De
face. — 2. De côté.
Nehcîa Uih/tlosa Penaed (85).
Nebela coUaris var. genu'ma ?? Taranek (112).
Si la Nehela minor est l'une des plus petites du genre, la Nebela fidmlosa peut être considérée comme la plus grande de tontes; je ne l'ai jamais rencontrée avec une taille inférieure à 190 ;;., et cela même une seule fois; presque toutes les coques varient entre 200 et 215 /;t; rarement cette longueur est dépassée.
J'avais décrit en 1890, et d'une manière sommaire, cette belle espèce, d'après des individus provenant de Heidelberg. L'année dernière je l'ai retrouvée en assez grande abondance aux Voirons, à la Pile, aux Pitons et au Simplon, toujours dans les sphagnum.
La coquille est encore ici comprimée, plus allongée, relativement à la largeur, que dans les espèces précédentes, en arrière aiTondie, et de là elle se rétrécit peu à peu, par
des lignes légèrement arquées ou parfois presque sans courbure, pour arriver à une bouche large, arquée en avant sur les faces comprimées, creusée d'une encoche très peu profonde sur les côtés, et ne présentant presque pas de renflement aux lèvres.
Les deux faces larges, antérieure et postérieure, se rejoignent par leurs bords en faisant entre elles un angle plus ou moins aigu, de soite que l'enveloppe, à partir du tiers antérieur, est parcourue d'une arête continue, et en coupe transversale se voit biconvexe.
De plus, en arrière de la bouche, et au tiers environ de la longueur de la coque, on remarque deux pores latéraux (fig. 1 , 3), analogues à ceux de V Hyalosphenia papilio , mais dépourvus de renflement ou coussinet interne. Ces pores sont généralement très nets, parfois au contraire on ne peut pas les apercevoir sur le vivant; mais un examen attentif les fera toujours reconnaître.
L'enveloppe revêt toujours une teinte d'un brun chocolat ou chamois très clair, caractéristique pour cette espèce, et en même temps elle se présente toujours comme piquetée sur toute sa surface de ponctuations très fines qui peut-être représentent des aspérités chitineuses extrêmement ténues (fig. 4).
Les écailles qui forment cette enveloppe sont relativement petites, et au lieu de la forme régulièrement arrondie des espèces précédentes, elles présentent des contours très variables, comme si elles avaient été corrodées par l'animal (fig. 4).
Cette structure spéciale est constante dans cette espèce ; parfois pourtant on voit des diatomées mélangées aux écailles ordinaires.
Le plasma est presque toujours. complètement bourré de nourriture, en boulettes foncées, puis des corps gras caractéristiques, qui cachent la vésicule contractile et le
Nebela tubulosa. — 1. De face. — 2. De côté. — 3. Détails de la partie antérieure, avec plasma étalé à la bouche. — 4. Détails de la surface. — 5. Noyau.
GENRE NEBELA 355
noyau. II m'a été cependant possible d'isoler un jour ce dernier, qui s'est montré de forte taille, sphérique, plein d'un magma (suc luicléaire) gramilé dans lequel nageaient de nombreux nucléoles plus ou moins arrondis (fig. 5).
Les pseudopodes sont longs, larges et vifs ; on y voit souvent, à leur base, pénétrer de petites poussières, qui sont très abondantes au sein du plasma buccal, et lui donnent un aspect cendré.
• La iig. 3 représente la partie antérieure d'un individu, tel qu'on le trouve souvent, avec plasma pseudopodique s'élargissant pour se souder à la bouche, et relié aux parois, en arrière des deux pores latéraux (fréquemment au pore lui-même) par des ])rolongements analogues aux épipodes véritables. Ces derniers sont d'ailleurs nombreux dans cette espèce, et se voient dans la règle assez distinctement.
Nehela laf/eniformis Penard (85).
Nebela coUaris Leidy i. p. (67).
Nehela amencmia ? Taranek i. p. (11 2).
Nehela harhata? Leidy i. p. (67).
Dans cette espèce l'enveloppe est toujours très claire, comprimée, et formée de disques hyalins le plus souvent arrondis. La coque est ovoïde en arrière, puis étranglée en avant pour faire brusquement place à un col tubuleux, large, souvent quelque peu renflé dans son milieu, égal en longueur à la moitié ou aux trois cinquièmes de la partie ovoïde, et se terminant en une bouche peu comprimée, arquée en avant sur les faces larges, et munie d'un bourrelet transparent dépourvu d'écaillés. Il n'existe pas de pores latéraux.
Le plasma est normal, un peu plus clair en général que dans les autres espèces, et on y constate également la présence des corps gras caractéristiques.
La vésicule contractile est fréquemment visible.
Les pseudopodes sont normaux. Le noyau parait identique à celui des espèces précédentes, mais il ne m'a pas été possible de l'examiner dans ses détails.
La longueur de la coquille est le plus souvent de 124 à 125 «. La NeMa Jageniformis est très rare dans les sphagnuni, où on la i-encontre en individus isolés, et par contre on la trouve généralement abondante dans les mousses des bois; c'est là sans doute la raison pour laquelle elle semble avoir été si peu remarquée.
Il est probable que les fig. 18 et 19 de la PI. XXIV de Leidy, considérées par cet auteur comme représentant une forme intermédiaire entre la Nebela coUaris et la Nebela
harhata, et différant de cette der- ^3i\ jjière par l'absence de prolonge-
ments sétiformes, se rapportent à cette espèce. La Nebela harhata de Leidy doit pour différentes raisons se rapporter à la Nebela americana de Taranek, dont il sera question plus loin. Quant aux soies caractéristiques de cette Nebela barbota, je les ai trouvées assez souvent, dans plusieurs espèces et surtout dans la Nehela lageniformis, et je ne crois pas qu'elles représentent un produit de l'animal lui-même. Ce sont plutôt, à mon avis, des parasites, qui se présentent comme des aiguilles courtes et obtuses, hyalines, et prennent naissance sur une sorte de vernis clair qui les relie les unes aux autres (fig. 4). Probablement y a-t-il là quelque cryptogame, et ce qui contribuerait à le faire croire, c'est que dans certaines localités ou à certaines époques un grand nombre d'individus en sont affectés, tandis que dans d'autres stations la même espèce en sera ■ tout à fait dépourvue. Dans sa Nebela harhata Leidy dessine, il est vrai, ces aspérités sous forme de soies fines et acérées, qui rappellent celles du Cochliopodium vestïtum, et qui semblent bien devoir représenter un produit de l'animal; mais les figures de Leidy pèchent souvent par l'inexactitude des petits détails, et il est probable que nous avons affaire aux mêmes éléments.
Nebela lagenifonnw. — 1. Animal vu par sa face large. — 2. De côté. — 3. Animal enkysté. — 4. Détails de la coque, avec filaments parasites.
GENRE NEBELA
Nebela car'mata Leidy (67'
' lJifflu(/la carinata Archer (2).
Difflugia pelUyeracea Carter (17).
La NeheJa carinata représente une des plus jolies espèces des tourbières. Elle est beaucoup plus grande que la Nebela collarls, et très claire également, bien qu'elle revête souvent une nuance jaunâtre très faible ; elle est plus large en arrière, et plus comprimée. La structure de la coquille est encore la même ; la plupart du temps les écailles sont de petite taille, et peu régulières dans leur contour; très fréqueunnent elles sont remplacées en tout ou en partie par des diatomées. La bouche présente à peine une indication de lèvres, et sur les côtés l'encoche est tout aussi peu marquée. En arrière de la bouche, au quart ou au tiers de la longueur de l'enveloppe, on constate parfois l'existence de deux pores dont l'ouverture est à l'intérieur quelque peu renflée en coussinet (fig. 3). Cependant ces pores n'existent pas toujours, et ni Leidy ni Taranek ne semblent les avoir observés.
La Nebela carinata est caractérisée par la présence constante d'une carène, ou quille, mince, laminaire, très développée, et qui, partant du tiers ou de la moitié de la hauteur de l'enveloppe, en fait le tour en arrière sous la forme d'un fer à cheval.
Taranek considère cette quille ct)mme n'étant que hi prolongation sur les côtés de la partie chitineuse de la coque, et donne une iigure (tig. 7, Pi. IV) représentant la coquille en section transversale, qui semble bien le montrer. Mais je ne sais si cette figure est bien exacte, et celle de Leidy qui représente la même coupe transversale, et
Nebela carinata. — 1. De face, de la partie antérieure.