‹ Faust dans l'histoire et dans la légendeChapitre 61 sur 77 · Acte V, SC · texte numérisé non relu

Acte V, SC

4. Si quelqu’un s’étunnait de ne pas voir Merlin inentiunné dans ce chapitre, nous lui rappellerions que Merlin n’est pas en relations avec le diable, il ne praliipie pas la magie, il est principalement prophète et poète, sa puissance réside dans le chant et non dans l’emploi de formules cabalistiques. Voy. le livre de M. de la Villeniarqué.

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passons aux disciples. Le disciple immédiat, mf)is vulgaire de Faust, c’est Wagner, dont la Vie parut en aile- * mand en 1593, en anglais en 1594, en hollandais en 1607. Dans cet ouvrage, Auerhahn explique à Wagner comment Dieu a créé six mondes. Le premier est le mundus architypus, c’est là que se trouve la nature divine, la source de toute force et de toute lumière; le second est le mundus intellectualis où habitent les anges, les chérubins et les bienheureux. Puis vient le mundus cœlestis où sont les étoiles, les sphères et les planètes. Le mundus elementaris renferme l’eau, la terre, le feu, l’air, les matières, les salamandres, les plantes et les minéraux; le cinquième est notre petit monde, mundus microcosmus, et le sixième est l’enfer. Auerhahn apprend aussi à son protégé qu’il y a sept esprits infernaux. Le premier règne sur toutes les choses souterraines, le second est le démon de l’ambition, le troisième préside à la guerre, le quatrième est le maître des régions terrestres, le cinquième est en correspondance avec la planète Vénus, le sixième est le Mercure des anciens, le patron du commerce, le septième change les métaux en argent et gouverne les ondes. A ces enseignements se mêlent toutes sortes d’aventures qu’il est trop long de relater.

Un élève plus illustre que Wagner, c’est don Juan. Don Juan Tcnorio était le fils d’Alonzo Jofre Tenoi io',

4. Voy. Kahlert, Die Sage vom D. Juan, dans le journal le Freiha/en, 4841, l‘'triin.,p. 143. Quoique le don Juan de l’histoire

amiral au service du roi de Castille, Alphonse XI (1312-1350). Jofre avait été envoyé contre les Maures avec une flotte considérable. Bientôt Alphonse lui fit parvenir un renfort de six vaisseaux, mais avec l’observation que, si les infidèles lui échappaient, ce serait sa faute. Cette réflexion irrita l’amiral de telle sorte qu’il s’élança presque seul au-devant de l’ennemi et qu’après avoir perdu les deux jambes, il expira en combattant et en tenant son épée d’une main et son pavillon de l’autre. Il laissa, de sa femme Claire, plusieurs enfants. Alonzo Jofre, son fils aîné, fut nommé par Pierre le Justicier, fils d’Alphonse XI (1350-1369), alguazil de la porte de Visagra à Tolède. Garcia, frère d’Alonzo, se rangea sous la bannière du bâtard Henri deTranstamare; ayant été fait prisonnier, il fut livré à la vengeance du roi. Thérèse, sœur des précédents, habita à Séville un palais qui, des mains des Maures, avait passé dans celles des Tenorios et y était restée jusqu’en 1369, époque à laquelle le roi l’enleva à Thérèse « parce qu'elle avait mal parlé du roi. » Juan, le fils cadet de l’amiral, naquit à Séville, qui offrait alors les délices d’une autre Capoue. Il était le favori de son père et devint le compagnon de jeu du roi Pédro, en outre il était parent de Maria Padilla, maîtresse du roi. Pierre créa don Juan cheva-

apparlienne au quatorzième siècle , nous avons fait de ce personnage un disciple de Faust , parce que sa légende ne se développe qu’au dix-septième. Voyez d’ailleurs sur la sorcellerie espagnole au seizième siècle V Histoire du licencié Torralba.

lier de l’ordre de la Banda, créé par Alphonse VI', et le nomma son repostero ou grand-échanson, fonction dont le hidalgo dut s’acquitter avec zèle. Le grand- trésorier du roi était Lovi , un israélite riche et éclairé; tant que celui-ci put fournir aux folles dépenses des deux jeunes gens, il fut bien vu par eux; mais lorsque ses caisses ne regorgèrent plus au gré de leurs convoitises, il fut livré à une mort cruelle. L’histoire se tait sur la fin de don Juan. Selon Nissen’, la légende prendrait sa source dans un roman paru en Portugal : Vila et mors sceleralissmi principis Joannis. Ce prince serait le roi Alphonse VI, fils de don Juan dcBragance, on l’aurait gardé captif dans une tour près de Lisbonne, et les jésuites auraient fait croire au peuple que le diable l’avait emporté.

« En y regardant de près, dit avec plus de crédit M. Mérimée*, il est facile de distinguer deux don Juan: don Juan Tenorio, qui, comme chacun sait, a été emporté par une statue de pierre, et don Juan deMarana, dont la fin a été toute différente. On conte de la même manière la vie de l’un et de l’autre; le dénoûmcnl seul les distingue. Il y en a pour tous les goûts, comme dans les pièces de Ducis, qui finissent bien ou mal, suivant la sensibilité des lecteurs.... On montre aux étrangers

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