De côté, et tournée pour montrer
hauteur de la coquille est rarement égale au tiers du diamètre du disque, plus souvent elle n'en mesure que le quart, le cinquième, ou rarement encore moins. L'ouverture buccale est grande, en général légèrement inférieure au tiers du diamètre total de l'enveloppe.
Le plasma est naturellement très comprimé, discoïde; il renferme toujours un nombre assez considérable de vésicules contractiles, dont on peut voir jusqu'à douze ou quinze à la fois, puis deux noyaux de petite taille, mesurant chacun jusqu'à 28 f/.
et qui renferment un grand nucléole cendré, dans l'intérieur duquel se voient dans la règle des vacuoles plus ou moins nombreuses (fig. 3).
L'animal est très timide et il est foit rare d'apercevoir ses pseudopodes, qui sont d'ailleurs conformes à ceux de VArcella rxh/ar/s, droits, longs et clairs.
h'ArceUa discoides est extraordinairement variable de taille, mesurant de 100 à 210 fx, et probablement plus, car Leidy indique les limites de 72 à 264 m- Il est fort probable qu'il y a là, dans bien des cas, non pas de simples variations individuelles ou locales, mais des indices de variétés fixées, ces variations de taille coïncidant souvent avec d'autres caractères différentiels, de couleur, de hauteur comparée de l'enveloppe et d'autres encore. C'est ainsi que la bouche montre des rebords tantôt lisses, tantôt, et plus rarement, pourvus d'un anneau de pores ou perforations plus ou moins évidentes, extraordinairement fines. Leidy a déjà attiré l'attention sur ces pex'forations éventuelles, sans pouvoir s'assurer s'il y avait là des pores ou des tubercules. Si l'on raisoiuiepar analogie avec ce qui se passe dans d'autres espèces (ArceUa atiocrea, ArceUa polypora), on peut supposer que la première opinion est la vraie, bien (\ue dans VArcella discoides ces ponctuations soient si fines qu'elles ne se présentent que connue un anneau de poussières ou de petites rides. Ces différentes formes de VArcella discoides dépendent la plupart du
ArceUa discoides. — 1. De lace, la bouche. — 3. Noyau.
temps des localités examinées, chaque localité montrant une forme spéciale, parfois deux ou même plus. D'autres fois cependant, dans une seule et même station, on peut trouver des séries parallèles d'individus semblables en tous points, sauf pour la taille fort différente dans chaque série. C'est ainsi que dans une de mes récoltes, à Châtelaine, on trouvait cette ArcelJa en individus extrêmement nombreux, mais représentés par une forme de 104 fjt de diamètre en moyenne, et par une autre de 139 u environ; entre ces deux séries, qui d'ailleurs ne différaient par aucun autre caractère, les transitions étaient extrêmement rares, concernant le 1 ou le 2 pour cent des individus. Dans chaque série on trouvait des coques âgées (brunes) ou jeunes (jaune clair), puis des cas de division, de conjugaison, mais toujours les individus examinés restaient dans les limites de grandeur de leur propre série.
ArceUa artocrea Leidy (67).
Arcella catinus Penard (85).
En 1890 j'avais décrit sous le nom de ArceUa catinus une espèce bien certainement autonome, et qui ne me semblait cadrer avec aucune des Arcelles jusque-là décrites. Après une plus ample connaissance avec le genre qui nous occupe, je crois devoir la considérer aujourd'hui comme représentant VArceMa artocrea de Leidy, tout en faisant observer que V ArceUa de Leidy correspond très probablement à une variété spéciale. Cette grande forme alors, que Leidy a séparée d'autres individus représentés dans sa PI. XXVIII (fig. 34, 35, 38, et peut-être 4, 6, 7) sous le titre de ArceUa discoides, et qui, eux, correspondent à mon ArceUa catinus, sera envisagée tout à l'heure connue une variété distincte et très rare.
h' ArceUa artocrea, telle que je la considère ici, c'est-à-dire correspondant à l'ancienne description de Y ArceUa catinus, est une espèce spéciale aux sphagnum, dans lesquels elle manque rarement. Elle est presque toujours très claire, d'un jaune tirant sur le brun, comprimée, à dôme aplati en une surface jjlane ou même parfois légèrement déprimée, à contour rarement circulaire, bien plus souvent allongé, discoïde, onduleux,
GENRE ARCELLA
parfois presque carré avec angles arrondis. Les aréoles sont très caractéristiques, et d'apparence diftérente de tout ce qu'on voit dans les autres espèces; ils se montrent normalement représentes par des séries de hachures ou de stries délicates dirigées pour la plupart du centre à la circonférence (fig. 2, 4). Mais examinés à un très fort grossissement, surtout après l'action d'un acide, on voit (pi'il y a bien là encore des aréoles, toujours extrêmement petits, de '/2 ij.
environ (fig. 5).
La face inférieure de l'enveloppe est refoulée en dedans, de manière à présenter des parois parallèles à celles de la face supérieure (fig. 3), puis au centre la membrane se retrousse en dehors pour former une bouche petite, rarement ronde, plus souvent allongée, et reproduisant en somme plus ou
moins les contours de la coque. Cette bouche est, toujours et sans exception, entourée d'un rang de pores très grands et peu nombreux, dépassant rarement le chifire de douze.
Le plasma est analogue à celui de YArceUa rnk/aris; il est relié à la paroi interne par des épipodes parfois très larges, et renferme deux noyaux à nucléole central, puis un certain nombre de vésicules contractiles. Les pseudopodes sont normaux, avec tendance à s'étaler largement sur le sol (fig. 1).
La plupart du temps on trouve cette espèce à l'état de coquilles vides. Elle habite toujours les sphagnum, et varie en diamètre de 80 à 120 fi environ.
Dans le Jura, au lac des Rousses, et à la tourbière de la Pile, j'ai récolté dans les sphaignes également, une Arcelle qu'il m'est impossible de séparer de la précédente, nuiis qui doit être considérée comme une variété spéciale, dittérant du type par une taille beaucoup plus forte (190 à 200 ^ en général) et par uneiuiance brune généralement plus foncée.
Arcella artocrea. - 1. D'en haut. — 2. Vue par la face buccale. — 3. De côté, saiiR les détails de la membrane. — 4. Apparence habituelle de la surface. — 5. Fragment de la membrane prè>i de la bouche, avec deux pores.
FAUNE RHIZOPODlyUE DU BASSIN DU LÉMAX
C'est probablement cette variété qui correspond à VArcella artocrm de Leidy ; cet auteur la donne comme très rare, et ne l'a trouvée que dans une seule localité; d'après Leidy elle est caractérisée surtout par la couleur verte de son plasma, due à la présence d'une grande quantité de corpuscules cbloroi)liylliens. Je n'ai pas remarqué de chlorophylle dans les individus que j'ai examinés, mais il faut ajouter que, si cette variété s'est montrée à moi sous la forme de nombreux individus, il n'y en a que trois ou quatre dont j'aie pu examiner le plasma.
Arcella ar maria Greeff (41).
Arcella microstoma Penard (85).
Arcella auréola Maggi (78).
Greeff a décrit sous ce nom une petite Arcelle caractéristique des mousses et des lichens, etc., et qui se distinguerait en premier lieu par l'absence de tout dessin régulier,
paraissant alors tout à fait lisse. Les pseudopodes sont également remarquables par leur forme habituellement aplatie, puis déchiquetée, et divisée au sommet en lambeaux plus petits. Bien que Greeff n'ajoute pas d'autres détails, et qu'il ne parle ni de noyau, ni de bouche, ni de vésicules contractiles, les caractères indiqués par cet auteur, ainsi que l'habitat spécial de cette espèce, montrent qu'il y a identité entre VArcella arenaria et celle qu'en 1890 j'avais, dans l'ignorance du travail de Greeff, baptisée du nom de Arcella microstoma.
Greeff se trompe d'ailleurs en hidiquant comme caractère distinctif une enveloppe absolument lisse et dépourvue de ponctuations. En réalité la structure dans cette espèce
Arcella arenaria. — 1. D'en liant. — 2. De côté. — 3. Noyau.
(iENRE ARCELLA 407
est la même que dans les autres Arcelles, mais les aréoles sont ici d'une finesse extraordinaire, plus petits encore que dans l'espèce précédente, et, comme eux, ils se présentent souvent sous la forme de stries ou de ponctuations allongées que l'on n'aperçoit qu'avec la plus grande difficulté.
La coque est arrondie, d'un jaune doré ou tirant sur le brun, très comprimée, mais cependant en forme de dôme plus ou moins régulièrement bosselé. Autour et au-dessus de la face buccale on remarque une arête circulaire (fig. 2), qui coïncide avec le plus grand diamètre de la coque, et de là la membrane s'infléchit quelque peu en une courbe rentrante ; la face buccale est repoussée en dedans, de manière à avoir sa paroi parallèle à celle de la face dorsale, puis se retrousse au centre, sous la forme d'une collerette externe très courte qui borde une bouche ronde et toujours extrêmement étroite ('/s environ du diamètre total). Cette bouche est également entourée de pores peu nombreux (8 à 12), arrondis, plus petits que dans l'espèce précédente, et qu'on ne peut guère distinguer sur les individus vivants.
Le plasma est grisâtre, ponctué ; il renferme en général passablement de débris végétaux, puis des globules de graisse, des grains brillants, de nombreuses vésicules contractiles, et deux noyaux à nucléole central et compact. Dans un des individus examinés, il n'existait qu'un seul noyau.
Les pseudopodes, comme l'a observé Greeff, sont en général étalés en lambeaux déchiquetés, divisés à leur sommet en petits prolongements (fig. 1) ; ils sont également très paresseux. L'animal est du reste extrêmement timide, et se décide bien rarement à déployer ses bi'as.
La taille est assez faible, mais comme dans toutes les Arcelles, elle varie dans des proportions énormes, de 60 à 125 [j.; généralement pourtant elle ne va que de 60 à 85 ,u, et les individus les plus grands que j'aie trouvés, de 125 a, provenaient des sphagnum (tourbière de la Pile). Peut-être y avait-il là une variété particulière, car VArceUa arenaria est particulière aux mousses des bois et des haies, dans lesquelles elle ne manque que rarement.
On sait que dans le genre ArceJIa, plusieurs auteurs, entr'autres Bûtschli, et Cattaneo, ont constaté la présence à l'intérieur de la coque, d'embryons, d'abord amiboïdes, puis qui se couvrent d'une membrane et finissent par sortir au dehors sous la
forme de petites Arcelles. Il n'y a pas dans toute la série des Rhizopodes, de genre dans lequel les coquilles soient plus facilement occupées par des parasites de toute nature, à l'état d'œufs ou de kystes, et les investigations sous ce rapport sont extraordinairement difficiles. Cependant j'ai récolté dans une station particulière un grand nombre d'individus, représentés pour la plupart par des coques soit vides, soit occupées par des corps, au nombre de 2, 3, 4, 5 ou 6, qui m'ont semblé ne pas pouvoir représenter autre chose que des embryons ; c'étaient des masses arrondies, jaunâtres, chitinoïdes, à l'intérieur desquelles on voyait un plasma gi'isàtre, mais dont je n'ai pas pu examiner les détails. La bouche semblait manquer. Dans la même récolte se trouvaient en grand nond)re des Arcella véritables, mais très petites, de i-îS /j. de diamètre et au-dessus, très rondes et renflées, et dont la bouche étroite était à peine visible ou se confondait avec le plasma, on ne voyait souvent qu'un seul noyau, et une ou plusieurs vésicules contractiles ; les pseudopodes étaient clairs, digités, très vifs; les dessins delà coque étaient connue dans rj.>-ce//a arenaria, mais plus fins encore. Comme cette dernière espèce est en général la seule que l'on rencontre dans les mousses, et qu'elle se trouvait elle-même abondante dans la localité en question, je ne serais pas étonné si ces petites Arcelles, et en même temps ces embryons internes, avaient en réalité représenté des produits de V Arcella arenaria.
Maggi a décrit (75), malheureusement d'une manière très incomplète, et avec une figure encore moins démonstrative, une petite Arcdla qui vit dans les mousses, et qu'il a appelée Arcella auréola. Cette espèce correspond bien certainement à V Arcella arenaria de GUEEFF.
Arcella polypom Penard eiiiend.
Arcella polypora \. p. Penard (S5).
La plupart des auteurs qui se sont occupés de ï Arcella discoïdes citent dans cette espèce la présence de noyaux en iu)mbre variable; Claparède et Lachmaxn en indiquent de 1 à L5; Hertwig et Lesser en ont trouvé en général plus de 5, Auerbach en a vu jusqu'à 40. Leidy par contre en a observé en général 2, quelquefois 1 ou 3;
GENRE ARCELLA
moi-même, dans presque toutes les stations où j'ai récolté VArcella discoïdes, j'y ai reconnu les deux noyaux caractéristiques en général du genre.
En 1890, après avoir trouvé, dans un étang près de Francfort, un nombre considérable d'individus qui tous étaient munis de noyaux variant en nombre de 8 à 10, rarement plus, et en constatant que ce caractère coïncidait avec la présence d'un cercle de pores très fins autour de la bouche, j'avais cru reconnaître là une espèce distincte, à laquelle j'avais appliqué le nom de Arcella polypora.
Les observations que j'ai faites dans ces deux dernières années m'ont amené à modifier quelque peu mes conclusions primitives. Il est parfaitement certain que de temps à autre on rencontre, dans certaines stations, une Arcelle identique à VArcella discoïdes, mais qui s'en distingue par la présence de noyaux en nombre très variable, généralement de 8 à 10, rarement 15; mais après avoir constaté que l'apparence, la taille, la bouche, sont identiques à celles de
VArcella discoïdes, et que de plus cette dernière, munie de ses deux noyaux, peut être revêtue d'un cercle de pores très fins, j'en suis arrivé à penser qu'il pourrait bien n'y avoir là qu'une forme spéciale, une variété, mais probablement pas un stage dans la vie de l'animal.
Cependant ces conclusions ne sont pas certaines, et je ne crois pas, puisque le nom existe, devoir rayer VArcella polypora de la liste des bonnes espèces, cela d'autant plus que dans une certaine station, sur les rivages du lac à la Pointe-à-la-Bise, j'ai trouvé un grand nombre d'individus qui se distinguent, eux alors, tvè&nQtiemQniA&V Arcella discoïdes typique.
Ces individus, recouverts d'une membrane souple très comprimée, foncée ou d'un gris verdàtre, souvent arquée dans toute sa masse comme une aile de chapeau, étaient tous de très grande taille, de 250 à 270 [i, chift're auquel ne semble jamais arriver VArcella discoïdes véritable. De plus, la bouche dans ces grands individus était immense, de diamètre'supérieur presque toujours aux Vi» de celui de la coque, et arrivant presque
Arcella polypora. — 1. De face. — 2. De côté.
aux Vio, tandis que dans VArceUa discoïdes le chiffre de Vi» est la règle et n'est que rarement dépassé. Enfin, ces grands individus étaient toujours porteurs d'un nombre considérable de noyaux, variant de 40 à 65 et plus, très petits, et pourvus chacun d'un nucléole arrondi, très franc sur ses bords; sur le vivant, il est vrai, on n'en voyait jamais qu'une partie, mais après l'action du carmin, j'en ai toujours trouvé un nombre supérieur sa 40. Autour de la bouche courait un cercle de rides extraordinairement petites, qui semblaient être l'indice de perforations eu nombre immense.
Ces grands individus présentent certainement des traits qui en font quelque chose de spécial ; mais il faut ajouter que dans la même localité on trouvait, également en grand nombre, des exemplaires plus petits mais variables de taille, à orilice buccal relativement moins grand, et ne possédant qu'un nombre restreint de noyaux (10, 12, 15). Il est donc difficile de savoir au juste à quoi s'en tenir sur les relations qui peuvent exister entre VArceUa discoïdes tj^pique et V ArceUa polypora véritable, et provisoirement au moins, je crois qu'il faut conserver cette dernière espèce, en modifiant quelque peu la diagnose donnée en 1890 et en la décrivant comme très grande, à bouche très largement ouverte, et toujours pourvue de noyaux en nombre considérable '.
Arcélla stellaris Peety (92).
ÂrceUa dentata i. p. Ehrenberg (28).
Arcella Okeni Perty (92).
ArceUa steUata Ehrenberg.
Cette espèce, la plus élégante du genre et la plus facile à caractériser, est comparativement rare. Je l'ai trouvée à la Pointe-à-la-Bise, puis au Bois de la Bâtie, où elle était abondante, et au marais de Rouelbeau.
La coque, jaunâtre ou brunâtre, est comprimée, mais toujours arrondie à sa face
' r.a fiyure qui accompagne cette espèce se rapporte, non pas aux grands individus mentionnés, mais à la forme qu'on trouve le plus souvent, pourvue de 8 à 12 noyaux, et qui se rapproche le plus de VArceUa discoides.
(iENRE ARCELLA
Arcella stellaris. — 1. De face. — 2. De côté.
supérieure en un dôme assez régulier. Du sommet de ce dôme la surface se recourbe suivant une très faible pente, puis, arrivée à un niveau qui l'épondrait à peu près au milieu de la hauteur de la coque tout entière, se relève sur certains points en une courbe régulièr,e, pour former des prolongements creux, coniques, parfois inégaux, lesquels, dirigés vers le haut en s'écartant du centre, forment tout autour de l'enveloppe une couronne régulière. Par leur base inférieure les dents de cette couronne, au nombre de 8 à 12, rarement plus, partent de la face orale, et par conséquent ces dents creuses sont coniques, largement ouvertes par le bas. 8ur la face inférieure ou orale, la coquille est quelque peu invaginée, pour s'ouvrir en une bouche large, et dépourvue de collerette. Cette bouche est dans la règle entourée d'un cercle de pores nombreux et de petite ouverture, mais
toujours si peu visibles qu'on ne les aperçoit que dans des circonstances spéciales. Quant aux dessins ou aréoles de la coque, ils sont très nets, quoique de diamètre plutôt petit.
Le plasma ne présente rien de particulier; il est clair, rempli de petits grains brillants, de proies parfois vertes, et renferme deux noj-aux, opposés l'un à l'autre, umnis chacun d'un nucléole globuleux central à contour très net. On y voit aussi quelques vésicules contractiles. L'animal est timide, et une seule fois je l'ai vu déployer ses pseudopodes, sous la forme d'une masse pâteuse qui s'étalait sur les dents mêmes de la coquille.
Comme Leidy l'a déjà remarqué, cette espèce semble être beaucoup moins variable dans sa taille que les autres Arcelles; les individus que j'ai examinés s'écartaient peu du chiffre de 150 u, y compris les cornes. Leidy indique de 1.32 à 184 jm. L'auteur américain a sans doute examiné un nombre très considérable d'individus, et dans ses figures il montre certaines modifications des dents que je n'ai pas eu l'occasion d'observer; il peut arriver, par exemple, que les cornes soient représentées par une simple arête garnie de côtes saillantes, ou bien l'enveloppe peut être plus surbaissée ou au contraire plus élevée que je ne l'ai vu, avec une face plane au sommet, etc. Mais ce sont là des modifications de
détail qui n'empêclient pas de reconnaître dans cette jolie espèce un des Rhizopodes les mieux caractérisés.
Ehrenberg a décrit, en 1830 déjà, sous le nom de ArceUa dentata, une forme qui sans aucun doute se rapporte à la même espèce, et c'est sous ce nom que Leidy la reproduit lui-même ; mais Ehrenberg y mêle une autre forme dépourvue de cornes, qui probablement représente une variété de V ArceUa vuJuaris, et il me semble préférable, pour éviter toute ambiguïté, de lui laisser le nom de ArceUa stellaris que Perty lui a donné en 1849, et sous lequel elle est plutôt connue. Ehrenberg l'a plus tard, en 1854, décrite à nouveau sous le nom de ArceUa steUata, après que Perty lui-même eût appliqué, soit à cette même espèce soit peut-être à une forme un peu spéciale, une seconde dénomination de ArceUa Okeni, qui n'a plus été mentionnée depuis autrement que comme synonyme.
Genre Pyxidicula Ehrenberg (28).
Ehrenberg a créé ce genre en 1838, pour une seule espèce, la Fy.ndicula operculata, caractérisée par une coquille rigide, en forme de verre de montre très bombé, dont le bord se replie par-dessous en une marge très étroite, de sorte que l'enveloppe est presque complètement ouverte à sa face inférieure. Le plasma est analogue à celui des ArceUa.
Quant à la structure de cette enveloppe, Ehrenberg se borne à indiquer cette dernière comme raboteuse, recouverte de petites bosses ou aspérités. Il est très probable cependant que ces aspérités ne représentent que des dépôts de chitine, et la structure de la coque doit être analogue à celle des ArceUa. Dans la Pyxidicula operculata, les dessins aréolaires caractéristiques ne sont, il est vrai, pas visibles, et on n'aperçoit que des ponctuations extrêmement fines, mais dans les deux autres espèces qui seront ici décrites, ces dessins existent sans aucun doute, et tout porte à croire (jue la structure est la même dans la Pyxidicula operculata.
GENRE l'YXIDICULA
Pjjxidicula operculata Ehrenberg (28).
Arcella patens in Hertwig et Lesser (57), non Clap. et Lach.
Arcellapatet/s! in Carter (17), non Claparède et Lachmann.
Dans cette espèce la coque est d'un jaune presque toujours très clair, mais peut devenir plus foncée et brunâtre avec le temps ; elle parait au premier abord presque complètement lisse, mais avec beaucoup d'attention on iinit par la voir guillochée sur toute sa surface de ponctuations extrêmement petites ; sur certaines coques, surtout dans les individus âgés, il se produit également des dépôts de chitine brunâtre, sous forme de ponctuations plus fortes et en relief.
C'est probablement ces dépôts de chitine que Ehrenberg a décrits comme constituant des « bosses » ou aspérités.
Hertwig et Lesser disent, également à ce sujet : « La surface de la coquille était, à part la présence d'un cer- « tain nombre de petites bosses qui vues d'en haut présentaient l'image de points brillants « et irrégulièrement disséminés, parfaitement lisse et à courbure régulière. »
La coquille revêt la forme d'un verre de montre fortement convexe, et son borcl est en général parfaitement circulaire; mais bien souvent aussi on la trouve quelque peu ovale, avec contour très régulier. Sur la face buccale la membrane se reploie en dedans absolument comme chez les Arcella, mais au lieu de se prolonger vers l'intérieur et de s'ouvrir en une bouche de faible diamètre, elle ne constitue (pi'un repli très étroit, qui d'en haut se voit comme un ruban circulaire (lig. 1 et 3). En sonmie on peut se représenter une Arcella dont on aurait coupé la partie invaginée de l'enveloppe presque à ras de la
Pyxidicula operculata. — 1. D'en haut. — 2. Dp côté, d'un des côtés, plus grossi.