‹ Faust et le second Faust de GoetheChapitre 164 sur 225 · LE GANT · texte numérisé non relu

LE GANT

Le roi de France assistait à un combat de bêtes féroces, entouré des grands de sa cour , et un cercle brillant de femmes décorait les hautes galeries.

Le prince fait un signe : une porte s’ouvre, un lion sortd’un pas majestueux,- Muet, il promène ses regards autour de lui, ouvre une large gueule , secoue sa crinière, allonge ses membres, et se couche à terre.

Et le prince fait un nouveau signe : une seconde porte s'ouvre aussitôt; un tigre en sort en bondissant; à la vue éu , lion , il jette un cri sauvage , agite sa queue en formidables anneaux, décrit un cercle autour de son ennemi, et vientenfiu, grondant de colère, se coucher en face de lui.

Le roi fait un signe encore : les deux portes se rouvrent etvo- | missent deux léopards. Enflammés de l’ardeur de combattre, ils se jettent sur le tigre, qui les saisit de ses griffes cruelles. Le lion lui-même se lève en rugissant, puis il se tait, et alors commence une lutte acharnée entre ces animaux avides de sang. ;

Tout à coup un gant tombe du haut des galeries , lancé paf une belle main, entre le lion et le tigre, et la jeune Cunégonaese tournant d un air railleur vers le chevalier de Lorge : * Sii® chevalier, prouvez-moi donc ce profond amour que vous1116 jurez à toute heure en m’allant relever ce gant, i

Et le chevalier se précipite dans la formidable arène, et,

SCHILLER

ljBe main hardie \ a ramasser le gant au millieu des combatants.

Tous les yeux se promènent de la damé au chevalier avec ■ ünement. avec effroi... Celui-ci revient paisiblement vers mile, et de toutes les bouches sort un murmure d’admi- ,;j0n. La dame le reçoit avec un doux sourire, présage d'un inbeur assuré... Mais le chevalier, lui jetant le gant avec délai : « Point de remerciments , madame ! » Et il la quitte toute afnse d’une telle leçon.

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