‹ Faust dans l'histoire et dans la légendeChapitre 20 sur 77 · Scheible, J)as Kloster, I. \, p · texte numérisé non relu

Scheible, J)as Kloster, I. \, p

i. \yidman nomme ; Itlénélas, Achilles. Hector. Priam, Alexandre, Pâtis), Ulysse. Agamemnon , Ajax.

étudiants sous la dent en guise de dessert'. Un peu plus tard, lors d’une promotion de maîtres de l’université, en présence des théologiens et des représentants du conseil, le discours vint à tomber sur Plaute et Térence, et quelqu’un déplora la perte de certaines comédies de ces deux auteurs. Faust alors offrit, avec la permission des théologiens et en l’absence de tout danger pour sa personne , de restituer ces comédies dans l’espace de quelques heures, de telle sorte qu’on pût les faire copier par les étudiants. Ni les théologiens ni les conseillers ne voulurent accepter la proposition.

Ici comme plus haut, nous pouvons regarderie récit comme une fable, ou y trouver le point de départ d’une conjecture. Le théâtre de Plaute, par exemple, est un des monuments antiques qui ont le plus exercé la critique des savants. Ses comédies ont été représentées encore au quinzième siècle. Aululaire, entre autres, resta fort longtemps au répertoire du moyen âge, et n’en possède- t-on pas une sorte de contrefaçon en prose (Querolus), mise elle-même en vers élégiaques, par un poète latin du douzième siècle, Vital de Blois? Codrus Urceus, professeur polonais du quinzième siècle, n’a-t'il pas, pour cette pièce, imaginé un cinquième acte, et Philippe Paré, un autre latiniste, donné à son tour un dénouement? Les anciens écrivains ont fait des citations

Weinhold (Historische Remarqueniiber Faust’s l.eben, 172Î, p. 12.1 plare iin récit semblable .'t Nuremberg.

de Piaule appartenant à des comédies que nous possédons, mais où elles ne se retrouvent pas dans les manuscrits; il existe aussi des passages cités sans indication des comédies auxquelles ils appartiennent, enfin nous possédons des fragments de trente-cinq comédies perdues dont nous connaissons le litre. Si les copies à la main , seul moyen de reproduction chez les anciens , favorisaient des supercheries littéraires, regardées surtout comme un hommage rendu au génie ou comme la preuve du talent de l’imitateur, la découverte de l’imprimerie ne les fit point cesser au quinzième siècle. Annius de Viterbe prétendait avoir découvert les textes originaux de Bérose, de Manéthon, de Mégasthène, etc.* Au seizième siècle, Sigonius prétendit avoir retrouvé le traité perdu de la Consolation par Cicéron, et son artifice trompa longtemps les critiques. Entre rajuster les débris d’une œuvre théâtrale et « restituer les comédies perdues d’un auteur» la distance est mesurable, et la phrase de la Chronique d’Erfurt reçoit une e.xplication. Quoi qu’il en soit, à la fin comme au début de ce chapitre, nous trouvons Faust peint sous les mêmes traits, ceux d’un humaniste. Trittheim nous le montre professant au gymnase de Kreuznach, la Chronique d’Erfurt le fait asseoir dans une chaire de l’université. La forme et la couleur de la narration n’importent pas et doivent être sacrifiées, mais le fond reste, il emporte

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