deuxième partie
MÉPHISTOPHÉLÈS
Qu importe j ei]e te croit envolé, et tu l'es déjà à moitié, FAUST.
je suis près d’elle ; mais , en fussé-je bien loin encore , ' mais je ne l’oublierais, jamais je ne la perdrais... Oui, "envie le corps du Seigneur , pendant que ses lèvres le
touchent.
MÉPHISTOPHÉLÈS
Fort bien, mon ami ; je vous ai souvent envié, moi, ces deux jumeaux qui paissent entre des roses.
FAUST
Fuis, entremetteur !
MÉPHISTOPHÉLÈS
Boni vous m’invectivez, et j’en dois rire. Le Dieu qui créa le ïarçonet la fille reconnut tout de suite celte profession comme la plus noble, et en fit lui-même l’office. Allons! beau sujet de chagrin! vous allez dans la chambre de votre bien-aimée, et non pas à la mort, peut-être !
FAUST
Qu'est-ce que les joies du ciel entre ses bras? Qu’elle me laisse me réchauffer contre son sein!... En sentirai-je moins sa misère? Ne suis-je pas le fugitif... l’exilé? le monstre sans fût et sans repos... qui, comme un torrent mugissant de rochers en rochers, aspire avec fureur à l’abîme?... Mais elle, innocente, simple, une petite cabane, un petit champ des %es, et elle .aurait passé toute sa vie dans ce monde borné, an milieu d’occupations domestiques. Tandis que, moi, haï de bien, je n’ai point fait assez de saisir ses appuis pour les mettre eu ruine, il faut que j’anéantisse toute la paix de son ■“ne; Enfer! il te fallait cette victime! Hàte-toi, démon, isrége-moi le temps de l’angoisse ! que ce qui doit arriver arrive à l’instant ! Fais écrouler sur moi sa destinée, et qu’elle lljmbe avec moi dans l’abime.
MÉPHISTOPHÉLÈS
L>mme cela bouillonne ! comme cela brûle !... Viens et con-
sole-la, pauvre fou! Où une faible tête ne voit pas disse elle se figure voir la fin. Vive celui qui garde toujours courage! Tu es déjà assez raisonnablement endiablé! et ;t trouve rien de plus ridicule au monde qu’un diable qui se d sespère.
Chambre de Marguerite.
MARGUERITE, seule, à son rouet.
Le repos m’a fuie ! hélas ! la paix de mon cœur malade, je B trouve plus, et plus jamais !
Partout où je ne le vois pas, c’est la tombe! Le monde entia voile de deuil !
Ma pauvre tête se brise, mon pauvre esprit s'anéantit !
Le repos m’a fuie ! hélas ! la paix de mou cœur malade, je ut , trouve plus, et plus jamais !
Je suis tout le jour à la fenêtre, ou devant la maison, pour La: cevoir de plus loin, ou pour voler à sa rencontre! .
Sa démarche fîère, son port majestueux, le sourire de sa bonek le pouvoir de ses veux.
Et le charme de sa parole, et le serrement de sa main! et pk ah! son baiser!
Le repos m’a fuie!... hélas ! la paix de mon cœur malade, je ne: trouve plus, et plus jamais !
Mon cœur se serre à son approche! ah.! que ne puis- je le saisir e le retenir pour toujours!
El l’embrasser à mon envie! et finir mes jours sous ses baisers !
Le jardin de Marthe.