QUATRIÈME TABLEAU
DÉCOR DE H. DESPIÉCHIN.
Les ruines font place à des jardins enchantés. — Les sorcières se changent en nymphes. — Partout la jeunesse et le printemps; el Faust, rajeuni comme tout ce qui l’entoure, se promène avec ravissement. — Vagner et Fridolin seuls ont vieilli tout à coup.
| Forte.
SULPHURINE.
Regarde, Faust, tout ici es]t rajeuni avec toi.
VAGNER, jup 1« devant, à gauche.
Rajeuni 1 est-il heureux!
FRIDOLIN, de même, à droite.
Le voilà jeune et joli, comme nous.
VAGNER.
Absolument comme nous.
FAUST, regardant dans un miroir que lui présente une nymphe.
Est-ce bien moi!.. Est-ce bien mon sang qui bouillonne ainsi dans mes veines?.. Cette vie puissante qui semble me donner des ailes, est-ce bien ma vie?.. Ma vie, tout à l’heure tremblante et courbée, et maintenant debout, énergique et jeune !... Est-ce ma vie qui s’est dépouillée du manteau de glace qui la couvrait, ou bien, est-ce le monde, la nature, les âges, qui sont retournés sur leurs pas!.. Je te salue, ô terre qui respires
TABLEAU IV, SCÈNE T. 31
ton lo ravivée sous mes pieds!.. Terre, terre, tu m’as reconquis!.. Je te salue!., je t’aime!.. (Contemplant des groupes de nymphes.) Quels sont ces groupes de femmes jeunes et belles qui m’entourent! — Oh!* tout ce qui restait de vieillesse dans mon cœur, je le sens fondre sous leurs regards.