‹ Faune rhizopodique du bassin du LémanChapitre 24 sur 41 · De côté. — 3. Détails · texte numérisé non relu

De côté. — 3. Détails

OÙ la carène se voit sous la forme d'une simple lame, me paraît correspondre bien mieux à la réalité ; toutes les fois en effet qu'on examine une coquille attentivement, on voit cette carène, laminaire, très mince, formée d'une matière chitinoïde dans laquelle sont noyées de très petites écailles siliceuses amorphes, plantée à angle droit et brusquement sur l'enveloppe (fig. 2), sans aucun renflement à sa base. D'autre part si l'on examine les contours internes du fer à cheval, on y remarque une ligne double, indication d'une membrane vue en coupe, c'est-à-dire fermée; c'est à cette ligne que viennent mourir les écailles rondes ou les diatomées de recouvrement, et c'est là également qu'on voit à l'intérieur se fixer les épipodes (fig. 1).

En somme on peut dire que dans la l\eheJa earinata la carène n'est qu'un ornement ou un appendice distinct de la coque, et l'on pourrait à cette occasion la rapprocher de deux autres espèces, les Nebela ansata et hippocrepis de Leidy. Dans la Nebela ansata (voir figure au tableau des espèces non trouvées à Genève), si l'on se représente les deux cornes latérales jointes l'une à l'autre par une lame en fer à cheval, on obtient la Nebela hippocrepis, au moins comme apparence générale, et la Nebela earinata serait très voisine de ces deux espèces, dont elle différait surtout par l'absence de cornes soit externes, soit internes.

Le plasma est dans la Nebela earinata analogue à celui des espèces précédentes ; on y constate par contre, si j'ai bien observé, beaucoup plus souvent la présence de boulettes vertes, qui montrerait que l'animal est ici d'une nature moins carnassière que les autres Nebela.

Le noyau semble être le même également. La taille est toujours relativement très forte; presque tous les individus que j'ai examinés variaient entre 165 et 175 u, mais certains exemplaires allaient jusqu'à 230 u. Taranek indique un maximum de 250 (/., Leidy de 240.

Cette espèce est plutôt rare; je ne l'ai récoltée que dans les sphagnum, généfalement peu abondante; à la tourbière de la Pile, les individus étaient par contre nombreux.

GENRE NEBELA

Nebela marginata spec. nov.

En étudiant la Nebela carinata, j'avais cru d'abord pouvoir y distinguer deux formes nettement séparées, l'une à carène large, et l'autre à carène à peine marquée. Mais après des observations et des contrôles nombreux, et en constatant qu'il n'existe pas de transition entre ces deux formes, et qu'elles se distinguent par d'autres caractères encore que par la carène, je me suis vu obligé d'y reconnaître non pas deux variétés, mais deux espèces distinctes.

Un premier caractère ditférentiel réside dans la nuance même de la coque :

dans la Nebela carinata, elle est toujours claire, ou légèrement jaunâtre; ici c'est une teinte plus foncée, d'un gris sale, jaunâtre ou brunâtre.

De plus, les écailles de recouvrement sont ici très petites, et, bien qu'arrondies sur leurs angles, elles ne représentent pas des ellipses ou des disques parfaits ' ; presque toujours elles sont accompagnées de diatomées. Les deux pores latéraux manquent également toujours; la longueur de l'enveloppe est moindre, en général de 140 à 160ju, et ne dépasse que très rarement cette mesure.

Enfin la carène latérale est ici beaucoup moins accusée ; à part deux ou trois cas exceptionnels, où cette carène arrivait au tiers environ de la largeur de celle de la Nebela carinata, je l'ai toujours trouvée extrêmement étroite (fig. 1, 3), souvent même si peu accusée que cette espèce, qui n'est pas rare, a certainement dû être prise en général pour la Nebela

Nebela marginata. — 1. De face, avec kyste.

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