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CHOEURS CÉLESTES

LÉGENDE DE FAUSTE

PAR VIDMANN

TRADUITE EX FRANÇAIS AU XVIe SlÈC Ï.F. PAR P1L3IA CATIT

L’origine de Fauste. et ses études.

Le docteur Fauste fut fils d’un paysan natif de Veinmar sur le Rhod, qui a eu une grande parenté à Wittenberg, comme il y a eu de ses ancêtres gens de bien et bons chrétiens; même son oncle qui demeura à Wittenberg et en fut bourgeois fort puissant en biens, qui éleva le docteur Fauste, et le tint comme son fils; car, parce qu’il était sans héritiers, il prit ce Fauste pour son fils et héritier, et le fit aller à l’éccle pour étudier en la théologie. Mais il fut débauché d’avec les gens de bien, et abusa de la parole de Dieu. Pourtant, nous avons vu telle parenté et alliance de fort gens de bien et opulents comme tels avoir été du tout estimés et qualifiés prud'hommes, s’être laissés sans mémoire et ne s’être fait mêler parmi les histoires, comme n’ayant vu ni vécu en leurs races de tes enfants impies d’abomination. Toutefois, il est certain que 1b parents du docteur Fauste (comme il a été su d’un charnu3 Wittenberg) se réjouirent de tout leur cœur de ce que kat oncle l’avait pris comme son fils, et , comme de là en avrils ressentirent en lui son esprit excellent et sa mémoire, il s®) suivit sans doute que ses parents eurent un grand soin de lui. comme Job, au chapitre r, avait soin de ses enfants, à ce qnne fissent point d’offense contre Dieu, Il advient aussi souv®-

LÉGENDE DE FAL'STE

g jes parents qui sont impies ont des enfants perdus et mal conseillés, comme il s’est vu de Cam, Gen. 4; de Ruben, Gen. 49; d’Absalon, 2 Reg. 15, 18. Ce que je récite ici, d’auque cela est notoire quand les parents abandonnent leur devoir et sollicitude, par. le moyen de quoi ils seraient excusables. Tels ne sont que des masques, tout ainsi que des fléirissures à leurs enfants ; singulièrement comme il est advenu su docteur Fauste d’avoir été mené par ses parents. Pour mettre ici chaque article, il est à savoir qu'il l’ont laissé faire ea sa jeunesse à sa fantaisie, et ne l’ont point tenu assidu à étudier, qui a été envers lui par sesdits parents encore plus petitement. Item, quand ses parents, vu sa maligne tête et intimation, et qu’il ne prenait pas plaisir à la théologie, et que k là il fut encore approuvé manifestement, même il y eut clameur et propos commun, qui allait après les enchantements, ils le devaient admonester à temps, et le tirer de là, comme ce n'était que songes et folies, et ne devaient pas amoindrir ces fautes-là, afin qu’il n’en demeurât coupable.

Mais venons au propos. Comme donc le docteur Fauste eut parachevé tout le cours de ses études, en tous les chefs plus subtils de sciences, pour être qualifié et approuvé, il passa outre de là en avant, pour être examiné par les recteurs, afin qu'il fût examiné pour être maître, et autour de lui y eut seize maîtres, par qui il fut ouï et enquis, et, avec dextérité, il emporta le prix de-la dispute.

Et ainsi, pour ce qu’il futftrouvé avoir suffisamment étudié a partie, il fut fait . docteur en théologie. Puis, après, il eut wcore à lui en tète folle et orgueilleuse, comme on appelle des curieux spéculateurs, et s’abandonna aux mauvaises compa- ?ues, et, mettant la sainte Écriture sous le banc, et mena une d’homme débauché et impie, comme cette histoire donne suffisamment à entendre ci-après.

Or, c’est au dire commun et très- véritable, qui est au plai- !lr du diable, il ne le laisse reposer ni se défendre. Il entendit llle) dans Cracovie, au royaume de Pologne, il y avait eu ci-

LÉGENDE DE FAUSTE

devant une grande école de magie, fort renommée, où se troc vaient telles gens qui s’amusaient aux paroles chaldéennes persanes, arabiques et grecques, aux figures, caractères, coaju ration s et enchantements, et semblables termes, que IVpeut nommer d’exorcismes et sorcelleries, et les autres nièces ainsi dénommées par exprès les arts dardaniens, les nigromances, les charmes, les sorcelleries, la divination, l’incantjtion, et tels livres, paroles et termes que l’on pourrait dire. Cela fut très-agréable à Fauste, et y spécula et étudia jour et nuit; en sorte qu’il ne voulut plus être appelé théologien. Ains fut homme mondain, et s’appela docteur de médecine, fut astrologue et mathématicien. Et en un instant il devint droguiste ; il guérit premièrement plusieurs peuples avec des drogues, avec des herbes, des racines, des eaux, des potions, des receptes et des clystères. Et puis après, sans raison, il se mit à être beau diseur, comme étant bien versé dans FEcritnre divine. Mais, comme dit bien la règle de Notre-Seigneur Jésus- Christ : te Celui qui sait la volonté de son maître, et ne la fait pas, celui-là sera battu au double.

Item . « Nul ne peut servir deux maîtres. »

Item : « Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu. » Fauste s’attira tous ces châtiments sur soi, et mit son âme a son plaisir par-dessus la barrière.; tellement, qu'il se persuada n’être point coupable.

Le serviteur de Fauste.

Le docteur Fauste avait un jeune serviteur qu’il avait éle c quand il étudiait à Wittenberg, qui vit tontes les illusions o son maître Fauste, tontes ses magies et son art diabolique 1 était un mauvais garçon, coureur et débauché, du commence' ment qu’il vint demeurer à Wittenberg : il mendiait, et pe:" sonne ne voulait le prendre à cause de sa mauvaise nature. & garçon se nommait Christofle Wagner, et fut dès lors servneo du docteur Fauste : il se tint très-bien avec lui, en sorte que'

LÉGENDE DE FAUSTE

'.enr Fausle l’appelait son fils. Il, allait où il voulait, quoiî/il allât boitant et de travers. .

te docteur Fauste conjure le diable pour la première fois.

Fauste vint en une forêt épaisse et obscure, comme on se t figurer, qui est située près de Wittenberg, et s’appelle ja forêt de Mangealle, qui était autrefois très-bien connue de iai-mème. En cette forêt, vers le soir, en une croisée de ^tre chemins, il fit avec un bâton un cercle rond, et deux autres qui entraient dedans le grand cercle. Il conjura ainsi le diable en la nuit, entre neuf et dix heures ; et lors manifestement le diable se relâcha sur le point, et se fit voir au docteur Fauste en arrière, et lui proposa: «Or sus, je veux sonder ton «euret ta pensée, que tu me 1 exposes comme un singe attaché à son billot , et que non seulement ton corps soit à moi, mais aussi ton âme; et tu me seras obéissant, et je t envoieiai où je voudrai pour faire mon message. » Et ainsi le diable amiella étrangement Fauste, et 1 attira a son abusion.

Lors le docteur Fauste conjura le diable, à quoi il s’efforça tellement, qu’il fit un tumulte qui était comme s’il eût voulu renverser tout de fond en comble ; car il faisait plier les arbies jœques en terre ; et puis le diable faisait comme si toute la torêt eût été remplie de diables, qui apparaissaient au milieu et autour du cercle à l’ environ comme un grand charriage menant bruit , qui allaient et venaient çà et la , tout au travers parles quatre coins, redonnant dans le cercle comme des élans et foudres, comme des coups de gros canon, dont il semblait fie l’enfer fût entr’ ouvert; et encore y avait-il toute sorte ^instruments de musique amiables, qui s’entendaient chanter fort doucement , et encore quelques danses ; et y parurent aussi des tournois âvec lances et épées, tellement que le temps 'forait fort long à Fauste, et il pensa de s’enfuir hors du cercle, â prit enfin une résolution unique et abandonnée, et y dépura, et se tint ferme à sa première condition (Dieu permet-

LEGENDE DE FA U STE

tant ainsi, à ce qu’il pût poursuivre), et se mit comme aupâra. vant à conjurer le diable de nouveau, afin qu'il se fit voir à lû devant ses veux, de la façon qui s'ensuit. Il s'apparut à lui 1 l’entour du cercle, un griffon, et puis un dragon puant le soiitV et soufflant; en sorte que, quandTauste faisait les incarnat cette bête grinçait étrangement les dents , et tomba soudain la longueur de trois ou quatre aunes , qui se mit comme œ peloton de feu, tellement que le docteur Fauste eut une horrible frayeur. Nonobstant , il embrassa sa résolution , et pr-:îa encore plus hautement de faire que le diable lui hit assujetti. Comme quand Fauste se vantait, en compagnie. un jour, <pe la plus haute tête qui fût sur la terre lui serait assujettie es obéissante, et ses compagnons étudiants lui répondaient qu’ils ne savaient point de plus haute tète que le pape , ou l'empereur, ou le roi. Lors répondait Fauste : « La tête qui m’est assujettie est encore plus haute, comme elle est décrite en répitre de saint Paul aux Éphésiens : <c C est le prince de ce monde » sur la terre et dessous le ciel. » Ainsi donc, il conjura cette etoile une fois , deux fois, trois fois, et lors devint une poutre de feu, un homme au-dessus qui se défit; puis après,. ce furent six globes de feu comme des lumignons, et s’en éleva un audessus, et puis un autre par-dessous, et ainsi conséquemment, tant qu’il se changea du tout , et qu’il s’en forma une figure d un homme tout en feu, qui allait et venait tout autour (in cercle, par l’espace d'un quart d’heure. Soudain ce diable et esprit se changea sur-le-champ en la forme d’un moine gris, vint avec Fauste en propos, et demanda ce quil voulait.

Le nom du diable qui visita Fauste. •

Le docteur Fauste demanda au diable comme il s’appelaitquel était son nom. Le diable lui répondit qu’il s’appelait liéphistophélès.

LÉGENDE DE FAUSTE

Les conditions du pacte, quelles elles sont.

4u soir , environ vêpres , entre trois et quatre heures, le diable volatique se montra au docteur Fauste derechef, et le diable dit au docteur Fauste : « J'ai fait ton commandement, et tu me dois commander. Partant, je suis venu pour t'obéir, (jiiel que soit ton désir , d'autant que tu m’as ainsi ordonné, que je me présentasse devant toi à cette heure ici. » Lors Fauste loi fit réponse, ayant encore son âme misérable, toute perplexe, d'autant qu’il n’y avait plus moyen de différer l’heure donnée. Car un homme en étant venu jusque-là ne peut plus être à soi ; mais il est , quant à son corps, en la puissance du diable, et delà en avant la personne est en sa puissance. Lors Fauste lui demanda les partions qui s’ensuivent :

Premièrement, qu’il peut faire prendre une telle habitude, forme et représentation d’esprit, qu’en icelle il vînt et s’apparût à lui.

Pour le second , que l’esprit fit tout ce qu’il lui commanderait, et lui apportât tout ce qu’il voudrait avoir de lui.

Pour le troisième, qu’il lui fût diligent , sujet et obéissant, comme étant son valet.

Pour le quatrième , qu’à toute heure qu’il l’appellerait et le demanderait, il se trouvât au logis.

Pour le cinquième, qu’il se gouvernât tellement par la maison, qu'il ne fût vu ni reconnu de personne que de lui seul, à qui il se montrerait, comme serait son plaisir et son commandement.

Et finalement , que toutes fois et quantes qu’il l’appellerait, défit à se montrer en la même figure comme il lui ferait commandement.

Sur ces six points', le diable répondit à Fauste qu’en toutes ^choses, il lui voulait être volontaire et obéissant et qu i! ' "‘lût aussi proposer d’autres articles par ordre, et, lorsqu il accomplirait, qu’il n’aurait faute de rien.

LÉGENDE DE FAUSTE

Les articles que le diable lui proposa sont tels que ci-après

Premièrement, que Fauste lui promît et jurât qu’il serar sien, c’est-à-dire en la possession et jouissance du diable.

Pour le second, qu’afm de plus grande confirmation , i|iuj ratifiât par son propre sang, et que de son sang il lui en écrivit un tel transport et donation de sa personne.

Pour le troisième, qu’il fût ennemi de tous les chrétiens.

Pour le quatrième, qu’il ne se laissât attirer à ceux qui ]e voudraient convertir.

Conséquemment, le diable voulut donner à Fauste an certain nombre d’années qu’il aurait à vivre, dont il serait aussi tenu de lui, et qu’il lui tiendrait ces articles, et qu’il aurait de lui tout son plaisir et tout son désir. Et qu’il le pourrait en tout presser , que le diable eût à prendre une belle forme et telle qu’il lui plairait.

Ledit Fauste fut tellement transporté de la folie et superbité d’esprit, qu’ayant péché une fois, il n’eut plus de souci delà béatitude de son âme; mais il s’abandonna au diable, et loi. promit d’entretenir les articles susdits. Il pensait que le diable ne serait pas si mauvais , comme il le faisait paraître , ni que l’enfer fût si impétueux, comme on en parle.

Le docteur Fauste s’oblige.

Après tout cela , le docteur Fauste dressa par-dessus cette grande oubliance et outrecuidance , un instrument au diable et une reconnaissance , une briève soumission et confession, qui est acte horrible et abominable. Et cette obligation-! fut trouvée en sa maison, après son misérable départ de et monde.

C’est ce que je prétends montrer évidemment, pour instruction et exemple à tous les bons chrétiens, afin qu’ils n’aient <p faire avec le diable, et qu’ils puissent retirer d’entre ses pattfc leurs corps et leurs âmes, comme Fauste s’est outrageuseai®1 abandonné à son misérable valet et obéissant, qui se disait et,e

LEGENDE DE F AG STE

!e mo'en de telles oeuvres diaboliques , qui est tout ainsi i? les Parthes faisaient, s’obligeant les uns aux autres ; il prit ^couteau pointu, et se piqua une veine en la main gauche, etse ,iit un homme véritable. Il fut vu, en sa main ainsi pie un écrit comme d’un sang de mort , en ces mots latins : 0 borna, fage! qui est à dire : « O homme , fuis-t’en de là, et

fais le bien. *

Puis le docteur Fauste reçoit sou sang sur une tuile et t des charbons tout chauds , et écrit comme s’ensuit ci-

après . .

£ Jean Faust, docteur, reçois de ma propre main mamfeste-

I meut pour une chose ratifiée, et ce en vertu de cet écrit, qu’ après que je me suis mis à spéculer les éléments , et après les dons m'ont été distribués et départis de là-haut : lesquels n’ont point trouvé d’habitude dans mon entendement. Et de ce que je n'ai peut-être enseigné autrement des hommes, lors je me

I sais présentement adonné à un esprit qui s appelle Mépbistophélès, qui est valet du prince infernal en Orient, par paction entre lui et moi, qu’il m adresserait et m apprendrait, comme il m’était prédestiné, qui aussi réciproquement m a promis de m’être sujet en toutes choses. Partant et à 1 opposite, je lui ai promis et lui certifie que, d ici à vingt-quatre ans , de la date le ces présentes, vivant jusque-la complètement, comme il m enseignera en son art et science, et en ses inventions me maintiendra, gouvernera, conduira, et me fera tout bien , avec toutes les choses nécessaires a mon âme , a ma chaii , à mon sang et à ma santé, que je suis et serai sien a jamais. Paitant, je renonce à tout ce qui est pour la vie du maître céleste et de tous les hommes, et que je sois en tout sien. Pour pius giande certitude, et plus grande confirmation, j’ai écrit la présente promesse de ma propre main, et l’ai sous-écrite de nron piopie sang, que je me suis tiré expressément pour ce faire, de mon *ûs et de mon jugement, de ma pensée et volonté, et 1 ai anête, scellé et testifié, etc. *

LEGENDE DE FAÜSTE

La subscription. Jean Fauste, docteur de la production des éléments et des choses spirituelles.

Fauste tira cette obligation à son diable, et lui dit : « Toi t;e„ le brevet. » Méphistophélès prit le brevet, et voulut encor- ae Fauste avoir cela, qu’il lui en fit une copie. Ce que le malheureux Fauste dépêcha.

Les hôtes du docteur Fauste se veulent couper le nez.

Le docteur Fauste avait, en un certain lieu, invité des hommes principaux pour les traiter, sans qu’il eût apprêté aucune chose. Quand donc ils furent venus , ils virent bien la table couverte, mais la cuisine était encore froide. Il se faisait aussi des noces , le même soir, d’un riche et honnête bourgeois, et avaient été tous les domestiques de la maison empêchés, puai' bien et honorablement traiter les gens qui y avaient été invités; ce que le docteur Fauste ayant appris, commanda à son esprit -pic, de ces noces, il lui apportât un service de vivres tout apprêtés, soit poissons ou autres, et qu’incontinent il les enlevât de là, pour traiter ses hôtes. Soudain , il y eut, eu la maison où l’on faisait les noces, un grand vent par les cheminées, fenêtres et portes, qui éteignit toutes les chandelles ; après que le vent fut cessé et les chandelles derechef allumées et quiis eurent vu d’où le tumulte avait été, ils trouvèrent qu’il manquait à un mets une pièce de rôti, à un autre une poule, à un autre une oie, et que, dans la' chaudière,. il manquait aussi de grands poissons. Lors furent Fauste et ses invités pourvus de vivres ; mais le vin manquait, toutefois non pas longtemps, eat

Méphistophélès fut fort bien au voyage de Florence dans les

caves de Fougres , dont il en emporta quantité. Mais, après qu’ils eurent mangé , ils désiraient (qui est ce pourquoi ils étaient principalement venus) qu’il leur fit pour plaisir qaelques tours d’enchantement. Lors il leur fit venir sur la tabk

LÉGENDE DE FAU STE

,eiiffne avec ses grappes de raisin , dont un chacun en prit part. H commanda puis après deprendre un couteau et le mettre à la racine comme s’ils eussent voulu couper ; néanjjoins ils n’en purent pas venir à but ; puis, après , il s’en alla !,0rs des étuves, et ne tarda guère sans revenir. Lors ils s’arrêtèrent tous et se tinrent l’un l’autre par le nez , et un couteau dessus. Quand donc puis après ils voulurent, ils purent couper les grappes. Cela leur fut ainsi mis aucunement ; aiaisils eussent bien voulu qu’il les eût fait venir toutes mûres.

Au jour du dimanche, Hélène enchantée.

Au jour du dimanche, des étudiants vinrent, sans être invité, en la maison du docteur Fauste pour souper avec lui , et apportèrent avec eux des viandes et du vin, car c’étaient gens de dépense volontaire.

Comme donc le vin eut comrdeneé à monter, il y eut propos à table de la beauté des femmes, et l’un commença de dire à l'autre, qu’il ne voulait point voir de belles femmes, sinon la celle Hélène de Grèce , parce que sa beauté avait été cause de la ruine totale de la ville de Troie, disant qu’elle devait être très-belle, de ce qu’elle avait été tant de fois dérobée , et que pour elle s’était faite une telle élévation.

Le docteur Fauste répondit : « Puisque vous avez tant de désir de voir la belle personne de la reine Hélène , femme de Hénélaüs et fille de Tvndare et de Léda , sœur de Castor et de Mlux (qui a été la plus belle de toute la Grèce) , je vous la 'eux faire venir elle -même ; que vous voyiez personnel- ‘®ent son esprit en sa forme et stature comme elle a été en *ie. »

Sur cela , le docteur Fauste défendit à ses compagnons que personne ne dit mot, et qu’ils ne se levassent point de la table P0® s’émouvoir à la caresser, et sortit hors du poêle, ûinsi, comme il entrait dedans, la reine Hélène suivait après * pied, si admirablement belle, que les étudiants ne sav aient

276 légende de FADSTE

pas s’ils étaient eux-mêmes ou non, tant ils étaient troubles a transportés en eux-mêmes.

Ladite Hélène apparut en une robe de pourpre noire pit. cieuse ; ses cheveux lui traînaient jusques en bas si excellemment beaux , qu’ils semblaient être fin or, et si bas, qu’ils venaient jusques au-dessous des jarrets , au gros de la jambe, avec de beaux yeux noirs, un regard amoureux, etunepetiie tète bien façonnée, ses lèvres rouges comme des cerises, avec une petite bouche, un beau long cou blanc comme un cygne, ses joues vermeilles comme une rose , un visage très-beau et lissé , et son corsage longuet , droit et proportionné. Enfin, b n’eùt pas été possible de trouver en elle une seule imperfection.

Elle se fit ainsi voir par toute la salle du poêle , avec une façon toute mignarde et poupine , tellement que les étudiante furent enflammés en son amour , et ce n’est qu'ils savaient que ce fût un esprit , il leur fût facilement venu un tel embrasement pour la toucher. Ainsi Hélène s’en retourna avec le docteur Fauste hors de l’étuve.

L’enfant de Fanste et d’Hélène.

Afin que l’esprit donnât du contentement au docteur Fauste avec sa misérable chair, il se présenta à lui environ la minu'., comme s’il s’était éveillé, la figure de la belle Hélène de Grèce, toute telle que ci-devant il l’avait représentée devant les etudiants , et se mit en son sein , étant une stature toute pareil d’alors, avec un visage amoureux et charmant. Comme le * teur Fauste vit cela, il se rendit son prisonnier de cœur, t ment qu’il eut amitié avec elle et la tint pour sa femme de Fqui lui gagna tellement l’amour , qu’il n’eût pu avoir sa ' hors d’elle, et enfin elle devint grosse de lui, et enfanta ^ dont le docteur Fauste s’en réjouit fort, et l’appela Juste Fa»' Mais, comme il vint à la fin de sa vie, cet enfant sengû tout de même que la mère.

LÉGENDE DE F À ESTE

Les lamentations et gémissements du docteur Fauste.

docteur Fauste coulaient les heures comme une horloge, m'ours en crainte de casser; car il était tout affligé, il gémis- ,;t et pleurait, et rêvait en soi-même, battant des pieds et des rains comme un désespéré. H était ennemi de soi-même et de mus les hommes , en sorte qu’il se fit celer , et ne voulut voir nersonne, non pas même son esprit , ni le souffrir auprès de i . (^t pourquoi j’ai bien voulu insérer ici une de ses lamentations qui ont été mises par écrit.

t Ah! Fauste ! tu es bien d’un cœur dévoyé et non naturel, qui, par ta compagnie, es damné au feu éternel, lorsque tu avais pu obtenir la béatitude, lors tu l’as instamment perdue. Ah ! fibre volonté, est-ce que tuas réduit mes membres, que dorénavant ils ne peuvent plus voir que leur destruction? Ah ! miséricorde et vengeance, en quoi j’ai eu occasion de m’engaçer pour gage et abandon ! O indignation et compassion . pourquoi ai-je été fait homme ? O la peine qui m’est apprêtée pour endurée ! Ah ! ah ! malheureux que je suis ! ah ! ah ! que me sert de me lamenter ?

» Ah ! ah ! ah i misérable homme que je suis ! O malheureux et misérable Fauste , tu seras fort bien en la troupe des malbeareux, que je suis, pour endurer les douleurs extrêmes ae la mort, et même une mort plus pitoyable , que jamais créature malheureuse ait endurée. Ah ! ah ! mes sens dépravés, ma volonté corrompue, mon outrecuidance et libertinage ! O ma vie fragile et inconstante ! ô toi qui as fait mes membres et mon corps , et mon âme aussi aveugle comme tu es , ô volupté temporelle , en quelle peine et travail m’as-tu amené , que tu as ainsi aveuglé et obscurci mes yeux ! Ah ! ma triste pensee , et t,J‘, mon âme troublée, où est ta connaissance? O misérable travail ! ô douteuse espérance ! que jamais plus il ne soit mém°ire de toi ! Ah! tourment sur tourment, ennui sur ennui ! déploration!... Qui me délivrera? où mirai-je ea-

LEGENDE DE F A USX E

cher? ou fuirai-je?... Or, je suis où j’ai voulu être; je pris ! »

Sur un tel regret ci-dessus récité , il apparut à Fauste son esprit Méphistophélès , qui vint à lui et l’attaqua par ses dis cours injurieux, de reproche et de moquerie.

Comment le docteur Fauste fut en enfer.

Le docteur Fauste s’ennuyait si fort, qu’il songeait et rêvait toujours de l’enfer. Il demanda à son valet Méphistophélès qu’il fit en sorte qu’il pût enquérir son maître Lucifer et Bélial. et allèrent à eux ; mais ils lui envoyèrent un diable qui avait nom Belzebub , commandant sous le ciel, qui vint et demanda à Fauste ce qu’il désirait. Il répond que c’était s’il y aurait quelque esprit qui le pût mener en enfer et le ramener aussi, tellement qu’il pût voir la qualité de l’enfer , son fondement, sa propriété et substance, et s’en retirer ainsi. « Oui, dit Belzebub, je te mènerai environ la minuit, et t’y emporterai.» Comme donc ce fut à la minuit , et qu’il faisait obscur , Belzebub se montra à lui, et avait sur son dos une selle d’ossements, et tout autour elle était fermée , et y monta Fauste là-dessus , et ainsr s’en va de là. Maintenant, écoutez comment le diable l’aveuglt et lui fit le tour du singe ; c’est qu’il ne pensait en rien autre chose, sinon qu’il était en enfer.

Il l’emporta en un air où le docteur Fauste s’endormit, tou: ainsi que quand quelqu’un se met en l’eau chaude ou dedans un bain. Puis, après, il vint sur une haute montagne, au-dessus d’une grande île. De là, les foudres, les poix et les lances de feu éclataient avec un si grand bruit et tintamarre, que b docteur Fauste s’éveilla. Le serpent diabolique faisait de telles illusions, en cet abîme, au pauvre Fauste; mais Fauste, comme il était tout entouré de feu, comme il lui semblait , c’est quj1 ne trouva pourtant pas aucune roussure ni brûlure ; niais il sentait un petit vent comme un rafraîchissement et une récréation ; il entendit aussi là-dessus certains instruments , dont

LÉGENDE DE FAUSTE

.te i'harmonte était fort plaisante ; et toutefois il ne put voir instrument, ni comment ils étaient faits, tant Fenfer était t»n et n’osa pas demander de quelle forme ils étaient faits ;

' il lui avait été défendu auparavant, qu U ne pouvait absout parler ni demander d’aucune chose , parce qu’il était iirà englouti de son diabolique serpent , de Belzebub et de jeKou trois autres. Alors, le docteur Fauste entra encore plus jTaDt dans l’abîme , et, les trois s’en étant allés avec le susdit Belzebub , il se rencontra au docteur Fauste sur cela un gros •erf-volant avec de grosses cornes et trompes, qui voulut fra- «isser ou enfondrer le docteur Fauste en l’abîme susdit, dont j; eut grande frayeur; mais les trois susdits serpents chassaient avec ledit cerf. Comme donc le docteur Fauste se vit entrer plus avant au fond de la caverne , il vit que tout à l’entour de loi il n’y avait rien que des verminiers et couleuvres puantes, liais les couleuvres étaient fort grosses ; après lesquelles vinrent des ours volant comme au secours , qui combattirent et joutèrent contre les couleuvres , et les vainquirent tellement, qu’il lui fut sûr et libre de passer par là, et, comme il fut arrivé plus en avant en descendant, voici un gros taureau volant mi venait dessus une grande porte et tour , qui s’en courut ainsi furieux et bramant contre Fauste , et poussa si rudement contre son siège, que le siège et le serpent avec vint a donner dessus dessous avec ledit Fauste.

Le docteur Fauste tomba encore plus bas dans 1 abîme avec de grandes blessures et avec un grand cri; car il pensait déjà maintenant : « C’est fait de moi ! » même il ne pouvait plus avoir esprit. Toutefois , il le vint encore attaquer , pour le faire tomber plus bas ; un vieux, tout hérissé magot, vint le tourmenter et irriter. En la suprémité de Fenfer , il y avait un brouillard si épais et ténébreux , qu’il ne voyait rien du tout, au-dessus il se forma une grosse nuee sur quoi montaient deux gros dragons , et menaient un chariot avec eux , où le 'eux magot mit le docteur Fauste; après s’ensuivit, 1 espace oun gros quart d’heure , mie grosse nuée ténébreuse , telle-

LÉGENDE DE FAUSTE

ment que le docteur Fauste n’eût su voir ni les dragons ni]e chariot, ni s’y prendre en tâtonnant ; et, en allant plias avant il descendit encore plus profondément. Mais, aussitôt que cette grosse nuée ténébreuse et puante fut engloutie, il vit un cheval et un chariot suivant après. Et, après, fut le docteur Fauste remis à l’air, et, au même instant, il entendit plusieurs coups de. foudre et éclairs , tellement que cela allait si menu , que ie docteur Fauste se tint coi sans dire mot, ayant grande frayeur et tout tremblant. Sur cela, le docteur Fauste vint sur une eau grosse et tempétueuse , où les deux dragons le poussèrent dedans pour y être submergé ; mais il n’y trouvait point d’eau : ains il y trouva une grosse vapeur de chaline ardente, et les vapeurs et les ondes venaient à battre tellement le docteur Fauste. qu’il perdit le cheval et son chariot, et tomba encore de plus en plus au profond et en une impétuosité de haut en bas, tant que finalement il vint à tomber dans l’abîme, qui était fort creux et tojit pointu par le dedans des rochers ; c’est pourquoi il se tint là comme s’il eût été mort ; il regardait de tous côtés, et ne vit personne , ni ne put rien entendre. Mais enfin il lui commença à naître une petite lumière; comme il fut descendu encore plus bas, il vit de l’eau à l'entour de lui. Le docteur Fauste regarda alors ce qu’il devait faire, disant : « Puisque tues abandonné des esprits infernaux, il faut que tu t'enfonces dans ce gouffre , ou dans cette eau, ou que tu te défasses comment que ce soit. » Alors , il se dépita en soi-même , et se vanta mettre en un courage désespéré, au travers un endroit qu il vit tout en feu, en disant : « Maintenant, vous, esprits, recevez cette offrande dévouée à votre service , à quoi mon ame est condamnée. » Comme il se fut ainsi jeté à travers par précipitation, il entendit un bruit et tumulte fort effroyable qui faisait ébranler les montagnes et les rochers , et tant plus que 1® pensait qu’il se passât, le bruit se faisait encore plus grand; eh comme il fut venu jusqu’au fondement, il vit dans le feu pli sieurs bourgeois, quelques empereurs, rois, princes, seigneurs et des gens d’armes tout enharnachés à milliers. Autoui

LÉGENDE DE FA ESTE

jl v en avait une grande chaudière pleine d eau , dont piques-uns d'eux buvaient , les autres se rafraîchissaient et ^ ienî ; les autres, sortant de la chaudière , s’en couraient aa feu pour s’échauffer.

" Le docteur Fauste entra dans le feu, en voulut retirer une ,me damnée, et, comme il pensait la tenir par la main, elle "s'évanouit de lui tout à coup en arrière. Mais il ne pouvait "lors demeurer là longtemps, à cause de la chaleur ; et comme il regardait çà et là, voici que vint le dragon ou bienBelzebub, avec sa'selle dessus , et s’assit dessus et le passa ainsi en haut ; car Fauste ne pouvait là plus endurer , à cause des tonnerres , des tempêtes, des brouillards, du soufre, de la fumce, du feu, froidure et chaleur mêlés ensemble ; de plus , à cause qu il était ks d’endurer les effrois , les clameurs , les lamentations des malheureux, les hurlements des esprits , les travaux et les peines, et autres choses. Le docteur Fauste n’ayant eu, en tout ce temps-là , aucun bien au dedans de cet enfer, aussi son valet n’avait pensé autre chose d’en pouvoir rien emporter, puisqu’il avait désiré de voir l’enfer, il eût mieux aimé le voir une fois, et demeurer toujours dehors, puis après. En cette façon vint Fauste derechef en sa maison, après qu’il se fut ainsi endormi sur sa selle, l’esprit le rejeta tout endormi sur son lit ; et, apres que le jour fut Venu, et que le docteur Fauste fut réveillé, il ne se trouva point autrement que s’il se fût trouvé aussi longtemps en une prison ténébreuse ; car il n’avait point vu autre chose, sinon comme des monceaux de feu, et ce que le feu avait baillé de soi. Le docteur Fauste, ainsi couché sur son ht, pensait après l’enfer. Une fois, il le prenait à bon escient qu’il eut été là dedans, et qu’il l’avait vu. Une autre fois, il doutait làdessus, que le diable lui eût fait quelque illusion et trait d’enehanterie par les yeux , comme cela fut vrai ; car il n avait garde de lui faire voir effectivement l’enfer, de crainte de lui causer trop d’appréhension. Cette histoire et cet acte, touchant ce qu’il avait vu, et comment il avait été transporté en i enfei , « comment le diable l’avait aveuglé, le docteur Fauste lui-

LEGENDE DE FADSTE

même l'a ainsi écrit, et a été ainsi trouvé après sa mort en tablette de la propre écriture de sa main , et ainsi couché^ un livre fermé qui fut trouvé après sa mort.

Esprits infernaux, entre lesquels les sept principaux sont nommés par leurs noms.

Le diable, qui s’appelle Bélial, dit au docteur Fauste : * Depuis le septentrion, j’ai vu ta pensée, et est telle, que volontiers tu pourrais voir quelques-uns des esprits infernaux qui sont princes ; pourtant j’ai voulu m’apparaître à toi avec mes principaux conseillers et serviteurs , à ce que tu aies ton désir accompli. » Le docteur Fauste répond : « Or sus, où sont-ils? » Sur cela, Bélial dit. Or, Bélial était apparu au docteur Fauste en la forme d’un éléphant marqueté et ayant Fépine du dos noire ; seulement, ses oreilles lui pendaient en bas, et ses yem tout remplis de feu , avec de grandes dents blanches comme neige, et une longue trompe, qui avait trois auues de longueur démesurée, et avait au col trois serpents volants. Ainsi vinrent au docteur Fauste les esprits l’un après l’autre, dans son poêle; car ils n’y eussent pu cire tons à la fois. Or, Bélial les montra an docteur Fauste l’un après F autre comme ils étaient et comment ils s’appelaient. Ils vinrent devant lui, les sept esprits principaux, a savoir le premier : Lucifer', le maître gouverneur, saluant le docteur Fauste, lequel le décrit ainsi : « C’était un grand homme, et était chevelu et picoté , de la couleur comme des glands de chêne rouges, qui avaient une grande queue après eux.» Après venait Belzebub, qui avait les cheveux peints de couleur, velu partout le corps; il avait une tête de bœuf avec deux oreilles effroyables , aussi tout marqueté de hampes , et chevelu, avec deux gros Hoquets si rudes comme les eharains du foulon qui sont dans les champs, demi vert et jaune, qui flottaient sur les fioquets d’en bas, qui étaient comme d’un four tout de feu ; il avait une queue de dragon. Astaroth, celui-ci vint en la forme d un serpent, et allait sur la queue tout droit; il n’avait point

LÉGENDE DE F A ESTE

^ sa queue avait des couleurs comme de briques chanreantes. son ventre était fort gros , il avait deux petits pieds v; courts, tout jaunes , et le ventre un peu blanc et Jaunâtre, .ou tout de châtain roux , et une pointe en façon de piques •f traits, comme le hérisson, qui avançaient de la longueur des '«t'ts. Après, vint Satan , tout blanc et gris , et marqueté ; il vit la tète d’un âne et avait la queue comme d’un chat , et f cornes des pieds longues d’une aune. Suivit aussi Annabry ; j s?ait la tète d’un chien noir et blanc , et des mouchetures 'fauches sur le noir , et, sur le blanc, des noires ; seulement, «ait les pieds et les oreilles pendantes comme un chien, qui fiaient longues de quatre aunes.

Après tous ceux-ci , venait Dythican , qui était d’une aune :e long ; mais il avait seulement le corps d’un oiseau, qui est i perdrix ; il avait seulement tout le cou vert et moucheté ou .aérage.

Le dernier fut Drac, avec quatre pieds fort courts, jaune et vert, le corps par-dessus flambant brun, comme du feu bleu, et - j queue rougeâtre. Ces sept, avec Bélial, qui sont ses conseilas d'entretien , étaient ainsi habillés des couleurs et façons Ki! ont été récitées.

D'antres aussi lui apparurent , avec semblables figures, somme des bêtes inconnues , comme des pourceaux , daims, aïs, ours , loups , singes , lièvres , buffles , chevaux , boucs, terrats, ânes et autres semblables. En telles couleurs et formes, se présentèrent à lui selon que chacun sortait dudit poêle, après l’autre. Le docteur Fauste s’étonna fort d’eux , et ‘-asanda aux sept qui s’étaient arrêtés , pourquoi ils n’étaient apparus en autres. Ils répondirent et dirent qu’ autrement ils !e pourraient plus rentrer en enfer , et pourtant qu’ils étaient J6 l>êtes et les serpents infernaux ; quoiqu’ils fussenWort ef- ^yables et hideux , toutefois , ils pouvaient aussi prendre et barbe d’iiomme quand ils voulaient. Le docteur faaste dit là-dessus : <c C’est assez , puisque les sept sont ici ; * w,a les autres de Drendre leur congé, ce qui fut fait.

LÉGENDE DE FAL'STE

Lors le docteur Fauste leur demanda qu’ils se fissent v„;. en essai pour voir ce qu'il en arriverait, et alors ils se changèrent l’un après l’autre , comme ils avaient fait auparavant fs toute sorte de bêtes , aussi en gros oiseaux , en serpents et ta bêtes de rapine à quatre et à deux pieds. Cela plut bien an docteur Fauste , et leur dit si lui aussi le pourrait davantage, i dirent oui , et lui jetèrent un petit livre de sorcellerie, et qaT fit aussi son essai , ce qu’il fit de fait. Toutefois, le doctes Fauste ne put pas faire davantage. Et devant qu’eux aussi vot lussent prendre congé , il leur demanda qui avait fait les ins», tes. Ils dirent : « Après la faute des hommes ont été créés les insectes, afin que ce fût pour la punition et honte des hommes: et nous autres ne pouvons tant, que de faire venir force insectes, Comme d’autres bêtes. » Lors tout incontinent apparnreat au docteur Fauste , dans son poêle ou étuve , toute sorte à tels insectes , comme fourmis, lézards, mouches bovines, grillons, sauterelles et autres. Alors, toute la maison se trotra pleine de cette vermine. Toutefois, il était fort en colère contre tout cela, transporté et hors de son sens ; car, entre autres de tels reptiles et insectes, il y en avait qui le piquaient comme fourmis ; les bergails le piquaient , les mouches lui couraient sur le visage , les puces le mordaient , les taons ou bourdon; lui volaient autour. Tant qu’il en était tout étonné, les pots le tourmentaient en la tête et au cou, les araignées lui fila» de haut en bas, les chenilles le rongeaient, les guêpes 1 attaquaient. Enfin il fut tout partout blessé de toute cette verœ» tellement qu’on pourrait bien dire qu’il n’était encore d’jeune diable, de ne se pouvoir pas défendre de ces bestions. A® reste, le docteur Fauste ne pouvait pas demeurer dans lesdit» étuves ou poêles ;mais, d’abord qu’il fut sorti du poêle, 3 n plus aucune plaie , et n’y eut plus de tels fantômes autour# lui, et tous disparurent, s’étant dévorés l’un l’autre vivent#-' et avec promptitude.

^ 285 ÿoqoeries de Méphistophélès et gémissements du docteur Fauste.

Comme le docteur Fauste se tourmentait tellement qu'il ne , ait plus parler, son esprit Méphistophélès vint à lui, et lui j*" t p’autant que tu as su la sainte Écriture, et qu’elle t’en- «ae de n’aimer et adorer qu’un seul Dieu, le servir seul, et * pas un autre, ni à gauche , ni à droite , et que c’était ton je'oir d’être soumis et obéissant à lui; mais, comme \ ous n av ez pas fait cela, ainsi au contraire, vous l’avez abandonné et renié, m avez perdu sa grâce et miséricorde ; et vous vous etes •nsi abandonné en corps et en âme à la puissance du diable; f eSî pourquoi il faut que vous accomplissiez votre promesse ; et entends bien mes rhythmes :

As-tu été, ainsi quoi?

Tout bien te sera sans émoi.

As-tu cela, tiens-le bien,

Le mallieur vient en un rien.

Partant, tais toi, souffre et accorde,

Nul ton malheur plaint ni recorde.

C’est ta bonté, et de Dieu l’offense.

Ton mal court toujours sans dépense.

> Partant, mon Fauste, il n’est pas bon de manger, avec des grands seigneurs et avec le diable , des cerises ; car il w en jettent les noyaux au visage , comme tu vois maintenant; c’est pourquoi il te faut tenir loin de là. Tu eusses été assez loin de lui, mais ta superbe impétuosité l’a frappé; •nas un art que ton Dieu t’a donné, tu l’as méprisé, et ne l'as pas rendu utile; mais tu as appelé le diable au logis, et rons êtes convenu avec lui pour vingt-quatre ans , jusque aujourd’hui. Il t’a été tout d’or , ce que l’Esprit t’a dit. Partat, le diable t’a mis une sonnette au cou comme à un chat, fois-tu , tu as été uDe très-belle créature dès ta naissance ; Mais tout ainsi qu’un homme porte une rose en sa main, elle est Passée et écoulée; il n’en demeure rien; tu as mangé tout ton 1® a, tu peux bien chanter la chansonnette; tu es venu jusqu au jour du carême-prenant, tu seras bientôt à Pâques. Tout ce que

LEGENDE DE FAUSTE

tu appelles à ton aide ne sera pas sans occasion ; une saUc;. rôtie a deux bouts. Du diable, il ne peut rien venir de bonas eu un mauvais métier et nature, pourtant la nature ne ]•' jamais la nature ; ainsi, un chat ne laisse jamais la sourb L’aigre principalement fait l’amertume. Pendant que la cuiller est neuve, il en faut user à la cuisine; après, quand elle es! vieille, le cuisinier la jette, d’autant que ce n'est plus que fer N’est-il pas ainsi de toi ? n’es-tu pas un vrai pot neuf et une cuiller neuve pour le diable? Maintenant, il ne t’est point nécessaire que le marchand t’apprenne à vendre. Et, après, n'astu pas suffisamment fait entendre, par ta préface, que Dieu i'i abandonné? De plus, mon Fauste , n’as-tu pas abusé par une témérité grande , qu’en toutes tes affaires et en ton département tu tes appelé l’ami du diable, pourtant, persuadé que Dieu est le maître ; mais le diable que comme un abbé ou un moine? L’orgueil ne fait jamais rien de bien; tu as voulu être appelé le maître Jean en tous bourgs ou villages ; ainsi pourait être un homme fou, de vouloir jouer avec les pots au laie; quiconque veut beaucoup avoir aura fort peu. Fais maintenant cette mienne doctrine entrer dedans ton cœur ; et mon enseignement, lequel tu as possible oublié, c’est que tu n’avais pas bien crama qui est le diable, d’autant qu’il est le singe de Dieu. Aussi estil un menteur -et meurtrier, et la moquerie apporte diffame. Oh ! si vous eussiez eu Dieu devant les yeux ! mais tu t’es laissé aller. Tu ne devais pas ainsi t’agréer d'être avec le diable, comme tu as fais légèrement, et lui as ajouté foi; car qui croit facilement sera soudain trompé. Le diable a ouvert sa guede. et tu es entré dedans; tu t’es donné à lui comme son sujet, et 1 as signé de ton propre' sang; ainsi traite-t-il ses sujets, tuas laissé entrer par une oreille ce qui est sorti par l’autre. » Ap:c donc que le diable eut assez chanté à Fauste le pauvre Judas, il disparut incontinent et rendit Fauste tout mélancolique * troublé.

Les vingt-quatre ans du docteur Fauste étaient termine*' quand, en la dernière semaine, l’Esprit lui apparut. Il le son®4

LEGENDE DE FAESTE

son écrit et promesse, qu'il lui mit devant les yeux , et lui -le que le diable, la seconde nuit d’après , lui emporterait sa personne, et qu’il en fût averti.

Le docteur Fauste, tout effrayé, se lamenta et pleura toute ia nuit. Mais son Esprit, lui ayant apparu , lui dit : « Mon ami, ne sois point de si petit courage : si tu perds ton corps , il n’y aDaslom d’ici jusqu’à ce qu’on te fasse jugement. Néanmoins tu mourras à la fin, quand même tu vivrais cent ans... Les Turcs , les juifs , et les empereurs qui ne sont pas chrétiens, mourront anssi, et pourront être en pareille damnation . Ne saisis pas bien encore qu’il t’est ordonné? Sois de bon courage, ne i'afflige pas tant; si le diable t’a ainsi appelé, il te veut donner une âme et un corps de substance spirituelle, et tu n’endureras pas comme les damnés. * Il lui donna de semblables consolations, fausses cependant et contraires à l’Ecriture sainte. Le docteur Fauste, qui ne savait pas comment payer autrement sa promesse qu’avec sa peau, alla, le jour susdit que l’Esprit lui avait prédit que le diable l’enlèverait, trouver ses plus fidèles compagnons , maîtres bacheliers et autres étudiants , lesquels lavaient souvent cherché ; il les pria qu’ils voulussent venir «ec lui au village de Romlique , situé à une demi-lieue de Wittenberg, pour s’y aller promener, et puis, après, prendre un souper avec lui, ce qu’ils lui accordèrent. Us allèrent là ensemble, et y prenaient un déjeuner assez ample, avec beaucoup de préparatifs somptueux et superflus, tant en viandes qu’en vins !se 1 note leur présenta ; et le docteur Fauste se tint avec eux plaisamment ; mais ce n’était pas de bon cœur. Il les pria ®core derechef qu’ils voulussent avoir agréable ü’ètre avec lui, et souper avec lui au soir, et qu’ils demeurassent avec lui toute kouit, qu’il avait à leur dire chose d’importance; ils le lui promirent et prirent encore un souper. Comme donc le vin du ^oper fut servi, le docteur Fauste contenta l’hôte , et pria les etudiants qu’ils voulussent aller avec lui, en un autre poêle, et M il avait là quelque chose à leur dire. Cela fut fait, et le docfejr Fauste parla à eux de la sorte :

LÉGENDE DE FAUSTE

« Mes amis fidèles et du tout aimés du Seigneur, la raison pourquoi je vous ai appelés est que je vous connais depuis longtemps, et que vous m’avez vu traiter de beaucoup des. périments et incantations, lesquels toutefois ne sont provenus d'ailleurs que du diable, à laquelle volupté diabolique rient» m’a attiré que les mauvaises compagnies qui m’ont circonvenu, et tellement que je me suis obligé au diable; à savoir, as dedans de vingt-quatre ans, tant en corps qu’en tune. Maintenanl. ces vingt-quatre ans-là sont à leur fin jusqu’à cette nuit proprement, et voici à présent, l’heure m'est présentée devant les veux, que je serai emporte; cai le temps est achevé de sa course ; et il me doit enlever cette nuit, d’autant que je lui ai obligé mon corps et mon âme, si sûrement que c’est avec mon propre sang.

» Finalement , et pour conclusion , la prière amiable que je vous fais est que vous vouliez vous mettre au lit et dormii en repos; et ne vous mettez pas en peine si vous entende quelque bruit à la maison, ne vous levez point du lit, canine vous arrivera aucun mal; et je vous prie, quand vous ame trouvé mon corps, que vous le fassiez mettre en terre; car je meurs comme un bon chrétien, et comme un mauvais tout ensemble: comme un bon chrétien, d autant que j ai une vie repentance dans mon ccenr, avec un grand regret et doalen; je prie Dieu de me faire grâce, afin que mon âme puisse etre délivrée. Je meurs aussi comme un mauvais chrétien, dan» que je veux bien que le diable ait mon corps, que je lui la® volontiers, et que seulement il me laisse avec mon âme en p® Sur cela, je vous prie que vous vouliez vous mettre au lit) je vous désire et souhaite la bonne nuit; mais, à moi, elle seü pénible, mauvaise et épouvantable, »

Le docteur Fauste fit cette déclaration avec une affe cordiale, '"'avec laquelle il ne se montrait point-autrement^ affligé, ni étonné, ni abaissé de courage. Mais les étu étaient bien surpris de ce qu’il avait été si dévoyé, et ‘j une science trompeuse, remplie a impostures et d il u-

LEGENDE DE FA ESTE

lût ainsi mis en danger de s7 être donné au diable en corps e> en âme ; cela les. affligeait beaucoup, car ils l’aimaient tendrement. Ils lui dirent : « Ah ! monsieur Fauste, où vous ètes- ^ réduit, que vous ayez si longtemps tenu cela secret, sans jieu dire, et ne nous ayez point révélé plus tôt cette triste faire? Nous vous eussions délivré de la tyrannie du diable j pj,. le moyen des bons théologiens. Mais, maintenant, c’est une I jüfjmie et une chose honteuse à votre corps et à votre âme. »

■ Le docteur Fauste leur répondit : « Il ne m’a été nullement loisible de ce faire, quoique j’en aie eu souvent la volonté Comme là-dessus un voisin m’avait averti, j’eusse suivi sa doctrine , pour me retirer de telles illusions et me convertir; mais, comme j’avais fort bien la volonté de le faire, le diable dit qui me voulut enlever, comme il fera cette nuit, et me dit qif aussitôt que je voudrais entreprendre de me convertir à Dieu, il m’emporterait avec soi dans l’abîme des enfers. » Comme donc ils entendirent cela du docteur Fauste, ils lui dirent : * Puisque maintenant il n’y a pas moyen de vous garantir, invoquez Dieu, et le priez que, pour l’amour de son cher Sis Jésus-Christ , il vous pardonne , et dites : * Ah ! mon ; Dieu , soyez miséricordieux à moi, pauvre pécheur, et ne > venez point en jugement contre moi ; car je ne puis pas

■ subsister devant vous, et combien qu’il me faille laisser mon

■ corps au diable, veuillez néanmoins garantir mon âme I » S'il plaît à Dieu, il vous garantira. Il leur dit qu’il voulait bien prier Dieu, et qu’il ne voulait pas se laisser aller comme Caïn, lequel dit que ses péchés étaient trop énormes pour en pouvoir obtenir pardon. Il leur récita aussi comme il avait fat ordonnance par écrit de sa fosse pour son enterrement, ks étudiants et bons seigneurs, comme ils donnèrent le signe ^ la croix sur Fauste pour se départir, pleurèrent et s’en allèrent l’un après l’autre.

Mais le docteur Fauste demeura au poêle, et, comme les Radiants s’allaient mettre au lit, pas un ne put dormir ; car “Voulaient entendre l'issue. Mais, entre douze et une heure

LEGENDE DE FAOSTE

de nuit, il vint dans la maison un grand vent tempêteui quj l’ébranla de tous côtés, comme s’il eût voulu la faire sauter V l’air, la renverser et la détruire entièrement : c’est pourquoi les étudiants pensèrent être perdus, sautèrent hors de leïK lits, et se consolaient l’un l’autre, se disant qu’ils ne sortissent point de la chambre. L’hôte s’encourut avec tous ses domestiques en une autre maison. Les étudiants, qui reposaient auprès du poêle, où était le docteur Fauste, y entendirent sifflements horribles et des hurlements épouvantables, comme si la maison eût été pleine de serpents, couleuvres, et autres bêtes vilaines et sales : tout cela était entré par la porte do docteur Fauste dans le poêle. Il se leva pour crier à l’aide et au meurtre, mais avec bien de la peine et à demi-voix; et, un moment après, on ne l’entendit plus. Comme donc il fut jour, et que les étudiants, qui n’avaient point dormi toute la nuit, furent entrés dans le poêle, où était le docteur Fauste, ils ne le trouvèrent plus, et ne virent rien, sinon le poêle tout plein de sang répandu : le cerveau s’était attaché aux murailles, d’autant que le diable l’avait jeté de l’une à l’autre. U y avait là aussi ses -yeux et quelques dents, ce qui était un spectacle abominable et effroyable. Lors les étudiants commencèrent à se lamenter et à pleurer, et le cherchèrent d’un côté et d’antre A la fin, ils trouvèrent son corps gisant hors du poêle, panai de la fiente, ce qui était triste à voir; car le diable lui avait écrasé la tête et cassé tous les os.

Les susdits maîtres et étudiants, après que Fauste fut ams mort, demeurèrent auprès de lui jusqu’à ce qu’on l’eût enterre au même lieu ; après, ils s’en retournèrent à Wittenberg, «'• allèrent en la maison du docteur Fauste, où ils trouvèrent son serviteur Wagner, qui se trouvait fort mal, à cause de s® maître. Ils trouvèrent aussi l’histoire de Fauste toute dress e et décrite par lui-mème, comme il a été récité ci-devant, mais sans la fin, laquelle a été ajoutée des maîtres et étudiants- Semblablement au même jour, Hélène enchantée avec son d’enchantement ne furent plus trouvés depuis, mais sev

LÉGENDE DE FAGSTË

dirent avec lui. Il y eut aussi, puis après dans sa maison, telle inquiétude, que personne depuis n’y a pu habiter, fasste apparut à son serviteur Wagner, encore plein de vie, •n la même nuit, et lui déclara beaucoup de choses secrètes, p même on l’a vu encore depuis paraître à la fenêtre, qui jouait avec quiconque y fût allé.

1 plnsi finit toute l’histoire de Fauste, qui est pour instruire ioot bon chrétien, principalement ceux qui sont d'une tête et fan sens capricieux, superbe, . fou et téméraire, à craindre feu et à fuir tous les enchantements et tous les charmes du diable , comme Dieu a commandé bien expressément, et non r,j5 d’appeler le diable chez eux et lui donner consentement, comme Fauste a fait; car ceci nous est un exemple effroyable. Et tâchons continuellement d’avoir en horreur telles choses et d’aimer Dieu surtout ; élevons nos yeux vers lui, adorons-le et diérissuiis-le de tout notre cœur, de toute notre âme et de tontes nos forces : et, à l’opposite, renonçons au diable et à tout cè qui en dépend ; et qu’ ainsi nous soyons finalement bienheureux avec Notre-Seigneur. Amen. Je souhaite cela à un chacun du profond de mon cœur. Ainsi soit-il.

Soyez vigilants, et prenez garde; car votre adversaire le fable va autour de vous, comme un lion bruyant, et cherche qui il dévorera : auquel résistez, fermes en la foi. Amen.

Note de la quatrième édition

Cette légende, comme on le voit, n’offre aucune donnée qui se rattache à l’invention de l’imprimerie, dont Faust partage l’honneur »ec Gutenberg et Schœffer. Nous avons choisi la plus curieuse ; Etais un grand nombre d’autres constatent ce détail et supposent que Faust s’était donné au diable pour réparer sa fortune, perdue dans ies essais de son invention. Le plus ancien auteur qui ait parlé de «s documents, Conrad Durieux, pense que ces légendes ont été famées par des moines, irrités de la découverte de Johann Fust ou

LÉGENDE DE FAUSTE

Faust, qui leur enlevait les utiles fonctions de copistes de nian Klinger, l’auteur allemand du livre remarquable intitulé les A-,

Manuscrits,

Aventura

de Faust et sa Descente aux enfers, a admis cette version. Cependant, à Leipzig, où l’on voit encore la cave de

illustrée par le souvenir de Faust et de Méphistopbélès, les peinte anciennes conservées dans les arcs des voûtes et qui viennent d’é* restaurées, portent la date de 1525, et l’invention de l'imprimerie date environ de 1440; il faudrait donc admettre, ou qu’il a esis' deux Faust différents, ou que Faust était très- vieux lorsqu’il fit nu pacte avec le diable ; ce qui rentrerait, du reste , dans la suppositi.;qu’a faite Gœtbe, qu’il invoque le diable pour se rajeunir.

L’histoire du vieux Paris conserve des souvenirs de Faust, qui T'apporter à Louis XI un exemplaire de la première Bible, et q,r accusé de magie, à cause de son invention même, parvint à se soustraire au bûcher ; ce que l’on attribua , comme toujours, à l'intervention du diable.

POÉSIES ALLEMANDES

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