‹ Faust drame fantastique en cinq actes, quatorze tableauxChapitre 50 sur 96 · DAMNÉ · texte numérisé non relu

DAMNÉ

Figure-toi, Cnéia, que ce beau seigneur nous urrive d’un monde étrange, où le soleil est pâle; ceux qui l'hnbitenl manquent d’or, de parfums, de lumière et de fleurs... ce qu’ils appellent leur été serait notre hiver... et ils vivent si peu, que nos morts, à nous, sont plus vivants dans leurs tombes.

FAUST

C'est peut-être vrai, ce que tu dis là, ma belle railleuse.

Daphné.

Savent-ils aimer seulement?.. Aimer! (Elle hi.) Imagine un crépuscule de l à me, quelque chose de sombre et de maladif tout charge de terreurs et de remords... Mais ce feu , ce vrai fett qui ruisselait di s yeux d’Hé « ne ; cet amour qui fui le désespoir de l’Asie et l'enchantement do la Grèce... celte flamme qui, un instont, confondit dans un même incendie la terre et le ciel... les hommes et les dieux... (nommI f*uh.) ceux-là, Cnéib, ne la connaîtront jamais.

FAUST, ('mimant.

Tu crois?

DAPHNÉ

Ah!., si une étincelle de ce brader du monde pouvait un jour pénétrer tes veines; si, du bout de sa fleclie «l’or, l'Amour t'inoculait un peu du souffle de ses lèvres, à elle, un peu du délire de ses regards!

FAUST

Daphné !

DAPHNÉ

Tu .serais alors l’égal des dieux, tu saurais ce que c'est que d'aimer.

FAUST

Mais je le sens, te souffle !.. mais je l’éprouve, ce délire!.. Où suis-je?.. et que se passe-t-il en moi?.. Daphné, je s« n» tes |>arnles caresser mes souvenirs comme un (uirfum n-nti «les vallées de LcshùS. (avi« chairur.) Une coopc!.. une coupc L. «nie je la vide à toi, marbre charmant, où la poésie de i’aiirour chante

tout entière, (il rrçjil ai* cc-upc de» mains d'une esclave.) A VOUS

aussi, dieux souriants et beaux... à vous, qui animiez la nature, et transmettiez à tout*: chose votre divine beauté.

tous. •

Evollô !.. Ev«jhé ! -, Msrgiieriîe «ioi de paraître tl l'avance à droite.)

Damné, i AUphulophélé*.

Marguerite! (cite dUpinii.)

FAUST, A Marguerite.

Qui es- tu?

Ne me recounais-tu pas?..

MÉMISroPRKLSS, A p»rt. étendant U main ms lot#

Tu m’as demande l’oubli.

FAUST

Non!.,

MARGUERITE

Quoi! ce visage qui le souriait jadis, ces yeux auxquels tu as fait répandre tant de larmes, tu ne les reconnais même pas?

FAUST, cH«rchinl.

Non... mais parle... parle encore...

M ARCl ÉIUT6.

Faust!., je stiiâ relie que tu as aimée... je sms celle que lu as abreuvée d'amertume et de douleurs, relie dont tu as déchiré l'ému et qui n'a pas cessé de prier pour toi!.. Faust!., je suis Marguerite!..

FAUST

Marguerite!.. Marguerite !.. c’est étrange... ton nom, qui n’éveille aucun souvenir dans ma tète, resonne douloureusement dans ma poitrine... Il se mille que mon cœur se souvienne et que ma mémoire ait oublié... Mes yeux s’arrêtent sur les tiens, comme sur des yeux amis, et pourtant je ne te reconnais fias!

HAMUERITX.

Faust I

FAUST

Ta voix me fait tressaillir, tes larmes font couler les miennes, mon âme s'élance tout entière vers tou àme... [Mouvement de Mej.i.ismpÉrie*.) et pourtant je ne te reconnais jw».

MARGUERITE, «près avoir jolè un regard wr Mephisioplielé» , et le reçoit-

BliSMUl.

Ah!.. Eh bien!., nous lutterons ensemble, et tu triompheras.

FAUST, les jreut fi ici Mir elle et cherchiut.

Oui, oui... je le veux! .

MÉMIfiTOr IIÉLÉS, i pari.

El moi, je ne le veux pas... (Haut, »’«Jreeusi A la aiaiaa.) A moi, merveille du génie de Phidias!., fille de Jupiter, lève-toi rt marehc!.. Regarde, Faust, c'est Hélene qui s'anime, et qui revit pour toi !..

FAUST

Hélene ! Hélene !

HARGCERtTB.

Mon Dieu I

FAUST

Oh! miracle de l’art, qui deviens tout à coup miracle de la nature!., marbre où respire lame réveillée d'Hélène!., beauté suprême, grâce ineffable et divine... je l’aime et je me prosterne à tes pieds,

MÉMISTOPlItGÉS, à pari.

Allons, le voilà, je pense, aussi bon païen qu'on peut le désirer...

MARGUERITE

Faust, souvienB-toi de ce Dieu que te faisait adorer ta mère.

Il n’y a pas d’autre adoration... il n'y a pas d'autre culte que

Celui UC la beauté... (do retend au lu«o le roulenrmmt «la tonerrre el le tiruil sourd de Irruption du V#*v»e. — La nuit commence a vaoir.)

■A1COF.RITE.

Eh bien, tu Terras comment périssent 1 rs peuples maudits par le Seigneur, tu verres s’écrouler celte nouvelle GumorHie et tomber sous la colère divine ce» adorateurs des dieux infâmes.

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