‹ Faust et le second Faust de GoetheChapitre 40 sur 225 · ESPRITS · texte numérisé non relu

ESPRITS

Disparaissez ? sombres arceaux: laissez la lumière du ciel nous sourire et l’éther Heu se dérouler !

P Que les sombres nuées se déchirent, et que les petites étoiles s’allument comme des soleils plus doux!

Filles du ciel, idéales beautés, resserrez autour de lui le cercle de votre danse ailée.

* Les désirs d’amour voltigent sur vos pas, dénouez vos ceintures

* et quittez vos habits flottants !

B Semez-en la prairie et la feuillée épaisse ou les amants viendront rêver leurs amours éternelles !

O tendre verdure des bocages ! bras entrelacés des ramées !

Les grappes s’entassent aux vignes, les pressoirs en sont gorgés;

* le vin jaillit à flots écumants; des ruisseaux de pourpre sillonnent le vert des prairies i

Créatures du ciel, déployez au soleil vos ailes frémissantes : volez vers ces îles fortunées qui glissent là-bas snr les flots!

: Là-bas, tout est rempli de danses et de concerts; tout aime, tout

s’agite en liberté.

Des chœurs ailés mènent la ronde sur le sommet lumineux des i, collines; d’autres se croisent en tout sens sur la surface unie des . eaux.

Tous pour la vie ! tous les yeux fixés an loin sur quelque étoile chérie, que le ciel alluma pour eux ! „

M ÉPHISTOPHÉLÈS .

p II dort : c’est bien, jeunes esprits de l’air ! vous l’avez fidèlement enchanté ! c’est un concert que je vous redois. — Tu n’es pas encore homme à bien tenir le diable! — Fascinez-le par de doux prestiges, plongez-le dans une mer d’illusions. Cependant, pour détruire le charme de ce seuil, j’ai besoin de la dent d’un rat... Je n’aurai pas longtemps à conjurer, en voici un qui , trotte par là et qui m’entendra bien vite.

g Le Seigneur des rats et des souris, des mouches, des grenouilles, des punaises, des poux, t’ordonne de venir ici, et de ronger ce seuil comme s’il était frotté d’huile.

; Ah ! te voilà déjà ! Allons, vite à l’ouvrage I La pointe qui .m’a arrêté, elle est. là sur le bord... Encore un morceau, c’est fait !

FAUST, se réveiüanfc.

Suis-je donc trompé cette fois encore? Toute cette fonJes prits a-t-elle disparu? N’est-ce pas un rêve qui m’a prf;, le diable ?... Et n’est-ce qu’un barbet qui a sauté après moi

Cabinc-t d’étude.

FAUST. MÉPHISTOPHÉLÈS. j

FAUST

On frappe ? Entrez ! Qui vient m’importuner encore ? ^

MÉPHISTOPHÉLÈS

C’est moi.

FAUST

Entrez !

MÉPHISTOPHÉLÈS

Tu dois le dire trois fois. ^

FAUST. ' . L

Entrez donc !

’ ' MÉPHISTOPHÉLÈS

-Tu me plais ainsi ; nous allons nous accorder, j’espère.I j dissiper ta mauvaise humeur, me voici en jeune seigneur.: l’habit écarlate brodé d’or, le petit manteau de satin empes plume de coq au chapeau, une épée longue et bien affilée;! te donnerai le conseil court et bon d’en faire autant, ai pouvoir, affranchi de tes chaînes, goûter ce que c’est quela j.

FAUST

Sous quelque habit que ce soit, je n’en sentirai pas mois misères de l’existence humaine. Je suis trop vieux pourj; a encore, trop jeune pour être sans désirs. Qu’est-ce que lé® n peut m’offrir de bon ? Tout doit te manquer , tu dois rnarupt p tout ! Voilà l'éternel refrain qui tinte aux oreilles de ebaeï p nous, et ce que, toute notre vie, chaque heure nous répète^ ,] voix cassée. C’est avec effroi que, le matin, je me rêva# p devrais répandre des larmes amères, en voyant ce jourq®'

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