‹ Faust dans l'histoire et dans la légendeChapitre 56 sur 77 · Voy. Bzovius. Vit. Silv. U · texte numérisé non relu

Voy. Bzovius. Vit. Silv. U

9. Apol. XIX. L’ouvrage le plus intéressant de Gerbert est le recueil de ses Lettres. Il y en a une à Widerold, évêque de Strasbourg,

n’eut pas plustost acquis toutes ses grandes dignités ecclésiastiques par la faveur de deux rois de France et trois empereurs, auxquels il avait rendu de bons et louables services , que par le moyen et l’induction du diable, qui n’a jamais eu le crédit de soulager d’une seule maille la gueuserie et la pauvreté manifeste de tous les magiciens, comme Delrio, Bodin, Majole,Remy et tous les autheurs avouent qu’il ne lui est pas permis de le faire par une spéciale providence de Dieu, lequel s’est réservé la puissance d’enrichir les hommes et de distribuer les grâces et récompenses.... Il n’y a aussi non plus déraison à ce qu’on ajoute que, lui ayant été répondu par le diable qu’il ne mourrait point jusqu’à ce qu’il eut célébré la messe en Ilierusalem, il fut grandement surpris et averti quant et quant de sa mort prochaine, lorsqu’il la célébra sans y songer en l’église de Sainte-Croix en Ilierusalem, qui est à Rome, comme s’il eut ignoré qu’il y avait un temple au lieu où il résidait nommé de telle façon ou qu’il ne se fut souvenu de l’ambiguité des oracles et eut voulu chanter la messe en un endroit qui lui était incogncu. Mais ce que l’on dit de sa catastrophe est encore beaucoup plus fade et ridicule, au moins si nous voulons croire que, comme disent Martinus Polonus et Platine, il recogneut sa faute publiquement et qu’après avoir donné des signes

où il se montre partisan des idées gallicanes. Cf. P. Varin ; De quo dam Gerberti opusculo, etc. 1859.

asseurés d’une sincère et entière repentance, il commit de rechef une chose grandement superstitieuse, ordonnant que son corps serait mis après sa mort sur un chariottraîné par des bœufs* sans conduite et à l’aventure, pour être enterré au lieu où ils s’arrêteraient, ce qu’ils firent devant l’église de Latran.»

M. Mone a découvert à la bibliothèque de Heidelberg, fonds de Salmonsweiler*, 257, et publié un poème latin de 47 vers, du commencement du treizième siècle, qui montre Gerbert concluant un pacte avec le diable. L’ouvrage semble inachevé :

Ortus Rcmensis præclaris mœnibus urbis,

Jllic Gerbertus libris dalur erudiendus;

Discere non potuit et ob hoc trepidando refupit.

Ut xilvas iniit, Satanas huic obcins ivü:

« Quid, Gerberte, fugis?vel quo tam concile vadis?>^

— « Discere non possum, dixit, fugioque magistrum. »

— « Hcus! ait ille, mihi si vis tantummodo subdi,

Ne quis Gerberto sil doctior en ego faxo. »

Annuit his ille, secum subit abdita silvæ,

Sedulo quem docuit, cimclis præcellere fecit.

Silvas linquentem posl hæc scolas repetentem

1. Les animaux-guides paraissent déjà dans l’antiquité païenne. Un corbeau guida l’établissement de Battus à Cyrène. Les Irpini étaient ainsi appelés de Virpus ou du loup qui les avait guidés. Les corbeaux d’Odinn, Huginn (Penser) et Muninn (Désir), sont des messagersespions qui chaque soir rapportent à ce dieu de la guerre, quels combats se préparent pour le lendemain. Les bœufs de Silvestre II se retrouvent dans la légende de saint Émeran (Panzer, Beitrag zur deutsch. MythoL, I, 220) et dans celle de saint Sebald (Schôppner, Sagenbuc/i der baier. Lande, I, <32). Us sont remplacés par un âne dans la légende de saint Adelphe.

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