SCÈNE PREMIÈRE
MARGUERITE, «Mise dans la pièce du rei-de-chaussée, est endormie sur
l’appui de la fenêtre, MÈPHISTOPHÉLÈS, SULPHURiNE, en costume
du pays. — Ils entrent doucement par la droite.
MÈPHISTOPHÉLÈS.
Je t’ai fait prendre la place de Marthe, sa voisine, pour que tu t’empares de l’esprit de la jeune fille.
SULPHURINE.
Pourquoi m'as-tu choisie et non pas Faust lui-raème.
MÈPHISTOPHÉLÈS.
Parce que la femme est demeurée, comme au jour de la création, le premier tentateur du inonde.
SULPHURINE.
Oh ! Le premier fut le serpent, tu le sais mieux que personne.
‘ MUPHISTOPHKLfiS.
Oui, mais l’élève a si bien profité de la leçon, que le maît e pût être mis à la retraite ! Les femmes à présent possèdent tout eutier l’art de séduire, de tromper et de perdre. C’est pour cela que, de nos jours, les serpents ne parlent plus.
SULPHURINE.
Comment tenterai-je Marguerite ?
MRPHISTOPHÉLÊS.
Tiens, voici de quoi fasciner à la fois ses yeux et son esprit.
(il lui donne un coffret.)
SULPHURINE, ouvrant le eoffret.
Oh ! les magnifiques joyaux !..
FAUST
* MÉPH1ST0PHÉLÉS.
Elle va s’éveiller; je me sauve, souviens-toi... (u disparait parle
fond, à droite.)