‹ Faune rhizopodique du bassin du LémanChapitre 19 sur 41 · Forme arrondie · texte numérisé non relu

Forme arrondie

1,2. Formes allongées. —

La descrii)tion précédente s'applique à la Difflugia tuheradata typique, et comme telle cette espèce est une des plus facilement reconnaissables de toutes les Dittiugies. Mais si parfois on la trouve, dans telle ou telle localité, représentée exclusivement par des individus pareils à ceux qui viennent d'être décrits, le contraire est plus souvent vrai, et l'on peut rencontrer dans une seule et même station toute une série de transitions qui rendent parfois l'observateur fort perplexe.

C'est ainsi qu'à Châtelaine, au mois de décembre, on trouvait cette espèce représentée soit par des individus mamelonnés typiques, soit par

d'autres, tout aussi nombreux, plus clairs, de même taille mais plus étroits (fig. 7), jaunâtres, couverts de diatomées fines et comme refondues par l'animal mais encore bien reconnaissables, et dépourvus de toute trace de mamelons; la collerette, la bouche, le noyau, tout était identique à la Difflugia tjpe. A la Pointe-à-la-Bise, à Bernex, au Bois de la Bâtie, on trouvait à différentes époques un mélange des formes suivantes :

a) Individus mamelonnés typiques, nombreux.

h) Individus peu nombreux, de même forme, de même taille, non mamelonnés ou avec légères crénelures ou mamelons à peine indiqués.

c) Individus de même forme, trapus, mais plus petits, avec ou sans indication de

mailles et de crénelures (fig. 3).

d) Individus sans crénelures, presque tout recouverts de diatomées, clairs, de faible

taille, allongés, minces (fig. 2).

&) Individus de très petite taille, minces et allongés, à bords latéraux se rétrécissant en ligne droite vers une bouche étroite. La coque est claire, jaunâtre, transparente, très petite (70-80 n), entièrement recouverte de diatomées, bien reconnaissables mais corrodées par l'animal, et entre lesquelles on voit des veinures pointillées brimes (fig. 1).

Or toutes ces formes différentes, grandes ou petites, mamelonnées ou non, larges ou étroites, avaient en conuuun la collerette si caractéristique, la forme lobée de la bouche, un noyau identique, un plasma toujours dépourvu de Zoochlorelles. Outre ces caractères communs, de nombreuses transitions montraient ([ue l'on devait avoir affaire à une même espèce, mais très variable, ou peut-être faudrait-il dire très polymorphe. Mais si les transitions n'avaient pas existé, on n'aurait guère pu faire autrement que de regarder les deux extrêmes, la forme typique, grande, mamelonnée, large, brune-chocolat, et la forme lisse, petite, mince, jaunâtre, connue deux espèces bien distinctes; cela d'autant plus que ces deux formes ne se conjugaient jamais qu'entre individus de même type, et ne donnaient jamais un produit de division qui ne revêtit leur propre apparence.

Après avoir cru longtemps à l'existence de deux espèces différentes, avec transitions nombreuses qui représenteraient des formes hybrides, j'ai fini par conclure à un véritable polymoiiihisme, qui peut-être serait un polymorphisme d'âge? (Voir note 4.)

Bifflugia arcula Leidy (67).

Dans cette espèce la coque est hémisphérique, chitinoïde, jaunâtre mêlé de brun, plus ou moins souple ou élastique. Elle est recouverte par-ci par-là d'écaillés, de pierres ou de débris de toute sorte agglutinés, surtout au sommet oîi les pierres sont toujours plus abondantes.

A la face orale, cette enveloppe se replie brusquement vers l'intérieur, devenant faiblement infundibuliforme, pour se terminer en une ouverture centrale trilobée, ou plutôt triansulaire avec les côtés du triangle courbes et à convexité tournée vers le centre.

GENRE DIFFLUGIA

Dans certains cas, même très fréquents (lorsque l'intérieur est occupé par un kyste), la membrane orale est repoussée au dehors, où on la voit faire saillie (fig. 1).

A l'intérieur, et dans le vide annulaire laissé entre la bouche et la base de l'enveloppe, on constate la présence presque constante de boulettes brunes, formées de débris de toutes sortes, peut-être de matières digérées, et qui figurent par leur réunion un anneau interne foncé (fig. 2).

Il est difficile de parler du plasma. Toutes les coques que j'ai trouvées ou bien étaient vides, ou bien renfermaient une masse globuleuse, qui jamais n'a montré le moindre changement de forme, et dont les détails étaient invisibles à travers l'enveloppe. Un jour cependant je trouvai un individu dont la coque avait été déchirée en deux par accident, et dont le plasma était libre à l'extérieur; c'était alors une masse arrondie (fig. 3), brillante sur ses bords, qui renfermait un plasma finement granulé, sans nourriture figurée, puis une vésicule contractile vraie, et un noyau de 20 fx de diamètre, sphérique, à nucléoles nombreux, logés surtout à la sui'face d'un suc nucléaire granuleux (fig. 4).

Ayant écrasé cette masse, je la vis se déchirer tout à coup en répandant au dehors son contenu, qui resta là inerte, tandis que la partie externe de la masse se montrait sous la forme d'une membrane ou pellicule plissée.

Dans cinq ou six occasions difiérentes oi^i plus tard j'ai comprimé des individus se rapportant à cette espèce, j'ai toujours vu le même noyau, mais jamais autre chose, ni proies, ni pseudopodes.

Il est à remarquer que Leidy n'a jamais rencontré que des coques vides ou à contenu enkysté, et que Taeanek n'est pas arrivé à un meilleur résultat; et ce fait, ajouté à la nature toute spéciale du plasma, m'engagerait à douter de la réalité de cette forme

Difflugia arcula. — 1. Individu enkysté, vu de côté. — 2. Enveloppe, vue par la face orale. — 3. Plasma isolé après déchirure de l'enveloppe. — 4. Xoyau.

spécifique, en tant que Difflugie ou même que Rhizopode; peut-être y aurait-il là quelque chose de ditférent, et c'est ce qu'on ne pourra savoir que par l'examen des phénomènes de locomotion, si cette dernière existe.

En 1890, il est vrai, la courte description que je donnais de la Diffliigia circula se terminait par les mots : « Pseudopodes normaux, larges. » Mais en consultant mes notes et mes dessins de ce temps, Je vois qu'à ce moment j'avais réuni à cette espèce des exemplaires appartenant à la Centropyris Jœvi//ata, et que c'est un de ces exemplaires-là qui m'avait fourni mes données sur les pseudopodes \

La Diffluffia arcula, si Difflugie il y a, varie le plus souvent entre 90 et 120 (i^ de diamètre. Elle ne se trouve guère que dans les sphagnum et les mousses.

Diffliir/ia coiisfikia Ehrenbeko (28).

Difflnffia cassis Wallich (118).

Biffbigia marsupiformis Wallich (118).

Biffluf/ia platystoma Penard (8.5).

Cette espèce se distingue de toutes les autres Uifflugies par la position de la bouche, qui n'est plus centrale, mais toujours plus ou moins portée en avant. Si l'on se représente alors un animal en marche, on voit qu'il rampe sur une face qu'on peut appeler ventrale, plus ou moins aplatie, caractérisée par la présence de la bouche antérieure et infère. La face opposée ou dorsale est alors déprimée au-dessus de la bouche, y formant comme une sorte de visière.

PiU arrière l'enveloppe est beaucoup plus élevée, arrondie, munie quelquefois de cornes (tig. 7, 15) analogues à celles que nous décrirons dans le genre Centropyxis.

' Les notes sur cette es|ièce auxquelles il est fait allusion, datent du commencement de juillet 1889. A cette époque, je ne faisais que commencer à m'occuper des Uhizopodes proprement dits, et la confusion dont j'ai été la victime n'a rien qui doive beaucoup étonner. On verra plus loin mentionnée une erreur plus importante, à propos de l'espèce que j'avais décrite sous le nom de Trinema spinosum. et qui n'était pas un Trinema du tout, mais un Pnmphaf/us, et probablement se rapporte à l'espèce décrite tout dernièrement par Lautkhboiîn comme Pampliagns annatus (I2S).

GENRE DIFFLUGIA

La paroi postérieure du péristome s'arrondit et s'infléchit vers l'intérieur, figurant de la sorte un commencement de spirale, et parfois la membrane buccale se déploie également sous forme de brides internes, dont nous reparlerons bientôt (Centropi/xifi).

La coque est chitinoïde, brunâtre ou jaunâtre, recouverte soit de particules de boue plus ou moins abondantes, soit d'écaillés plus larges, ou rarement de petites pierres serrées; dans ce dernier cas alors elle est plus claire.

Le plasma renferme toujours beaucoup de petits grains brillants (ami don ?). On y voit, dans la règle seule ment après écrasement de l'animal, de 2 à 6 vésicules contractiles,

puis un noyau très délicat, sphérique, cendré, avec quelques petits nucléoles nageant dans la masse (fig. 16). Leidy fait remarquer que l'animal dans cette espèce est si timide, et si peu porté à déployer ses pseudopodes, que dans la plupart des cas, et en conséquence de la structure et de la couleur de la coquille, il est difficile de déterminer si les individus sont vivants ou morts. Cette remarque est juste; l'animal est extraordinairement timide; mais de temps à autre il se montre un peu plus hardi, et l'on peut examiner ses pseudopodes. Presque toujours il n'y en a qu'un seul, au moins pendant la marche, et ce pseudopode est, soit très large (fig. 6), soit plus étroit et très allongé (fig. 7) (un autre semblable

Difflugia constricta. — 1 à 14. Différentes variétés. 16. Noyau.

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