ANNOTATIONS
Note 1. HfiCOLTE. ÊTUDF]
La récolte des Rhizopodes n'offre en général aucune difficulté spéciale, et les moyens les plus simples pour se les procurer sont encore les meilleurs. Quelques tubes ou éprouvettes de verre, un chiffon pour entourer ces tubes, et que l'on fera bien d'humecter après la pêche, constituent un appareil suffisant, et facilement transportable. Lorsque le fossé, l'étang ou le marécage a quelque profondeur, il suffit la plupart du temps d'attacher im des tubes à l'extrémité d'une canne, ou d'une baguette empruntée au buisson le plus voisin, l'ouverture du tube étant naturellement dirigée vers le haut. On fera toujours bien de ne récolter que le limon de la surface, revêtu le plus souvent d'un feutrage de particules végétales en décomposition. Dans la boue noire plus profonde, on ne trouve en général que très peu de chose ; cependant certaines espèces peuvent s'y récolter également, et en particulier la FeJoiiii/.rapahisfris. qui semble affectiomier tout particulièrement cette boue noire.
Les Rhizopodes aiment également pour la plupart à grimper sur les plantes aquatiques; aussi les Renoncules d'eau, les Mijriopliylhim, etc., fournissent-elles souvent des récoltes abondantes. Il suffit alors d'envelopper ces plantes dans un linge mouillé, pour les agiter dans l'eau une fois de retour à la maison. Notons en passant qu'on aura toujours peu de chose à espérer des Characées; ces plantes encroûtées de carbonate de chaux sont négligées parles Rhizopodes qui, sans éviter d'une manière absolue le voisinage du calcaire, le fuient ijouitant autant (pie cela leur est ])ossil)le.
5S4 FAT'NE I^inZOPODIQT'E DI' TÎASSIX DT' T.KMAX
(^)ii;uit aux péclios effectuées dans les lacs (Vune certaine étendue, elles présentent un degré de complication qui va grandissant avec la profondeur, bien que là encore elles ne nécessitent pas d'appareils très compliqués. Pour récolter les organismes qui passent leur vie au sein du feutre organiipie brunâtre, par des fonds de 20, 40, fiO, et jusqu'à ]()(» mètres, je me sers d'un traîneau de pécheur, muni d'une ficelle mince et solide, à laquelle est attaché un récipient de fer-blanc, en forme de l)Oîte allongée. En avant du récipient, et à deux mètres environ de cet appareil, se trouve un poids de 200 à 300 grannnes, destiné à traîner sur le fond, et à permettre par là à la boîte de rester couchée sur la vase '. Le tout est alors traîné tirs Irntrment pendant quelques minutes, et lorsqu'on a remonté l'appareil avec i)récaution. on trouve au fond du l'écipient. pas toujours il est vrai, mais deux fois sur trois en moyenne, une jietite quantité de vase (ju'on n'a plus qu'à transporter dans des éprouvettes.
Pour des profondeurs plus grandes, les difficultés sont beaucoup plus considérables ; cependant en agissant d'après le même système, mais avec une ficelle très solide, enroulée sur une bobine, et un poids plus fort (1 kilog. environ), j'ai réussi à ramener, en quantité très minime il est vrai, de la vase d'un fond de 300 mètres, au large d'Ouchy.
Ce procédé paraît défectueux en ce sens qu'on pourrait, en le suivant, s'exposer à envisager connue habitants de la ])rofondeur des organismes recueillis au retour par le récipient ouvert. ]Mais il faut remarquer qu'avec une boîte allongée et fermée en arrière la quantité d'organismes recueillis en pleine eau est pratiquement nulle. Ainsi, tandis que le lac de Genève est toute l'année si bien rempli des organismes qui constituent le plankton, qu'une seule pêche opérée entre deux eaux, et avec le filet fin, amène ces organismes par dizaines de mille, sur 300 pèches avec le cylindre métallique fermé, c'est à peine si de temps à autre j'ai constaté la présence d'un petit Crustacé ou d'un Péridinien.
Il n'en est pas moins vrai que pour des recherches sur le plankton en général, ce système n'offrirait pas des garanties absolument rigoureuses ; mais pour les Rhizopodes il en est autrement. Ces animaux sont des organismes de fond ; ils rampent sur la boue,
' Il ser.iit prérôralilc peut-être, d'attiiclicr au fo;i(l de la hoitc un second poids qui Irainci'ait à un ou deu.v mètres en arrière, car il arrive fréquemment que le récipient, s'il vient à rencontrer un petit caillou, se relève et vide sur la vase du fond le contenu qu'il peut avoir déjà emmagasiné, et oc poids tendu en
arrière lui ('onservcrnit pnilialilemeni sa position.
et ne se trouvent, au moins dans les lacs étendus et d'une certaine profondeur, ni entre deux eaux ni à la surface. M. le Prof Yung a bien voulu me conlier les flacons renfei-mant le plankton qu'il a recueilli sur de nombreux points du lac, et sur bien des milliers de Rotifères, de Crustacés, de Péridiniacées, que j'ai pu voir, une seule fois j'y ai rencontré une coquille vide d'Arcella. Il y a trois ans, les pêches pélagiques que j'avais effectuées moi-même comme contrôle, ne m'avaient pas montré un seul Rhizopode ; cette année j'ai rencontré une Arcella, seule et unique, et une Nebéla, unique aussi, et la présence de ces deux individus isolés est suffisamment explicable par le cours d'un ruisseau, ou par un coup de vent, qui de temps à autre doivent nécessairement en amener \
Une fois la récolte rapportée à la maison, il est bon de la transférer dans des bocaux plus spacieux que les éprouvettes ordinaires, et, dans la plupart des cas, très avantageux également de la débaiTasser des gros éléments, pierres, fibres ou feuilles, mollusques, vers, qui s'y trouvent, et dont les derniers corrompent très vite l'eau par leur respiration ou leurs déjections. Pour cela on peut recommander un tamis métallique très fin, à mailles de 6 à 7 dixièmes de millimètre d'ouverture; ces mailles laissent passer les plus gros Rhizopodes, sauf peut-être la seule Pelomyxa jjaJustris quand elle est de forte taille. R est bon cependant, avant de se défaire du résidu laissé sur le tamis, de le mettre dans un bocal, et de consacrer quelques instants à son examen.
En règle générale, on ne doit pas négliger d'examiner la récolte de suite après son transfert dans le bocal; certaines espèces sont plus délicates que d'autres et ne se retrouvent parfois plus après 24 heures, au moins à l'état normal et bien portant. Cependant ces espèces sont très peu nombreuses, et le plus souvent c'est au contraire après un repos de deux ou trois jours que les animaux se trouvent le plus nombreux ; ils sont arrivés alors à la surface de la boue, en même temps que les végétaux microscopiques de toute sorte, diatomées, desmidiées, etc., etc., qui y forment une sorte de feutrage bien plus productif que les couches plus profondes du limon.
' Il existe cependant un Uliizopode, la Dijjbtgin hijdroatatka. qui normalement est pélagique: mais chose curieuse, cette espèce, que l'on trouve dans la plupart des lacs suisses, parait absente du lac de Genève, bien qu'elle y soit représentée probablement par une variété pierreuse et non flottante. Quant aux Héliozoaires, ils peuvent être pélagiques, et certaines espèces (Acnnthocyslis spinifern surtout) se trouvent parfois dans le plankton.
Un excellent nioj'en de se procurer des individus pour ainsi dire triés et en eau pure, c'est de mettre une partie de la récolte dans un large tube cylindrique rempli d'eau presque jusqu'à son sommet, puis d'attendre un jour ou plusieurs. En effet, tout se dépose bien vite au fond, et l'eau devient claire, puis plus tard un grand nombre d'organismes se mettent à grimper le long des parois du verre, parfois jusqu'en haut. En décantant alors avec précaution dans un autre récipient, tout en imprimant au tube, en même temps que l'eau en sort, un mouvement de rotation, puis en s'arrêtant au moment oii la vase du fond est sur le point d'arriver à son tour à l'orifice du tube, on peut obtenir des résultats très satisfaisants, qui dispensent de longues pertes de temps.
Blochmann (7) recommande de laisser la récolte dans l'eau même de l'étang où cette récolte a été effectuée, et cette reconnnandation est sans doute bonne à suivre dans son principe ; mais ce procédé, outre qu'il amène souvent de grandes complications pour le transport de l'eau, ne m'a jamais paru correspondre à une nécessité l'éelle. En tout cas à Genève, où l'eau potable est tirée directement du lac, cette eau m'a i)aru convenir à tous les Rhizopodes auxquels elle a été présentée.
Quant à l'étude des individus, chacun la fait à sa manière, et trouve de lui-même les moyens qui lui conviennent le mieux. Cependant il ne sera pas inutile de présenter quelques considérations sur ce sujet.
En premier lieu il est fortement à recommander, dans la plupart des cas au moins, d'isoler l'animal de son entourage, et de l'examiner seul sous la lamelle, et dans de l'eau pure. De cette manière il se montrera plus clairement, et laissera bien mieux apercevoir les détails de son organisation ; puis on n'aura pas à craindre de le voir disparaître sous des débris d'où il ne sortira plus, et enfin on pourra en toute sûreté se livrer à des expériences soit d'écrasement, soit de coloration, qui souvent sont d'une très grande importance. C'est ainsi que pour l'étude du noyau, indispensable en systématique, et souvent d'un grand intérêt physiologique, l'isolement de l'animal est dans la plupart des cas une condition sine qua non de succès.
Pour les grandes espèces, l'isolement n'est pas difficile, mais pour les formes plus petites, il n'en est pas de même. Voici comment je m'y prends habituellement : supposons une petite Difflugie se trouvant dans le cham]) de vue, sous le microscope, mais entourée elle-même de toutes sortes de débris : pour l'isoler, et tout en gardant l'œil au microscope.
j'ajoute lentement, à gauche et à droite du couvre-objet, une goutte d'eau, suffisante pour que ce couvre-objet soit tout entier porté par l'eau et puisse glisser facilement, mais pas assez abondante pour que plus tard, dans l'opération qui va suivre, cette eau s'écoule en emportant ranimai. A ce moment, avec une aiguille recourbée, je pousse le cover sur le côté, jusqu'à ce que son bord ne se trouve plus qu'à une faible distance de l'animal; puis je note la position exacte de la Diiiiugie, par rapport, soit au bord du couvre-objet, soit à d'autres éléments ; par exemple l'animal se verra au sommet d'un triangle dont l'un des angles sera représenté par le bord du couvre-objet, un autre angle par un petit Rotifère mort, etc. Alors, avec beaucoup de précautions, je transporte la lamelle du microscope à la loupe montée, et sous la loupe, malgré le grossissement plus faible, et grâce aux points de repère, je retrouve ma Dittiugie. Sans la quitter de vue, je repousse complètement de coté le couvreobjet, et la Difflugie est en eau libre ; avec un coin de mouchoir fin soutenu par le manche de mon aiguille montée, j'enlève autant que possible toutes les impuretés qui se trouvent sur l'un des côtés, par exemple à droite de la DitHugie ; puis, la lamelle une fois propre, je mets sur la région nettoyée une très petite goutte d'eau pure. Avec la pohitede mon aiguille je pousse alors peu à peu la Difflugia à droite vers la goutte pure, en prenant soin que l'individu lui-même soit toujours accompagné d'un peu d'eau ; puis finalement l'animal est i)oussé dans l'intérieur de la goutte, laquelle n'est reliée à la masse inutile que par le petit canal ou chemin tracé par la Difiîugie. Avec le mouchoir j'enlève toute cette masse inutile, j'ajoute une goutte d'eau pure et un couvre-objet, et ma Difflugie isolée est prête pour l'observation. L'étude de l'animal vivant est toujours la plus intéressante, en même temps que la plus fructueuse ; mais il est des cas cependant où les observations gagnent beaucoup à être complétées par une étude dans le baume du Canada. Dans la plupart des Rhizopodes testacés, c'est la coquille qui donne les renseignements les plus positifs pour la systématique, et parmi ces renseignements, on peut attacher une grande importance à ceux qui sont fournis par la structure et la forme de la bouche ; or, pour bien voir la bouche, il faut pouvoir considérer l'animal sous toutes ses faces, et surtout dressé sur lui-même, l'orifice buccal tourné vers l'observateur. Dans l'eau cette observation est très difficile, la coquille retombant toujours bien vite sur le côté; dans le baume, en poussant légèrement d'un côté ou d'un autre le couvre-objet, on domie le plus facilement du monde à la coquille la position que l'on désire, et si le baume n'est pas trop liquide, l'exemplaire reste long-
temps dans la même orientation. C'est grâce à cet examen par la face orale que Rhumbler a trouvé la bandelette interne caractéristique qui lui a permis de créer le genre Pontigu- Imia, et cet examen dans le baume m'a été également de la plus grande utilité pour les genres Pontif/ulasia, Cucurbitella, LecquereHsiu, Centrftpyxis, et bien d'autres encore. D'autres fois le baume, grâce à son indice de réfraction rapproché de celui du quartz et bien plus éloigné de celui de la chitine, fait apparaître nettement certains détails qu'on ne voyait pas, cachés par les particules siliceuses de revêtement. Mais il est des cas, assez nombreux et qui par exemple concernent toutes les Difflugies pierreuses, où le baume n'est pas à recommander, par la raison même ([u'il fait disparaître la netteté des contours sur des éléments siliceux. C'est pour cela qu'il serait par exemple à peu près impossible de baser une classification du genre Diffl/H/ia sur une collection de préparations microscopiques.
Ces considérations m'amènent à dire quelques mots de ces préparations: Pour mon compte, je ne saurais qu'engager à accompagner tout travail systématique d'une collection d'échantillons; ces derniers pourront être utiles à un moment ou à un autre, soit pour confirmer ou infirmer, à une époque quelconque, la valeur d'une observation déjà ancienne, soit pour permettre, comme il a été dit plus haut, l'examen de certains détails qui ressoi'tent mieux dans le baume.
Comme, chez les Rhizopodes, et grâce à la taille minime de ces organismes, la préparation de ces animaux pour le microscope présente certaines difficultés, je décrirai avec quelques détails le procédé que j'ai habituellement suivi. Ce procédé n'est probablement pas le meilleur, mais il a l'avantage de la simplicité, et m'a permis en tout cas de préparer des Amibes, des Difflugies, etc., avec leurs pseudopodes étendus, aussi nets que tous ceux que j'ai pu voir ailleurs.
Prenons par exemple une Difflugie: il s'agira d'abord de l'isoler, soit par le moyen nidiqué plus haut, soit en la prenant simplement avec la pipette, du milieu des débris, et sous la loupe montée. Il est assez important alors, surtout pour les petites espèces, de ne jamais relâcher complètement le caoutchouc qui surmonte la pipette, car dans ce cas il se produit un choc qui peut porter la Diffhigiu très loin dans l'intérieur, jusqu'au niveau où l'eau est relevée par capillarité le long du tube, et souvent alors l'animal reste à l'intérieur collé au verre, et ne se retrouve plus.
Après avoir de cette manière transporté la Dittlugie dans un verre de montre plein d'eau pure, je retire peu à peu cette eau, avec les impuretés qui ont pu s'y introduire, et de manière à ne plus laisseï' autour de l'animal qu'une goutte juste suffisante pour lui permettre de se mouvoir à l'aise. J'attends alors un instant, jusqu'au momentoù je vois, sous la loupe, que la Difflugkt a ses pseudopodes étalés, et, brusquement, je noie le tout dans un flot d'alcool absolu. Il arrive alors, assez souvent, que l'animal n'a pas eu le temps de retirer ses pseudopodes, qui, sui-pris par l'alcool, restent plus ou moins déployés. Enlevant une bonne partie de l'alcool, je procède à la coloration, au moyen du carmin au borax, qui m'a donné les meilleurs résultats. A cet égard, je ferai remarquer qu'il est préférable de ne pas pousser la coloration trop loin; dans ce dernier cas en ettèt, le noyau se voit plus tard connue une simple tache ronde, foncée, sur le fond du cytoplasme lui-même trop fortement coloré, tandis que si l'on s'arrête à temps, on peut obtenir des noyaux où chaque nucléole, foncé, se voit bien distinct du suc nucléaire rosé ; le noyau se détache franchement du cytoplasma incolore et l'ectosarc avec ses pseudopodes se teint d'une nuance rose très délicate.
Après coloration, je remplace le carmin par de l'eau pure, soit en faisant subir à ma Difflugia différents transvasages à la pipette, soit, si j'ai peur de la perdre, en enlevant le liquide autour d'elle pour le remplacer plusieurs fois par de l'eau, jusqu'à ce que finalement l'individu se trouve dans une eau tout à fait pure. J'enlève alors une dernière fois le liquide, que je remplace par de l'alcool absolu, pour remplacer ce dernier lui-mêuie par de l'essence de girofle, luais sans jamais permettre à la Diffl/u/ia d'être, au courant de ces manipulations, un seul instant à sec. De l'essence, il ne reste plus qu'à transporter la Difflugia sur la lamelle, au moyen d'une pipette propre, puis à enlever autant que possible l'essence de girofle qui l'entoure, et à la recouvi'ir d'une goutte de baume et d'un couvre-objet.
Il est inutile d'ajouter qu'au lieu d'un seul individu, on peut en préparer de cette manière toute une série à la fois; mais le travail est alors plus compliqué, et on est presque sûr que quelques-uns des individus se perdront en route.
Dans certains cas, on trouve avantage à colorer à la fois un grand nombre d'individus, en mettant dans une large éprouvette une portion de la récolte non triée, puis, quand tout est bien reposé, en enlevant presque toute l'eau. Après avoir attendu un
instant, on verse alors brusquement dans l'éprouvette un flot d'alcool, que l'on remplace ensuite par du carmin, etc., etc. Par ce moyen et en cherchant dans le résidu, on trouve souvent un grand nombre d'exemplaires qui donneront lieu à une manutention moins longue. Les résultats obtenus de la sorte sont parfois très satisfaisants.
La préparation d'espèces très petites est plus difficile; presque toujours, d'après la méthode telle qu'elle vient d'être indiquée, les individus se perdent au cours de la manipulation. Mais on obtient des résultats beaucoup plus sûrs en faisant subir à l'individu toutes les réactions sur la lamelle même destinée à la préparation. Après avoir isolé l'animal, suivant le procédé décrit plus haut, dans une gouttelette d'eau aussi petite que possible, on remplace cette eau par de l'alcool, du carmin, puis on lave de nouveau, et l'on remplace enfin l'eau par l'alcool, l'essence et le baume, tout cela sur une seule et même lamelle.
Note 2. ESPÈCE
La classification n'est pas la science, mais elle n'en constitue pas moins un élément absolument indispensable de toute connaissance scientifique. De même que toute grande bibliothèque, pour pouvoir rendre des services réels, exige une distribution aussi parfaite que possible des volumes qui la composent, de même toute étude biologique est fortement compromise si les différents types ne sont pas séparés les uns des autres d'une manière assez nette pour que l'on sache à chaque instant à quel organisme on a affaire.
La base de toute classification est fondée sur l'espèce, qui seule représente une réalité. Or il n'existe probablement, dans toute la série zoologique, pas de groupe où la distinction spécifique soit aussi difficile à déterminer que chez les Rhizopodes; beaucoup de ces animaux sont nus, et changent de forme d'un instant à l'autre ; parmi les testacés, un grand nombre de formes sont difficiles à préciser, ou semblent, sur un examen superficiel, passer continuellement des unes aux autres.
C'est pourquoi bien des auteurs, actuellement encore, sont portés à n'accorder qu'une confiance très limitée aux différents essais de spécification qui ont été faits jusqu'à présent. Cependant, après une période de scepticisme, pendant laquelle on prêtait délibé-