‹ Faust drame fantastique en cinq actes, quatorze tableaux par m. Adolphe D'EnneryChapitre 16 sur 55 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Lf.s mêmes, MÉPH1STOPHÊLÉS, FAUST.

MÉPHISTOPHÉLÈS , nu fond.

Par ici, maître Faust! (Grand mouvement général; Méphistophélès

TABLEAU III, SCÈNE III. 29

descend vers le milieu du théâtre. — — Le* singes et les ch»ts Tiennent te rouler à ses pieds, puis remontent se placer près de la chaudière.)

FAUST, qui est en scène.

Me voici! (Tous s’inclinent.) OÙ SOmmeS-HOUS?.. (Regardant autour de lui.) Des ruines?..

MÉPHISTOPHÉLÈS

C’est l’antre de nia vieille amie, la sorcière, (à Suipbunne.) Salut, Gcrtraude.

FAUST, à Méphistophélès.

Ne pouvais-tu, toi-même, préparer ce breuvage?..

MÉPHISTOPHÉLÈS

Il faut des années pour cela, beaucoup d’art et de patience ; le diable n’a pas de temps à perdre... Allons, sorcière, ma mie...

SULPHURINE.

Maître, j’attends tes ordres.

MÉPHISTOPHÉLÈS

Trace autour de Faust le cercle du grand Paracelse, prononce les paroles cabalistiques et présente-lui une pleine coupe de ton élixir.

SULPHURINE.

Viens à moi, Faust.

FAUST

Me VOici 1 (il s’avance ver* le milieu du théâtre.

CHOEUR

- Par les trois dents

' Du dragon rouge,.

Aux yeux ardents.

Et par le bouge Du vieux Gerfaut,

Où glt l’Empousc,

L’horrible épouse De l’échafaud ;

Par la tourmente.

Plaintive amante Des noirs hivers ;

Par les yeux verts Du dieu Vertige;

Par le malheur!..

Par l’humble tige Du chaume en fleur;

Par les ténèbres.

Voiles funèbres De la Circé Au sein glacé;

Par la science De Méroé ;

FAUST

no .

Par la puissance De l’Évohé !

* Roi des lieu* sombres

Au* cent clairons !

Prince des ombres, Nous t’adjurons!

Nous t'adjuroDS !

Nous t’adjurons!

(Elle offre la coupai à Faust. — Au moment où il la porte à ses lèvres, une flamme légère s’élève. — Faust s’arrête interdit.) MÉPHISTOPHÉLÈS.

Eh bien ! qui t’arrête?.. Tu veux chasser les glacés de l’âge, et tu recules devant le feu de la jeunesse?... As-tu peur, Faust?...

FADST.

Que cette coupe contienne la vie ou la mort, je la viderai d’un Seul trait. (il boit. — Changement général.)

Page 1