L’IDÉAL
la veux donc , infidèle , te séparer de moi, avec tes douces lisions , tes peines et tes plaisirs ? Rien ne peut arrêter a faite, ô temps doré de ma jeunesse? C’est en vain que je ï rappelle... Tu cours précipiter tes ondes dans la merde Isèraité !
Ils on! pâli, ces gais rayons qui jadis éclairaient mes pas; ces vrillantes chimères se sont évanouies , qui remplissaient le nde de mon âme : je ne crois plus aux songes que mon somœil m’offrait si beaux et si divins , la froide réalité les a frap- S de mort !
| Comme Pygmalion, dans son ardeur brûlante, embrassait un aarbre glacé , jusqu’à lui communiquer le sentiment et la vie, ■pressais la nature avec tout le feu de la jeunesse, afin de ®mer de'mon âme de poëte.
| ^partageant majamme, elle trouvait une voix pour me ‘■pondre, elle me rendait mes caresses, et comprenait les pements de mon cœur : l’arbre, la rose, tout pour moi nais- M à la vie, le murmure des ruisseaux me flattait comme un 4anC mon souffle avait donné l’existence aux êtres les plus bibles.
A‘°rs , tout un monde se pressait dans ma poitrine , impa-
POESIES ALLEMANDES
tient de se produire au jour , par Faction , par la parole les images et par les chants... Combien ce monde me r/ . grand tant qu’il resta caché comme la fleur dans son boutr -'lais que cette fleur s’est peu épanouie ! qu’elle m’a seœ^' depuis chétive et méprisable !
Comme il s’élancait, le jeune homme, insouciant et lé»er dans la carrière de la vie! Heureux de ses rêves superbe libre encore d’inquiétudes , l’espérance l’emportait aux cienv il n’était pas de hauteur, pas de distance que ses ailes ne pu,' sent franchir !
Rien n’apportait obstacle à cet heureux voyage , et queh foule aimable se pressait autour de son char ! L’amour avec ses douces faveurs , le bonheur couronné d’or , la gloire le front ceint d’étoiles, et la vérité toute nue à l’éclat du jour.
Mais, hélas ! au milieu de la route, il perdit ses compagnons perfides; et, les uns après les autres, ils s’étaient détournés de lui : le bonheur aux pieds légers avait disparu, la soif du savoir ne pouvait plus être apaisée , et les ténèbres du doute venaient ternir l’image de la vérité.
Je vis les palmes- saintes de la gloire prodiguées à des fronts vulgaires ; l’amour s envola avec le printemps ; le chemin que je suivais devint de jour en jour plus silencieux etpk d sert ; à peine si l’espérance y jetait encore quelques vagues clartés.
De toute cette suite bruyante, quelles sont les deux diviniqui me demeurèrent fidèles , qui me prodiguent encore /eurs consolations , et m accompagneront jusqu’à ma cernière demeure?... G est toi ,. tendre amitié, dont la main guérit toutes les blessures, toi qui partages avec moi le farüeande la vie, toi que j’ai cherchée de si bonne heure, et qu’enfin j ai trouvée.
C est toi aussi, bienfaisante étude, toi qui dissipes les orags de I âme, qui crées difficilement, mais ne détruis jamais ; tCl qui n ajoutes à l’édifice éternel qu’un grain de sable sur «•
SCHILLER
ain de sable, mais qui sais dérober au temps avare de? minâtes, des jours et des années !