SCÈNE II
MÊPHISTOPBÉLÉS, SULPHURINE.
MEPHIATOPHÊLES.
Sulphurinc !.. pourquoi te sauves-tu ainsi?
MLPiC RINE.
Parce que lu me poursuis... Pourquoi me poursuis-tu?
UEPIUSTOPHÈLES.
Parce que je te trouve jolie.
SULPHURIHF..
Jolie! c’est la première fois qu’on me dit ce mot-là... on ne me l’a jamais adressé, ni depuis que je suis sur terre, ni làbas, dans noire monde.
MÉPRISTOPIIÉLÉS.
C’est que, là-bas, tu ne ressemblais guère à ce que tu es ici.
SLLPIIURINU.
Vraiment?..
NÉPHISTOniÉLÉS.
Je t’ai évoquée de notre empire, afin que tu vinsses animer le corps créé par ce Vagner. Je croyais que tu aurais l'aspect et l’enveloppe d’un monstre...
SULPHURINE.
Oui... Mais quelque simple, quelque niaisquesoit un homme, il y a toujours en lui une parcelle de l’essence divine, et ce qu’il a rêvé, ce qu’il enfante est encore un reflet du puissant maître. NÉPIIISTOPHELÉS.
C'est vrai!..
SULPHURINE.
Alors... décidément, je suis jolie?..
FAUST
rtrauTOMfeii.
Charmante! adorable!., et Ion aspect me réjouit; laisse-moi te regarder.
souttUMtte.
Cela me plaît, que tu me parles ainsi... parle-moi encore, parle.
MfrlIISTOFIlfcLftS.
Oui. oui, la voix .me charme et ton regard m’enivre, tout m’attire et me fascine en toi, à ce point que, d’elle- même, ma main presse la tienne, mon bras entoure ta taille, et mes lèvres Cherchent Us lèvres!., (il terebr*»*e Tout deux en mima terop» jettent un cri de douleur.)
ntiminiiii.
Ah! c'est un feu qui brûle I
SlkMI.STOFHKl.ftS.
C’est un poison qui déchire! Tout mon être a frémi de douleur!..
smmmmB.
Fous que nous sommes!., nous rêvions l’amour !
MéPHISTOPHÉlSS.
L'amour est un fruit divin !.. Dieu le réserve à scs créatures bénies... et le maître jaloux défend aux damnés de le cueillir.
SULPBURIHE.
C'est vrai, il nous a punis, l’on par l’autre, d'avoir pour un instant méconnu sa loi.
MÊPfUSTnrnci-ftS, k luI-mèmc.
Et il est le Tout-Puissant !.. et ii faut courber le front devant lui... Eh bien, que les hommes, à leur tour, se courbent devant nous... que le plus sage d'entre eux renie, aujourd’hui, son culte et sa foi.
stitpnuatKB.
Puis-je te seconder?..
MKPHlSTOPIIÉLfeS.
Oui. mais ce n’est pas toi que j’opposerai d’abord à ce vieillard.
silmiurihe.
Qui sera-ce donc T..
■ ÉPHISTOPHÔLftS.
Marguerite.
StlLFIUIRtNE.
Marguerite! la pureté, la candeur, l’innocence!*. NtPB&roraiLÊs.
Elle prendra mieux que toi l’âme du vieux sage... J’ai préparé l’esprit de la jeune fille... un songe que je lui ai envoyé a déjà fait battre son coeur.
tULMOMM.
Pour ce vieillard?..
NKPIltSTOPRÉl.ÉS.
Ou du moins pour ce qu’il était il y a bien des années. Qu’il l'apprenne de sa bouche, à elle, et nous verrons si maître Faust ne me demandera pas la jeunesse.