‹ Faust et le second Faust de GoetheChapitre 21 sur 225 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

bus! Nous l’avions couché dans la tombe, ceint de bandelettes et de fins tissus ! Et cependant, bêlas ! le Christ n’est plus ici ! nous ne le trouvons plus !

CHOEUR DES AVGES*

Christ est ressuscité ! Heureuse l’âme aimante qui supporte l’épreuve des tourments et des injures avec une humble piété !

FAUST

Pourquoi, chants du ciel, chants puissants et doux, me cherchez-vous dans la poussière? Retentissez pour ceux que vous touchez encore. J'écoute bien la nouvelle que vous apportez; mais la foi me manque pour y croire : le miracle est l’enfant le plus chéri de la foi. Pour moi, je n’ose aspirer à cette sphère où retentit l'annonce de la bonne nouvelle; et cependant, par ces chants dont mon enfance fut bercée, je me sens rappelé dans la vie. Autrefois, le baiser de l’amour céleste descendait sur moi, pendant le silence solennel du dimanche; alors, le son grave des cloches me berçait de doux pressentiments, et une prière était la jouissance la plus ardente de mon cœur; des désirs aussi incompréhensibles que purs m’entraînaient vers les forêts et les prairies, et, dans un torrent de larmes délicieuses, tout un monde inconnu se révélait à moi. Ces chants précédaient les jeux aimables de la jeunesse et les plaisirs de la fête du printemps : le souvenir, tout plein de sentiments d’enfance, m’arrête au dernier pas que j’allais hasarder. Oh ! retentissez encore, doux cantiques du ciel ! mes larmes coulent, la terre m’a reconquis !

Page 1