‹ Faust et le second Faust de GoetheChapitre 39 sur 225 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

FAUST

^ Ainsi tu opposes, au mouvement éternel, à là puissance se- ! eourable qui crée, la main froide du démon, qui se roidit en vain avec malice ! Quelle autre chose cherches-tu à entreprendre, étonnant fils du chaos?

ÔIÈPHISTOPHÉLÈS.

Nous nous en occuperons à loisir dans la prochaine entrevue. ■' Oserais-je bien cette fois-m’éloigner?

FAUST

® Je ne vois pas pourquoi tu mè le demandes. J’ai maintenant î: appris à te connaître; visite-moi désormais quand tu voudras : voici la fenêtre, la porté, et même la cheminée, à choisir.

MÉPHISTOPHÉLÈS

,i Je l’avouerai, un petit obstacle m’empêche de sortir : le pied ,’f magique sur votre seuil.

M FAUST

le Le pentagramme 1 te met en peine? Hé! dis-moi, fils de s 1 enfer, si cela te conjure, comment es- tu entré ici? comment un tel esprit s’est-il laissé attraper ainsi?

MÉPHISTOPHÉLÈS

? Considère-le bien : il est mal posé; l’angle tourné vers la porte est, comme tu vois, un peu ouvert.

FAUST

f Le hasard s’est bien rencontré ! Et tu serais donc mon pri-

Îsonnier? C’est-un heureux accident!

MÉPHISTOPHÉLÈS

Le barbet, lorsqu’il entra, ne fit attention à rien; du dehors, |f la chose' paraissait tout autre, et, maintenant, ie diable ne peut È plus sortir.

î FAUST.

t Mais pourquoi ne sors-tu pas par la fenêtre?

MÉPHISTOPHÉLÈS

C est une loi des diables et des revenants, qu’ils doivent sor-

î . Figure cabalistique.

FAUST

tir par où ils sont entrés. Le premier acte est libre en ^ nous sommes esclaves du second.

FAUST

L’enfer même a donc ses lois? C’est fort bien; ainsi •uqj, fait avec vous, messieurs, serait fidèlement observé?

MÉPHISTOPHÉLÈS

Ce qu’on te promet, tu peux en jouir entièrement; il b sera rien retenu. Ce n’est pas cependant si peu de chose tu crois; mais une autre fois nous en reparlerons. Cepej je te prie et te reprie de me laisser partir cette fois-ci.

FAUST.

Reste donc encore un instant pour me dire ma bonnet ture.

MÉPHISTOPHÉLÈS

Eh bien, lâche-moi toujours! Je reviendrai bientôt;; pourras me faire tes demandes à loisir.

FAUST

Je n’ai point cherché à te surprendre ; tu es venu toi-s t’enlacer dans le picge. Que celui qui tient le diable le à bien ; il ne le reprendra pas de si tôt.

Si cela te plaît, je suis prêt aussi à rester ici pour te: compagnie; avec la condition cependant de te faire, par art, passer dignement le temps.

FAUST. JL

Je vois avec plaisir que cela te comient : niais il faut q«f 1 art soit divertissant.

MÉPHISTOPHÉLÈS. ■

Ton esprit, mon ami, va plus gagner, dans cette heure, lement, que dans l’uniformité d’une année entière. Ce Ç chantent les esprits subtils, les belles images qu’ils app®5 ne sont pas une vaine magie. Ton odorat se délectera,1 que ton palais, et ton cœur sera transporté. De vains f ^ ratifs ne sont point nécessaires; nous voici rassembles,1, mencez !

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