De côté, pins grossi
' Dans le grand ouvrage de Frenzel (36), l'organisme trouvé dans la République Argentine est décrit et figuré sous le nom de Olivinn monostomum. et représente probablement un Flagellate.
GENRE CAMPASCUS 465
A l'intérieur de cette enveloppe, mais séparé de sa paroi par un espace très appréciable (espace occupé peut-être par un mucilage, car on ne voit pas d'épipodes), se trouve l'animal lui-même, arrondi, ovoïde, im peu comprimé de haut en bas, mais qui, vu d'en haut, se montre légèrement réniforme. Il est recouvert lui-même d'une membrane h;5'aline, souple, mince mais très nette, et analogue à celle du genre Pamphafius. A la face inférieure cette membrane souple est percée d'un orifice buccal étroit, arrondi, parfois développé quelque peu vers Textérieur par un prolongement pseudo-tubulaire (fig. 3).
Le plasma remplit entièrement cette membrane souple. On le A'oit généralement rempli de gros grains brillants, ou aussi de nourriture jaunâtre (boulettes, diatomées, etc.). Parfois se montre ime vésicule contractile, qui bat sous la membrane, puis un noyau, central, d'ailleurs généralement caché et dont les détails sont difficiles à distinguer.
De la bouche sortent en général des pseudopodes très fins, nombreux, tout droits, allongés, simples ou bifurques, rigides, qui rayonnent en un faisceau conique. C'est sur les pointes de ces pseudopodes que Tanimal se meut, caché sous sa carapace vitreuse ; il se livre alors à une course rapide, en tournoyant ou en pivotant sur lui-même. Parfois on voit aussi sortir de la bouche une masse de plasma cendré, sur laquelle les pseudopodes prennent naissance (fig. 3).
J'ai récolté la Frenzelina reniformis-h la Pointe-à-la-Bise, et à différentes époques; elle y était assez abondante. C'est une petite espèce, qui mesure en général de 26 à 30 /x, y compris l'enveloppe externe.
Cette jolie petite forme est particulière au lac de Genève ; je ne l'ai jamais trouvée ailleurs. Bien que plus fréquente sur les rivages, elle habite aussi la profondeur (30- 40 mètres), où elle semble être beaucoup plus rare.
Genre Camjxiscus LEroY.
Leidy a caractérisé son genre Campascus de la manière suivante : « Animal revêtu « d'une coquille de la forme de celle des Cyphoderia, mais pourvue d'une paire d'appen- « dices latéraux divergents au fond de la coque, et composée d'une membrane chitinoïde
« homogène. » Cette diagnose a été créée pour une seule espèce, le Campascus cornutus, que Leidy a trouvé dans une localité unique, China lake (Uinta Mountains, Wyoming), à 10,000 pieds d'altitude.
Or l'un des Rhizopodes les plus caractéristiques de la profondeur, dans le lac de Genève comme dans presque tous les grands lacs suisses, est représenté par un organisme qui répond de tous points, soit pour la description, soit pour les figures, au Campascus cornutus de Leidy, mais ne porte jamais d'appendices au fond de sa coque. La présence de ces appendices doit donc être considérée comme ayant la valeur d'un caractère spécifique, et non générique.
Quant à l'enveloppe, elle parait, il est vrai, à première vue, composée d'une memhrane homogène dans laquelle sont incorporées des particules de sable ; mais un examen plus attentif montre toujours qu'en réalité elle est constituée par des grains écailleux, amorphes, serrés les uns contre les autres en une seule couche. Cette première enveloppe est alors recouverte à son tour de particules siliceuses, plus ou moins abondantes.
Un caractère commun aux genres Campascus et Cyphoderia, qui se ressemblent d'ailleurs i)ar tant d'autres points, réside dans la présence constante de petits grains, lisses, jaunes, bruns ou rougeâtres, extrêmement résistants («Phéosomes» de Rhuivibler), et dont nous reparlerons à propos du gein-e Cyplwderia.
Campascus triqueter Penard (87) '.
Dans cette espèce, l'enveloppe est solide, et ne se déforme pas sur le vivant, mais elle est en même temps quelque peu élastique, et peut subir certaines compressions sans se casser. On la croii'ait, au premier abord, formée d'une membrane chitineuse que re-
' En 1899, j'avais fait une étude détaillée d'un certain nomljre de Riiizopodes caraetéristiques des profondeurs du lac de Genève (89). L'année dernière, j'ai pu contrôler toutes mes observations, et ajouter parfois quelques faits nouveaux à ceux que j'avais observés. Cependant il est quelques espèces, Campascus triqueter, Campascus minutus, Cyphoderia marjjaritacea, Cjiphoderia calceolus, Cijplwderia trochus, EiK/lypha aspi'ra, Gromia gemma, Gromia sqiiamosa, au sujet desquelles je n'ai à ajouter que des détails sans importance, et pour ces espèces-là, je me contenterai de copier mon manuscrit primitif, en remaniant le texte et en y introduisant les observations nouvelles que je puis avoir faites.
GENRE CAMPASCUS
couvrent de petites écailles, mais un examen plus attentif montre que la surface de cette membrane est elle-même réticulée, les réticulations correspondant à des petits grains plats disposés en une seule couche les uns à côté des autres, et que l'on peut bien examiner sur un fragment de coquille vu par la tranche. Cette enveloppe est alors partiellement revêtue de toutes petites écailles plates, collées sans ordre sur les premières (tig. 7). La forme générale est toujours celle d'une cornue, spéciale aux deux genres si apparentés CamiMscus et Cyphoderia ; mais, à part la différence radicale de structure qui existe entre ces deux genres, le Campascus se fait remarquer par des contours moins réguliers, généralement un peu ondulés, bosselés. Parfois on constate
un léger aplatissement du fond de la coque, et fréquemment aussi une faible expansion latérale en forme d'ailes, mais jamais il n'y a trace de corne. La coupe transversale prise dans le milieu de cette enveloppe, donne une figure triangulaire, avec deux angles latéraux arrondis, correspondant à la face ventrale, et un angle dorsal généralement plus prononcé, quelquefois cependant presque nul et remi^lacé par une surface simplement convexe, surtout s'il y a des ailerons aux côtés (fig. 3, 4). Cette coupe triangulaire existe toujours plus ou moins prononcée, mais il s'en faut de beaucoup qu'on la remarque sur chaque individu ; pour la voir, il faut tourner et retourner l'animal et l'examiner surtout d'arrière en avant ou vice versa (fig. 5 et 6).
On rencontre par-ci par-là des formes anormales, bosselées, ou étranglées symétriquement au fond de la coque.
Campascus triqtieter. — 1. De côté. — 2. Vue par la face dorsale. — 3 et 4. Coupes transversales. — .5. Vue d'en haut. — 6. Vue d'en bas, par la bouche dans sa positiou latérale. — 7. Détails de la membrane. — 8. Noyau.
A sa partie antérieure l'enveloppe se recourbe et se termine par une ouverture ronde, dont le plan coupe le col en biais et se trouve à peu près parallèle à la face ventrale.
Cette bouche est munie d'une collerette qui se détache brusquement du tube buccal, et presque perpendiculairement à lui. Elle est large, parfaitement hyaline, très délicate, et disparaît très vite sur les coquilles mortes. En l'examinant attentivement, on la trouve striée de lignes droites qui la traversent perpendiculairement à ses bords, c'est-à-dire figurent des rayons de cercle. L'acide sulfurique dissout immédiatement cette collerette, tandis que, même bouillant, il ne fait que blanchir la coquille dans son ensemble.
Le plasma, gris, généralement plein de nourriture, renferme souvent de gros corps brillants (Glanzkorper), irais, presque toujours, de très petits globules bruns et lisses (Phéosomes), extrêmement résistants à l'effet de réactifs chimiques, et caractéristiques de toutes les espèces des genres Cowpascus et Cyphoderia. Connne c'est dans ce dernier genre que je les ai le mieux étudiés, j'en parlerai plus tard avec détails.
Le plasma renferme encore presque toujours, près du noyau, des corps cristalloïdes brillants, parfois de forme vaguement bicuspide, pi-oduits de désassimilation sans doute de même nature que les cristaux dont nous traiterons à propos de la Cyphoderia. Enfin l'on remarque souvent en nombre considérable des éléments de réserve siliceux ou grains de rechange pour la confection de nouvelles coques.
Le noyau est rond, grisâtre, poussiéreux et l'enferme des nucléoles en nombre variable, généralement très petits.
Les pseudoi)odes sont filiformes, longs et très fins, droits et diminuant d'épaisseur de la base au sonniiet, mais sans atteindre en général à la ténuité des pseudopodes des Euglypha. Parfois ils perdent leur rigidité, deviennent un peu plus épais, ou même près de la bouche s'étalent en spatule ; ce sont alors là des phénomènes anormaux.
La taille dans cette espèce varie le plus généralement entre 90 et 120 fx..
Le Campascus triqueter semble particulier au fond des grands lacs ; on le trouve fréquemment dans les environs de Genève, à 20, 30, 40 mètres de profondeur. Je ne l'ai pas observé sur les rivages; par contre j'en ai rencontré un exemplaire, sous la forme d'une coquille vide, dans la fontaine du monument Brunswick, alimentée par l'eau du lac.
Cette espèce s'est trouvée également dans les lacs de Neuchâtel, de Zurich, de Lucerne, de Thoune et de Constance.
GENRE CAMl'ASCUS -469
Campascus mlnutus Penard (89).
Coque plus claire, plus lisse et beaucoup plus petite que chez le Campascus triqueter, formée de toutes petites écailles, de 2ioi en moyenne, se touchant les unes les autres, noyées dans un ciment jaunâtre, et très diiliciles à distinguer. La forme est encore celle d'une cornue ou bouteille à goulot recourbé. Le fond est parfois rond, ou bosselé, plus souvent très légèrement repoussé en son milieu comme pour un commencement d'invagination. La coupe transversale, prise dans le milieu de la coquille, n'est toujours que très vaguement triangulaire, les angles étant arrondis et les faces ventrale et latérale arquées également (fig. 3).
La face dorsale se continue en une seule ligne courbe sur toute la- longueur de la coque, décrivant un arc plus tendu en approchant de la bouche, et la face ventrale se creuse à la naissance du col d'une voussure qui fait avec la direction de ce dernier un angle plus ou moins ouvert. Bouche ronde, à plan à peu près, mais pas tout à fait, ventral, entourée d'une collerette hyaline analogue à celle du Campascus triqueter, mais plus petite et plus délicate.
Cette espèce est assez fréquente, mais passe facilement inaperçue. Je l'avais d'abord considérée comme une variété de la précédente, mais l'absence de transitions entre ces deux formes, ainsi que certaines différences peu marquées sans doute, mais constantes, en font certainement un type spécifique à part. La teinte est plus claire, la coque plus lisse, la coupe transversale plutôt arrondie que triangulaire, la taille toujours bien moindre que celle du Campascus triqueter. La face inférieure du col, lequel est généralement rond et cylindrique, fait un angle rentrant plus prononcé avec la face ventrale de l'enveloppe. Mais ce caractère, quoique très habituel, n'est pas propre à tous les individus ; souvent on n'y trouve qu'une courbure rentrante moins profonde. En sonnne, la coquille se rapproche beaucoup plus que dans l'espèce précédente de la Cyphoderia margaritacea, mais sans avoir avec elle d'autres rapports que ceux qui lient les deux genres Campascus et Cyphoderia en une parenté indiscutable.
Le plasma ne se distingue pas de celui du Campascus triqueter, mais tout y est plus
ï^AUNE RHIZOPODIQUE DU BASSIN DU LÉMAN
Campascus minutus. ■ fond de la coque.