‹ Faust et le second Faust de GoetheChapitre 215 sur 225 · AU FOND DE LA MER · texte numérisé non relu

AU FOND DE LA MER

J’étais couché sur le bordage du vaisseau et je regardais, les veux rêveurs, dans le clair miroir de l’eau, et je plongeais mes regards de plus en plus avant, lorsqu'au fond de la mer j’aperçus, d’abord comme une brume crépusculaire, puis peu à peu, avec des couleurs plus distinctes, des coupoles et des tours, et enfin, éclairée par le soleil, toute une antique ville néerlandaise pleine de vie et de mouvement. Des hommes âgés, enveloppés de manteaux noirs, avec des fraises blanches et des chaînes d’honneur, de longues épées et de longues figures, se promènent sur la place, près de l’hôtel de ville, orné de dentelures et d’empereurs de pierre naïvement sculptes, avec leurs sceptres et leurs longues épées. Non loin de là, devant une file de maisons aux vitres brillantes, sons des tilleuls taillés en pyiandde , se promènent , avec des frôlements soyeux , de jeunes femmes , de sveltes beautés dont les visages de rose sortent décemment de leurs coiffes noires et dont les cheveux blonds ruissellent en boucles d’or. Une foule de beaux cavaliers costumés à l’espagnole se pavanent près d’elles et leur lancent des œillades. Des matrones vêtues de mantelets bruns, un livre d’heures et un rosaire dans les mains, se dirigent à pas menus vers le grand dôme, attirées parle son des cloches et le ronflement de l’orgue.

A ces sons lointains, un secret frisson s’empare de moi. De vagues désirs , une profonde tristesse, envahissent mon cœur, mon cœur à peine guéri. Il me semble que mes blessures, pressées par des lèvres chéries, saignent de nouveau; leurs chaudes et rouges gouttes tombent lentement, une à une, sur une vieille maison qui est là dans la viile sous-marine, sur une vieille maison au pignon élevé, qui semble veuve de tous ses habitants , et dans laquelle est assise, à une fenêtre basse, une jeune fille qni appuie sa tète sur son bras. <c Et je te connais, pauvre enfant! Si loin, au fond de la mer même, tu t’es.cachee

HENRI HEINE

Je moi dans un accès d’humeur eniantine, et tu n’as pas pu remonter, et tu t’es assise étrangère parmi des étrangers, durant un siècle, pendant que, moi. Pâme pleine de chagrin, je te cherchais par toute la terre, et toujours je te cherchais, toi toujours aimée, depuis si longtemps aimée, toi que j’ai retrouvée enfin! Je t at retrouvée et je revois ton doux visage, tes yeux intelligents et calmes, ton fin sourire. — Et jamais je ne te quitterai plus, et je viens à toi, et, les bras étendus, je me précipite sur ton cœur. »

Mais le capitaine me saisit à temps par le pied, et, me tirant sur le bord du vaisseau , me dit d’un ton bourru : « Docteur ; docteur ! êtes-vous poussé du diable ? »

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