‹ Faust dans l'histoire et dans la légendeChapitre 60 sur 77 · Liv. VIII, ch. II · texte numérisé non relu

Liv. VIII, ch. II

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gneurs normands, qui lui étaient attachés en apparence comme à leur futur seigneur, mais en réalité par l’attrait de la nouveauté. Il désolait la Normandie et particulièrement sa frontière, par ses excursions et ses rapines. B

Ordéric Vital le fait se réfugier à Gerberoi, sur la lisière de la Normandie. «Là, dit-il', il rassembla des chevalier.s d’élite et force barons de France.... Aussi s’ensuivit-il des maux infinis. Les fils de la perdition prévalurent, par la ruse ou la violence, contre les innocents et les hommes désarmés; ils machinèrent méchamment d’innombrables iniquités. » Robert Courteheuse a quitté la Normandie et entrepris le voyage de la Terre- Sainte. A son retour il s’est arrêté en Italie et a épousé une princesse italienne: trait de ressemblance significatif avec le héros du roman. Mathilde sa mère s’interposa entre un fds et un mari ; elle habitait quelquefois le château d’Arques, depuis que Guillaume en avait chassé son châtelain félon. Enfin dansla Tour deLondres, une tour portait encore au seizième siècle le nom de

1. Lit. V. Dans son Histoire des livres populaires, M. CK. Nisard parle du Roman de Robert en prose et fait ces réflexions : « Serait-ce qu’on se flatte de rencontrer dans les contes en vers ou en prose du moyen ége des lumières pour l’intelligence ou le redressement de quelques points historiques demeurés obscurs? . . . Quelques jeunes gens seulement y ont trouvé matière à des thèses brillantes et y ont acquis, avec des emplois, la réputation d’érudits. » Nous ignorons si notre travail nous acquerra un emploi et la réputation d’crudit , mais nous savons que nous ne l’eussions pas entrepris , si nous D’avions espéré y voir l’instruction mêlée à l’agrément.

Robei'l le Diable'. Or Robert traîna les vingt-sept dernières années de sa vie dans les prisons des cbàteanx d’Angleterre. Il y a entre Robert le Diable et Faust la différence qui existe entre l’homme d’action et le lettré mélancolique et songeart, comme dit Gabriel Naudé, la différence qui existe entre le caractère français et le caractère allemand.

La légende de Robert a reçu un nouveau lustre d’un opéra que tout le monde connaît’ et dont un compositeur allemand a fait une figuration solennelle de l’homme entre l’ange et l’esprit du mal. Le poëme, qui vaut bien ceux de Quinaull, renferme le ressort du pacte diabolique :

O mon fils, 6 Robert, ô mon unique bien !

D'un seul mot va dépendre et ton sort et le mien !

Je t’ai trompé , je fus coupable ;

Tu sauras tout : avant minuit Si tu n’as pas signé ce pacte irrévocable Qui pour l’éternité tous les deux nous unit ,

Ce Dieu qui me poursuit, ce Dieu qui nous accable. Reprend sur toi tout son pouvoir. ’

Nous en avons fini avec les précurseurs de Faust*,

The History and ÂntiquUies vf the Tower of London^ by John Bayley.

2. Robert le Diable, opéra en cinq actes, de Scribe et Meyerbeer,

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