Ch. XV, Ch. XVI
cidé; il appelle deux fois la légende de Faust un roman magique: «Les preuves contre Agrippa se lisaient beaucoup plus à propos dans les romans magiques de Merlin, Maugis, et du docteur Faust, que dans les écrits sérieux et bien examinés, ou qui le devraient être, de plusieurs historiens.» — «Maintenant que le monde est hors de page et déniaisé plus que jamais :
Et pueri nasum rhinocerotis habent, les inventions sur les incubes ne sont pas jugées moins vaines et grossières que toutes les histoires comprises dans les romans magiques de Maugis d’Âigremont , du docteur Fausl ou de notre Merlin...»
Bans le Mascurat', Naudé appelle même Faust: homme imaginaire , chimère des Allemands; lui qui a composé {'Apologie pour prouver que Merlin, Virgile, Agrippa, Roger Bacon, etc., n’étaient point des magiciens, mais des sages ou des savants, il devait ajouter Faust à sa liste. La première légende de Faust parut à Francl'ort-sur-le-Mein , lors de la foire d’automne de 1587’, sous le titre de : «Histoire du docteur Jean Faust, célèbre enchanteur et magicien, où l’on voit comment il se donna par écrit au diable , de quelles bizarres aventures il fut le témoin, et quelles entreprises il tenta, jusqu’à ce qu 'enfin il reçût sa récompense bien méritée ; extraite en grande partie de ses propres
2. Cf. Catalog der Herbstmesse 1687, p. 44 (bei N. Bassævs'. Collectio librorvm a 1666 ad 1592 , III , 202.
manuscrits, puis rédigée et imprimée pour l’eflfroi et l’avertissement de tous les orgueilleux, curieux et impies. Jacobi IV' : Soyez soumis à Dieu, résistez au diable, et il s’éloignera de vous. Cum gratia et privilégia. Imprimé à Francfort -sur- le -Mein, par Jean Spies. MDLXXXVII.» Dans sa dédicace au greffier de Mayence, Caspar Kolln, et au receveur du comté de Kœnigstein, Jérôme Hoff, datée du 4 septembre, Spies s’exprime ainsi : < Comme depuis longtemps il court en Allemagne une légende considérable sur le docteur Jean Faust, le célèbre magicien, et que dans les festins et les sociétés on met souvent son histoire sur le tapis; comme, d’autre part, il est fait allusion à ses prestiges et à sa fin dans des historiens récents, je me suis étonné de voir que personne n’eût encore eu l’envie de rédiger l’histoire de cet enchanteur pour l’édification de toute la chrétienté, j’ai aussi demandé à des savants si cette histoire avait déjà été écrite, et je n’avais jamais reçu de réponse qui me tirât d’incertitude, quand un de mes bons amis de Spire m’envoya le récit que je désirais , avec prière de l’imprimer et de le publier comme un exemple de la tromperie du diable, du meurtre du coips et de l’âme, et comme un avertissement à tous les chrétiens.» — «Pour que personne, dit de son côté le rédacteur dans sa préface, ne fût tenté d’imiter le héros de notre histoire, on a négligé les formée conjtircUionum