Face étroite
Pont'Kjulasia spiralis Rhumbler (96).
Cette espèce diffère surtout des précédentes en ce que la partie antérieure de la coquille s'applique sur la masse arrondie de cette dei'nière en se recourbant légèrement.
J'ai récolté, dans différentes localités, un certain nombre d'individus qui se rapportent sans doute à cette espèce. L'enveloppe en est beaucoup moins comprimée que dans la précédente ; la structure est chitinoïde, avec petites pierres anguleuses ou écailles plates. La partie antérieure fait avec le reste de la coque un angle, d'ailleurs très faible, qui fait ressembler cette espèce, comme Rhumbler l'a déjà remarqué, à la Lecquereusla spiralis, mais de loin seulement, car l'apparence de spirale est bien moins prononcée. Il
est par contre souvent difficile de distinguer cette espèce de la Pontigulasia incisa, car
parfois le tube buccal est presque droit (fig. 3).
Dans tous les individus que j'ai examinés d'une manière suffisamment attentive, j'ai
trouvé la bride interne très fortement développée et élargie en s'éloignant du centre, de sorte que ses extrémités finissent par se toucher, et qu'en réalité il n'y a plus en travers de la coquille un pont, mais un plancher percé de deux fenêtres ovales (fig. 4), ou même rondes (fig. 5). Ce plancher est également ondulé et relevé vers le haut, d'une manière assez capricieuse et probablement sous forme d'une double bosse, au sommet de chacune desquelles s'ouvre la fenêtre (fig. 3).
Il ne m'a pas été possible de voir les pseudopodes. Le noyau est identique à celui
des espèces précédentes.
La taille est fort variable, allant de 100 à 156 ft.
Pontigulasia spiralis. — 1. Aspect habituel, de côté. — 2. Coupe longitudinale. — 3. Aspect de l'intérieur, par transparence. — 4. Vue par la face orale. — 5. Détails de la bouche, à demi schématique.
Pontigulasia spectabiUs spec. nova.
Bifflugia pyriformis var. vas Leidy (67).
En traitant des différentes formes de la Difflugia jxgnformis, Leidy en mentionne une dans les termes suivants : « Je regardais autrefois comme une espèce spéciale une « autre variété, sous le nom de Difflugia vas. Elle a la forme des spécimens les plus ca- « ractéristiques de la Difflugia pyriformis, mais le col se distingue du reste du corps par « une étroite constriction, comme on le voit dans les fig. 2 à 9, PI. XII. Je pense qu'il ne
GENRE PONTIGULASIA
« peut guère y avoir de doute que cette variété et la forme la plus habituelle peuvent « passer de l'une à l'autre, et j'ai rencontré différentes formes intermédiaires. Voir « fig. 24-26, PI. XIX. »
Après avoir étudié les espèces pour lesquelles Rhumbler a créé le genre Pontigulasia, et frappé de la grande analogie qui existait entre ce genre et la Difflugia vas de Leidy, je commençai à examiner avec soin un grand nombre de spécimens se rapportant à cette dernière Diffiugie, et le résultat de ces recherches me permit de constater, que dans quelque localité qu'on la trouve, la var. ras de Leidy possède toujours au niveau de l'étranglement du col, une cloison transversale analogue à celle des Pontigukma; aussi faut-il la réunir à ce genre.
Cet organisme présente d'ailleurs, tout comme la Difflugia pyriformis^ plusieurs formes ou variétés diverses, mais qu'il est difficile de séparer les unes des autres, et connne espèce type je décrirai la plus belle et la plus régulière de toutes, sous le nom de Pontigulasia spectabUis.
La coquille rappelle de très près celle de la Pontigulasia incisa de Rhumbler, mais elle est mieux faite, mieux tournée, détaille un peu i)lus forte ; enfin la structure de la cloison transverse est différente, comme nous le verrons tout à l'heure.
Pontigulasia spectabUis. — 1. Aspect habituel. — 2. Face dorsale, schématique. — 3. Face ventrale, idem. — 4. Coupe sagittale, idem. — 5. Vue de la coque par la face orale. — 6. Même aspect, agrandi. — 7. Vue du diaphragme, schématique. — 8. Noyau. — 9. Du des nucléoles.
Cette coque, très peu comprimée dans sa masse générale, et pas du tout à la bouche, est formée de petites pierres, bien arrangées et plus petites au col. Presque toujours, au niveau de l'étranglement, on remarque également quelques gros fragments agglutinés. Ces fragments empêchent souvent de distinguer d'une manière suffisamment nette les détails de l'étranglement, mais sur certains individus, et surtout sur ceux qu'on a renfermés dans le baume, il est possible de les examiner avec plus de facilité. On peut constater alors que le tube buccal est renflé d'une manière quelque peu différente suivant le côté par lequel on l'examine, et que la zone de tixation de ce tube sur la coque présente un dessin assez complexe. Sur la face qui peut être considérée comme antérieure ou ventrale la ligne de constriction est simplement arquée (fig. 3), tandis que sur la face opposée et dorsale elle figure deux lignes courbes qui se rejoignent en une pointe ogivale (fig. 2).
Au niveau de la constriction se trouve en travers de la coquille la cloison caractéristique, mais ici cette cloison n'est plus la même que dans les Pontigulasia jusqu'ici décrites. Dans la PoiiUgnlasm incisa, par exemple, nous avons vu que la bride transversale laissait à gauche et à droite une fenêtre ; si nous nous figurons qu'une de ces fenêtres soit bouchée, il ne restera plus qu'une ouverture, et la bride sera devenue une cloison ou un plancher perforé. Or c'est justement là ce qui arrive dans la Fontigulasia spectahïlifi. Après avoir cru d'abord à l'existence d'un diaphragme à ouvei'ture ronde centrale, j'ai fini par constater que sur les individus parfaitement orientés et vus suivant la ligne même de leur grand axe, l'orifice unique était toujours rejeté sur un des côtés. Mais il y a plus encore; en examhiant la coquille avec soin, en la tournant et retournant pour bien voir la cloison, on finit la plupart du temps par distinguer en regard de la fenêtre ouverte et à la place de la seconde fenêtre de la Pontigulasia incisa, une tache plus ou moins arrondie, entourée d'une ligne circulaire indécise, et cette tache peut alors se comparer à une fenêtre fermée (fig. 5, 6). Elle est dans la règle plus claire que la bride, et formée d'écaillés plus petites, ou bien encore, très fréqueumient, on la voit en bonne partie constituée par une seule et large écaille plate, transparente, et qui pourrait faire croire à une ouverture. Ce n'est pas sans peine qu'on arrive à se rendre compte de ces détails extrêmement difficiles à élucider, mais je crois pouvoir assurer que dans la Pontigulasia spectabiUs tout se passe comme s'il y avait eu d'abord deux fenêtres, dont l'une serait restée ouverte, tandis que l'autre se serait fermée, soit par un châssis trans-
GENRE PONTIGULASIA 321
parent, soit par un opercule. Il est d'ailleurs très probable que cette fermeture est déjà opérée dès la fin de la construction de la coque, lorsque l'animal issu de division se sépare de sa mère; s'il n'en était pas ainsi, on rencontrerait des individus munis encore de leurs deux ouvertures.
Ce plancher si extraordinaire ne représente pas une cloison plane ; il est en réalité beaucoup plus compliqué, et ses bords coïncident avec les lignes onduleuses que dessine la constriction du col; du point de soudure, la cloison s'arrondit vers le haut, où elle va se terminer à la fenêtre latérale, en y formant même une indication de tube très court regardant vers l'extérieur.
Il est cependant nécessaire de remarquer que la courbe de cette cloison est extrêmement ditficile à comijrendre, et que les observations donnent parfois des indications contradictoires ; aussi ne puis-je présenter les considérations ci-dessus qu'avec une certaine réserve. En somme le plancher de la Pontigulasia spectabïlis présente des analogies avec ce que l'on voit sur une coupe de Naidilus, où les cloisons, bombées vers le haut, sont percées d'une ouverture tubulaire pour laisser passer le syphon.
Mais il est probable qu'ici, comme encore mieux dans la Pontigulasia higibhosa qui sera bientôt décrite, la bosse formée par la cloison est double, bien qu'un seul des renflements soit ouvert au sommet. Dans la Pontigulasia incisa il en serait d'ailleurs de même, mais les renflements seraient moins accusés, et chacun d'eux serait muni d'une ouverture.
La fig. 7 représente d'une manière schématique la cloison vue d'en haut ; outre les deux fenêtres opposées, dont l'une est fermée, on remarque, en haut et en bas, des indications de deux autres orifices qui auraient été comblés également. Telle est en efl'et l'apparence que 2)résente parfois la cloison, d'une manière moins nette d'ailleurs que je ne l'ai représenté ; mais il est probable qu'il ne faut voir là que l'indication de certains plissements.
Le plasma et son contenu sont conformes dans cette espèce à ceux du genre Difflugia. Les pseudopodes sont peu nombreux, longs, bleuâtres, très vifs. Le corps renferme la plupart du temps de la chlorophylle.
Le noyau est sphérique, très beau, et arrive à 46 fi. Sous une membrane hyaline et bien nette, on y voit un certain nombre de nucléoles, qui presque toujours sont plus ou moins allongés en fuseau, et se rattachent par leurs extrémités effilées à la membrane
nucléaire, en présentant une face plus bombée que l'autre, et qui regarde le centre du noyau. La plupart du temps les nucléoles renferment des vacuoles, ou lacunes arrondies plus ou moins volumineuses (fig. 8, 9). Ces nucléoles ne sont pas véritablement amiboïdes, en ce sens qu'ils ne changent pas continuellement de forme, mais si l'on examine l'un d'eux de temps à autre, par exemple toutes les heures, on constate que les contours en ont varié quelque peu.
La taille de là Pontigtdasia spedahilis est de 125 à 170 a environ, mais il existe d'assez fortes différences suivant la localité.
Sous la forme ty^iique telle qu'elle vient d'être décrite, grande, régulière, bien faite, toute droite, cette espèce n'est pas très commune. Mais on la trouve plus fréquemment sous plusieurs formes un peu diff'érentes, généralement plus petites, dépourvues de Zoochlorelles, et moins régulières. Il est possible qu'il y ait là des variétés plus ou moins bien fixées, et je mentionnerai paiticulièrement une variété de taille plutôt faible, jaunâtre, chitinoïde, dont le col était toujours d'un brun violacé. Cette variété habitait en nombre immense le marais de Mategnin.
Pontigulasia bigibbosa spec. uov.
Difflugia pyriformls vâr. vas, sous-var. bigibbosa Penard (89).
En 1890, voici ce que je disais de cette espèce, que j'envisageais alors comme une variété de la Bifflugia pyriformis : « La variété vas de Leidy, large et étranglée au col, « se trouve parfois sous sa forme typique dans notre lac ; mais le plus souvent on y ren- « contre une variété particulière, qui ne présente jamais de transitions avec la précédente, « et qui sans doute est parfaitement autonome. P'Jlc est large, légèrement comprimée et " d'une forme un peu étrange. »
« Pour faire comprendre cette forme, on pourrait la comparer à une sphère qu'on '< aurait d'abord un peu aplatie, puis creusée sur un de ses côtés d'une échancrure formant « un arc profondément renti-ant, ce qui doiuierait alors une figure réniforme ; .puis on « aurait adapté sur l'échancrure un col d'abord très large et rapidement atténué, pour
GENRE rONÏIGULASIA
Pcmtigulasia hitjibbosa. — 1. Vue de face. 3. Vue ])ar la face orale. — 4. Noyau.