRE DIFFLUGIA 289

dus à 1 OU 2, 3, 4 cornes se rapportaient probablement à la Difflufjia KthopUtes. Ces cornes sont dans la règle disposées les unes par rapport aux autres avec une grande régularité. Elles sont très larges à leur base, et leurs côtés se rapprochent graduellement, pour finir en une pointe bien marquée, mais qui n'est formée que des petites particules siliceuses qui revêtent toute la corne elle-même, et ne porte jamais de grosse pierre terminale comme dans l'espèce précédente (fig. 5). Ainsi constituées, les cornes sont coniques, creuses et largement ouvertes à leur base, toujours droites ou rarement et alors très faiblement recourbées à leur sommet, égales entre elles de longueur, et par leur réunion elles forment une couronne régulière.

Le plasma ne renferme jamais de Zoochlorelles. Il contient un gros noyau sphérique, rempli de nucléoles globuleux qui ont quelque rapport avec ceux de l'espèce précédente (fig. 6).

Les pseudopodes sont presque toujours d'assez forte taille et abondants. Ils sont également très changeants, se déplaçant rapidement d'un bloc, se bifurquant ou se divisant partiellement, et grimpant volontiers sur les cornes, entre lesquelles on les voit parfois tendus comme des rubans.

Le diamètre de la coquille, vue d'en haut, et j compris les cornes, varie généralement de 200 à 250 fj.. Il est pi-obable que la taille peut être bien plus forte encore, car Leidy mentionne une coquille de 320 |u; c'est là sans doute une affaire de localité.

J'ai trouvé cette espèce en grande abondance à la Pointe-à-la-Bise, puis moins nombreuse dans un ou deux petits étangs des environs de Genève. C'est en sonmie une espèce rare, en même temps qu'une des plus belles et des plus régulières du genre.

Difflugia amphora Leidy (67).

Après avoir décrit cette espèce sous le nom de Difflugia amphora, Leidy a plus tard cru devoir la réunir à la Difflugia urceolata. Et pourtant ces deux organismes ne présentent rien de commun que l'existence d'une collerette, tandis que certains caractères de première importance les séparent nettement. La forme et la structure de l'enveloppe sont

diiférentes, la collerette est d'un type tout autre ; la bouche, ronde dans la Diffluffia urreolata, est ici lobée; le noyau est toujours unique; enfin la Diffluf/iaurceolata estYéîriiCta,ire à la symbiose, tandis que la Difflugia anipJiora se voit presque régulièrement remplie de Zoochlorelles.

La coque est toujours ovoïde-allongée, mais le rapport entre la longueur et la largeur est très variable suivant les individus (fig. 1 et 3) ; souvent cette coque est un peu

étirée ou pointue en arrière, et fréquemment aussi on la trouve légèrement comprimée, bosselée ou déformée (fig. 2).

Elle est composée de petites pierres plates, serrées, et unies par un ciment chitinoïde clair, faiblement jaunâtre, qui sur les vieilles coques déborde entre les plaques sous forme de veinures ferrugineuses brunes. A la bouche l'enveloppe est surtout chitinoïde, avec écailles très petites noyées dans le ciment.

Cette bouche forme elle-même une collerette ou un rebord, plus ou moins bien accentué suivant les individus, mais dont la présence est constante. La collerette se développe à l'extérieur, mm pas par une courbe régulière connue dans la Difflugia urceolata, mais tout d'un jet, et ses côtés font avec la coquille un angle rentrant plus ou moins prononcé. Si l'on examine alors avec attention la partie orale de l'enveloppe, on voit que pour former la collerette la membrane chitinoïde s'est d'abord quelque peu invaginée à l'inté-

Diffliigia Amphora. — 1. Forme habituellp. — 2 et 3. Autres formes. — 4. Contours de la bouclie. — 5. Détails des bords de la bouche. — 6 et 7. Noyau. — 8. Coquille de forme anormale.

GENRE DIFFLUGIA 291

rieur pour se développer de nouveau à l'extérieur. Il s'est formé en somme un repli circulaire interne, dont le creux ligure ime sorte de canal annulaire courant autour de la base du col. La fig. 1 montre bien l'apparence présentée par ce repli, lequel, il faut l'ajouter, est la plupart du temps loin de se présenter aussi nettement à la vue ; mais même lorsqu'il est très peu visible, ou que peut-être (connue cela se voit de temps à autre), il ne s'est pas du tout développé, la forme de la collerette revêt toujours encore un type caractéristique. Rarement on rencontre des exemplaires d'une apparence différente (lig. 8), oîi les bords de l'enveloppe, au-dessous de la collerette, ont été relevés en quatre ou cinq saillies, unies entre elles par un repli ondulé.

La collerette est fonnée surtout de matière chitinoïde, avec fragments siliceux très petits. A la bouche les bords en sont, non pas simplement aiTondis, mais onduleux, et les ondulations sont dans la règle au nombre de six, de sorte que l'ouverture buccale n'est pas circulaire, mais pourvue en principe de six lobes (fig. 4), Cependant il est assez rare que ces lobes soient bien réguliers; le plus souvent on les trouve mal indiqués, et la bouche peut devenir très irrégulière dans ses contours, plus encore que ne le montre la fig. 4 (à gauche). La lèvre elle-même présente ce caractère habituel de porter sur tout son pourtour un filet brillant, lequel vu à un fort grossissement se montre formé d'un chapelet de petites perles arrondies qui paraissent être de provenance endogène, c'est-àdire un produit de l'animal lui-même.

Le i)lasma ne présente rien de particulier. J'y ai remarqué, par écrasement de l'animal, la présence constante d'une ou de plusieurs belles vésicules contractiles; puis souvent aussi des masses globuleuses ou ovoïdes, brillantes, d'aspect gras, pareilles à celles que l'on trouve toujours en nombre considérable dans le genre Nebela, et qui se colorent admirablement par le carmin.

Le plasma, dans les individus observés, s'est également toujours montré rempli de Zoochlorelles vivant en symbiose; parfois cependant j'ai trouvé ces Zoochlorelles remplacées par des Protococcacées différentes de la CJilorella vulgaris habituelle, pleines de vie également.

Le noyau est très grand, de 45 à 60 p. suivant la taille de l'individu. Il est sphérique, à membrane bien nette, et renferme un grand nombre de nucléoles globuleux noyés dans une masse poussiéreuse de suc nucléaire. Le volume de ces nucléoles est très variable,

généralement le même pour tous ceux du même noyau. La fig. 7 montre cependant un noyau où les nucléoles étaient de tailles diverses et où les plus grands se voyaient creusés d'une lumière centrale, qui sans doute indiquait une fragmentation prochaine.

Les pseudopodes sont normaux, généralement nombreux, relativement étroits et allongés.

La Bifflufiia amphora est une belle espèce, de taille assez forte. Les exemplaires que j'ai examinés variaient dans les extrêmes de 150 à 270 jjl; mais la moyenne était de 200à210u.

Diffliigia tuberculata Wallich (118).

Diffluffia Bombayensis Carter (17).

Diffluf/ia Johostoma i. p. Leidy, PI. XV, fig. 21, 22.

Wallich, partant du principe que chez les Rhizopodes, seul le plasma est capable de fournir des caractères spécifiques suffisamment précis, et se basant sur la conception, d'ailleurs erronée, que dans toutes les Diffiugies le plasma est le même, a réuni dans ses derniers travaux tout ce que nous sommes habitués à faire renti'er dans le genre Difflu()ia en une seule espèce, la Diffltigiaproteiforims, qu'il subdivise alors en deux sous-espèces, Difflugia mitriformis et Difflugia globtilaris, chacune de ces sous-espèces renfermant plusieurs variétés. Sous le nom de Diffl/i<//a proteiformis, sous-espèce glohularis, var. a tuherculata, il décrit, en 1864, la Diffiugie actuelle en ces termes : « La surface de la « coquille est couverte d'élévations subhémisphériques de grandeur à peu près égale, qui « lui doiment l'apparence d'une mûre. Dans certaines coquilles il existe à l'intérieur de la « paroi chitinoïde des creux correspondant à ces élévations. » Presque en même temps (1864), Carter décrivait une Difflugia Bomhayensis, qui répond exactement à cette var. tuherculata de Wallich. Leidy figure également (PI. XV, 21, 22) une coquille, qui, dit-il, lui rappelle la Difflugia tuherculata de Wallich, et qui ne peut être autre chose en effet.

Mais aucun de ces trois auteurs ne s'est occupé du plasma.

En réalité cette Diffiugie représente une des espèces les plus nettement caractérisées

GENRE DIFFLUGIA

que l'on puisse imaginer, et la structure de sa coquille ne se retrouve dans aucun autre Rhizopode; aussi, tout au moins dans sa forme typique, sera-t-elle toujours facile à déterminer.

La coquille est toujours ovoïde, très large en arrière, où elle se termine en un dôme hémisphérique; en avant elle se rétrécit peu à peu, et les deux lignes latérales figurées par les côtés sont le plus souvent à peine arquées, de manière à donner à l'enveloppe une apparence difficile à décrire, mais qui permet de distinguer, à la loupe montée, avec une certaine facilité, cette espèce des autres Difflugies {lohostoma, limnetica, etc.), au milieu desquelles elle peut se trouver (fîg. 1 ).

En avant, cette coquille se termine par une collerette étroite, mais toujours très nette, qui se détache franchement de la surface de la coque, et dont le t3^)e est le même que dans la Difflnr/ki anpphora, mais sans qu'on y remarque de gouttière annulaire. Cette collerette est également ondulée sur ses bords, de manière à façonner la bouche en une ouverture hexagonale, mieux dessinée dans la règle que dans l'espèce précédente, mais pourtant souvent très irrégulière encore. ■

Quant à la nature de l'enveloppe, elle est en bonne partie chitinoïde, et d'une nuance particulière, qui tire sur la teinte garance brune ou chocolat clair. Cette chitine est toujours recouverte soit de petites particules ou écailles siliceuses d'origine étrangère, soit de diatomées, dans ce dernier cas toujours associées à des particules amoq^hes.

Mais ce qu'il y a de curieux dans ces éléments de recouvrement, c'est leur disposition sur la coque. Il faut dire en effet que cette coque n'est pas lisse, mais tuberculeuse,

THfflugia iubercidafa. — 1. Individu vu de côté. — 2. Un exemplaire vu de face. — 3. Un autre, vu d'en haut. — 4. Détails de la surface de l'enveloppe. — 5. Détails d'une autre enveloppe. — 6. Noyau. — 7. Variété.

recouverte sur toute sa surface de mamelons plus ou moins arrondis, et de grandeur à peu près égale. Si nous examinons alors une partie de la surface, nous voyons que les pierres les plus gi'osses sont disposées de manière à former par leur ensemble des mailles (d'ailleurs il est vrai souvent peu distinctes), et cette apparence provient de ce que ces pierres sont couchées dans les creux ou vallonnements qui séparent les mamelons les uns des autres. L'intérieur de ces mailles est alors occupé par les particules plus petites (fig. 4). Lorsque la coque est composée en partie de diatomées, et que ces diatomées sont de très faible taille, ce sont elles alors que l'on voit couchées dans les vallonnements (fig. 5), et l'apparence de mailles est encore ici produite. Mais il faut ajouter que lorsque les diatomées sont grandes et revêtent toute la coque, cet arrangement n'est plus possible, et même il se produit une oblitération des pi'Otubérances superficielles, de sorte que l'enveloppe n'est plus reconnaissable que par sa forme générale, sa collerette, sa teinte, etc.

Remarquons également que la forme mamelonnée de la coque ne doit pas être considérée comme étant le résultat de la disposition des écailles sur cette coque ; c'est au contraire l'enveloppe, avec ses protubérances, qui donne lieu à la disposition caractéristique des particules de recouvrement. La tig. 3 par exemple représente un individu sans doute très jeune, résultat d'une division qui venait de se terminer, et qui rampait au milieu des autres, en parfaite santé ; mais sa coque était représentée par une sorte de peau, déjà rigide en apparence, transparente, d'un jaune clair, et pourvue sur toute sa surface des mamelons caractéristiques, dont la forme ne dépendait certainement en rien des bâtonnets très petits et très fins déjà incoi-porés dans sa masse.

Le plasma ne remplit généralement que les deux tiers environ de l'enveloppe, au fond de laquelle il est reUé par des épipodes nombreux. Il renferme les éléments habituels, puis le plus souvent une grande et belle vésicule contractile, près du nojau. On ne l'encontre jamais, dans cette espèce, de Zoochlorellos en symbiose. Les pseudopodes sont normaux.

Le noyau est pâle, très délicat, et il est difficile de l'obtenir hors de la coquille. La membrane en est mince et très souple ; les nucléoles y sont nombreux, plus ou moins arrondis, de grandeurs diverses, verdàtres, très clairs et délicats. Le noyau varie entre 30 et 38 w de diamètre.

GENRE DIFFLUGIA

La Difflugia tuberculata arrive en général comme taille moyenne à 130 ^j.. On la trouve assez fréquemment dans les étangs et les marécages.

Difflugia tuberculata, petite variété.

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