‹ Faust dans l'histoire et dans la légendeChapitre 54 sur 77 · Altteutsche Volks- und Meisterlieder, 1817, p · texte numérisé non relu

Altteutsche Volks- und Meisterlieder, 1817, p

5. Anzeiger fur Kunde des deutschen Mittelalters , 1834, p. 266.

Nous ne sortirons pas du treizième siècle sans rapprocher de la

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Liber müitqrius a pour auteur GolefVied de Thienen. Revenons à Rutebeuf: «La chute et la pénitence de Théophile acceptées d’ailleurs et sanctifiées par l’Église, a dit M. Ch. Magnin dans le Journal des savants (août 4846), devaient tenter le génie de Rutebeuf, poète satirique, spirituel et joyeux enfant de Paris, ennemi des jacobins et des clercs, ami des écoles, champion intrépide et populaire de l’université dans son duel contre les ordres mendiants. Au ton libertin de certaines parties de la pièce, on peut être assuré que cet ouvrage fut composé pour un auditoire séculier et joué probable-

légende de Faust la Lutte poétique de la H' artbourg et les poèmes de Wolfram d’Eschenbach. Dans la Lutte de la IVartbourg paraît comme arbitre le savant Klingsor de Hongrie , qui commande au démon Nasian , et envoie ce démon questionner et tenter Wolfram pendant la nuit. Celui-ci refuse de lui répondre et le bannit par le signe de la croix. Le démon furieux retourne auprès de Klingsor et l’engage à déployer toutes ses ressources. Wolfram et Klingsor reprennent leur lutte dogmatique et leurs solutions d’énigmes , Woifram représente la foi, la simplicité; Kiingsor la science et l’artifice, la strophe devient plus rapide , les allusions au monde extérieur cessent, la terre disparait, et le ciel et l’enfer s’ouvrent aux regards. Grâce au Saint-Esprit, Wolfram sort vainqueur du combat, et la magie de la science est reconnue impuissante contre la simplicité de la foi. — Dans le Parzival de Wolfram, il y a un Chastel merceil, où Klingsor, «efeu de Virgile de Naples, tient des dames renfermées. «Klingsor, dit à ce propos M. Bergmann (Sur U origine des romans du Saint- Graal, 1842), est devenu le type du nécromant dans la poésie allemande du moyen âge, comme l’encbanteur Merlin l’était chez les Bretons et Virgile de Naples chez les Italiens et les Espagnols. Mais les Allemands ont modifié ce type à leur manière après l’avoir reçu de l’Italie inférieure ou de la Sicile , qui était la patrie de Klingsor ; car il n’y a pas de doute , Klingsor était dans l’origine un personnage historique comme l’ont été Merdhin le Gallois en Bretagne, Virgile de Mantoue en Italie, et le docteur Faust en Allemagne. »

ment par une troupe d’étudiants peu rigoristes.» M. Jubinal n’est pas de cet avis. Sans décider la question, nous allons donner l’analyse du Miracle de Théophile, telle qu’elle existe dans une pièce de Rutebeuf lui-même, dans Y Ave Maria :

Ave, roïne coronée ,

Com de bonne heure tu fus née Qui Dieu portas !

Theophilus réconfortas ,

Quand sa chartre lui rapportas Que l'enncmis

Qui de mal faire est entremis Pensa avoir laissé et mis En sa prison.

Blaria , si com nous lisons ,

Tu lui envoya guérison De son malage,

Qui déguerpit Dieu et s’image ,

Et si lit au diable hommage Par sa folor ;

Et puis lui lit à sa dolor Du vermeil sang de sa color Tel chartre écrire Qui devisa tout son martjTe ,

El puis après lui fallut dire;

Par estavoir :

« Par cet écrit fait asavoir Theophilus eut , par avoir,

Dieu renoié. »

Tant l’eut diable dévoié Que il était tout marvoiô Par despérance ;

Et quand lui vint en remcmbrancc De vous , Dame plaisant et franche ,

Sans demeurer ,

Devant vous s’en alla orer,

De cœur commença à plorer Et larmoyer.

Vous l’en rendîtes tel loyer,

Quand de cœur l'oïtes proier Que vous allâtes ,

D’enfer sa chartre rapportâtes ,

De l’ennemi le délivrâtes.. . .«

Le héros du Miracle de Rutebeuf est un personnage révolté contre les cieux, qui, séduit par un magicien et avide de jouir, vend son âme au diable et doit enfin son salut à la grâce de la mère de Dieu. Théophile symbolise l’idée catholique. Faust, au contraire, est un magicien pour son compte, en qui se résument des traditions antérieures, un sorcier qui déploie sa science devant les plus illustres compagnies, et comme il foule un sol protestant où ne marche pas la mère de Dieu, la libératrice, il est emporté par le diable impitoyablement.

Nous nous sommes occupé d’un saint martyr, puis d’un grand-vicaire, il s’agit maintenant d’un pape. Gerbert naquit en Auvergne, d’une famille obscure. Dès sa plus tendre jeunesse il embrassa la vie monastique. Après avoir terminé ses premières études, le désir de s’avancer dans les sciences le porta â solliciter la permission de les aller étudier en divers pays. Il parcourut 1a Catalogne et le Roussillon, peut-être alla-t-il jusqu’à Séville et à Cordoue pour faire de nouvelles découvertes auprès des Arabes qui y dominaient*. Ce qu’il y a de

1. Dans la première partie d’une Étude sur Gerhert, lue à l’Académie des Inscripiions le i'ô oclobre 1861, M. Olleris, doyen de la Fa-

certain, c’est qu’il acquit tant de connaissances en philosophie et en mathématiques, qu’il passa pour un prodige et un magicien.

Vers 968, Borel, comte de Barcelone, prit Gerbert avec lui à Rome. Ce fut pour celui-ci un moyen d’acquérir de nouvelles connaissances. Bientôt il attira l’attention de l'empereur Othon qui lui donna l’abbaye de Bobbio. Une des principales occupations du nouvel abbé fut d’enseigner les belles-lettres. Cependant les peines qu’il eut à souffrir de la part des seigneurs voisins, le firent se retirer en Germanie à la cour de l’empereur, où il enseigna le jeune Othon II. En 991 il fut élu archevêque de Reims. Ayant été privé ensuite de son siège, il se rendit auprès d’Othon II qui gardait pour lui un tendre attachement et le combla de ses grâces. Bientôt il devint archevêque de Ravenne et enfin pape, sous le nom de Sylvestre II, en 999. Se voyant ainsi placé sur le siège de Rome, après avoir été archevêque de deux villes dont le nom commence par R, il fit en se jouant ce vers:

Scandit ab R. Gerbertus in R. post papa regens R.

Il mourut en 1003*. Il avait compté parmi ses disciples Othon II, Othon III, Robert le Pieux, des prêtres

culté des lettres de Clermont , s’est attaché à montrer que dans ses voyages en Espagne, Gerbert avait visité surtout l’Espagne romaine et suivi la tradition classique. M. Olleris fait, aussi, peu de jas des connaissances de Gerbert en mathématiques.

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