‹ Faust drame fantastique en cinq actes, quatorze tableaux par m. Adolphe D'EnneryChapitre 10 sur 55 · SCÈNE IH · texte numérisé non relu

SCÈNE IH

Les MÊMES, VAGNER, FR1DOLIN, par la droite. VAGNER, entrant. -

, Qu’est devenue mon esclave ?

FRIDOLIN

Ah ! la voilà, maître Vagner, votre esclave.

TABLEAU II, SCÈNE III.' 19

' MÉPHISTOPHÉLÉS.

Son esclave ! C’est de toi qu’il parle?..

SULPHURINE.

Oui ; il se croit mon maître.

VAGNER.

Que fais-tu ici, mon esclave ?

Et en compagnie d’un jeune homme?

SULPHURINE, à Vaguer.

' Que t’importe?.. M’as-tu créée pour que je t’obéisse toujours?..

VAGNER.

Mais oui t mais oui ! -

MÉPHISTOPHÉLÈS

Vous êtes plus exigeant que le divin Créateur kû-mèrae, maître Vagner.

VAÊNER.

Il me connaît, celui-là... Et en quoi suis-je plus exigeant que... *

MÉPniSTOPHÉLÈS.

Dieu a laissé le libre arbitre à sa créature... Dieu a dit à l’homme : Sois libre... • ■

FRIDOLIN

Permettez, permettez .. à l'homme, oui ; mais pas à la femme!

SULPHURINE,

Ah!...

VAGNER.

Et je ne crois pas m’ètre trompé... C’est une femme que j’ai eu l'intention de me créer.

SULPHURINE.

Après?

Après ? Vous êtes mon œuvre, ma chère, et je vous ordonne de ne pas faire la coquette avec les étudiants... ah !..

FRIDOLIN

-Très-bien ! *

SULPHURINE, avec colère.

Vous m’ordonnez?

FRIDOLIN, bas à Vagner.

Allez... ferme !..

VAGNER, hésitant, bas.

Sois tranquille... (Haut.) Oui... je... je vous...

SULPHURINE, avec colère.

Encore !...

VAGNER, hésitant.

C’est- -dire.... quand je dis ça... je veux dire... Qu’cst-ce que j disai donc ?

FAUST

FRIDOLIN

1! cède !.. il cède !.. il est perdu!..

Vous disiez... que vous m'ordonniez...

. VAGNER.

Eli bien, non... je te prie, Sulphurine, je prie... la!...

SULPHURINE.

C’est encore trop.

FRID0L1N

La!..

VÀGNER.

Eh bien... je te supplie, la!., je te conjure, la! (Méphistophéiès

fait un signe à Sulphurine.)

SULPHURINE, passant à gauche.

Allez vous asseoir là-bas...

FRIDOLIN, impérieusement,

Allez là-bas !

VAGNER, très-doücement.*

Oui, mon esclave... (il va s’asseoir.) Quelle drôle d’esclave je me suis donnée là !

FRIDOLIN

Ah ! je crois que vous aurez bien du mal à la servir... votre esclave... *

MF.PHISTOPHÉLÈS.

Eh I l’ami !

VAGNER, avec colère.

Qu’est-ce que vous me voulez, vous ?

MÉPHISTOPHËlES.

Entre dans cette taverne et demande du vin.

* FRIDOLIN

Ah ! bon ! est-ce que vous allez le servir aussi, celui-là?

VAGNER, furieux , se levant.

Pour vous... je ne veux pas...

SULPHURINE.

. Mais je le veux, moi...

VAGNER.

Alors... •

FRIDOLIN

Résistez donc...

VAGNER.

Oui, je résiste... Vas-y, Fridolin.

FRIDOLIN

Et on appelle cela un homme!

SULPHURINE, à Fridolin, avec impatience.

Va donc!..

FRIDOLIN, étonné.

Qui ça? '

Mais, toi!.. *

TABLEAU II, SCÈNE IV. 21

FRIDOLIN

Comment ! vous voulez que je. .

SULPHURINE.

Mais, certainement.

FRIDOLIN, naïvement.

Eh bi#n, oui, j’y vais... (il entre dans la taverne.)

VAGNER.

Et dire que j’avais mis un agneau tout entier dans la mar*

milC ! ( Il passe a gauche tout en observant Méphistophélès qui va s’asseoir i la table.)

MÉPHISTOPHÉLÈS, à Sulphurine.

Je te parlais avant l’arrivée de Vagner.

SULPHURINE.

De celui que lu veux perdre...

FRIDOLIN, reparaissant.

On refuse de vendre du vin pendant les heures d’office.

SULPHURINE, à Méphistophélès.

Voici Marguerite, (a ce moment, Marguerite paraît à la porte de l’église.)

MÉPHISTOPHÉLÈS

Et lui, Faust. Je les ferai se perdre l’un par l’autre, et j’aurai deux âmes au lieu d'une. Attends, (iis descendent k droite.)

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