‹ Faust et le second Faust de GoetheChapitre 160 sur 225 · LE PARTAGE DE LA TERRE · texte numérisé non relu

LE PARTAGE DE LA TERRE

« Prenez le monde, dit un jour Jupiter aux hommes du haut de son trône ; qu’il soit à vous éternellement comme fief ou comme héritage ; mais faites-en le partage en frères. »

A ces mots, jeunes et vieux, tout s’apprête et se met en mouvement ; le laboureur s’empare des produits de la terre ; le gentilhomme, du droit de chasser dans les bois.

Le marchand prend tout ce que ses magasins peuvent conte ni r ; l’abbé se choisit les vins les plus exquis; le roi barricade les ponts et les routes et dit : « Le droit de péage est à moi. »

Le partage était fait depuis longtemps quand le poëte su présenta ; hélas ! il n’y avait plus rien à y voir , et tout avait son maître.

« Malheur à moi ! Le plus cher de tes enfants doit-il être oublié?... v disait- il à Jupiter en se prosternant devant sue trône.

oc Si tu t’es trop longtemps arrêté au pays des chimères, répondit le dieu, qu’as-tu âme reprocher?... Où donc etaistu pendant le partage du monde ? — J'étais près de toi, ditk poëte.

» Mon œil contemplait ton visage , mon oreille écoutait ta céleste harmonie ; pardonne à mon esprit , qui , ébloui de ton éclat, s’est un instant détaché de la terre et m’en a fai: Perc*re ma part.

— Que faire? dit le dieu. Je n’ai rien à te donner : les clianipsles bois , les villes , tout cela ne m’appartient plus ; veux'11* partager le ciel avec moi ? Viens l’habiter, il te sera toujour ouvert. j>

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